Le Lieu Bill – des chambres d’hôtes dans une belle maison normande

BALLADE NORMANDE

Le Lieu Bill et son séquoia

Le Lieu Bill est situé un peu à l’écart de la D118 au bout d’une belle allée de peupliers. Ne pas confondre le Gite Rural avec le village de vacances situé un peu plus bas. Les chambres d’hôtes sont dans la grande maison ancienne précédée de maisons normandes basses et d’une grande et belle chaumière.

A notre arrivée un très grand chien gris aux longs poils se lève. C’est un lévrier irlandais : Pomme, très gentille mais impressionnante.

Un séquoia géant plus que centenaire est planté devant la maison. Cet arbre américain était à la mode dans les villas normandes à la Belle Epoque. Sous le soleil, on se reposera dans les salons de jardin ou sur le banc de bois laqué. Deux vieux cerisiers ont donné assez de fruits pour faire 50 pots de confiture mais je découvre un merisier couvert de petits fruits noirs acidulés qu’on a négligé de récolter et qui sont délicieux.

L’accueil est très chaleureux.  Notre hôte nous offre le verre de bienvenue, du jus de pomme de sa production, puis les jours suivants  le jus de poire, et le pommeau (17°).  François, le propriétaire nous tire une photocopie de la carte au 1/25.000 ème et trace des itinéraires de promenade. Il est aussi de très bon conseil pour planifier les visites touristiques.

Notre chambre, Séquoia, a deux lits jumeaux et une belle salle de douche. Située à l’angle du bâtiment, elle possède deux grandes fenêtres habillées de double-rideaux gris clair et soulignées par les volets pliants bleu-vert d’eau. De mon lit, je suis fascinée par les arbres géants qui se dessinent derrière les petits carreaux. A l’arrière-plan,les branches tortueuses, puis le feuillage léger d’un frêne, plus près un marronnier aux épaisses feuilles et plus proche l’arbre de Judée vert tendre. Je regrette d’avoir oublié mon matériel de dessin.

Murs blancs, deux lits séparés par une table de nuit au plateau de marbre noir. Dans un coin, une commode ancienne avec des motifs peints. Deux étagères avec des livres, 8 cintres suspendus en dessous. Une grande sobriété, rien de trop, rien d’anachronique qui choquerait. Bon goût et simplicité.

Confort de la salle d’eau contemporaine avec sa vasque de pierre ronde et sa cabine de douche à l’italienne vitrée.

Quand on se réveille, le lendemain matin, il pleut à verse. Les frondaisons agitées dégoulinent et me rappellent la forêt des nuages de Monteverde au Costa Rica.

le petit déjeuner est servi

Le petit déjeuner est servi dans la belle salle à manger avec glaces et moulures. Pots de confitures maison. Bustes et têtes en terre et en bronze. Nous logeons chez des artistes sculpteurs. Jolie vaisselle, pain frais et chouquettes. yaourts Blonvillais, produits dans une ferme toute proche, excellents.

 

Villers-sur-Mer : le plaisir de retrouver la mer!

BALLADE NORMANDE

Villers par temps gris à marée basse

En cette étrange année 2020 de Covid, où les voyages lointains sont impossibles, la balade  normande prend un air d’aventure que nous ne lui connaissions pas. A peine trois heures d’autoroute, et nous voici parties….Pour mettre tous les atouts dans notre jeu nous allons directement à l’Office de Tourisme chercher de la documentation bien décidées à de nouvelles découvertes (même si je suis venue dix fois au moins auparavant, avec ou sans élèves, pour la visite du Paléospace et la chasse aux fossiles aux Vaches Noires). Un petit salut au dinosaure végétal qui orne le square.

Le ciel,  bien gris, ne tempère pas ma joie de marcher pieds nus jusqu’à Blonville. Fouler les plages, un temps interdites, décuple mon plaisir . Les goélands ne sont pas dérangés pour une pêche de gros poissons plats aussi grands qu’une sole portion.

Villers : les cabines de plage

Pour déjeuner près de la mer, nous nous installons à la terrasse couverte du Mermoz. Les autres restaurants sont sur la rue piétonnière qui monte, bordée de commerces, mais nous ne verrions pas la mer. Le Mermoz est un restaurant plutôt chic avec des serveurs stylés et masqués qui propose, le midi, un menu complet à 16,5€. Je commande en entrée un Effiloché de raie au vinaigre de framboise qui est une salade complète – salade verte, câpres, croûtons, tomates cerises et dés de betterave rouge – le plat est du Parmentier de boeuf et pour dessert deux boules de glace. Dominique choisit à la carte un saumon à la sauce citronnée servi sur une patate douce.

