La Situation – Karim Miské

MASSE CRITIQUE BABELIO

Thriller politique noir? Dystopie?

Difficile de qualifier cet ouvrage : la Situation désigne une guerre civile déchirant la Région parisienne en 2030. Anticipation, emballement de la situation politique actuelle. Remake de la Commune de Paris. C’est un peu étrange de lire ce roman dans les échos des mortiers d’artifice des émeutes à la suite de la mort de Nahel. 

Un président opportuniste à la tête d’un parti s’appelant Egalité, mène une politique antisociale, ultra-libérale. Fuyant la guerre civile, son gouvernement a fui Paris pour Chartre. Il est prêt à tendre la main aux Ligueurs, l’extrême droite qu’on appelle parfois les Versaillais (comme en 1871). Les Ligueurs ont mené le 6 février (référence au 6 Février 1934) l’attaque de l’Assemblée (comme celle du Capitole) qui s’est soldée par le massacre des députés noirs et arabes et même la pendaison de la Chef du Gouvernement noire. A la suite de la tentative de putsch l’extrême gauche (wokiste, islamiste, gauchiste, trotskistes…) on fait une alliance pour  contrer les Ligueurs.

Le roman s’ouvre par un massacre dans un bar du XIème (rappelant les fusillades des terrasses de 2015)… Tout est outré  mais rien d’invraisemblable.

Lecture haletante.

Beaucoup d’empathie pour le héros de l’histoire, un écrivain sexagénaire qui s’est terré chez lui pour éviter la violence et que le décès dans le bar de son quartier a forcé de prendre parti : il veut voir les criminels prisonniers des Ewoke ( ultra-gauche) qui ont tiré sur

Ahmed, Eminé, Sarah, Gilles, Océane, Kévin Coumba, Denise, Fatima, Mamadou, Bocar, Tijani »

L’analyse simpliste Ultragauche contre Ligueurs ne fonctionne pas. Les luttes de pouvoir compliquent tout. L’écrivain se trouve entraîné dans une véritable épopée…

Là, j’arrête, je ne veux pas spoiler!

J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir, je me suis amusée à relever les clins d’oeil à l’histoire ou à la politique actuelle. Références littéraires aussi. Exotisme du mélange et métissage des cultures dans le

« polygone Belleville, Goncourt, Père-Lachaise, Parmentier »

et que dire de la dalle d’Argenteuil:

« la visite de Sarkozy est restée dans les mémoires comme le prologue des émeutes les plus violentes que la France n’ait connues depuis mai 1968(et jusqu’à ce que la Situation fasse passer ces périodes de troubles pour d’aimables plaisanteries). La dalle d’Argenteuil, depuis ce temps, c’est l’Esplanade des mosquées de Jérusalem pour un politicien israélien. Tu n’y joues gros bras que si tu penses que le moment est venu de déclencher une énième intifada. »

 

 

un week end percheron bien rempli : concert à Maison Maugis et fête des potiers à Moulin-la-Marche

BALADE PERCHERONNE

Le Château de Maison-Maugis

En été les évènements culturels, en Perche, sont nombreux. Théâtre, concerts…

Nous avons choisi, pour ce dernier samedi de juillet un concert en l’église  de Maison-Maugis : Le Trio Atanassov : Mozart, Ravel, Schubert et Dvorak. 

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Maison-Maugis se trouve dans une région très vallonnée et boisée dans la vallée de l’Huisne et de la petite rivière de la Commeauche. Après avoir quitté la route droite à Colonard-Corubert, la petite route qui tortille dans le bocage nous offre une belle promenade. Pour les concerts, il vaut mieux réserver à l’avance, l’église n’est pas grande et les places sont attribuées. 

le Trio en sol majeur de Mozart est bien sûr merveilleux. Mozart! tout est dit. 

