Quiberville : la plage et notre gîte

BALADE NORMANDE -PAYS DE CAUX 2022

La plage de quiberville et le blockhaus

Entre deux hautes falaises de craie, une plage de galets bordée d’une digue qui surplombe la zone humide de la petite rivière : la Saâne qui d’étale en méandres, mares et marais, empêchée de communiquer directement avec la mer. Un système de buses régule le courant empêchant que la mer d’envahir le marais. Côté plage : des épis de ciment tentent de protéger la plage et de retenir les galets. Avec le réchauffement climatique, le trait de côte se modifie. La Municipalité de Quiberville a décidé de supprimer le camping installé en bas de la digue et de le déménager plus haut permettant à la Saâne de se déverser dans la mer et à la mer d’envahir les parties basses. Des castors ont été introduits (castors européens pas américains) pour maintenir l’eau dans leurs barrages. Lees écoliers sont associés à cette opération : ils seront les témoins des transformations du paysage. Une expérience analogue est menée en Angleterre et les scouts anglais sont invités à participer.

Fascinée par la mer, je descends sur les galets et parcours la plage de Quiberville puis celle de Sainte Marguerite attenante. Vision d’apocalypse : un morceau de falaise semble s’être détaché et tient par miracle enfoncé par un coin. Suis-je témoin de ce retrait de la côte ? M’avançant plus au bout de la plage, j’observe la surface grise, lisse, bien différente de la craie de la falaise. M’approchant encor plus, je distingue les graphs qu’on peint souvent sur les blockhaus et comprends enfin que c’est bien un blockhaus qui a basculé et non pas un morceau de falaise. Les pompiers l’ont fait tomber pour éviter une catastrophe.

Je me déchausse pour tremper mes pieds dans la mer ; les vagues arrivent jusqu’aux mollets. Le drapeau jaune est hissé. Peu de baigneurs se hasardent dans l’eau. Ceux qui affrontent els vagues se tiennent debout près du bord. Je n’ai pas sorti mes chaussons. Pieds nus sur les galets je ne serais pas assez stable pour résister à al vague. Tant pis pour la baignade !

Sur la digue, en revanche, il y a foule.

Gite des Baguenaudiers

De la terrasse du gîte : la vue sur le marais et la mer

17 heures : nous découvrons notre gîte : une maisonnette de bois entouré sur deux côtés par une large terrasse parquetée et bordée par une rambarde. Au-dessus des lattes fixées de biais font de l’ombre en laissant une bonne aération. Un côté est protégé part une plaque de plastique transparent ondulé comme de la tôle abritant la terrasse de la pluie. La vue sur la mer et les marais est merveilleuse. Des vitres coulissantes sur deux côtés de la salle à vivre qui peut rester ouverte. Il y a deux chambres (couchages pour 5). Les portes coulissent, des casiers offrent quelques rangements. Tout est calibré au cm près. Comme on peut vivre extérieur par tout temps peu importe que la surface soit réduite puisqu’il y a tout le confort. Chaque lit est équipé d’une petite veilleuse. Cafetière, grille-pain, micro-ondes, une gazinière 4 feux. La salle d’eau est de belle taille.

A marée basse coucher de soleil sur la plage de Quiberville

Après dîner, le ciel prend des teintes chaudes, roses, dorées mais la colline masque le coucher du soleil. Je me précipite sur la plage. En descendant la sente des Baguenaudiers j’arrive en moins de dix minutes sur la plage. La mer est basse et a libéré un estran sableux, luisant reflète la lumière dorée. Le soleil est caché par un banc de nuages, je ne verrai donc pas le coucher du soleil.

voyage vers Quiberville en passant par la boutonnière de Bray

BALADE NORMANDE 2022 6 PAYS DE CAUX

Gerberoy, sur la route

Quel bonheur de circuler sur le périphérique à 8h, le matin du 15 Août : vide ! A l’approche de Saint Denis une foule de grues se profilent dans le ciel. Un stade à moitié construit montre son ossature de bois qui ressemble à une coque de bateau coupé par moitié. Gennevilliers, plus de constructions. Sur l’A15 entre Franconville et Cergy des activistes ont écrit sur un pont « POLLUTION – MORT.E.S » Tag en écriture inclusive ! comment scander un tel slogan avec des points ?

Le Vexin est moissonné, les chaument dorés marquent de larges ondulations. Le maïs est minable, je l’aurais confondu un instant avec du sorgho. La route est bordée de deux rangées d’arbres, érables et tilleuls. Sur les côtés, de jolis villages.