Les vaches noires de Villers

Basse mer à 14h30, la mer remonte déjà quand je pars vers les Vaches Noires, je n’irai pas jusqu’à Houlgate aujourd’hui, j’ai peur d’être rejointe par la marée qui monte au ras des falaises.

 

Un début dans la vie – Balzac

LECTURES COMMUNES BALZAC

Un début dans la vie Honoré de Balzac

Incipit : 

Les chemins de fer, dans un avenir aujourd’hui peu éloigné, doivent faire disparaître certaines industries, en modifier quelques autres, et surtout celles qui concernent les différents modes de transport en usage dans les environs de Paris. […]Nos neveux ne seront-ils pas enchantés de connaître le matériel social d’une époque qu’ils nommeront le vieux temps?

Et bien moi, je suis enchantée de découvrir ce nouvel opus de la Comédie Humaine : roman d’apprentissage comme le titre Un début dans la vie le laisse entendre : Oscar Husson, 17 ans à la fin du lycée, fils posthume d’une ancienne gloire du Directoire tombée mariée à un fonctionnaire, s’en va à Prêles rejoindre Moreau, régisseur du domaine du Comte de Sérisy, qui le protège. A peine sorti de l’adolescence, par vanité, il commet un impair qui compromet son avenir. On ne donne pas cher du futur de ce benêt sans ambition ni caractère, sans nom  ni fortune, naïf et influençable. Son oncle lui donne une seconde chance : il fera son Droit et et son apprentissage dans l’étude d’un notaire. Son avenir semble assurer quand il commet une nouvelle bévue. Lâché par ses protecteurs à quelques jours de la conscription, il sera soldat!

Le personnage est falot. Le lecteur devine de loin ses bévues. L’intérêt du roman est ailleurs : dans les intrigues compliquées autour des propriétés du Comte de Sérisy de leur gestion par Moreau qui s’est passablement enrichi. Ce dernier deviendra marchand de biens, on devine les spéculations et magouilles. On voit aussi comment, à travers les régimes qui se sont succédé : Révolution, Directoire, Empire, Restauration, et finalement Monarchie de Juillet, les fortunes et les influences se font et se défont, ascension sociale ou déchéance. Qui aurait deviné que le balourd fermier Léger deviendrait un propriétaire influent, que Pierrotin qui conduisait lui-même son « coucou » tiré par des chevaux poussif deviendrait un entrepreneur, un Monsieur?

« Oscar est un homme ordinaire, doux sans prétention, modeste et se tenant toujours, comme son gouvernement, dans un juste milieu. Il n’excite ni l’envie ni le dédain. C’est un bourgeois moderne. 

Paris, février 1842″

Ainsi se termine l’histoire.

Balzac est un analyste et un peintre fabuleux quand il décrit les rouages de la société et ses contemporains au travail dans leur décor familier. J’avais adoré les descriptions de l’atelier du peintre dans la Vendetta, l‘étude de notaire dans le colonel Chabert, les spéculations de la Maison Nucingen.

La pièce de choix se trouve dans les voyages entre Paris et Beaumont. le roman commence dans une voiture hippomobile modeste, le coucou de Pierrotin et se termine dans la diligence de ce dernier une décennie plus tard. Je jubile en découvrant l’installation des voyageurs, en écoutant les conversations, en imaginant les paysages de la Seine-et-Oise et de l’Oise, paysages que j’ai traversés en train, ou parcourus à pied. J’imagine leurs transformations dans les deux siècles qui séparent 1820 de 2020!

Certains sautent les descriptions dans les ouvrages de Balzac. J’en redemande!

Lire également le billet de maggie

 

 

Tissot (1836-1902)- l’ambigu moderne – Au Musée D’Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 13 septembre 2020

The ball on shipboard

James Tissot, le plus anglais des peintres français est un artiste que j’ai découvert lors de l’exposition Impressionnistes à Londres au Petit Palais et dans l’Exposition Second Empire à Orsay. Cette exposition fait une belle suite à celle des Peintres anglais au Luxembourg qui présentait de très beaux portraits de Reynolds et de Gainsborough.