Le Trio en la mineur de Ravel est composé de quatre mouvements très différents, j’ai bien aimé le premier sur un thème basque, thème du film de Claude Sautet Un cœur en hiver

le Pantoum aussi. Passacaille et le Final animé m’ont paru hétéroclites, allant en tout sens.

l’entracte m’a permis de découvrir les jardins du château accessibles par une porte dérobée dans le chœur de l’église.

le Notturno de Schubert m’a paru bien court, j’en aurai bien redemandé. J’ai aussi aimé le Dvorak Opus 26 

Quoique la fin a été un peu gâchée pour moi par l’appréhension du retour dans le noir dans les petites routes étroites, sinueuses et désertes. Une bonne heure pour parcourir les 29 km, un record de vitesse!

Le dimanche Fête des Potiers à Moulin-la-Marche aux confins de la Normandie. Après Mortagne nous cherchons la Sarthe qui est la frontière  du  Perche. 

la petite ville de Moulin-la-Marche est bien normande avec ses maisons de brique qui diffèrent de l’habitat percheron. La foire des potiers est au commet d’une motte castrale (les ruines ont disparu). Il règne une agréable animation. Une vingtaine d’artisans venus parfois d’aussi loin que la Vendée ou les Charentes présente des céramiques très diverses aussi bien formes, matières, couleurs et sujets. J’ai flashé sur des fleurs en porcelaine blanche

Convivialité : des cuisines improvisées proposent des saucisses-frites, des crêpes ou des pâtisseries. Comme les chaises manquent un peu, on fait connaissance, on se prête les sièges pendant la queue en attendant que d’autres se libèrent. Public très simple, local. Des gens du même village se retrouvent après des années et découvrent qu’ils ont été en primaire ensemble….très différent de l’assistance plus guindée, plus bourgeoise des concerts d’hier soir.

Sallenelles de l’autre côté de l’estuaire de l’Orne

CARNET DE NORMANDIE 2023

Estu

On passe le Canal de l’Orne à Pegasus Bridge (encore un souvenir du Débarquement -Britanniques). Après Ranville nous quittons la route principale pour traverser une campagne très agréable. La Maison de la Nature de Sallenelles est ouverte à 10 heures. Je pars à l’aventure sur un des circuits balisés dans le marais. Au loin on devine le phare de Ouistreham.

Pegasus Bridge sur le Canal de l’Orne

En route je découvre le très joli village de Sallenelles avec des maisons normandes fleuries et une jolie rue commerçante qui le traverse.

maison normande à Sallenelles

Au retour, je visite le centre d’interprétation avec diverses expositions : plancton, faune de l’estuaire…très pédagogique très bien fait pour le grand public. J’ai vu tant de ces centres d’interprétation que je suis un peu saturée.

Sallenelles : Maison de l’Estuaire

Mereville-Franceville est une petite station balnéaire. Le marché perturbe un peu la circulation mais nous trouvons une place sur le parking en face de la plage. Ces derniers jours de classe, elle est envahie de classes et de groupes d’enfants d’âge primaire. Ceci ne me dissuade pas de marcher au bord de l’eau vers l’ouest, vers l’estuaire de l’Orne.

Méréville-Franceville les cabines originales

Je passe devant de curieuses cabines, laquées de blanc qui semblent de vannerie. Un dossier arrondi fait de l’ombre (par beau temps) ou abrite de la pluie un petit banc vert et blanc où deux personnes peuvent se tenir : mobilier original qui ne peut pas remplacer les cabines où l’on se change et où on stocke du matériel. Le sable est assez grossier et il y a de nombreuses coquilles. J’arrive à l’extrémité de la flèche de sable qui se recourbe vers Ouistreham dans l’estuaire. Belle promenade sauvage.

 

 

 

 

 

les Plages du Débarquement : Juno de Courseulles à Luc-sur-mer

CARNET DE NORMANDIE 2023

Luc sur mer : la jetée

J’ai gardé un excellent souvenir de cette promenade le long des Plages du Débarquement que nous avons refaite avec grand plaisir. Variante : la mer est haute, l’eau arrive au ras de la digue. Je n’aurai pas le plaisir de descendre sur la plage avant Saint Aubin.

