Traversée de la baie du Mont Saint Michel au rocher Tomblaine

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO

 

en passant par les prés salés, traversée d'un canyon glissant


8h15, enfin la confirmation de l’heure du départ avec le guide!

9h17 : lever de soleil éblouissant (malgré des prévisions médiocres), départ pour le Mont Saint Michel. Le GPS annonce 45km et 47 minutes. Le rendez vous est à 9h45, nous sommes déjà très en retard, la route longe la mer puis oblique vers la voie rapide à la hauteur de Dol de Bretagne,  jusqu’à Pontorson, ensuite on se traine dans les chantiers et les feux. Le guide m’attendra-t-il ?

9h52, les autres randonneurs sont en train de payer, j’ai préparé mes 12€, me voici prête.

Deux écoles dans le groupe : les pieds nus et les bottés. Je suis pieds nus. Dès la sortie du parking,  il faut maîtriser la glissade sur la tangue grise .  On traverse les prés salés. Les salicornes roses, les immortelles et les plantes halophytes ne sont pas trop dures sous nos pieds. Le pré est haché de petites rigoles, canyons qu’il faut traverser d’un bond. Pieds nus, c’est plus difficile de prendre son élan, et je crains l’atterrissage en terrain inconnu.

Cancale vu du sommet du rocher Tomblaine

Heureusement on rejoint la vase rapidement. Sur les bords de petites lamelles se détachent. Chaque marée laisse une feuille dans la mille-feuille varvé. Souvenirs de sédimentologie !  Des pelures se détachent en petits galets plats.

Cap sur le Rocher Tomblaine, à travers des étendues humides mais pas trop glissantes. Le guide rassemble le groupe pour nous raconter la Baie:

Les règles de sécurités tout d’abord.

Trois dangers guettent les imprudents : la marée, les sables mouvants et les lâchers du barrage destinés à chasser le sable autour du Mont. Il est donc très dangereux d’entreprendre seul la traversée,  D’autant plus que la rivière le Couesnon change son lit très fréquemment et que les itinéraires doivent sans cesse s’adapter.

Les sables mouvants sont traîtres dans le lit de la rivière, la noyade est presque inévitable alors. Le guide veut nous montrer ces sables mouvants : une lame de sable recouvre une poche d’eau. Sous le piétinement du groupe,  le sol se modifie, se liquéfie, on s’enfonce. Pour s’en sortir il faut faire des ronds de jambes ( ?) poser genou à terre  et même s’allonger pour répartir le poids et sortir ses jambes.

Ainsi  édifiés, nous formons un groupe discipliné qui attendra la permission pour traverser un cours d’eau et qui ne se dispersera pas.

sur la tangue

Les oiseaux sont peu nombreux. Quelques goélands se reposent. Au loin la tache rose du flamant échappé du zoo de Jersey qui s’est installé dans la baie. Une dame demande s’il y a encore des phoques. Une trentaine, ils se reposent parfois sur le banc de sable blanc qu’on voit au loin. Pour les observer il faut faire du kayak de mer.

11h30,  à la base du rocher de Tomblaine.

Moins haut que le Mont Saint Michel, il fut autrefois habité, par des moines de l’abbaye et même occupé par les Anglais au cours de la Guerre de Cent Ans, qui, chaque jour, à marée basse ils lançaient une expédition contre le Mont Saint Michel  imprenable, sauvé par la marée haute qui faisait fuir les assaillants.

L’ascension est délicate pour les pieds nus sur les rochers de granite rose d’abord puis sur un sentier tracé dans les ronces et les épines. La récompense au sommet est une vue étendue jusqu’à Cancale, les rubans de différentes couleurs font comme de la moire.

Le Rocher Tomblaine devrait son nom à une légende datant de Guillaume le Conquérant. Hélène et Simon de Montgomery s’aimaient. Leurs familles étant ennemies, ils se retrouvaient sur le rocher. Simon accompagna Guillaume en Angleterre mais périt à la bataille de Hastings. Hélène allait fidèlement l’attendre sur le rocher quand elle vit une procession passer de retour d’Angleterre. Là un soldat lui apprit la mort de son bienaimé. Hélène retourna sur le rocher et se jeta du sommet. On l’enterra sur place et on appela le Rocher la Tombe d’Hélène.

Retour direct sur le Mont

12h, retour  par le chemin le plus direct droit sur le Mont. On traversera à deux reprises le Couesnon et il faudra quitter les bottes et remonter le plus haut possible les pantalons. Six heures après la marée basse le barrage sur le Couesnon relâche l’eau emmagasinée à marée basse, les quantités déversées dépendent du coefficient de marée. Nous passons « en Bretagne » puis retournerons  «  en Normandie » puisque le petit fleuve est censé délimiter les deux provinces. Le Mont est Normand et porte les couleurs Normandes avec les deux lions jaunes sur fond rouge. Entre deux gués, nous affrontons une petite « tempête de sable » que j’essaie de filmer.

ripple-marks, plus loin le Couesnon

Le chantier

Le guide  sculpte dans le sable une maquette des travaux entrepris pour rendre le Mont à la mer et en faire une île en cassant la digue et en déplaçant les parkings. Une nouvelle digue se terminerait par une passerelle sous laquelle l’eau de la marée pourrait encercler le Mont.  Le courant, ainsi libéré, aurait pour effet de chasser le sable accumulé plus loin. Le déplacement des parkings à plus d’un kilomètre du Mont serait aussi du meilleur effet. Mais le guide est sceptique sur l’aspect écologique de l’opération. Une gare TGV serait à l’étude mettant le Mont saint Michel en liaison directe avec Paris. On espère doubler ainsi le nombre de touristes.

Bien mouillée, je me rechausse à la base des remparts du Mont. Le ciel s’est couvert. Nous piqueniquons au même endroit que vendredi sur le polder sous les premières gouttes de pluie. Pâté aux châtaignes, andouille de Vire et babybel.

Pour de très belles photos, aller voir le blog d’Aifelle que je remercie encore de m’avoir donné le lien pour le guide de la traversée.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Traversée de la baie du Mont Saint Michel au rocher Tomblaine »

  1. Je vais bientôt montrer mes propres photos. Elles sont moins bonnes que les tiennes parce que l’après-midi, j’étais tout le temps à contre-jour. J’ai lu un article dans le dernier Géo, çà remue autour des travaux, les tour-opérators japonais menacent de boycotter le Mont Saint Michel. Ils n’apprécient pas la marche à pied rallongée à partir du parking, ni les fortes augmentations prévues. De plus, deux groupes financiers s’affrontent. A suivre …. Pourquoi doubler les visiteurs alors que c’est déjà saturé ???

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