Calvi

CARNET CORSE

Calvi au lever du soleil

L’Office de Tourisme principal se trouve sur le Port . Erreur du Guide Vert : l’audioguide ne commente que la Citadelle et se trouve à l’entrée dans un petit bureau. Nous trouvons les horaires du Train des plages quelques conseils et surtout j’achète des billets pour le concert de ce soir d’A Fileta.

Citadelle

La Citadelle de Calvi

L’audioguide raconte l’histoire de la ville. Il ne décrit que très peu l’architecture ou les fortifications (tant mieux !  les considérations stratégiques m’ennuient). Au-dessus de la Porte : la devise de la ville « sempre fidelis ». Fidèle à qui ? A Gènes, pendant 5 siècles de 1278 à 1793. Je passe sous la Tour du Sel qui venait de Provence. L’Oratoire de la Confrérie de Saint Antoine est malheureusement fermé ce matin. Sur le linteau en ardoise, Saint Antoine st représenté avec un petit cochon. On contourne l’imposant Palais des évêques de Sagone acheté par un milliardaire qui en a fait une boîte de nuit réputée Tao. Dans la Maison Giubega , la famille Bonaparte se réfugia en 1793,chassée d’Ajaccio par les Anglo-paolistes – Vincent Giubega était le parrain de Napoléon (suite de l’histoire abordée hier à Bocognano) je reconstruit comme un puzzle cette histoire que je ne connais pas.

Oratoire Saint Antoine

Autre personnage revendiqué par Calvi : Christophe Colomb dont on montre l’emplacement de la « maison natale » bien ruinée. Il est établi que Colomb était Génois. Au 15ème siècle, Calvi était génoise. Par ailleurs il était notoire que de nombreux Calvais entouraient Colomb dans son expédition transatlantique. Aucune preuve formelle que Colomb était lui-même calvais. Du bastion Malfetano, au sud, la côte est rocheuse avec de petites criques. C’est là que l’audio-guide évoque un dernier personnage lié à l’histoire de Calvi : l’amiral Nelson qui aurait perdu son œil pendant le siège de Calvi opposant Anglo-paolistes à la République Française pendant le siège de Calvi.

A la recherche d’une simple bouteille d’eau, nous parcourons la ville moderne sans trouver une simple épicerie. A la sortie de la ville, la croix du Balkan commémore le torpillage d’un bateau pendant la 1ère guerre mondiale. La vue est magnifique sur la pointe de la Revellata.

La plage de Calvi – 5 km de sable – est bordée par une pinède. J’ai envie de les marcher, les pieds dans l’eau et retrouver Dominique au bout. Le projet parfait très simple. Pas tant que cela ! La plage n’est pas accessible aux voitures le petit train s’interpose avec une promenade sur des planches. Et il faut trouver les accès, résidences hôtelières, campings et centre commerciaux s’interposent en une barrière infranchissable. Quand enfin nous trouvons un parking dans la pinède, je suis un peu déçue. Les restaurants de plage colonisent le sable jusqu’à l’eau, leurs installations sont moches avec des couleurs criardes. Nous regrettons les mignonnes tavernes grecques. Les prix sont bien corses et pas grecs. Notre budget ne nous permettra pas de déjeuner régulièrement à la plage. Il est trop tard pour la promenade de 5 km mais pas pour une baignade dans l’eau très tranquille de la baie. Nous rentrons déjeuner au gîte.

Au Spar, la viande est excellente : côte de porc marinée au miel et à l’abricot. Peut être les cochons ont vécu librement dans la montagne comme ceux qu’on a vus hier ? Raisin muscat corse et fromage de chèvre, cela se marie très bien.

Piscine l’après-midi, je fais un essai de dos crawlé et cela marche (depuis 5 ans je n’osais étirer mes bras). Les 5 semaines en Grèce et la piscine régulièrement m’ont réparée.

 

D’Ajaccio à Calvi par l’intérieur

CARNET CORSE

dans la montagne

4 septembre 2018 : Vol

Le vol Air France opéré par Air Corsica a accumulé les retards. Après avoir dormi dans l’avion, je me suis réveillée à l’arrivée à Ajaccio à minuit. Somptueuse baie éclairée avec de gros bateaux qui se reflètent. Malgré l’heure tardive, Fred, notre logeuse, nous attendait. Nous nous endormons sans avoir le temps de faire sa connaissance, ; au réveil, elle est déjà partie.

5 septembre : d’Ajaccio à Calvi

Petit déjeuner au bar de l’Odéon. Du soleil, je me déplace à l‘ombre.  A 8 heures du matin, il fait déjà bien chaud. En un petit quart d’heure, le taxi nous conduit à l’aéroport où notre voiture nous attend. Tout se passe à merveille. Notre carrosse est une très jolie Smart forfour orange et noire. L’intérieur est aussi habillé d’orange et noir.

Tout le monde est unanime : d’Ajaccio à Calvi, il faut emprunter la route de l’intérieur par Corte 160 km. Longer  la côte est déconseillée à cause des tournants. La route T20 monte imperceptiblement remontant le lit de la rivière Gravona , franchissant des ruisseaux. Les villages sont invisibles, perchés dans les hauteurs.