Le GPS nous a promenées dans la campagne normande par Douvres-la-Délivrande et de petits villages fleuris entre des murs de pierre avant de déboucher sur les immeubles de front de mer de Courseulles, barre de béton et de verre face à Juno Beach, grisâtre sous la petite pluie qui tombe. Guère engageant de prime abord. J’arpente la digue à grands pas tandis que Dominique m’attend à Bernières, plus petite station, plus tranquille séparée de Courseulles par un peu d’espace naturel. Bernières-sur-Mer  est pavoisée comme sa voisine Saint Aubin-sur-Mer. Monuments commémoratifs aux Canadiens mais aussi drapeaux de toutes provenances, pas seulement des alliés. J’ai la surprise de voir le drapeau portugais, celui de Chypre, de Hongrie et de Roumanie, pas vraiment des alliés à l’époque. En revanche pas de drapeau ukrainien, on aurait pu le rajouter. Entre Bernières et Saint Aubin je descends en rebord du Cap Romain avec son affleurement jurassique fossilifère (spongiaires). Je n’ai pas le loisir de chercher des fossiles (c’est d’ailleurs interdit d’en emporter) la mer est au ras de la falaise. Un homme m’avait assuré que cela passait à pied, c’est limite à cette heure-ci.

langrune la plage et un kite vert

Dominique a trouvé un banc tranquille à Langrune-sur-mer pour déjeuner. Cette station est moins animée que les précédentes, moins de terrasses de restaurants et de bars qu’à Saint Aubin, sa voisine. La plage est barrée d’épis, souvent en bois un peu délabrés. Je reste donc sur la corniche. Luc-sur-Mer avec son Casino, ses Thermes chauffés marins, ses cabines de bois est plus animée. Des affiches signalent que la baignade est interdite (elles vont disparaître deux jours plus tard avec l’arrivée des estivants).

Antre Luc-sur-Mer et Lion-sur-Mer, une falaise interdit de continuer près de l’eau. Le GR rentre dans les terres, commun avec la piste cyclable, elle longe la route bien roulante. Au rondpoint à l’entrée de Lion-sur-mer : un blindé de la Seconde Guerre Mondiale nous servira de point de repère pour se retrouver.

Fin de la promenade pour aujourd’hui !

Mercredi 5 juillet : Restaurant La Fabrique à Lion-sur-mer

Cerise !

Dominique a donné rendez-vous à ses cousins à Ouistreham pour déjeuner. Nous cherchons une terrasse sur la mer et trouvons l’établissement idéal à Lion-sur-mer : La Fabrique ; moules au camembert ou au chorizo avec des frites, fish and chips et de très jolis desserts originaux. Une grosse cerise faite de pâte de cerise accompagnée de cerises fraîches. (environ 30€/px avec vin et café). Une bonne adresse à recommander.

Arrivée à Ouistreham – Installation, plage et promenade à la Pointe du Siège

CARNET NORMAND (2023)

la plage de Ouistreham à marée basse

Parties à 6 heures, nous sommes arrivées tôt à Ouistreham.

Arrêt 9h30 à l’Office de Tourisme près du Casino, la dame me donne un plan de la ville, une carte touristique du Calvados, et me propose de la documentation sur les musées de la ville. « Vous ne vous intéressez pas à l’histoire ? » se désole-t-elle. Ici, le tourisme est exclusivement dédié  Débarquement (Musée n°4 Commando, Grand Bunker).

Grâce au plan, nous nous orientons facilement selon deux axes : la grande avenue de la Liberté qui se prolonge en prenons le nom de Winston Churchill, par laquelle nous sommes arrivées bordée d’une double rangée de tilleuls et perpendiculairement, la Rue de Lion qui devient Avenue du Général Leclerc  qui a le phare dans l’axe.

Le Studio Calme se trouve rue Auber, parallèle à la côte.  A 10 heures, les anciens locataires déménageaient. Nous avons rangé les valises dans la véranda et sommes allées aux courses. Grosses courses au Carrefour à l’entrée de la ville où nous ne reviendrons pas : au centre, le Carrefour-Contact est tout à fait suffisant. Au Marché aux poissons nous achetons 4 petites soles, des céteaux, à un prix modique. Sole et moules seront notre menu du soir !pour la semaine!