Gisors : le château sur sa motte

Gisors – petite ville de l’Eure, 11.000 habitants – est à la limite du Vexin français et du Vexin normand. Son château est spectaculaire et motive un arrêt. Le donjon fut bâti par Guillaume le Roux, le fils de Guillaume le Conquérant, roi d’Angleterre  1087 – 1100, disputant le contrôle de la Normandie à son frère. Le donjon est fermé à la visite libre seulement accessible en visites guidées (le mercredi et le samedi) . Un panneau indique que la motte fait 70 m d’altitude et domine la boucle de l’Epte. De beaux remparts édifiés par les Henry II Plantagenêt (Anglais)  au XIIème siècle, enferment la Basse-Cour aujourd’hui plantée d’un vaste parc arboré. Au XIIIème les rois de France conquièrent Gisors et construisent des tours monumentales dont la Tour du Prisonnier. De grands travaux de restauration sont en cours : La grosse tour ronde est emballée de blanc ressemble à une installation de Christo. La Barbacane est réparée ainsi que le dallage ancien qui y mène. Je descends à L’Office de Tourisme dans une courette et de là par un passage j’arrive à la rue Principale avec de belles maisons à pans de bois. Malheureusement aujourd’hui, 15 Août, tous les commerces sont fermés. Dernier regard au panorama et à la grande église qui domine la ville.

Gisors barbacane

Gournay-en-Bray

Dans le paysage vallonné je cherche les indices de la structure géologique de la Boutonnière de Bray (anticlinal soulevé au Tertiaire dont les sédiments calcaires Crétacé ont été érodé laissant les épaisses couches Jurassique, argileuses et sableuses apparaître, formant un sillon. Pays de bocage varié.

Le Guide Gallimard propose un circuit dans le Pays de Bray. J’y apprends que Gournay en Bray était une ville-marché bien reliée à Paris par le chemin de fer dès 1850. C’est aussi le berceau du Petit Suisse et du Carré Gervais(1872). Il reste une usine de produits laitiers Danone à Ferrières.

Sur la place, un curieux édifice de brique attire mon regard : Kursaal, c’est maintenant le Cinéma Les Ecrans. L’architecture de brique est dépaysante pour nous : nous avons quitté la Région Parisienne !

La Collégiale Saint Hildevert trône en majesté sur sa large place plantée de tilleuls. Un café a pour enseigne « Au Marché aux chevaux ». Les éléments romans du porche ont été très (trop ?) restaurés au XIXème, ils sont très clairs et contrastent avec les deux tours plus sombres ; Par chance l’église est ouverte. Si nous disposions de plus de temps j’aurais pu examiner un à un les chapiteaux très variés et les vitraux. A la suite des bombardements en 1944, un artiste a fait de beaux vitraux modernes très colorés (il cite les bombardements)

Gerberoy

Gerberoy

Un petit écart (12 km)pour quitter la route de Dieppe vers la Picardie. La petite route est difficile à trouver. Incursion dans l’Oise à Gerberoy.

Gerberoy est un petit village (85 habitants) très fleuri et très touristique. Remarqué par le peintre Le Sidaner(1862-1939) qui y a planté un jardin célèbre, il est devenu un repère de galeries de peinture et d’ateliers d’artistes, peintres et potiers. Les maisons basses de briques et de colombages sont agrémentées

De rosiers grimpants ou buissonnants. Heureusement, la sècheresse ne les a pas desséchés ! Nous garons la 108 à la place « handicapés » en face d’un bassin fleuri de nymphéas. Je commence la visite par le tour des remparts de Guillaume le Conquérant sous l’ombrage bien touffu de grands arbres. Ce petit village fut une place forte très disputée entre Guillaume et ses fils. Les fortifications disparaissent sous la luxuriance des jardins. Il flotte dans le village rendu aux piétons une senteur de roses tout à fait perceptible. Un puits carré est surmonté d’un toit garni d’une tonnelle. Un bâtiment percé d’arcades est ouvert sur els deux rues. Partout des tables des restaurants et salons de thé dans les jardins invitent les passants.

L’église est située au sommet. On franchit une arche enjambant une rue pentue. Sa richesse est étonnante pour un si petit village : trois tapisseries d’Aubusson ornent les murs, c’est peu commun pour une église de campagne. Les stalles de bois sculpté sont plus classiques. Le chœur est aussi richement orné.