Phylotaca amrecana

J’attendais la statue-menhir de Tavera. En introduction au voyage, j’avais commencé les Notes de Voyage de Prosper Mérimée qui décrivait le dolmen de Tavaro. Certes, les noms se ressemblent, mais Tavaro est à proximité de Sartène il s’agit d’un autre monument mégalithique, mais ma curiosité est aiguisée. Seule une discrète flèche en bois à l’usage des randonneurs, à la hauteur d’un parking, indique le menhir de Tavera. Aperçue au dernier moment, nous obliquons sur la prochaine route pour faire demi-tour et découvrons une campagne très verte avec une maison de granite enfouie sous des mousses et des fougères ainsi qu’une plante exotique aux baies violettes très décorative. Il s’agit d’une plante invasive Phytolacca americana toxique, une sorte de peste comme la renouée du Japon. Comment est-elle arrivée là ? La deuxième tentative pour rejoindre le menhir est  contrariée par un camion agressif qui nous colle au train. On ne verra pas le mégalithe !

Bocognano : fontaine de galets

Bocognano (altitude : 660 m) vaut le détour (la route principale n’y passe plus). Joli village traditionnel avec ses platanes sur la place, sa fontaine monumentale en galets et sa grande mairie. Son Palazzu a été construit à la suite d’un don de Napoléon Bonaparte pour remercier les villageois qui l’avaient hébergé lors de sa fuite d’Ajaccio en 1793, pourchassé par les Paolistes. Premier jour en corse et déjà une rencontre avec le souvenir de Napoléon ! J’entre dans la boulangerie traditionnelle, pittoresque, sans savoir qu’elle est réputée dans toute la Corse pour ses pâtisseries à la farine de châtaigne, encore une occasion de perdue ! La Cascade du Voile de la Mariée se trouve à 3.5 km de l’entrée du village. Après un pont, le sentier est bien tracé mais bien escarpé. D’un petit mirador on peut admirer la cascade. J’aurais pu m’en approcher plus, le sentier est équipé d’un câble pour s’assurer, le rocher m‘a semblé bien glissant. Sur le bord de la route, des cochons sont dans un enclos en lisère de forêt.

Cascade du Voile de la Mariée

Après Bocognano, la route monte en lacets, franchit un tunnel pour atteindre le col de Vizzavone(1 100 m) et la magnifique forêt de hêtres dominée par les montagne Mte d’Oro (2389 m). Des pins laricio dépassent les autres essences. Depuis 1889 ; le train s’arrête à Vizzavone pour conduire touristes et excursionistes, les installations touristiques paraissent bien développées et les promenades bien indiquées, nous aurions pu aller voir la Cascade des Anglais ou rejoindre le mythique GR20. Nous nous contentons d’admirer de la route les arbres, hêtres, chênes, pins et châtaigniers séculaires aux troncs creux d’une circonférence remarquable.

village perché

Sortie de la forêt, la roue passe à proximité de villages perchés, traverse Vivario, passe à proximité de Venaco. Elle ne fait qu’effleurer la ville de Corte. Nous y passons à 13h, pas du tout le moment de faire une visite touristique. A regrets ! la citadelle a fière allure. A la sortie de Corte, changement de faciès géologique : de beaux schistes verts affleurent.

Autant les occasions de s’arrêter pour un pique-nique étaient nombreuses avant Corte, autant la route droite entre Ponte Leccia et l’Île Rousse n’est guère favorable à un arrêt. Nous la quittons à Pietralba, village perché aux ruelles étroites et très ensoleillées. Parking impossible. Une petite route secondaire (très secondaire et pleine de nids de poules) double la T30 relie les villages de Lama et d’Urtaca . Nous trouvons enfin notre coin sous un gros chêne devant une exploitation agricole.

Nous rejoignons la grande route, rassasiées mais éblouies par le soleil de midi qui écrase tout et sommes pressées d’arriver. La route suit le lit de l’Ostriconi non loin du Désert des Agriates. Nous n’accordons qu’un regard distrait à la très belle plage de l’Ostricone . Une baignade ferait pourtant du bien. La hâte d’arriver nous fera dédaigner les jolies plages après l’Île Rousse.

Notre résidence Padro (2*) fait réception commune avec l’Hôtel Cesario(3*). Les studios de la Résidence Padro forment un lotissement de petites maisons cachées dans la verdure. L’appartement s’ouvre sur une cour entourée de buissons touffus (laurier rose et laurier tain). Un mûrier dépasse de la haie. Nous sommes à l’abri des regards indiscrets. Une belle table avec un grand parasol occupe la cour. La salle s’ouvre par des portes-fenêtres. Agréables couleurs chaudes : murs jaunes, meubles orange (y compris le frigo) et canapé brun. Belle salle d’eau spacieuse. La chambre est bleue avec des volets bleus qui empêchent le soleil de la réchauffer. Deux lits jumeaux avec tête de lit et tables de chevet en rotin. L’ensemble est sobre, confortable. Que demander de plus ?