Tout près du studio : notre emplacement favori à la plage : un banc confortable à côté d’un petit restaurant de plage logé dans trois cabines de bois de type cabines de plage. Un petit parking, vide en ce début de saison. Un écriteau prévient que la baignade est interdite : l’épis de ciment serait dangereux.

Ouistreham dominique sur son banc

A marée basse, la promenade au bord de l’eau, de l’avant-port où accoste le Ferry pour Portsmouth jusqu’à Lion-sur-mer est d’un peu plus de 5 km : aller/retour une belle marche, pieds dans l’eau, ! Il faut être vigilante pour le retour car la marée monte et les épis ne seront pas franchissables, prendre les sandales pour passer par la corniche ! A marée basse on installe des plots pour les chars-à-voile.

Installation au studio : blanc et bleu, parfait, tout confort, un lave-linge, la Wifi, des rangements, une corde à linge à l‘extérieur, fauteuil relax, table et chaises de jardin sur une estrade de bois. Volets roulants et rue tranquille, il mérite son appellation de Studio Calme.

l’estuaire de l’Orne vu du mirador sur la Pointe du Siège

Derrière le  Phare de Ouistreham, la Pointe du Siège est un espace dunaire protégé compris entre l’avant-port et l’estuaire de l’Orne. Le Chemin de la Pointe du Siège est d’abord construit de petites maisons, presque des baraques autrefois habitat populaire, quartier sympathique. On arrive à un parking proche de l’estuaire. Animation des pêcheurs à pied, grosses bottes, seaux, râteaux, pelles et d’un groupe de dames retraitées aquarellistes qui rangent pliants et chevalets dans le coffre des voitures. Sans compter ceux qui promènent leurs chiens. Une carte et des explications : un circuit d’1.7 km conduit à un belvédère, puis dans la dune. Différents milieux peuvent être observés sur une petite surface : petit bois, dune, marais, slikke et schorre pour les spécialistes. Du belvédère on voit les bateaux de Franceville-Méréville. L’Orne décrit un méandre paresseux. Les bateaux, cargos ne s’y aventurent pas. Ils empruntent le Canal de Caen à la mer(14 km) qui est bordé par la Vélo Francette, (itinéraire cyclable de Caen à la Rochelle 650 km) très fréquentée. Sur l’avant-port, la digue Paul Emile Victor est aménagée pour la promenade à pied et à vélo. Je remarque le Centre Eolien du Calvados tout neuf qui gère le futur Parc éolien en mer du Calvados.  J’aurais bien aimé en savoir plus, il faudra me contenter d’Internet.

 

 

 

Figurations -Un autre art d’aujourd’hui – à la Maison Caillebotte, Yerres

Exposition temporaire jusqu’au 22 octobre 2023

Leonardo Cremonini : les écrans de soleil

Pour cette présentation de l’art figuratif, entre 1950 et 2000, pas moins de 47 artistes sont mis en lumière. Artistes reconnus, ayant participé à de nombreuses expositions. Si j’ai parfois entendu ou lu, certains noms, je découvre la plupart d’entre eux en dehors de Szafran dont j’ai vu récemment la rétrospective. 

Szafran

C’est une exposition très éclectique qui montre tout d’abord chronologiquement une figuration aux accents expressionnistes avec des plasticiens venus d’horizons différents mais beaucoup d’Europe de l’Est comme Dado (1939-2010) originaire du Monténégro. A l’occasion, je remercie George de Bucarest qui, dans les commentaires,  a eu la gentillesse de m’envoyer le lien vers le site de ce plasticien : Dado (diminutif de: Miodrag ) = Miodrag Djuric
Pour voir plus: http://www.dado.virtual.museum

Dado  (1964): la lapine. pourquoi la lapine? je ne vois aucun lapin plutôt des humains grotesques, grimaçants et des chimères.

Tibor Czernus, de Hongrie, Avigdor Arikho natif de Raudati, Bucovine, ayant étudié à Bezalel (Jérusalem) 

Autportrait Avigdor Alekha

J’ai bien aimé le chien de Pierre Lesieur

Pierre Lesieur : Le chien

Une salle est dédiée à un binôme Jürg Kreienbühl et Gilles Aillaud . le premier a représenté la banlieue et particulièrement les tours nuages de Nanterre dont le père du second a été l’architecte. 

