Randonnée avec Vall’respire au dessus d’Arles-sur-Tech vers Monferrer

CARNET CATALAN

Le matin,  le temps bien gris avec menace d’averses n’incite pas à la promenade, d’autant plus que le club de Randonnée Vall »Respir d’Amélie-les-bains propose une randonnée au-dessus d’Arles-sur-Tech. Je reste toute la matinée à saisir mes notes à l’ordinateur.

Rendez-vous à Amélie-les-Bains sur la Place de la Sardane. Nous sommes 15 et nous répartissons dans trois voitures. Traversant Arles-sur-Tech on passe devant la fabrique des meilleures rousquilles de la région. Un petit faon traverse la route, certain ont cru reconnaître les cornes recourbées d’un isard. Nous dépassons les Gorges de la Fou et empruntons une petite route qui monte jusqu’à un petit parking. Le repère dans le paysage est un énorme rocher qui fait une falaise dans la montagne. Nous allons nous retrouver au-dessus, après avoir grimpé un raidillon qui court en balcon au-dessus de la route à couvert dans la forêt. Puis encore un raidillon, et toujours un sentier en balcon qui monte, monte. Mes compagnons randonnent plusieurs fois par semaine et sont bien entraînés. Tout le monde grimpe avec une apparente facilité alors que je peine mais ne veut rien en dire, je reste dans le groupe de tête de peur de me faire distancer si je reste à la queue. Le groupe est très bien organisé, il y a une organisatrice en queue pour ne perdre personne. Nous arrivons à une minuscule chapelle avec une très belle vue sur toute la vallée.

La descente est moins difficile physiquement, mais plus aventureuse. Le sentier du retour n’est pas balisé, les organisatrices cherchent des chemins de chèvres (ou de sanglier). Un arbre barre le sentier, il faut le contourner, on descend au jugé à travers la forêt et atteint une piste qui descend ; J’en ai un peu assez de ces descentes dans les genêts et les ronces et suis bien contente de sentir un bon chemin sous mes pieds ; Mais c’est de courte durée, on retrouve le sentier. A la montée c’est essoufflant mais à la descente il faut être très attentif pour ne pas glisser. Heureusement j’ai mon bâton ! On se retrouve au parking pile à l’heure !

Retour sous le soleil. Les cerisiers sont épanouis, tout blancs. Magnifiques !

Amélie-les-bains Gorges du Mondony – randonnée sur le chemin de Vivès

CARNET CATALAN

Le soleil est revenu.

Je passe  chez le libraire d’Amélie-les-bains qui pratique des prix plus élevés que le bouquiniste de Céret. Je fais , découvre un petit marché sur la place près du Mondony que je remonte sous les beaux platanes de la promenade sous les thermes militaires. J’aime bien la vue sur les thermes et les gorges du Mondony qu’on a commencé à aménager avec le même genre d’équipements qu’aux Gorges de la Fou, un accident mortel a fait arrêter le projet. Je m’assieds sur le tronc scié d’un platane et dessine.

Pour pique-niquer, nous avions envie de monter au Fort d’Amélie. Nous avions repéré la route pour y monter mais nous en prenons une autre, vers Montalba. Très vite, nous nous retrouvons dans un cadre de montagne sur une route étroite qui tortille et qui semble rejoindre les pics enneigés. A nos pieds, le vallon très resserré du Mondony, très sauvage. Granite gneiss et schistes alternent :  toute une série géologique ! La route devient de plus en plus étroite, on renonce à aller au groupe de maisons perchées.

J’ai rendez-vous avec le club de randonnée d’Amélie-les-bains sur la Place de la Sardane,  où se tenait le marché. Les animatrices sont très dynamiques, elles proposent deux randonnées par semaine aux locaux et aux curistes. Covoiturage : Cinq voitures font une caravane jusqu’à Saint Jean Pla de Corts . 