L’hôtel a deux piscines, l’une fraîche et grande pour nager, l’autre chaude avec des remous et des jets pour se relaxer. Palmiers abords soignés, mobilier de bonne facture. Un règlement un peu contraignant est affiché à l’entrée ? Il faut laisser ses chaussures avant de passer le pédiluve à l’entrée (les étagères de chaussures font penser à celles d’une mosquée). Le public est retraité (comme nous). Tout le monde est bien poli, bien aimable. Je lis le dernier Ferrari :  A son image. La piscine a effacé la fatigue du voyage.

 

Mérimée – – Notes d’un voyage en Corse – Colomba

LIRE POUR LA CORSE

Avant le départ pour une contrée inconnue, j’aime bien me choisir un guide, un passeur.

Pour la Grèce ce fut d’abord Lacarrière, pour l’Italie, Dominique Fernandez.

Mérimée et ses notes de voyage s’est imposé. Ces notes sont un inventaire des monuments mais aussi un petit résumé de l’histoire de la Corse et enfin de traditions populaires et des superstitions et des poésies « populaires corses ». Malheureusement, la plupart des monument, si ce n’est tout ce que Mérimée décrit ne se trouve pas dans les régions que nous visiterons, les dolmens de Sartène, les églises du Cap Corse, ou de Bonifacio, nous ne les verrons pas. J’ai donc parcouru rapidement ces descriptions.

En revanche, je me suis bien intéressée aux traditions et poèmes qu’il a compilés et traduits comme la Lamentation Funèbre du Niolo ou la Sérénade d’un Berger de Zicavo.

 

En 1840, quand Mérimée a écrit Colomba, la Corse était encore une destination exotique. Les liaisons maritimes entre Corse et continent régulières n’étaient pas encore établies par bateaux à vapeur. Le colonel Nevil et sa fille – parfaitement snob – déçue par un voyage banal en Italie –   s’embarquaient pour l’inconnu. Le contraste entre les préjugés britanniques et les traditions corses est piquant, le sentiment de supériorité du colonel et la fierté du « caporal »  dont la noblesse remonte au 12ème siècle est une introduction parfaite à l’histoire.

Mérimée a rencontré Colomba, mais ce n’était pas la pure jeune fille, c’était une vieille dame, intrigante, un peu sorcière qui distillait vengeances et crimes d’honneur. La belle Colomba de la nouvelle est une séduisante jeune fille qui voyage avec un stylet dans son corset et qui manipule son frère ainsi que le préfet, les bergers et bandits du maquis pour que la vendetta ait bien lieu.

Colomba est voceratrice : elle improvise des ballata, ces lamentations improvisées de deuil à la veillée mortuaire

« quand l’épervier se lamente – devant son nid vide, – les étourneaux voltigent alentour, – insultant sa douleur »

[….]

« l’épervier se réveillera, – il déploiera ses ailes, – Il lavera son bec dans le sang! – Et toi, Charles-Baptiste, que tes amis t’adressent leur dernier adieu, – Leurs larmes ont assez coulé – La pauvre orpheline seule ne te pleurera pas – Pourquoi pleurerait-elle? -Tu t’es endormi plein de jours – au milieu de ta famille – préparé à comparaître – devant le Tout-Puissant. – L’orpheline pleure son père, – surpris par de lâches assassins, – frappé par derrière ; – Mais elle a recueilli son sang, – ce sans noble et innocent ; – elle l’a répandu sur Pietranera, – pour qu’il devint un poison mortel. Et Pietranera restera marquée, – jusqu’à ce qu’un sang coupable – ait effacé la trace du sang innocent.’

Romantique en diable, brillante, cette nouvelle a du panache!

La Carte des Mendelssohn – Diane Meur

« N’est-ce pas ce que je voulais dès le départ ; tisser de la toile, fabriquer de mes doigts un filet à envelopper le monde, avec de larges mailles pour gagner en étendue, mais aussi avec des mailles fines et serrées pour que le poisson ne passe pas à travers, pour que jamais plus rien ne se perde, ne s’oublie, ne disparaisse au fil de l’eau sans laisser de trace?  »

483 pages (avec les notes), d’une saga de la famille (élargie) des Mendelssohn sur près de 400 ans. Une saga est un récit historique, parfois un cycle romanesque épique. Cependant au terme de Saga, l’auteur, Diane Meur préfère la Cartographie qui fait allusion à un arbre généalogique qu’elle tente de construire, en précisant dates de naissance et de décès (classique) mais aussi religion et profession.

Moritz Oppenheim : rencontre de Lavater et de Moses Mendelssohn

Dans la famille Mendelssohn:  le fondateur, Moses Mendelssohn (1729-1786), philosophe des Lumières, ami de Lessing, Juif pratiquant mais éclairé, affirmait que le rationalisme n’a rien d’incompatible avec le judaïsme, et fut surnommé le Luther des Juifs, Apprécié de Kant.

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Le musicien : Felix Mendelsohn Bartholdy (1809-1847), petit fils de Moses est sans doute le plus connu des Mendelssohn. On a peut être oublié sa sœur Fanny dont les dons musicaux ont été contrariés par la tradition patriarcale du 19ème siècle qui empêchait une femme d’être aussi géniale qu’un homme.