J’ai eu la surprise, dans cette rétrospective de découvrir des aspects très différents de cet artiste très éclectique qui a traversé la seconde partie du 19ème siècle en exprimant de nombreuses facettes.

Questions d’influence

Faust rencontre Marguerite

Au début de sa carrière, je découvre des tableaux dans la mouvance historiciste à la manière des maîtres anciens du Quattrocento italien comme Carpaccio ou des Allemands,Cranach et Holbein. Tissot illustre Faust remis à la mode par Gounod (1859). On constate l’attention prêtée aux décors, à l’architecture. Dans la même veine, une danse macabre.

Voie des fleurs : danse macabre

Dans le style de Carpaccio, ce départ du fils prodigue de Venise. Le Thème du fils prodigue est cher à Tissot qui le reprendra beaucoup plus tard, à la veille de son retour d’Angleterre.

une autre influence exotique : le Japon qui vient de s’ouvrir à l’Occident(1853). Tissot est un des premiers japonisants

Grande japonaise au bain

Peinture orientaliste : regard d’un occidental . le modèle n’est pas japonais. En revanche le kimono attire tous les soins du peintre. Tissot est fils d’un négociant en textile et excelle à peindre les tissus, les drapés, dentelles…

Tissot portraitiste de la bourgeoisie du Second Empire

Portrait ds deux soeurs

Dans ce grand tableau où les personnages sont à taille humaine, le peintre démontre son savoir-faire. Ce serait presque une « publicité » pour attirer les commandes. J’ai bien aimé les portraits d’enfants, moins Le cercle de la Rue Royale et le portrait de famille du marquis de M, trop convenus.

Portrait des 4 enfants du banquier Gaillard (détail)

Après la Commune de Paris, comme nombreux artistes, il émigre à Londres. Anglophile de toujours, il peint la bonne société anglaise avec parfois une touche d’ironie et d’humour comme dans Too early où il moque ces invités arrivés trop tôt à un bal aux attitudes embarrassées.

Toute une salle représente les loisirs nautiques sur la Tamise, simple canotage avant un pique-nique entre les navires des docks, ou fête à bord d’un yacht luxueux, quand des allusions grivoises ne s’en mêle,nt pas comme le jeu de mots entre le HMS Calcutta (Quel cul t’as)

Gallery of HMS Calcutta

A Londres, Tissot tombe amoureux de Kathleen, son modèle

Autumn

Toute une salle dans les tons de bruns montre Kathleen, dans des parcs, des jardins. Tuberculeuse, elle décède en 1882 et après sa mort Tissot revient en France.

Avant son retour, il fait une série de 4 tableaux sur le thème du retour du fils prodigue (époque moderne). Tableau très personnels où l’on croit retrouver le père du peintre et Kathleen cousant

Retour du fils prodigue : départ

A Paris, Tissot a un projet ambitieux autour d’un cycle sur la Parisienne : La Femme à Paris qui aurait illustré des textes littéraires de Daudet, Maupassan, Zola et d’autres. Mal accueilli par la critique, le projet avortera.

la femme à Paris : chars

Vers la fin de sa vie il se consacre à la peinture religieuse, illustre la Vie de Jésus et la Bible, voyage en Terre Sainte et s’intéresse aux débuts du cinéma. On peut voir trois extraits de films d’inspiration religieuse d’Alice Guy, Olcott et Griffith

Les Lumières de Tel Aviv – Alexandra Schwarzbrod – Rivages/Noir

LIRE POUR ISRAËL

Anticipation et dystopies ne sont pas mes lectures favorites. L’histoire et la géographie  me suffisent ; les mondes imaginaires m’intéressent rarement. Néanmoins, depuis contagions, épidémies et confinement je me suis tournée vers des récits d’anticipation. 

Dans un futur non précisé, la géopolitique a suivi des tendances qu’on devine aujourd’hui. Sous l’effet des nationalismes, les états se sont fracturés : Tel Aviv a fait sécession du Grand Israël ultra-orthodoxe sous protection des Russes

La société israélienne s’était réfugiée dans la religion quasiment sans s’en rendre compte. Lassés par la querelle
sans fin avec les Palestiniens, épouvantés par l’arrivée des djihadistes aux portes du pays puis par les guerres
fratricides des pays arabes, déboussolés par la perte d’influence de l’allié américain et la montée en puissance du
partenaire russe, de nombreux jeunes en quête de valeurs s’étaient enfermés dans l’étude de la Torah.