Forges-les-Eaux

Etape du circuit de Gallimard. Forges-les-Eaux doit son nom à l’activité métallurgique datant déjà de l’époque romaine. Louis XIII et Anne d’Autriche vint y faire une cure de 19 jours, Louis XIV serait peut-être le fruit de ce séjour thermal. Nous traversons la ville sans nous y arrêter laissons le musée des maquettes et l’exposition de faïence vantés par le Guide/ Nous arrivons devant le Casino moderne. En contrebas d’un vaste parking se trouve un lac et une plage, plus loin, le golf et l’hippodrome.

Neufchâtel-en-Bray

Pays du fromage en forme de cœur que je goûterai ce soir à l’apéritif des Baguenaudiers .

Des petits nuages décoratifs envahissent le ciel qui se voile. Il serait judicieux d’arriver à la mer avant le mauvais temps prévu par la météo. Nous pique-niquons en vitesse pour arriver vers 15 heures à Quiberville.

Intrigue à Giverny – Adrien Goetz

POLAR IMPRESSIONNISTE ? PLUTÔT SNOBINARD

Je ne me prive jamais d’une visite à Giverny. Dès que j’ai découvert ce titre à la Médiathèque, je l’ai commandé (click&collect). Malheureusement, les scènes se déroulant à Giverny  sont peu nombreuses et je ne profiterai guère du jardin de Monet. En revanche, on traînera dans un vernissage au Musée Marmottan-Monet avec le gratin snob et assez détestable. Puis l’action se transportera à Monaco où se prépare un mariage princier. Tout aussi kitsch et snob. Fin navrante sur une piste de ski improbable dans les émirats. 

L’intrigue est légère :  deux spécialistes de Monet disparaissent du diner mondain succédant au vernissage. L’une d’elles est retrouvée égorgée dans un sarcophage de bronzage (j’ignorais que la chose existât) ; la seconde sera enlevée à Monaco. Il sera question de la vente d’un tableau de Monet, peut être un faux.  Wandrille, journaliste mondain, et sa fiancée Pénélope, conservatrice du Mobilier National (imbuvables) mènent l’enquête qui ne démarre vraiment que dans la seconde moitié du roman. Dans la première partie au charmant titre Des crocodiles dans les nymphéas, l’intrigue traîne et la lectrice s’ennuie, le livre manque de me tomber des mains.

Dans la deuxième partie, Les parfums de Giverny, il est plus question de Monet mais pas tellement de sa peinture, plutôt de sa fortune….la fin est plus réussie mais ce serait dommage de la raconter ici.

 

Prévert : Le gardien du Phare aime trop les oiseaux

BALADE NORMANDE

 

Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent.

Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit tant pis je m’en fous
Et il éteint tout

Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles
Un cargo chargé d’oiseaux
Des milliers d’oiseaux des îles
Des milliers d’oiseaux noyés.

 

Je me suis souvenue du poème quand j’ai lu Les Déferlantes de Claudie Gallay

La nuit du naufrage, il a vu arriver un vol d’oiseaux, des migrateurs, un vol magnifique. Ils ont commencé à
s’écraser, par dizaines. Je lui ai parlé de la lumière du phare qui se reflétait dans les yeux des oiseaux, de cette
pitié immense qui le submergeait,

parce qu’il les voyait s’approcher avec tellement de confiance. – Il dit qu’il n’aurait dû y avoir personne cette
nuit-là sur la mer. Il dit aussi que c’était impossible pour lui de voir mourir tous ces oiseaux.

Claudie Gallay : les Déferlantes (p.306)

Les Déferlantes – Claudie Gallay

BALADE NORMAND

Le pharer de Goury

 » Sous la violence, les vagues noires s’emmêlaient comme des corps. C’étaient des murs d’eau qui étaient
charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s’écrasaient contre les rochers et
venaient s’effondrer sous mes fenêtres.

Ces vagues, les déferlantes.

Je les ai aimées.

Elles m’ont fait peur. »

520 pages, 4 jours de lecture m’ont permis de retrouver La Hague  après les deux livres de Didier Decoin : Les Trois vies de Babe Ozouf et Avec vue sur la mer. J’ai été éblouie par ce petit finisterre face aux îles anglo-normandes, battu par les vents, au climat si changeant. Un bon moment d’évasion par la lecture! 

« La Hague est une terre de légendes, un lieu de croyances. On dit que certains disparus reviennent la nuit,
incapables de se détacher de cette terre. De s’en séparer. »

La Hague, avec ses phares, ses tempêtes, les naufrages.