Fanny Mendelssohn

Entre ces deux personnages célèbres, Abraham Mendelssohn-Bartholdy (1776-1835), le banquier, l’amateur éclairé a permis à ses deux enfants Félix et Fanny de devenir des musiciens de premier ordre. Soucieux aussi de la réussite sociale, il a élevé ses enfants dans la confession protestante. Il aurait bien aimé que Félix signe sa musique Bartholdy et non Mendelssohn, qui sonnait trop sémite.

Diane Meur aurait pu se contenter de retracer la biographie de ces trois personnages considérables. Ce n’est pas son propos. Les biographies de Moses ou de Félix ne manquent pas. Son intention est de saisir dans son filet toute la famille : les célèbres et les inconnus, les hommes qui ont transmis leur patronyme, mais également les femmes et leurs descendants appelés Mendelssohn ou non. Raconter la grande histoire et la petite. Donner presque autant d’importance aux relations de Moses Mendelssohn et de Frédéric II qu’à une religieuse belge dans l’anonymat d’un couvent au début du 20ème siècle.

Diane Meur, germaniste et historienne,  aurait pu raconter l‘histoire de la Prusse, puis de l’Allemagne et enfin de la purge terrible du IIIème Reich qui a éliminé la musique et les œuvres des Mendelssohn convertis au protestantisme ou au catholicisme depuis plus d’un siècle, rappelant à ces allemands assimilés depuis des générations qu’ils avaient du sang juif. « nager dans le grand bain de l’histoire » écrit-elle,

« ....Elle n’est pas un récit et ne saurait le devenir : les enchaînements, les causalités ne peuvent être montrés sans retours en arrière ni anticipations et le choix de ranger dans l’ordre tout ce qui arrive, au nom de la clarté apporte finalement une autre forme d’obscurité. Pourquoi mentionner l’arrivée de Voltaire à Berlin, on le voit à peu près puisqu’il s’agit d’un philosophe des Lumières. mais pourquoi parler de Bach? Il faudrait pour le comprendre, en être déjà arrivé à Félix Mendelssohn, qui sera initié à la composition par un admirateur de Bach et, à vingt ans, fera sensation en dirigeant la Passion selon saint Matthieu, oeuvre tombée entre-temps dans une certaine disgrâce »

Une saga, des biographies, un récit historique… ce n’est pas tout! C’est aussi le récit de l’écriture d’un roman. Diane Meur se met en scène dans ses recherches en bibliothèque, sur place en Allemagne, dans ses rencontre. Elle nous fait partager ses « berlinades » (mésaventures cocasses plombières ou serrurières) ses rencontres parfois très émouvantes, ses promenades dans la campagne prussienne et les surprises que lui offre le hasard. Elle nous fait aussi partager ses découragements, les impasses dans lesquelles ses recherches s’enlisent parfois.

L’auteure ne nous fait grâce d’aucune digression. Parfois je suis complètement égarée dans les descendants, les cousinages de personnages qui ont souvent les mêmes prénoms et les mêmes noms. Combien de Félix? d’Arnold? et même d’Enole, prénom inusité. Le livre m’est tombé quelques fois des mains, la canicule n’aide pas à la concentration.

Mais je l’ai repris, et chaque fois, y ai trouvé un intérêt renouvelé. Rencontres inattendues avec Lassalle, Marx ou Kassuth, je ne m’y attendais guère. Développements en Lituanie, en Turquie ou en Palestine…

Deux histoires se chevauchent, la grande : Histoire des Lumières et rencontre avec Lessing, Kant ou Chamisso (quelle merveille l’histoire de Schlemihl!), les Révolutions de 1848, la Guerre de Crimée et les ravages du nazisme. Et la petite : l’histoire de l’historienne qui veut écrire un roman. Les deux histoires sont passionnnantes!

 

L’Isle-Adam , sa plage et le Musée Louis-Senleq

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

La Plage de l’Isle-Adam sur le bord de l’Oise

34°C à Créteil selon la météo! Allons nous rafraîchir à la Plage!

Sur la suggestion de Télérama, nous attendions le jour propice pour réaliser le programme : matinée à La Plage et visite l’après midi d’une exposition au Musée D’Art et d’Histoire. Entre les deux, une promenade sur les bords de l’Oise.

La Plage 

la plage et l’Oise

La plus grande plage fluviale, le plaisir de nager dans de l’eau de rivière, ne sentant pas le chlore, bien fraîche. Une esthétique Deauville 1920, avec de balles cabines blanches, des kiosques, des coins ombragés d’autres fleuris. Très chic!