Les flèches chemin de Vivès  balisent un circuit d’une douzaine de km, 3 heures prévues. Les membres du club sont très entraînés.  Partis à plat autour d’un château tarabiscoté, sur un rythme soutenu. La piste monte dans la colline. Le groupe accélère dans la montée. Je me force à rester devant de peur d’être distancée. Avec ma parka, j’ai vraiment très chaud.Je la roule dans mon petit sac et marche avec le pull irlandais. Au loin, sur la colline, je reconnais l’Ermitage de Saint Ferréol . La piste redescend pour arriver au village de Vivès tout petit, mais vraiment très bien entretenu, pierre et brique, , le village dans son jus. On remonte dans les collines. Le vent se met à souffler très fort. J’aurais bien fait de revêtir la parka.  Des petits chênes font un rempart contre la Tramontane. Sur l’arête, on voit qu’il fait très beau sur la mer. Pas un nuage, la mer bleu intense. De l’autre côté, les Albères et l’autoroute qui va en Espagne sur des viaducs aériens. Traversant un bois de chêne-liège nous parvenons à un petit musée du liège (il y en a un autre à Maureillas). La piste monte et descend dans des vignes. On remarque que certains ont été labourées mais pas toutes. Il y a beaucoup d’herbe, un homme du coin regarde avec condescendance ces vignes « mal entretenues » je me rappelle intérieurement que maintenant on a tendance à ne plus labourer pour préserver la faune du sol. Mauvais entretien ou permaculture ?

Dernière pause à l’abri d’une maison ruinée et taguée. C’est le goûter, je n’ai prévu que 3 caramels et justement je ne les trouve plus. La dernière partie de la randonnée est facile toujours en descente vers Pla de Corts. Je descends du covoiturage au pont du Diable de Céret, rentre légère et guillerette, trop légère. Mon sac est vide, la parka a disparu ? quand est-elle tombée du sac ? Peut être à la pause du goûter ; On reprend la voiture et je la rejoins à pieds. Mais je ne la trouve pas. Il y avait aussi mon bonnet écossais et les gants de soie noirs. Belle rando mais mauvais sort !

Voyage Métropolitain :de Mitry à Thorigny aux confins NE de la Métropole, à l' »ombre » du TGV

VOYAGE MÉTROPOLITAIN

sous :es piles du TGV

Malgré des conditions météo exécrables une cinquantaine de courageux voyageurs sont sortis du terminus du RER B à la station Mitry-Claye. Courageux et décidés, le Voyage Métropolitain est toujours une expédition passionnante, intellectuellement très enrichissante grâce au regard aiguisé des spécialistes, architectes, urbanistes, paysagistes, photographes, journalistes…. et aussi pour les promeneurs lambda qui ne sont ni diplômés ni spécialistes, une journée de partage et de convivialité chaleureuse. Parce que de la chaleur humaine il en faudra pour nous réchauffer sous le crachin! Les randonneurs ont sorti les capes de pluie, pas seyantes mais efficaces, d’autres ont fait confiance aux parapluies.

voyage métropolitain n°32
merci au VM15

Mitry-Mory c’est la fin du RER et l’arrivée en rase campagne, la vraie campagne avec des champs sur des hectares, des espaces boisés. L’assurance d’une randonnée-nature? Cela commence très bien en lisère d’un bois aux couleurs rousses automnales, une allée pavée est couverte de feuilles. Un spécialiste des espaces verts nous signale une zone humide, un étang, un puits artésien, d’anciennes cressonnières…

L’ambiance bucolique est rompue par la ligne de TGV qui traverse le paysage et une rangée de pylônes de la ligne à haute tension. Les lignes de TGV seront  des éléments récurrents dans ce voyage en Seine et Marne. Autre axe majeur : le canal de L’Ourq qu’on suivra à plusieurs reprises autour de Claye- Souilly. J’ai rêvé d’une promenade tranquille sur le chemin de halage. Le Voyage métropolitain ne musard pas dans la  campagne, il  explore les circulations structurant le Grand Paris : chemin de fer et hydrographie.