En revanche les laïcs – les Résistants – se sont concentrés à Tel Aviv :

La cité côtière était devenue un vaste caravansérail où les laïcs de tous horizons, juifs en majorité mais aussi
chrétiens et musulmans, venaient retrouver l’utopie des premiers kibboutznikim

Pourtant, Tel-Aviv n’était pas le premier exemple de sécession dans le monde. La Californie venait de se séparer
du reste de l’Amérique, on y vivait désormais en autosuffisance au sein de communautés qui tentaient de raviver
l’esprit hippie et le folklore des années 1970. L’Écosse, la Catalogne, le Pays basque mais aussi le Tyrol….

Le réchauffement climatique n’était plus un chiffon rouge mais une réalité, les pays du Sud étouffaient et ceux du
Nord se cadenassaient pour bloquer l’afflux des réfugiés.

Le monde était devenu une succession de murs et de cloîtres. On ne se voyait plus, on ne se parlait plus.

 

Un nouveau mur parfaitement étanche sépare les Ultra-religieux des Résistants de Tel Aviv. Tandis que les Israéliens se consacrent à la prière, leurs alliés russes protègent le Grand Israël et lui fournissent un arsenal de drones programmés pour tuer les fugitifs ou les infiltrés.

Des robots tueurs ? Je pensais qu’il s’agissait juste de nous équiper de drones sophistiqués. Cela signifie que la
décision de tirer ne dépendra plus des humains ?

Haïm, un conseillé du Premier Ministre prend la fuite juste avant la mise en fonction de ces drones-tueurs dotés du pouvoir d’éliminer sans intervention humaine,  grâce à l’intelligence artificielle. Révolté par ce procédé, il veut confier les plans de la surveillance électronique aux Résistants de Tel Aviv. Son successeur Isaac aura les mêmes problèmes de conscience.

Les Arabes palestiniens ont été déportés du Grand Israël, Moussa et Malika se cachent dans des grottes. Ils se joindront à Ana, la femme de Haïm pour fuir vers Tel Aviv. Il est urgent qu’ils rejoignent l’autre côté avant que les drones ne soient activés. Nous suivrons donc l’exode de ces fuyards.

Avec l’arrivée de Haïm à Tel Aviv, nous découvrons la cité utopique, multiculturelle et égalitariste, féministe. Privée de ressources financières les habitants sont retournés à la débrouille et  au troc. Expérience chaleureuse mais non dénué de conflit. Des extrémistes de la laïcité « ni voile ni perruque » menacent la paix civile. Le flic Eli (arabe malgré ce prénom qui sonne juif) est chargé d’une mission secrète et doit passer le Mur…

C’est donc un thriller avec une histoire d’amour où Ana joue une rôle central. Si l’analyse politique m’a intéressée, je suis moins convaincue par la psychologie des personnages. La personnalité d’Ana ne m’a pas parue crédible et celle des personnages masculins un peu simpliste.

 

DUBUFFET, ARTISTE ET COLLECTIONNEUR D’ART BRUT – Céline Delavaux – Seuil jeunesse

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

merci à Babélio et au éditions du Seuil pour ce joli cadeau!

Un beau livre d’art pour les petits et les grands.

Les petits apprécieront cette présentation d’un artiste tout à fait accessible dans un format maniable avec un texte simple, clair pas du tout intimidant.

1ère partie : JEAN DUBUFFET ARTISTE

Une double page par chapitre une page bleue et blanche : texte sur le bleu, très abordable en même temps précis et passionnant, images sur le blanc, en couleur

Les têtes de chapitre IMITER LES ENFANTS, TRITURER LA MATIÈRE? REDÉFINIR LA BEAUTÉ, COLLER ET ASSEMBLER, JOUER AU PUZZLE…..sont évocateurs pour arriver à l’intrigant HOURLOUPER LE MONDE

2ème partie : JEAN DUBUFFET COLLECTIONNEUR D’ART BRUT

même principe : une page orange , une blanche et des titres accrocheurs

CRÉER DERRIÈRE LES MURS, DEVENIR LE ROI DU MONDE? FAIRE FEU DE TOUT BOIS…..DÉFAIRE LE PORTRAIT

il s’agit de saisir ce qu’est l’Art Brut, de débusquer la création artistique là où on ne l’attend pas, donner envie de créer avec les matériaux les plus divers.