L’entrée est chère pour les visiteurs (12.2€). Pour que le voyage en vaille la peine, il faut y passer un bon moment et y venir l’après-midi quand le bassin de natation (profondeur 3m) soit ouvert. Ce bassin renommé attira des compétitions et le tournage de films. Malheureusement notre hebdomadaire préféré n’avait pas annoncé cette ouverture tardive. La municipalité de l’Isle-Adam fait des conditions avantageuses pour les habitants de sa commune(et c’est très bien ainsi). Les jeunes s’y sont précipités (à raison, comme je les comprends!). Mais la foule nous a chassées, nous avons préféré pique-niquer tranquillement devant l’écluse sur les bords de l’Oise.

l’écluse

Sur le Motif

C
Chiara Gaggiotti : la Distillerie

Exposition temporaire jusqu’au 16 septembre

« peindre sur le motif c’est peindre en extérieur sans dessin préalable ». » cette thématique du paysage est partie intégrante du projet du musée qui possède une collection de « l’Ecole du bord de l’Oise » 

ai-je recopié de la présentation de cette exposition qui réunit 4 femmes artistes contemporaines :

Agaves de Corinne Pauvert

Delphine D. Garcia ( née en 1973 à Compiègne)

Delphine Garcia
Delphine Garcia

Chiara Gaggiotti(née en 1977 à Gubbio)

Chiara Gaggiotti : Termini
Chiara Gaggiotti : Termini

Virginie Isbell (née en 1959 à Washington, ayant fait des allers-retours entre les USA et la France actuellement en Uruguay

Virginie Isbell : reflets

Corinne Pauvert née en 1956 à Paris.

Vie vagabonde de Virginie Isbell

Cette exposition rassemble surtout de petits tableaux regroupés par thème, d’une seule artiste ou non, petits formats huiles sur bois ou carton, souvent très colorés que j’ai bien aimés.

Si nous n’avions pas eu peur des bouchons, nous aurions pu retourner à la Plage pour essayer le grand bassin. Le chemin du retour (60 km) est bien long à l’heure d’affluence.

Musée Camille Claudel et Balade à Nogent sur Seine

BALADE ET MUSÉE

Rodin : La France , portrait de Camille Claudel

L’an dernier a commémoré Rodin et le Musée Camille Claudel a ouvert à Nogent-sur- Seine. J’attendais les beaux jours pour aller le visiter.

La Seine à Nogent : le bateau-lavoir et au fond, la Centrale

Nogent-sur-Seine est dans l’Aube, en Champagne-Ardennes, à 130 km de Créteil. C’est un peu loin, mais il faisait si beau. Plusieurs itinéraires sont possibles, par l’A4 et Provins, par l’A5 et Bray-sur-Seine, ou par la Nationale 19, Brie-Comte-Robert- Nangis-Provins. A l’aller nous avons emprunté l’A5 bien roulante, sortie 18 et route) travers la Brie, colza en fin de floraison, blé déjà haut, pas un coquelicot, pas un bleuet, pas de moutarde sur les bords, pas étonnant que les insectes et les oiseaux désertent la campagne! Pas de haie, même pas un bosquet. La monotonie est rompue par des tapis roulants qui convoient le sable ou les graviers de carrières. On traverse peu de villages, la route évite Bray-sur Seine que nous voulions voir. Un arrêt devant le château de La Motte-Tilly précédé d’une majestueuse allée de marronniers et de pelouses.

Le château de la Motte-Tilly

Nogent-sur-Seine se devine de loin avec les grosses cheminées de la centrale nucléaire d’où sort un panache. Samedi c’est le marché autour d’une belle halle, joyeuse animation dans la rue principale, queue chez les boulangers. L‘église Saint Laurent est spectaculaire avec ses grandes statues surmontant le clocher carré. A l’intérieur, les tableaux sont bien mis en valeur, explication et lumière. Il va y avoir un mariage, les bouquets fleurissent le chœur, un homme (le prêtre ou le fleuriste?) met la main au plus grand bouquet de lys blanc en chantant en portugais.

Le moulin Sassot qui enjambe la Seine

Dans les rues je remarque de belles maisons à pans de bois. D’autres sont en brique ou brique et meulières. Les bords de Seine sont agréables; je remarque un bateau-lavoir vert, qui est une véritable blanchisserie. Un grand moulin enjambe la Seine : c’est le moulin Sassot construit au 19ème siècle détruit puis reconstruit en 1908, maintenant le Siège de l’entreprise Soufflet qui est justement une très grosse entreprise en minoterie et de malterie. Cette construction de brique ressemble un peu à la chocolaterie Menier de Noisiel. Nous aurions dû arriver plus tôt pour prendre notre temps de nous promener dans cette ville charmante, chercher peut être la Maison de Camille Claudel et celle où Flaubert est venu en villégiature.

Le Musée Camille Claudel

Inauguré en 2017,  c’est un musée tout neuf, très bien conçu, clair. L’audioguide est compris dans le billet. Il faut le prendre, il est passionnant ; quoique je n’ai pas tout écouté parce que j’aurais pu rester toute la journée, tant les explications sont riches.

Alfred Boucher : Jeune fille lisant

Si on honore Camille Claudel en donnant son nom au Musée, il faut savoir que les sculpteurs fameux ont été nombreux à Nogent-sur-Seine. Le musée fait tout un panorama de la sculpture de la fin 19ème siècle, début 20ème, notamment aux artistes locaux :Alfred Boucher(1850-1934) qui fut le maître de Camille Claudel, Ramus (1805-1888) Paul Dubois (1829-1905). Ces trois sculpteurs jouissaient d’une certaine notoriété qui leur permis d’obtenir de nombreuses commandes officielles.