Jürg Kreienbühl : le cimetière de Neuilly et les Tours de Nanterre

Aillaud a représenté des animaux exotiques prisonniers dans des cages de ciment: rhinocéros, sanglier et serpents sont prisonniers dans des loges de béton. Fragilité de l’existence humaine et remise en cause de la modernité dans la prétention des hommes.

le bonheur menacé

Leonardo Cremonini: au dos du désir

Plus coloré, l’univers de Leonardo Cremonini qui a inspiré Susanne Hay . Autant j’ai été impressionnée par la rigueur de la construction de Cremonini autant les œuvres de Susanne Hay m’ont semblé sombres et morbides. 

Desmazières : l’atelier Taizé; gravure

Plusieurs graveurs  sont accrochés dans la salle suivante : Desmazières avec ses dessins de précision (qui me font penser à certains de Szafran vus à l’Orangerie. Les gravures sur bois de Siemen Dijkstra sont d’une dextérité impressionnantes il faut s’approcher et les regarder de très près pour ne pas les confondre avec des photographies. 

Siemen Dijkstra

Tout à fait différentes les gravures sur bois d’Astrid de la Forest

Astrid de la Forest : arbres

les années 1990-2000 sont carctérisées par de grands tableaux presque hyperréalistes colorés, presque photographiques, souvent provocateurs. Un homme vêtu d’une combinaison de travail est sans tête, sur le tableau écrit « Qui suis-je », le bas du corps du d’une femme qui se touche le sexe de la main, sans le haut…je n’ai pas trop aimé non plus cette casquette jaune qui fait penser à une publicité.

jérôme Borel : la confusion de Narcisse
la casquette jaune.

Enfin, étrange tableau de Dominique Renson 

Dominique Renson
Quand on posez un portrait sur un chevalet c’est déjà une décapitation. Le cadre d’une boîte trop petite qui encage les personnages Un chevalet qui devient guillotine ou croix d’une crucifixion.

 

Dans l’Orangerie, des peintres contemporains plus jeunes sont exposés.

 

Beaumont du Gâtinais,

VILLAGE PITTORESQUE A LA LIMITE DE L’ÎLE DE FRANCE

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Nous avons traversé la Forêt de Fontainebleau en passant par la Route Ronde puis Nemours avant de trouver les grands champs de la Beauce pays de Pithiviers (dont je en connais que le gâteau feuilleté). Fin juillet, la moisson est déjà finie, grandes étendues de chaumes sur de légères ondulation et si peu d’accroche pour l’œil. Peu d’arbres, châteaux d’eau ou clochers. Les tournesols donnent un peu de couleur

Sous le ciel menaçant, ils penchent la tête. J’aimerais tant en cueillir un, mais c’est voler et je n’ose pas.

Au détour de la route, un village pittoresque : une halle de bois très bien conservée. Il y a même un escalier pour accéder au grenier.

le château et ses douves

Sur la place du village : un portail monumental d’un château ancien entouré de douves. Passé l’arche, je passe devant un Gite rural  – un gite dans un château c’est chic! puis j’arrive dans la cour d’une grande ferme.

la pluie s’est invitée : une goutte sur l’objectif!

A proximité se trouve la petite ville de Beaune-la- Rolande dont je connais le nom d’après le camp d’internement pendant la guerre. Souvenirs douloureux mais petite ville fleurie. 

Il nous reste à découvrir Pithiviers nous reviendrons!

 

la Guérinière : Le Musée des arts et des traditions de l’île invite Agnès Varda

NOIRMOUTIER

La Guérinière : Musée des Traditions

Situé sur la place de l’église, en face de la Mairie, la maison traditionnelle à un étage ne paie pas de mine de l’extérieur. Pourtant la visite sera longue. Les 9 salles contiennent une foule d’objets et des panneaux intéressants. Du 22 avril au 15 novembre 2023 se tient une exposition Agnès Varda à La Guérinière que j’ai beaucoup appréciée.