Les grands liront avec attention les textes passionnants, le livre est un bel objet mais pas que…

closerie Falballa Périgny-sur-Yerress

Une exposition à Pompidou avait montré l’étendue et la variété de l’oeuvre de Dubuffet. Elle m’est familière parce que j’aime la promenade sur les bords de l’Yerres qui longe la Closerie Falballa à Périgny-sur-Yerres, et par la statue monumentale à Vitry-sur-Seine en face du MacVal. Ce livre rétablit les aspects originaux et moins bien connus de la production de Dubuffet.

 

 

Château de Chantilly sans le tourisme de masse

BALADE EN ÎLE DE FRANCE dans la limite des 100 km….

Contre mauvaise fortune, bon coeur!

Si la Covid nous empêche de rêver aux destinations lointaines, elle élimine  cars et troupeaux du tourisme de masse qui envahit les sites les plus fameux. Occasion de les voir au calme.  Roissy/Charles-de-Gaulle se trouve au repos : une petite heure de route de Créteil.

Le château : histoire

Par une matinée radieuse, j’arrive à l’ouverture (10 h) pour découvrir le château qui se reflète dans les douves. Le château originel a été démonté à la Révolution. Le Duc d’Aumale(1822-1897), Henri d’Orléans, fils de Louis-Philippe, le reconstruisit  de 1875 à 1885. C’est donc une construction splendide mais relativement récente. Le Connétable Anne de Montmorency (1493-1567), ou plutôt sa statue équestre accueille le visiteur et rappelle le passé ancien. Les jardins datent du Grand Condé et le Parc et le Canal furent dessinés en 1671.

Musée Condé

Une de mes préférées : Simmonetta Vespucci

Le Duc D’Aumale était un grand collectionneur d’art. Il a installé à Chantilly un riche musée de peinture qu’il a légué à condition qu’on le laisse en l’état et qu’il soit ouvert au public. L’ensemble reflète la personnalité du Duc d’Aumale : homme de guerre, les peintures orientalistes rappellent son rôle dans la conquête de l’Algérie et la prise de la Smalah d’Abd-El-Kader (1843), son intérêt pour l’histoire avec des portraits de famille ainsi que son goût pour la peinture italienne. La peinture du XIXème siècle est bien sûr à l’honneur.

Horace Vernet : Le parlementaire

Loin des expositions modernes qui mettent en scène les tableaux de façon pédagogique, les collections couvrent les murs sur plusieurs registres selon la fantaisie du collectionneur plutôt que suivant un ordre chronologique ou un classement par peintre. C’est un jeu pour le spectateur de chercher les œuvres et de choisir celles qui lui parlent.

En période de Covid, pas d’audioguide, l’application sur le smartphone  n’est pas très pratique. Dans chaque salle un grand carton résume l’essentiel qu’il ne faut pas manquer. Impossible de transcrire tout ici, je me borne à citer ce qui m’a plu le plus.

Vierge de Miséricorde Quarton & Villate

Le Cabinet de Giotto réunit des œuvres italiennes. Je n’ai pas trouvé le Giotto mais j’ai beaucoup aimé La Vierge de Miséricorde (1453) d‘Engherand Quarton et Pierre Villate sur fond doré et la Mort de la Vierge (1335) de Maso du Bianco.

Mort de la Vierge Maso di Banco

Une surprise totale : la porcelaine blanche de Chantilly, très fine, souvent à fins motifs bleus

Porcelaine à décor floral sur des pots de crème

mais aussi d’inspiration chinoise

 

J’ai adoré le cabinet des Clouet 90 portraits de petit format ;tous ne sont pas de Clouet.

La Galerie des Peintures avec son éclairage zénithal rassemble de nombreux tableaux de grand format : Louis XV de Rigaud, Richelieu de Philippe de Champaigne un grand Caracci, des Poussin, Preti, Rosa et encore des orientalistes : Delacroix, Vernet, Bonaparte visitant les Pestiférés de Jaffa  de Gros, Des Enfants turcs de Descamps…..