Alfred Boucher : Faune et Bacchante

La Salle 2 : être sculpteur au 19ème siècle donne une bonne introduction à la technique de la sculpture, on voit les étapes de la fabrication d’une statue, du modèle en plâtre ou en terre à la réalisation du bronze avec le moulage à la cire perdue, ou en pierre  grâce à la « mise au point », pointage tout à fait visible avec des sortes de clous ou aiguilles régulièrement réparties sur le corps du plâtre.

Paul Dubois : l’Alsace et la Lorraine

Salle 3 : Lla sculpture et l’espace public : A la fin du 19ème siècle, on construisit beaucoup et entre la défaite de Sedan et la Première Guerre mondiale les représentations patriotiques matérialisaient le souvenir de l’Alsace-Lorraine perdues, et la « héroïsation » de Jeanne d’Arc (nous ne somme pas loin de Domrémi) .

Paul Dubois : statue équestre de Jeanne d’Arc

Autre sujet : les représentations de scientifiques et médecins,(Pasteur, bien sûr) destinées à figurer sur les places publiques.

La mythologie était aussi sujet d’inspiration, comme les vertus chrétiennes (mais ce n’est pas uniquement à cette période).

Salle 4 : Paul Dubois chef de file des Néo-Florentins présente des bronzes délicats

idéal féminin

Salle 5 : Les métamorphoses de l’idéal féminin est un « cours de sculpture » un petit groupe Tres in Una de Richer  illustre la beauté antique, la beauté de la Renaissance et la beauté moderne; De nombreux marbres accompagnent ces cours et les deux bas-reliefs de Bourdelle ont un style bien différent des recommandations académiques.

Salle 6 : Allégorie et Mythologie 

Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes

Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes est tout à fait remarquable.

Salle 7 : Représentation du Travail. L’oeuvre la plus spectaculaire est un ouvrier pelleteur représenté à l’ouvrage mais nu, sorte d’Hercule par Alfred Boucher

ouvriers à l’ouvrage

Après avoir traversé la salle 8 : La sculpture de la Sphère privée montre des collections variées.

Bourdelle inspiré par Loi Fuller

Enfin on arrive à l’étage pour Le corps en mouvement où je découvre des danseuses, danseuses classiques ou antiques mais aussi inspirées de Loie Fuller et sa danse du voile ainsi qu’Isadora Duncan : un groupe de Bourdelle. Les sportifs sont aussi montrés en mouvement.

A Boucher : tous au but

On entre enfin, dans l’atelier de Rodin avant d’aborder les salles dédiées à Camille Claudel. Camille Claudel a passé, adolescente,  les années 1876 à 1879 à Nogent. A 14 ans elle sculptait déjà et se fit remarquer par Alfred Boucher. En 1881, elle étudie à Paris, Alfred Boucher venait corriger les travaux puis fut remplacé en 1882-1883 par Rodin pour qui elle deviendra praticienne et modèle dès 1884.

Camille Claudel : buste de Rodin
Camille Claudel : buste de Rodin

On peut voir côte à côte des oeuvres de Rodin et de Camille Claudel sur des sujets identiques, le portriat de Rodin par Camille Claudel.

Autour de la Valse

Apothéose du musée : la salle Autour de la Valse : une série de 4 couples de valseurs , bronze, grès, plâtre. le médiateur du Musée raconte que Debussy, très ami de Camille Claudel possédait un tel groupe.

Une autre salle est dédiée à une oeuvre spectaculaire : Autour de l’âge mur  et al dernière à Persée et Gorgone en marbre réalisé par Pompon, la maladie de Camille lse faisant déjà sentir.

 

Villages au pied des Albères : Saint André – Villelongue-dels-Monts : Santa Maria del Vilar

CARNET CATALAN

Eglise de saint André

Dernières visites : villages au pied des Albères, vus de loin de la route d’Argelès. 

Saint André est un bourg tranquille. Un collège moderne est  à l’entrée du village. On suit  une rue commerçante. La  jolie mairie est sur une place avec une fontaine moderne originale de schistes de montagne imitant le cours d’un torrent.  Il  a une église réputée et un musée d’art Roman qui n’ouvre qu’à 15 heures. Dans le musée, des moulages en plâtre de chapiteaux romans et quelques sculptures avec des explication. Rien d’exceptionnel si ce n’est un audioguide très bien fait pour visiter l’église au prix très modique d’1€ .

Façade de l’église Saint André

Pour visiter l’église on passe d’abord sous le porche qui était l’entrée de l’ancien monastère

L’église est « pré-romane », église du monastère bénédictin de Saint-André fondé en 823 sur des terres que Louis le Pieux octroya à l’abbé Miro et ses moines qui fuyaient l’Espagne maure. Située sur la Via Domitia et sur la route du Pèlerinage de Compostelle.

L’église primitive fut bâtie  tout d’abord en galets roulés en arête de poisson. Elle fut reconstruite au 12ème siècle un appareil de pierres  plus petites, et surmontée de moellons soigneusement taillés (remploi de pierres de taille antiques) avec une rangée d’arcatures aveugles lombardes.