Jens a renoncé à nous faire suivre le canal qui serpente autour de Claye Souilly et qui aurait rallongé la randonnée de plusieurs kilomètres. Nous coupons par le village de Souilly d’abord puis par Claye, plus urbain. Si les pesticides de l’agriculture intensive font disparaître les insectes, les  édiles des petites cités que nous traversons sont aux petits soins pour eux, construisant à chaque rond-point des hôtels à insectes aussi ravissants que spectaculaires. »Puisque les insectes désertent les campagnes, accueillons les dans les villes » ai-je entendu ce midi, à propos des abeilles de l’aéroport de Blagnac. La petite église de Claye se trouve près du canal, le monument aux morts aussi, Hymne à la Joie et Marseillaise puisque nous sommes le 11 Novembre. Je suis surprise par l’affluence sous les parapluies. On doit drôlement s’embêter ici pour venir en foule sous la pluie à la commémoration, ou on est anormalement patriote?

Nous avons retrouvé le chemin bordant le canal, pas pour longtemps puisqu’on préfère aux eaux courantes entraînant les feuilles mortes à grande vitesse, les grandes piles de béton des lignes ferroviaires qui forment  un triangle traversé par une quatrième ligne. Où vont tous ces trains? A Lille ou à Strasbourg, à moins que ce soit à Marne La Vallée? Es gros ronds rouges donnent un caractère japonisant.

Les Monts Gardés

Les Monts Gardés

Le but de la randonnée, et le lieu du pique-nique n’est plus loin. Jens nous a annoncé qu’on déjeunerait au sec « dans une sorte de grange ou dans une yourte« . Après avoir enjambé la Nationale 3 à chaussées séparées comme une autoroute, et longeant une route à circulation importante (D404) nous arrivons dans un endroit un peu étrange en face du site d’enfouissement des déchets de Véolia un cadenas garde un portail. Nous découvrons un site très étrange. Des poutres noires verticales balisent le terrain. Sous la brume, aujourd’hui 11 novembre, cela donne un aspect funéraire, stèles d’un bizarre cimetière? ici un carré de petits chênes, là des herbes hautes, plus loin des arbres alignés plantés régulièrement, on grimpe sur une verte colline, des animaux nous accueillent deux énormes cochons, très amicaux, des poules en liberté, un cheval et un âne dans une écurie. La grange est basse, la voûte consolidée par des palettes. Un peu plus loin il y a une ravissante roulotte de bois (made in Roumanie). Nous nous installons sur des bottes de paille, des caisses de plastique, une porte sert de table. Au dessus de nos tête sèchent des bouquets d’herbes, au fond sont stockés des légumes. Agnès notre hôtesse veut savoir qui nous sommes, présentation rapide du Voyage Métropolitain.

un cochon amical

Elle nous fait le récit de son travail de réhabilitation du site des Monts Gardés que lui a confié dans les années 2000, la SNCF. Dans le triangle défini par les trois lignes à Grande Vitesse, on a creusé, déposé des remblais,déposé du matériel, compacté et massacré le sol et le sous-sol avec des engins lourds. Il convient donc de donner à ce chantier un aspect acceptable. Agnès est paysagiste. On attendait d’elle qu’elle plante le maximum d’arbres pour masquer les dégâts. L’usage est de déposer des bâches plastiques et d’installer des petits arbres en espérant qu’ils pousseront. Ces plantations sur plastiques sont courantes sur les remblais d’autoroutes. Cette solution ne lui a pas semblé satisfaisante et elle a préféré une vrai réhabilitation des sols à un maquillage artificiel. Combler, fertiliser, refaire du sol. Ce que la nature fait toute seule depuis des millions d’années, elle se propose de le faire. Au lieu d’acheter des arbres tout poussés, elle préférerait laisser les oiseaux et les animaux semer des graines, et comme c’est une expérience sur 35 ha elle a travaillé en association avec l’INRA et le CEMAGREF pour une expérimentation d’agro-foresterie en vrai grandeur.