La première salle raconte l’Histoire de Noirmoutier illustrée avec des cartes anciennes et des photographies d’époque. La deuxième salle Marines et Exposition Agnès Varda

Marines : maquettes, bateaux en bouteilles, coffres de marins…

Un coin présente la pêche et ses instruments traditionnels : une barque bleue centenaire et tout le matériel pour la pêche à pied. A propos, savez-vous ce qu’est une Gorbille : c’est le seau en bois qui se porte en bandoulière pour la pêche à la crevette.

Pêche à la sardine à l’Herbaudière et conserverie rachetée par Cassegrain en 1900

Agnès Varda (1928 – 2019)

photographie jean Vilar au Festival d’Avignon 1948 puis crée Tamaris-film en 1954 et réalise 36 films. Elle préfère se définir comme « « artiste visuelle ». Jacques Demy venait à Noirmoutier à vélo de Nantes dans les années 50 et a voulu lui faire connaître l’île. Ils font l’acquisition d’un moulin à La Guérinière en 1962. Elle y tourne en 1965 Les Créatures avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli au Bois de la Chaize et en 2000 les Glaneurs et la Glaneuse.

Les œuvres exposées au Musée sont :

Les Cabanes de Noirmoutier (2005-2006)

 Cinq photographies de Veuves (2005) ,

 Quelques veuves de Noirmoutier long métrage 70 minutes (2004)

Une installation :le Tombeau de Zgougou vidéo en boucle 3mn40 tumulus de terre végétal couvert de sable sur une musique de Steve Reich. Rendant hommage à sa chatte

les Cabanes m’ont beaucoup plu, j’ai recopié des citations de Varda

« Cabane, le mot-même, renvoie à des désirs d’enfance, à des désirs de toujours[…]faire cabane est une façon de se mettre à l’abri, et quand je fais cabane, je raconte quelque chose, je fais des cabanes dans des matières qui ont du sens comme la pellicule de film »

J’associe ces cabanes à celles, plus virtuelles et plus politiques, de Marielle Macé une de mes lectures coup de cœur de l’année. Marielle Macé est comme Demy originaire de la région. Quand je me promène dans le marais je pense à ces images.

Le musée des Arts et traditions est riche en outils et installations traditionnelles comme ces moulins à sassor petite éolienne à pales pour assécher les marais. Les planchettes de bois ont des dénominations précises selon leur utilisation pour réguler l’eau des marais. Tous ces noms ont pour moi une poésie inédite.  

Bien sûr les habits traditionnels, les coiffe et leur évolution ont aussi du charme. Sans parler des meubles, de l’atelier du sabotier, de celui de l’ébéniste…

Je n’aurais jamais imaginé toute la richesse de ces collections !

Le passage du Gois et le pays de Bouin

NOIRMOUTIER

le passage du Gois

Pour tenter l’aventure du passage du Gois, il nous a fallu attendre la fin de la semaine. Le jour de notre arrivée, une course Les foulées du Gois bloquait le passage, ensuite les horaires étaient malcommodes. Aujourd’hui : basse mer à 10h 08  la route est dégagée de 9h10 à midi. Dominique a réservé une table au restaurant panoramique et chic Le Relais du Gois.

Les voitures sont très nombreuses sur la route, peu atteindront le continent. La plupart sont celle des pêcheurs à pied qui profitent de l’aubaine. Les huitres ont colonisé les pierres sur le bord de la chaussée, il suffit de se baisser pour les détroquer. D’autres vont plus loin munis de bêches et de paniers. Certains remplissent des bouteilles d’eau de mer. Tous ces personnages se détachent à contre-jour sur la surface lisse et brillante de ka vase. Des silhouettes, des reflets, des flaques argentées.

Le Gois : Pêcheurs à pied

L’Equipement envoie des balayeurs pour enlever la boue. J’ai un peu peur des éclaboussures des véhicules qui me frôlent. Régulièrement des refuges sont prévus pour les étourdis qui se seraient laissé prendre par le flux. Certains ont des plateformes confortables. D’autres sont simplement des poteaux avec des barreaux métalliques. Peu pratique pour attendre des heures le reflux !