Fenêtre avec son encadrement de marbre et les 6 médaillons

Une fenêtre au dessus du porche est encadrée de fine sculptures de marbre blancs ciselés d’entrelacs comme une dentelle (remploi)  et décorée de sculptures de marbre 11ème et 12ème.  6 médaillons ronds portent les symboles des évangélistes : lion ailé de Saint Marc, taureau de St Luc,  et des séraphins.

Linteau

Le  linteau (1030-1050) représente le Christ en Majesté entouré d’apôtres et d’anges. Deux curieux personnages émergent des murs : les simiots, chimères mi-singes, mi-lions qui terrorisaient le Vallespir autour de l’an mil en sortant des forets. L’abbé Arnulphe rapporta de pèlerinage à Rome les reliques de St Abdon et Sennen qui accomplirent le miracle de faire fuir les simiots. Cette légende est également rapportée à l’abbaye d’Arles-sur-Tech.

Simiot

A l’intérieur, la nef est haute mais sombre, on distingue encore deux fresques. L’autel à lobe est emprunté au monde byzantin. Les ateliers du 9ème au 11ème siècle empruntaient les marbres à la ville romaine de Narbonne.

Santa Maria del Vilar

Au lieu de rentrer par la grande route à 4 voies, nous passons de villages en villages par Saint Genis en direction de Maureillas sur l’ancienne route départementale. Le prieuré Santa Maria del Vilar est indiqué par une flèche qui monte à l’assaut de la montagne. On passe devant de belles maisons pour arriver dans un endroit isolé mais soigné : le prieuré est occupé par des moniales roumaines orthodoxes qui accompagnent les visiteurs dans une visite guidée. des concerts se tiennent également dans la chapelle qui a une très bonne acoustique.

Tout d’abord, la bonne sœur me donne un livret dactylographié racontant l’historique du monastère, et me conduit sur un banc de pierre en face du porche de l’église.

porche roman

Des chanoines augustin arrivés des environs de Figueras fondèrent la première communauté de 1083 à 1535 quand la propriété fut confisqué et le monastère sécularisé. Les moines sont revenus en 1802 pour trouver l’église en ruine, vendue à un cultivateur qui avait installé vaches et chevaux dans l’églises, agneaux dans le cloître et cochon dans la salle carolingienne. En 1942, les agriculteurs abandonnent l’exploitation. Le prieuré fut redécouvert en 1993 par Madame Triadou qui entrepris de le restaurer et de le faire classer aux Monuments Historiques en 2004. En 2005, installation d’une communauté monacale orthodoxe roumaine.

Reste de la chapelle pré-romane

La sœur

nymphéum

vient alors me chercher pour me montrer les éléments architecturaux remarquables : le porche et sur la façade les trous carrés (boulins) trace de l’échafaudage. On voit aussi les fondations d’une très ancienne chapelle pré-romane 7ème siècle : Sainte Eulalie et les restes d’un nymphéum païen 1èr siècle avant J.C. Elle montre aussi un paratonnerre rudimentaire et les fresques dans l’église. La salle carolingienne a été entièrement reconstruite mais il ne reste rien de carolingien. dans le cloître est installé un petit musée.

fresque

 

 

 

 

 

 

Cap Béar – les asperges sauvages

CARNET CATALAN

Saint Ferréol- les asperges

Cap Béar

J’ai beaucoup aimé cette balade. Pourquoi ne pas la refaire sous le soleil ? J’ai pris mon bâton, pas tant pour me faciliter la montée qui n’est pas énorme, plutôt pour m’assurer là où le ruisseau a envahi le chemin. Je prête plus attention aux végétaux dans la chênaie, petit hou, salsepareille, ronces au bas de la pente, plutôt bruyères et genêts, plus haut ; Je croise un monsieur d’un certain âge, aux pantalons fendus comme ceux des ados. Il a dû capter mon regard :« je vais aux asperges qui sont dans les ronces, je ne vais pas abîmer un bon pantalon ! » annonce-t-il je lui réponds que j’aimerais bien en trouver mais que je n’ai pas mon couteau. « Pas besoin de couteau pour les asperge, il suffit de les casser ! En revanche, pour les pissenlits il faut un couteau ! ». Je continue la balade en cherchant les asperges que je ne trouve pas.

Toute la journée je vais croiser des gens avec un bouquet d’asperges dans la main. Cela doit vraiment être la saison !

Cap Béar

Port Vendre

A la sortie de Port Vendre en direction de Cerbère, le Cap Béar. Le vent marin a apporté une brume et un éclairage un peu bizarre. Le vent souffle en tempête soulevant des vagues spectaculaires. Les romarins sont couverts de fleurs bleues. C’est le début de la floraison des asphodèles. Je les aime beaucoup mais depuis que j’ai lu qu’elles étaient les prairies blanches des morts de l’Enfer dans l’Odyssée, je les trouve funèbres.

Asphodèles

En dessous du phare, des marches conduisent à l’anse Sainte Catherine, invisible de la route. Je découvre des petites maisons blanches ; on se croirait dans les cyclades. Des agaves aux belle feuilles lancéolées dépassent des épineux et des romarins. Ici aussi c’est la chasse aux asperges. Un sentier mène à un petit promontoire. Pour y arriver, il faut descendre dans les schistes argentés ; je marche avec précautions et agrippe les romarins, au moins il ne pique pas ! A la montée ce sera moins impressionnant, d’ailleurs je trouve un autre passage avec des marches.