Sa description dantesque de l’endroit qu’elle a trouvé est impressionnante, non seulement le site est dégradé, mais il est environné par les 3 lignes de trains à grande vitesse qui roulent avec un vacarme assourdissant, la proximité de la Nationale 3 n’améliore pas les choses. Et comme cela ne suffisait pas, il faut aussi savoir que la région est une décharge énorme de tous les gravats et déchets industriels non recyclables, avec la noria des camions et les pollutions diverses. Nous ne l’aurions jamais deviné en gravissant la jolie colline herbue. Après quelques années elle « s’est associée » à un troupeau de mouton pour l’entretien et la tonte de l’herbe. Les poteaux noirs sont les traverses des rails, ils balisent les différentes parcelles expérimentales. Sans eau, sans électricité et depuis 2007, sans financement de la SNCF qui a considéré que le site était maintenant d’un aspect acceptable, Agnès et son associé continuent leur expérience cultivant des jardins et même du blé, déposant des couches et des couches diverses, graviers, mulch, feuilles, élevant en quasi liberté leurs animaux. Elle dit que l’instinct paysan revient facilement aux humains qui peuvent à partir de presque rien cultiver et construire. Des bouteilles et des résidus des brasseries de bière font un matériau de construction intéressant. On pourrait l’écouter pendant des heures. On aimerait en savoir plus….Curieusement la SNCF vient de re-découvrir son travail et lui propose à nouveau une collaboration. En attendant, elle bricole, invite des volontaires et laisse la nature faire… Elle nous fait part aussi de son nouveau projet d’ouvrir une boutique pour écouler ses légumes (étrangement, cultivés sans engrais ni pesticides ils ne seront jamais bio, le substrat n’étant pas aux normes) , elle imagine une boulangerie de pains aux farines anciennes, et même un magasin de café pour récupérer cette substance précieuse pour le sol qu’est le marc de café qu’on gaspille. L’acheminement se ferait par le Canal de l’Ourq tout proche….

 

Cette rencontre est extraordinaire. Elle justifie à elle toute seule notre cheminement le long de la D 404 très passante, sur un toute petite bande d’herbe détrempée et bien glissante (je me suis payé un gadin spectaculaire dans la boue) jusqu’à Annet-sur-Marne. Ici aussi, décharge industrielle, piétons interdits dans les environs! Cette campagne est-elle la poubelle d’un Paris Métropole déposant remblais, gravats ou pire?

On coupera à travers la base de loisir de Jablines-Annet, parc arboré et pièce d’eau délicieuse après l’enfer de la circulation. malheureusement il faudra rebrousser chemin à deux reprises : carrières souterraines, entrée interdite!

A la tombée de la nuit on suivra quelques centaines de mètres l’aqueduc de la Dhuys qui achemine en souterrain l’eau potable jusqu’aux réservoirs de Télégraphe à Paris. Ce serait encore une très belle randonnée pour un jour ensoleillé! Enfin la nuit tombe sur Thorigny et  où nous trouverons un café accueillant et la gare de Thorigny Lagny ligne P – 25 minutes  pour la Gare de l’Est avec seulement un arrêt à Vaires et à Chelles.

 

 

 

 

Lanzarote J7 – la Geria – la Santa

CANARIES 2015

Vue de notre gite : Casa Sandra
Vue de notre gite : Casa Sandra

Nous avons terminé les  visites « incontournables ». Il  reste un jour pour tranquillement nous laisser porter par le hasard des petites découvertes. Nous aurions dû rester plus longtemps sur Lanzarote pour marcher, dessiner, profiter de notre véranda.

Balades à pied à la Geria

la geria  promenade
De la route j’ai pris la piste dans les vignes

 

Par une matinée  ensoleillée, le vent faire courir des nuages épars qui ne s’arrêtent pas. Au rond point du Monumento al campesino nous empruntons la route de Masdache, village de maisons blanches dans les vignes, et nous arrêtons au croisement avec la piste «  carratera centrale » conduisant à un volcan noir Montana Negra. Je m’élance sur cette balade piétonnière qui traverse une coulée à la surface plutôt lisse fendue de grosses fentes, larges fissures beaucoup plus régulières que dans les Malpais. Les lichens recouvrent la surface de la coulée et les euphorbes s’installent. Au pied du volcan, sous un palmier solitaire et très haut, je suis les balises jaunes et blanches d’un PR.