A pied il faut un peu moins d’une heure pour parcourir les 4.3 km de chaussée submersible.

Le gois – pêcheur à la ligne

Un pêcheur a son téléphone greffé à l’oreille. Autrefois, la pêche à la ligne était une activité silencieuse et méditative, silence relatif troublé par les chants des oiseaux, le clapotis de l’eau, le saut des grenouilles. Il y avait aussi un aspect convivial : pique-nique et bouteille de vin. Nostalgie….

Le Gois n’a pas toujours existé. L’accumulation des sédiments du fait de deux courants dans la Baie de Bourgneuf a construit un cordon surélevé. Ce n’est qu’en 1701 que ce passage a été documenté. Le pavage en dalles de ciment date de 1930, il a été recouvert ultérieurement de macadam.

Port de Bec – pontons chinois

A 11h nous sommes sur le continent, en face du restaurant Le Relais du Gois. Beaucoup trop tôt pour déjeuner. Nous partons explorer Beauvoir-sur-mer et Fromentine. Une petite route nous conduit à Port de Bec un port ostréicole important sur le Dain qualifié parfois de « port chinois » en raison de la centaine de pontons de bois sur pilotis.

Un restaurant sympathique Le Mordeau attire notre attention : deux terrasses extérieures dont une couverte ; par un auvent de bois, et à l’avant, la proue d’un navire avec la cabine de pilotage. Carte très variée : le menu du jour 13€90 comprenant entrée, plat, dessert et café mais aussi des moules sous toutes les variantes, des plats de fruits de mer ou des assiettes d’huitres ainsi que des plats plus sophistiqués comme « blanquette d’encornets aux crevettes » ou « marmite de lotte ». Nous réservons une table en terrasse (et annulons par téléphone le Relais du Gois)

Bouin – éoliennes

En attendant nous suivons la route le long du littoral : installations ostréicoles de l’autre côté de passerelles, et un peu plus loin le parc éolien de Bouin :

Occasion d’en apprendre un peu plus sur ce Pays de Bouin que nous découvrons :

D’après un panneau sur site : Histoire du pays de Bouin

567 : un raz de marée fait périr toute la population de Bouin qui était une île

577 : retour de la population et construction de levées de terre

1715 à 1720 : une digue est construite pour enfermer le Polder du Dain

1940 : brèche dans la digue :  300 ha de polder se trouvent sous les eaux pendant 18 ans

1958 -1965 : reconstruction d’une nouvelle digue et nouveau polder.

Aujourd’hui Bouin se trouve sous le niveau de la mer à l’abri d’une digue de 14 km.

A propos des éoliennes : Utiliser la force du Vent

Autrefois le pays de Bouin comptait 14 moulins à vent. Pour les éoliennes mises en service en 2003 on note :

Rotor : 11 à 19 tours/minute

Vent de démarrage 4 m/s (14 km/h)

Vent d’arrêt : 90 km/h

Longueur d’une pale : 38,8m, longueur de la nacelle 10.3 m

En bas des éoliennes le GR (et la piste cyclable) rejoint Port de Bec (3.1 km) et se poursuis jusqu’au Gois (8 km) passant entre les blés déjà mûrs et les champs de tournesols encore petits. De temps en temps les grosses masses arrondies des figuiers rythment la promenade. Mauves vipérines, coquelicots fleurissent les abords des champs avec les ombelles des carottes sauvages. La taille des champs change avec celles de petits champs étroits de Noirmoutier.

Le temps se gâte, au restaurant les premières gouttes tombent. Nous avons choisi le menu du jour : salade composée maïs tomate, pommes de terre, moules et crabes, merlu à la sauce crémeuse et îles flottantes comme dessert. Roboratif, délicieux et vraiment pas cher ! heureusement que nous avions réservé, le restaurant refuse des clients.

Puisqu’il pleut nous rentrons à Noirmoutier par le pont. Il reste des fraises au stand du rondpoint . La dame n’en récolte qu’une cagette chaque matin.