Anse Sainte Catherine

Collioure

La mer est tellement agitée que la promenade sous le fort n’est pas possible ; de très grosses vagues viennent s’y briser sur la banquette de ciment.

Les vagues sur Collioure

Au retour, le Canigou semble irréel dans la brume, blanc, spectral.  On le devine plus qu’on  ne le voit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Randonnée avec Vall’respire au dessus d’Arles-sur-Tech vers Monferrer

CARNET CATALAN

Arbre en fleur à Amélie

Le matin,  le temps bien gris avec menace d’averses n’incite pas à la promenade, d’autant plus que le club de Randonnée Vall »Respir d’Amélie-les-bains propose une randonnée au-dessus d’Arles-sur-Tech. Je reste toute la matinée à saisir mes notes à l’ordinateur.

cerisier

Rendez-vous à Amélie-les-Bains sur la Place de la Sardane. Nous sommes 15 et nous répartissons dans trois voitures. Traversant Arles-sur-Tech on passe devant la fabrique des meilleures rousquilles de la région. Un petit faon traverse la route, certain ont cru reconnaître les cornes recourbées d’un isard. Nous dépassons les Gorges de la Fou et empruntons une petite route qui monte jusqu’à un petit parking. Le repère dans le paysage est un énorme rocher qui fait une falaise dans la montagne. Nous allons nous retrouver au-dessus, après avoir grimpé un raidillon qui court en balcon au-dessus de la route à couvert dans la forêt. Puis encore un raidillon, et toujours un sentier en balcon qui monte, monte. Mes compagnons randonnent plusieurs fois par semaine et sont bien entraînés. Tout le monde grimpe avec une apparente facilité alors que je peine mais ne veut rien en dire, je reste dans le groupe de tête de peur de me faire distancer si je reste à la queue. Le groupe est très bien organisé, il y a une organisatrice en queue pour ne perdre personne. Nous arrivons à une minuscule chapelle avec une très belle vue sur toute la vallée.

fleurs bleues

La descente est moins difficile physiquement, mais plus aventureuse. Le sentier du retour n’est pas balisé, les organisatrices cherchent des chemins de chèvres (ou de sanglier). Un arbre barre le sentier, il faut le contourner, on descend au jugé à travers la forêt et atteint une piste qui descend ; J’en ai un peu assez de ces descentes dans les genêts et les ronces et suis bien contente de sentir un bon chemin sous mes pieds ; Mais c’est de courte durée, on retrouve le sentier. A la montée c’est essoufflant mais à la descente il faut être très attentif pour ne pas glisser. Heureusement j’ai mon bâton ! On se retrouve au parking pile à l’heure !

Retour sous le soleil. Les cerisiers sont épanouis, tout blancs. Magnifiques !

Prieuré de Serrabone

CARNET CATALAN

Prieuré de Serrabonne

Ce haut-lieu touristique des Pyrénées Orientales est signalé depuis la route principale(N116) qu’on quitte en direction de Bouleternère -joli village dominé par une haute église, une tour ronde et des remparts mais nous n’avons pas le temps de nous y arrêter.

A la sortie de Bouleternère, un panneau annonce « Serrabone, 25 minutes ». La route tortille mais elle n’est pas étroite comme les routes de montagne que nous connaissons. La D615 suit le cours du Boulès, petite rivière très encaissée. Brusquement, une tête cornue : une belle chèvre, très familière elle ne s’enfuit pas à mon approche renifle ma main et la lèche. Encore 4 km en lacets pour découvrir le prieuré. Une haute tour carrée en schiste, sobre et austère et isolé dans la montagne. On découvre ensuite les bâtiments conventuels en dessous.

Histoire

Chapiteaux de la galerie extérieure

Le prieuré de Serrabone est attesté à partir de 1069, en 1082 le Vicomte de Conflent permet l’installation d’une communauté monastique suivant la règle de Saint augustin. A partir du 12ème siècle les constructions s’enrichissent d’un cloître, une salle capitulaire et un dortoir. La crise démographique du 14ème siècle, une mauvaise gestion du monastère (un prieur est déposé en 1448 pour « crime énorme ») entrainent le déclin de Serrabone.

La tribune
Serrabonne : la Tribune de l’Eglise

Passée la billetterie, je passe par une galerie en balcon, avec de jolis chapiteaux historiés, avec une vue sur la forêt. L’église est dépouillée, son ornement le plus extraordinaire est une merveilleuse tribune de marbre rose de Conflent. La sculpture est très fine, on voit les symboles représentant les quatre évangélistes : aigle, taureau, lion et homme. Les chapiteaux sont amusants avec des hommes grimaçants, des singes des animaux fantastiques ailés….

personnage

On peut se promener dans les alentours dans les collections botaniques : collection d’oliviers, vigne sur des terrasses minuscules qui semblent suspendues, des plantes aromatiques.

Le retour par la D615 est très agréable dans les Aspres couverts de très hauts chênes. On passe par deux villages : Boule-d’Amont, Oms et Llauro. C’est une promenade tranquille dans la belle lumière du soir.