La Hague, ses falaises battues par les vents, les vagues : les déferlantes, habitées par les oiseaux.

lanse saint Martin

Justement, la narratrice du roman, est ornithologue  ; elle  compte les oiseaux pour une recherche de l’université de Caen.  Elle a choisi la solitude de ce village isolé, après un chagrin d’amour.  Théo, l’ancien gardien de phare, qui recensait les oiseaux avant elle, vit seul avec ses chats. Au café de Lili, les habitants passent, tout le monde se connait mais on devine de lourds secrets. Ils ressurgissent quand Lambert arrive par un jour de grand vent pour vendre son ancienne maison  et fleurir la tombe de ses parents et son frère qui ont péri en mer il y a quarante ans.

« Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles
dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes du contre-jour. J’avais appris ça avec
les cormorans. »

Premier mystère : le phare s’est-il éteint pendant le naufrage? Théo est il responsable de la mort des parents du frère de Lambert?

Ce n’est pas le seul mystère. La vieille Nan, la couseuse de linceuls qui erre sur le rivage est un personnage assez étrange. Elle est à la recherche de Michel qui a disparu. Qui est donc Michel?

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De fil en aiguille, le roman se trame, s’étoffe, dans le climat rude de cette pointe du Cotentin, au rythme des marées et des cafés et repas chez Lili.

La richesse du roman, et l’art de la romancière est  de faire vivre de nombreux personnages secondaires originaux   : Morgane, la fille au rat et son frère le sculpteur , Max, un peu simplet, qui construit son bateau et parle comme le dictionnaire, Monsieur Anthelme qui a connu Prévert…Richesse des thématiques : Les Déferlantes est un « roman maritime » mais pas que… Il est question de la couleur de la mer, des nuages menaçants, des oiseaux mais aussi de sculpture, d’environnement, de poésie, de chats et d’oiseaux…

J’ai aimé me laisser embarquer à ce rythme lent. En revanche, pour l’intrigue, j’ai vite deviné les circonstances du naufrage, pas besoin de 200 pages ! Les autres secrets (secrets de Polichinelle que tout le monde connait) se révèlent au lecteur avant le dénouement. Est-ce grave? pas vraiment, ce n’est pas un roman policier. Bien sûr, les impatients diront qu’il y a des longueurs. Aucune importance pour moi, j’avais envie de rester longtemps à  La Hague.

L’Atelier de la Nature (1860 -1910) Hommage à la Collection Terra à Giverny

EXPOSITION TEMPORAIRE JUSQU’AU 3 JANVIER 2021

Gifford : Crépuscule sur le Mont Hunter

Les expositions du Musée des Impressionnismes de Giverny sont toujours très intéressantes. Ce musée moderne est aussi très agréable, très discret contre la colline dans l’écrin naturel d’un jardin contemporain aux couleurs automnales,  créé en 1992 par le paysagiste Mark Rudkin. Jusqu’en 2006, le Musée des Impressionnismes était le « Musée Américain » créé par le mécène américain Daniel J Terra et administré au décès de ce dernier en 1996 par la Fondation Terra que se retira de la gestion  au profit de la Région Normandie et d’autres instances françaises. Cette exposition de la Collection Terra est, en quelques sortes, un retour aux sources. 

Bricher : TLeCity of St Paul sur le Mississipi

L’Atelier de la Nature fait allusion à la démarche des peintres américains, comme plus tard les Impressionnistes de sortir des ateliers pour aller peindre dehors sur le motif. Cette exposition retrace un demi-siècle de peinture américaine accompagnée de magnifiques photographies, toujours sur le thème du paysage. 

Bricher : Hudson River at West point

Hudson River School regroupe les peintres Sanford Robinson Gifford (1823-1886), Martin Johnson Heade (1819-1904) Alfred Thomson Bricher (1837-1908). La peinture est loin de l’impressionnisme mais elle donne une représentation précise de la Nature. Le Crépuscule au Mont Hunter  de Gifford, peint quelques temps après la Guerre de Sécession magnifie le paysage américain, les arbres coupés dans la clairière témoigneraient de la conscience (déjà!) de l’emprise de l’homme sur la nature. 

Crépuscule à Mont Hunter (détail de la Clairière)

Whistler  : l’art pour l’art « la nature n’a pas toujours raison »

Whistler : Variations en Violet et en vert

 La section suivante est presque entièrement consacrée à Whistler (1834 – 1903), peintre américain, certes, mais qui a beaucoup voyagé et qui fut plutôt basé à Londres  où il a peint ces variations en Violet et en Vert, plutôt japonisantes par le format vertical et surtout par les kimonos des femmes du premier plan. Japonisante aussi sa signature, un papillon dans un cartouche qu’il a également appliqué sur le cadre. Ce tableau est mon préféré de toute l’exposition. 