Le haut palmier est enfoncé dans un puits profond. Autour du cône volcanique, un haut mur longe le rebord de la coulée et forme un couloir où un énorme figuier s’est épanoui.

Le PR quitte la piste,  devient un petit sentier non balisé mais visible qui retourne à la route traversant une zone cultivée creusée d’entonnoirs. Ici, le vignoble n’est pas entretenu, des arbres s’installent dans les creux ; des géraniums aux fleurs roses fleurissent. Une demi-heure plus tard je rebrousse chemin. Un peu plus loin des balises jaunes et blanches promettent une autre promenade dans les vignes. Mais la balade tourne court, premier avertissement « propriété privée défense d’entrer! »prenant l’autre chemin j’arrive encore à une maison. Je crains les chiens et évite de m’approcher des maisons isolées.

La Santa

l'Atlantique déchaîné à la Santa
l’Atlantique déchaîné à la Santa

Envie de mer. Besoin d’essence. Nous reprenons la LZ-56 vers Tinajo passant devant le volcan des Corbeaux d’hier que je ne reconnais pas tout de suite.

De Tinajo nous continuons vers La Santa, station balnéaire construite en face d’un îlot. Restaurants sur le bord de la route, petites maisons blanches, un hôtel-club monstrueux de l’autre côté de la lagune aménagée en marina, plage en saison ? Nous faisons le tour de la petite île ronde déjeunons devant le spectacle de l’Atlantique déchaîné. Les rouleaux se brisent sur les rochers noirs dans un nuage d’embruns comme un feu d’artifice avec une mousse écumeuse. Nous guettons les plus hautes vagues. Ce n’est pas l’écume le plus beau mais le rouleau d’une couleur menthe glaciale qui s’enroule et se déroule. J’imagine le plaisir des surfeurs. J’ai aussi une pensée pour les pirogues charges d’immigrants partant du Sénégal ou de Mauritanie. Comment imaginer naviguer sur cet océan hérissé de crêtes ? Comment imaginer aborder sur ces côtes gardées par des rochers intraitables. Les plages accueillantes sont rares aux Canaries. Ce vent terrible est-il habituel?ou assistons-nous à une tempête ? La météo du Smartphone fait état de 42km/h  qui n’est pas exceptionnel, mais où l‘a-t-on mesuré ? Je remarque au retour, les buissons de salicornes noyés dans la mer. Cela me fait penser aux grandes marées. Les salicornes ne poussent pas dans la mer et sont occasionnellement inondées.

lanzarote

Hourtin par la plage et la forêt

AUTOMNE AQUITAIN

De Soulac à Lacanau… le sable

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Au réveil, le ciel est voilé, il tombe même quelques gouttes. Dès que j’arrive sur la plage, le soleil parait. La mer est basse mais a laissé des flaques. La profondeur des creux dans le sable témoigne de la force des courants, la baignade est sûrement dangereuse. Je ne rencontre personne en dehors de deux compagnies de goélands.

Une heure plus tard, je vois les surfeurs d’Hourtin-plage.

Hourtin est une charmante station avec des maisons du début du 20ème siècle, maisons modestes avec des toits de tuiles mécaniques, des pignons pointus, des motifs art déco, des villas plus récentes aussi , mais dans un aimable désordre. Les lotissements n’ont pas encore abâtardi le village. Sur la place, la Maison de la Presse  a une très bonne librairie et toutes les cartes IGN au 1/25.000ème dont nous avons besoin. Au coin de la rue, l’Office de Tourisme, dernier cri avec ses écrans électroniques grand format, nous fait le meilleur accueil. Il y a une charcuterie traditionnelle et une belle pâtisserie, plus loin, un cinéma….

Le village d’Hourtin , place de l’église

Hourtin-Port et son club nautique ne se trouve pas du tout à la mer comme nous l’avions cru mais au bord du Lac d’Hourtin. C’est sur le bord du lac à Piqueyrôt que nous nous installons pour piqueniquer sur des tables de bois près d’un café appartenant à un club nautique. Piqueyrôt est un hameau charmant avec des maisons basses, certaines en bois dans des jardins fleuris. Le lac est calme, la surface immobile. On entend le cliquetis des  voiliers. Ces véliplanchistes se préparent.