 

 

L’Epine/La Guérinière

NOIRMOUTIER

A travers les Marais salants

Circuit « en passant par les moulins » 15.1 km 3h30 sur le Guide Nature balisage jaune

Avant de rejoindre le départ au port du Bonhomme nous faisons le détour par le stand de fraises. A 9h30, elles viennent d’être cueillies. Du rondpoint suivant au Port du Bonhomme 600m sur une route goudronnée tranquille. Je passe devant les boutiques-restaurants, dégustation d’huitre et arrive aux maisonnettes cimentées collées les unes aux autres. Au bout de la route : l’estran complètement dégagé. La mer est si loin qu’on ne la devine même pas. Dans Les installations ostréicoles, tables, j’observe le ballet des tracteurs qui tirent des plateformes et des bateaux métalliques à fond plat.

Le chemin qui mène à la Nouvelle Brille (1.3 km) est commun avec la piste cyclable au bas de la digue. J’aurais préféré marcher sur la digue mais le sentier n’existe pas et les chardons sont vraiment très touffus et piquants. A la Nouvelle Brille on peut aussi déguster des huitres ou en acheter. Le marais n’est pas joli-joli,, l’eau est verdâtre avec des algues vertes formant une mousse peu appétissante. La végétation est déjà desséchée, les chardons secs et jaunis, la vipérine et la moutarde des champs donnent un peu de couleur mais rien de passionnant.

Un sentier dans les chardons en haut de la digue permet de prendre de la hauteur et d’avoir plus de vue. A marée basse la vase est grise, il n’y a même pas de ruissellement, à peine une vieille épave. La digue en ciment plus basse porte une route. De loin on voit bien l’église de Noirmoutier ainsi que le château et ses poivrières. Après la Pointe de l’îlot, , le circuit coupe la route.

L’Epine : Marais salants Grande Mauve

Changement de paysage : on entre dans les marais salants. L’étier des Coëfs coule le long de la piste. La végétation est moins sèche ; des grandes mauves apportent leur touche de couleur.
Je retrouve le parcours balisé en bleu des « chemins de la mer et des marais » en suivant bien le jaune à l’entrée de l’Epine, je suis la Rue de la Forêt qui a de belles propriétés à l’ombre de grands arbres. La promenade continue dans le Bois des Eloux et traverse une belle pinède non loin du rivage. Les pins ont été plantés sur une dune, le sentier monte et descend, malheureusement je perds le balisage, arrive sur le sentier côtier, sablonneux et malaisé et préfère marcher sur la plage. Après plusieurs tentatives je retrouve le sentier de randonnée et le parking des Eloux où Dominique m’attend.

L’Epine : Bois des Eloux

J’ai refait la promenade quelques jours plus tard en veillant bien suivre les marques jaunes qui me mènent au bois des Eloux dans la dune et non pas sur la plage. Montées et descentes, je suis sur le « sommet » de cette île plate. Les arbres embaument, pins mais aussi arbousiers (pas d’arbouses) . Le sentier contourne par les bois un domaine fermé (Hôtel-club, peut-être?) et j’arrive à la mer sur une petite plage (parking) la Plage de la Coquette à La Guérinière. Dominique m’attendait au parking des Eloux. Récalcitrant, son GPS ne reconnait ni la Plage ni la rue de la Coquette. Comme ce n’est vraiment pas loin, je tente de la retrouver par la plage. Marée haute, pas de sentier côtier et la propriété que j’avais contournée par le bois interdit le passage. Je retourne dans le bois.

La Guérinière : Roses Trémières

Après la Plage de la Coquette le sentier côtier est bien tracé au dessus de l’eau. Il y a même un cheminement cimenté au ras des maisons fleuries qui rejoint les petite plages.

La Guérinière, promenade le long de la côte en corniche, le moulin de Both

Un joli moulin domine la côte. Les roses trémières sont fleuries. Je passe sous les batteries allemandes du Mur de l’Atlantique, bunker original parce que rond. Me voici arrivée à la Cale des Perles sur la Plage de la Cantine, je marche sur le sable puis rejoins la Plage de la Cour au niveau