Un tableau très célèbre : les Trois Grâces de Raphaël. Je suis étonnée de découvrir un si petit tableau : les reproductions ne donnent pas l’idée de la taille. Plus loin une exposition est consacrée aux dessins de Raphaël . Très moderne et pédagogique : elle montre les dessins des maîtres de Raphaël : le Pérugin et Pinturicchio ainsi que l’évolution de ses dessins quand le maître aborde Florence et Rome.

 

 

Singerie
Raphaël enfants chevauchant un sanglier

 

Je traverse de très belles salles meublées, une Galerie des Batailles qui ne me retient pas, mais je m’arrête bluffée par la Grande Singerie attribuée à Huet : les panneaux sont peints très finement d‘allégories des Arts .Cela m’amuse de constater qu’à l’époque, Art de la Guerre, Art de la Chasse rivalisaient avec l’Art de la Musique, de la Géographie et la Chimie…..

La bibliothèque est spectaculaire. en ce moment se trouve une exposition Fables et bibliophilie où sont exposés de très précieux fabliers de La Fontaine, Erasme; Esope, ainsi qu’un curieux fablier oriental Kalîla-wa-dimna

Carrefour des empereurs dans le Petit Parc

Après cette longue visite j’ai eu plaisir à m’aérer dans les très beaux jardins. Ce Parc est composé de plusieurs parties. Le Petit Parc a de belles allées bordées de charmilles, c’était un endroit récréatif décoré de statues, d’urnes de pierre et contenant une curiosité charmante : un Jeu de l’Oie à taille humaine ; chaque case du jeu est figurée par une dalle gravée au numéro de la case. J’y retrouve le puits, la prison, l’hôtellerie. J’y imagine des après-midi joyeuses.

Le hameau

Plus loin un hameau, comme à Trianon. on peut y déjeuner ou y goûter. L’assiette de fraises à la crème Chantilly m’aurait convenu! Des tables et des bancs sont aussi prévus pour le pique-nique.

Retour en longeant le Canal où l’on observe toute une faune aquatique. Un héron peu farouche, un tadorne casarca (anatidé brun) ont attiré mon attention. Un temple de Vénus est éloigné de la rive. Le jardin anglais.Les parterres à la française de buis ont souffert de attaque de la pyrale mais semblent se refaire une santé.

Et pour finir : une glace à la fraise surmontée d’une belle crème Chantilly!

Lire l’article de Matatoune

 

Balade facile de Sucy-en-Brie à Boissy-Saint Léger

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Suivant le GR 14, c’est une petite randonnée facile  (13 km) que j’ai beaucoup de plaisir à faire.

Accessible de Paris par le RER A de la Gare RER de Sucy-en-Brie retour toujours en RER A à Boissy-Saint Léger. En cas de défaillance (travaux estivaux) sur le RER A, Métro ligne 8 jusqu’à Créteil-Pointe-du Lac et Autobus 393 (en site propre très fréquent et rapide) retour par les Bus 21, 23 ou K en gare routière de Boissy  reliant Créteil et la ligne 8.

Le sentier est très bien balisé (rouge et blanc) .

La balade est décrite sur l’itinéraire 13 du Topoguide PR Le Val de Marne : les chemins de la découverte. 

De la Gare de Sucy  prendre la Rue Montaleau bordée de petites résidences et de très jolis pavillons, certains cossus avec tourelle, tourner à gauche dans la Rue de Sévigné et prêter attention aux pavillons de meulière caractéristiques de la banlieue parisienne au début du XXème siècle. Se laisser guider par les balises rouge et blanches dans d’étroites sentes entre les jardins.

 

On atteint une agréable placette pavée et fleurie de roses trémières, contourne un petit étang, franchit un petit pont sur le Morbras (Moulin de Touillon) pour monter au Parc du Morbras (parc départemental, vérifier les horaires d’ouverture qui varient selon la période de l’année. Le Morbras est un affluent de la Marne qui prend sa source à Pontcarré dans la Forêt d’Armainvilliers, traverse La Queue-en-Brie, Ormesson et se jette dans la Marne à Bonneuil. C’est un joli ruisseau qui serpente au bas du Parc arboré et fleuri, soigné et tondu pour certaines parties, prairie sous des arbres fruitiers vers le haut.

Après la sortie du parc, on traverse une route assez passante (autobus 308 De Villiers/marne à Créteil) , on franchit la rivière en limite de Sucy/Noiseau pour trouver une coulée verte le long du petit Ru de la Fontaine de Villiers que tondent deux vaches.