Le lac d’Hourtin à Piqueyrôt

De Contaud à Hourtin-plage, le GR8 , chemin de Compostelle, se confond avec une étroite piste cyclable serpentant dans la forêt au sud de la route. 4km un peu vallonnés, on passe même le col du Château d’eau à l’altitude vertigineuse de 34m. Des panneaux renseignent randonneurs et cyclistes. L’un d’eux, Natura 2000, explique qu’on a gardé des zones de sénescence, où les forestiers ne sont pas intervenus et où les arbres morts ou arbres creux ont été préservés pour servir d’abris à toute une faune d’oiseaux, insectes ou même des végétaux comme les mousses, les lichens et les champignons afin de préserver la biodiversité.

Je m’étonne de ne pas marcher dans une pinède comme je m’y attendais. Les chênes forment l’essentiel des arbres. Ces derniers existent sous diverses espèces, chênes verts, chênes lièges, chênes pédonculés, certains dépassant à peine la taille des buissons, certains majestueux. Il y a aussi quelques châtaigniers. Au sol les mousses et les lichens forment par endroit d’épais tapis, ailleurs roussissent déjà les fougères-aigles. Les bruyères et callunes sont très hautes, alternant avec les genêts et les ajoncs. Certains sont même en fleurs. Ici et là, les immortelles  jaunes embaument. Les arbousiers portent des fruits orange et rouges et des clochettes blanches, les fleurs en même temps que les fruits. Je goûte une de ces arbouses. C’est un peu décevant, la chair est fade.

arbousier, fleurs et fruit

A Hourtin-plage, le GR8 se dissocie de la piste cyclable qui s’élargit pour se confondre avec la route forestière. L’été, cette route, équipée de barrières vertes et blanches,  est fermée à la circulation automobile. On vient de la rouvrir aux voitures. Je préfère donc rester sur le GR. Qui suit une piste sablonneuse. En regardant la carte, je pensais marcher dans la dune et espérais avoir des échappées sur la plage. La mer est trop loin. La flore serait plutôt celle de la lande avec prédominance aux ajoncs, genêts et fougères de l’autre côté de la piste c’est la forêt de pins. Aujourd’hui se déroule une batture « aux grandes pattes » – selon l’expression du gardien de notre gîte. Les chasseurs sont très nombreux à bord d’énormes 4×4 qui ont creusé de profondes ornières dans le chemin. Ils sont postés de proche en proche, habillés de gilets oranges et de casquettes assorties.

« faites attention Madame, me dit l’un d’eux, on tire à balle » .

Ce serait plutôt à eux de faire attention ! Moi, je ne quitte pas le chemin et je en crois pas avoir la silhouette ni d’un sanglier ni d’un cerf.

Dans cette forêt les pistes s’appellent des « garde-feux » c’est ainsi que les chasseurs m’indiquent les distances, « encore deux garde-feux », « après le prochain garde-feu ». Je suis contente d’arriver au Pin Sec après avoir été encore avertie de « faire attention ». Je n’ai pas rencontré les chiens perdus. Deux 4×4 se sont arrêtés à ma hauteur pour me demander de leur téléphoner si je les voyais.

Patsos et Grotte Saint Antoine

CARNET CRETOIS

la Grotte de saint Antoine

De Patsos, une randonnée longe le ruisseau passant par la Grotte Saint Antoine (Andonios spilia) et aboutit au lac de Potami. J’aimerais bien faire cette promenade à condition qu’elle soit balisée.

Nous laissons la voiture à côté de la belle taverne Drimos (signalée dans toute la région) Un petit âne bâté est attaché. C’est le seul que nous verrons des vacances, il y a encore 13 ans nous en croisions partout. Il semble que les paysans crétois soient passés directement de l’âne,  au gros 4×4 noir. Le plan est affiché sans échelle, ni indication de temps ou de distance. Je renonce donc à me lancer dans l’inconnu et ferai un aller retour 35minutes en descente, ce qu’il faudra pour remonter.

petit âne crétois

Le début du parcours est tout à fait soigné : barrières de bois,  sol cimenté jusqu’à la Grotte. Vénérée depuis le temps des Minoens où les cultes sylvestres des sources étaient fréquents, ce fut un sanctuaire d’Hermès à l’époque romaine. Quelques mètres plus loin, se trouve l’autel soigneusement badigeonné à la chaux et l’icône de Saint Antoine accueille les pèlerins. Des béquilles sont entassées contre les murs, de nombreux ex-voto sont suspendus. Il semble que cette grotte soit miraculeuse. Un peu plus loin, un sentier grimpe, les marches ont été taillées, l’ascension est raide mais facile, on parvient à une plateforme : observatoire d’où on n’observe rien de particulier tant la falaise est proche. Montée inutile. Le sentier s’insinue dans les gorges, plus de ciment ni de barrière mais un parcours bien tracé.

Des rondins de bois matérialisent des marches ; les premières sont d’une hauteur raisonnable. Il faut cependant être vigilant : le calcaire est très glissant, presque du marbre et le sentier, étroit. A mesure que l’on descend, les cailloux dégringolent, les rondins n’assurent plus grand-chose. Une marche fait un mètre de dénivelé. Quand bien même j’arriverais à la descendre, comment la remonter ? Seule, ce n’est pas bien prudent, à plusieurs on s’assure. Je rebrousse chemin à regret, il ne reste que quelques mètres pour atteindre une passerelle sur le ruisseau et peut être un meilleur sentier. Au retour, je consulte la carte sans échelle ni distance et découvre qu’il existe deux sentiers un sur chaque rive pour aboutir à a passerelle. Je regrette d’avoir abandonné si près, j’aurais trouvé le chemin du bas et il aurait été inutile de remonter les marches ! Le sentier du bas est aussi mieux balisé avec des points verts fluo indiquant les passages.  D’est désormais trop tard, tant pis ! La promenade très fraîche animée par le vol des hirondelles brunes nichant dans la falaise fut très agréable.

Traversée de la baie du Mont Saint Michel au rocher Tomblaine

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO

 

en passant par les prés salés, traversée d'un canyon glissant


8h15, enfin la confirmation de l’heure du départ avec le guide!

9h17 : lever de soleil éblouissant (malgré des prévisions médiocres), départ pour le Mont Saint Michel. Le GPS annonce 45km et 47 minutes. Le rendez vous est à 9h45, nous sommes déjà très en retard, la route longe la mer puis oblique vers la voie rapide à la hauteur de Dol de Bretagne,  jusqu’à Pontorson, ensuite on se traine dans les chantiers et les feux. Le guide m’attendra-t-il ?

9h52, les autres randonneurs sont en train de payer, j’ai préparé mes 12€, me voici prête.

Deux écoles dans le groupe : les pieds nus et les bottés. Je suis pieds nus. Dès la sortie du parking,  il faut maîtriser la glissade sur la tangue grise .  On traverse les prés salés. Les salicornes roses, les immortelles et les plantes halophytes ne sont pas trop dures sous nos pieds. Le pré est haché de petites rigoles, canyons qu’il faut traverser d’un bond. Pieds nus, c’est plus difficile de prendre son élan, et je crains l’atterrissage en terrain inconnu.

Cancale vu du sommet du rocher Tomblaine

Heureusement on rejoint la vase rapidement. Sur les bords de petites lamelles se détachent. Chaque marée laisse une feuille dans la mille-feuille varvé. Souvenirs de sédimentologie !  Des pelures se détachent en petits galets plats.

Cap sur le Rocher Tomblaine, à travers des étendues humides mais pas trop glissantes. Le guide rassemble le groupe pour nous raconter la Baie:

Les règles de sécurités tout d’abord.

Trois dangers guettent les imprudents : la marée, les sables mouvants et les lâchers du barrage destinés à chasser le sable autour du Mont. Il est donc très dangereux d’entreprendre seul la traversée,  D’autant plus que la rivière le Couesnon change son lit très fréquemment et que les itinéraires doivent sans cesse s’adapter.