Le sentier entre alors dans la Forêt Notre Dame entre Noiseau et Sucy , il traverse aussi des zones construites de pavillons plus récents avant de s’enfoncer plus dans le bois sur le Chemin des Gueules Noires. A un carrefour en étoile de plusieurs allées blanches, ne pas oublier de tourner à droite (balisage discret) pour trouver plus loin l’Allée Royale. 

Après une centaine de mètres sur une route tranquille, on trouve le Parking du Centre Aéré de Boissy et on pénètre dans le Parc de Grosbois planté de très beaux arbres.

Pour rejoindre le métro, le GR14 contourne le village en passant par le château du Piple. A la sortie d’une allée de marronniers on a une vue étendue sur Créteil et même Paris. On arrive devant une église et on descend sur la Gare.

C’est donc une randonnée facile à faire en toute saison ;ombragée et près de l’eau par temps de canicule, fleurie au printemps dans les jardins et le Parc du Morbras, et même sous la pluie car les allées sont bien entretenues et pas trop boueuses. L’été préférer manches longues et pantalons : on pourrait être embêté par les moustiques et les tiques dans la Forêt Notre-Dame.

Bonne promenade!

L’Exil est mon pays – Isabelle Alonso – Ed. Héloïse d’Ormesson

Je connaissais l’auteure, Isabelle Alonso, de l’émission de télévision de Ruquier autrefois à 19 h. Ce livre lui ressemble, sympathique, drôle, avenante.

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Troisième roman, de l’auteure.  La narratrice est une petite fille, née en France dans une famille de républicains espagnols. Angel, le père, communiste, métallo, grand lecteur de journaux, a fait la Guerre Civile et des années de prison. La mère, Libertad, est la parfaite mère au foyer, composé de 4 enfants, deux garçons et deux filles. La petite fille parle espagnol à la maison, français à l’école.  Ils ont obtenu la nationalité française et paradoxalement c’est ce qui leur permet de passer des vacances à Madrid.

Lecture facile, agréable, un peu convenue, sans surprise.

Maître Cornelius – Balzac

LECTURE COMMUNE 

Nous continuons ensemble l’exploration de l’oeuvre de Balzac, si diverse.

Comment classer ce court roman, une nouvelle médiévale, fantastique, romantique ou réaliste?

Deux histoires s’entremêlent : l’histoire d’amour entre  la fille naturelle de Louis XI mariée au sinistre et jaloux Comte de Saint-Vallier et un gentilhomme aventureux et les rapports entre le roi Louis XI vieillissant et Maître Cornelius, son torçonnier, collecteur d’ impôts.

L’épithète tortionnaire, restée au Palais, explique assez bien le mot torçonnier qui se trouve souvent écrit
tortionneur.

La maison de Maître Cornélius est voisine de celle du Comte, leurs toits se touchent presque. L’amoureux rejoindra sa dame par les toits. Rocambolesque!

Le morceau de bravoure est le portrait de Maître Cornélius, l’avare qui vit avec sa sœur, une véritable sorcière dans leur maison verrouillée de partout, pleine de pièges et de chausse-trappes.

« De chaque côté de cette porte se trouvait une figure encadrée entre les deux barreaux d’une espèce de meurtrière.
Il avait pris d’abord ces deux visages pour des masques
grotesques sculptés dans la pierre, tant ils étaient ridés, anguleux, contournés, saillants, immobiles, de couleur
tannée, c’est-à-dire bruns ; mais le froid et la lueur de la lune lui permirent de distinguer le léger nuage blanc que
la respiration faisait sortir des deux nez violâtres ; puis, il finit par voir, dans chaque figure creuse, sous l’ombre
des sourcils, deux yeux d’un bleu faïence qui jetaient un feu clair, et ressemblaient à ceux d’un loup couché dans
la feuillée, qui croit entendre les cris d’une meute. La lueur inquiète de ces yeux était dirigée sur lui si fixement,
qu’après l’avoir reçue pendant le moment où il examina ce singulier spectacle, il se trouva comme un oiseau
surpris par des chiens à l’arrêt… »

J’ai été surprise, amusée mais ce ne sera pas l’oeuvre de Balzac que je préfère.

Lire le billet de Claudialucia et de Maggie