Les sables mouvants sont traîtres dans le lit de la rivière, la noyade est presque inévitable alors. Le guide veut nous montrer ces sables mouvants : une lame de sable recouvre une poche d’eau. Sous le piétinement du groupe,  le sol se modifie, se liquéfie, on s’enfonce. Pour s’en sortir il faut faire des ronds de jambes ( ?) poser genou à terre  et même s’allonger pour répartir le poids et sortir ses jambes.

Ainsi  édifiés, nous formons un groupe discipliné qui attendra la permission pour traverser un cours d’eau et qui ne se dispersera pas.

sur la tangue

Les oiseaux sont peu nombreux. Quelques goélands se reposent. Au loin la tache rose du flamant échappé du zoo de Jersey qui s’est installé dans la baie. Une dame demande s’il y a encore des phoques. Une trentaine, ils se reposent parfois sur le banc de sable blanc qu’on voit au loin. Pour les observer il faut faire du kayak de mer.

11h30,  à la base du rocher de Tomblaine.

Moins haut que le Mont Saint Michel, il fut autrefois habité, par des moines de l’abbaye et même occupé par les Anglais au cours de la Guerre de Cent Ans, qui, chaque jour, à marée basse ils lançaient une expédition contre le Mont Saint Michel  imprenable, sauvé par la marée haute qui faisait fuir les assaillants.

L’ascension est délicate pour les pieds nus sur les rochers de granite rose d’abord puis sur un sentier tracé dans les ronces et les épines. La récompense au sommet est une vue étendue jusqu’à Cancale, les rubans de différentes couleurs font comme de la moire.

Le Rocher Tomblaine devrait son nom à une légende datant de Guillaume le Conquérant. Hélène et Simon de Montgomery s’aimaient. Leurs familles étant ennemies, ils se retrouvaient sur le rocher. Simon accompagna Guillaume en Angleterre mais périt à la bataille de Hastings. Hélène allait fidèlement l’attendre sur le rocher quand elle vit une procession passer de retour d’Angleterre. Là un soldat lui apprit la mort de son bienaimé. Hélène retourna sur le rocher et se jeta du sommet. On l’enterra sur place et on appela le Rocher la Tombe d’Hélène.

Retour direct sur le Mont

12h, retour  par le chemin le plus direct droit sur le Mont. On traversera à deux reprises le Couesnon et il faudra quitter les bottes et remonter le plus haut possible les pantalons. Six heures après la marée basse le barrage sur le Couesnon relâche l’eau emmagasinée à marée basse, les quantités déversées dépendent du coefficient de marée. Nous passons « en Bretagne » puis retournerons  «  en Normandie » puisque le petit fleuve est censé délimiter les deux provinces. Le Mont est Normand et porte les couleurs Normandes avec les deux lions jaunes sur fond rouge. Entre deux gués, nous affrontons une petite « tempête de sable » que j’essaie de filmer.

ripple-marks, plus loin le Couesnon

Le chantier

Le guide  sculpte dans le sable une maquette des travaux entrepris pour rendre le Mont à la mer et en faire une île en cassant la digue et en déplaçant les parkings. Une nouvelle digue se terminerait par une passerelle sous laquelle l’eau de la marée pourrait encercler le Mont.  Le courant, ainsi libéré, aurait pour effet de chasser le sable accumulé plus loin. Le déplacement des parkings à plus d’un kilomètre du Mont serait aussi du meilleur effet. Mais le guide est sceptique sur l’aspect écologique de l’opération. Une gare TGV serait à l’étude mettant le Mont saint Michel en liaison directe avec Paris. On espère doubler ainsi le nombre de touristes.

Bien mouillée, je me rechausse à la base des remparts du Mont. Le ciel s’est couvert. Nous piqueniquons au même endroit que vendredi sur le polder sous les premières gouttes de pluie. Pâté aux châtaignes, andouille de Vire et babybel.

Pour de très belles photos, aller voir le blog d’Aifelle que je remercie encore de m’avoir donné le lien pour le guide de la traversée.