Whistler : Battersea (lithographie)

Ces lavis brumeux subtils subirent les critiques de Ruskin il s’en suivi un procès en  diffamation (1878) qui ruina Whistler. Whistler partit à Venise où il fit une série de très belles gravures

Whistler à Venise
Whistler : La Plage à Marseille

Les Américains à Giverny : Paysages d’émotion

Twachtman : Route près de Honfleur

La section suivante de l’exposition est beaucoup plus proche de l’Impressionnisme que nous connaissons. Les américains sont venus à Barbizon et peignent des paysages de Normandie ou de Bretagne.

Metcalf : l’Epte

Sept puis dix peintres américains s’installèrent à Giverny et peignirent le paysage de colline

Breck, à l’école de Monet a peint une série de meules : « Etudes d’un jour d’automne n°1 à 12″ : où trois meules se trouvent sous un éclairage changeant selon l’heure. Son tableau de 1892 Brouillard et soleil matinaux peint de retour en Amérique fut un succès

Breck : Brouillard et soleil matinaux

Une salle montre des série de tableaux fleuris colorés et plaisants mais qui n’ont pas retenu mon attention.

Une femme Lilla Cabot Perry s’installa à Giverny à l’hôtel Baudy et au fil d’une vingtaine d’annes et fréquenta Monet. Avec son mari critique d’art elle joua un rôle important dans la diffusion de l’Impressionnisme aux Etats Unis.

Lilla Cabot Perry

Cette exposition, très complète se termine par des tableaux plus modernes  avec Chase et Homer

HOmer : Nuit d’été

Quant à nous, nous avons imité les peintres en déjeunant à l’ancien hôtel Baudry : excellent repas, nous pouvons recommander l’omelette (très bien garnie) et la salade landaise et la promenade dans le parc à flanc de la colline

Hôtel baudy

Les trois vies de Babe Ozouf – Didier Decoin

BALADE NORMANDE – COTENTIN

Le nez de Jobourg

Elle avait pris la ferme de Jobourg pour cette sensation de vivre en face d’un espace illimité, d’un presque néant
de landes rases, d’eau et de nuées. Depuis la lucarne du fenil, le regard se perdait à l’infini. Parfois, sur le coup
d’octobre ou de novembre, un mur de brume venait s’appuyer contre les clôtures, mais Babe savait que ce
brouillard-là n’avait rien à cacher ; il était le prolongement visible du monde informe au-delà de sa ferme, terres
où levaient des murets si bas que les agneaux de Pâques eux-mêmes, dès le lendemain de leur naissance, se
sauvaient d’une pâture à l’autre. Sauf en été où les ombres étaient franches, les vagues de l’herbe et les vagues
de la mer avaient une même couleur – un malentendu gris et bleu fermait là-bas au bout. Le bout du monde, c’est justement là

Pour rester encore à La Hague après avoir fini Avec vue sur la mer du même auteur. 

Les Trois vie de Babe Ozouf est un roman en trois parties, trois vies, trois femmes. Babe Ozouf (1893), Catherine dans  les années 30, sa fille, Carole (1944) la petite fille. Unité de lieu : La Hague. Un destin commun : naufrageuses. Une constante : le feu. Et toujours la présence de la mer sauvage, des tempêtes. 

Didier Decoin évoque avec vivacité les falaises, la lande et les genêts, ainsi que la vie rurale traditionnelle au début du XXème siècle et j’ai eu grand plaisir dans ce dépaysement.

Histoires d’amour et de passion avec la figure fière et flamboyante de Babe Ozouf, en demi-teinte avec le mariage de Catherine, à peine sortie de l’enfance et du peintre Louis. Cette histoire à la limite de la perversion me laisse un peu dubitative. Il fut un temps ou Lolita ne posait aucun problème, maintenant on est plus critique. Pour Carole de Chicoutimi, l’amour est secondaire son destin se confond avec la Résistance, même si…

La Hague est autrement belle, ce soir, empourprée et toute retroussée de vent comme une fille qui danse. Je suis
moi-même une fille qui danse, pense Carole, je vais danser devant un feu, danser devant un grand bateau, un
navire orgueilleux qui a fait régner la terreur dans les fjords, à la fin je le faucherai d’un croc-en-jambe et il se
couchera sur le flanc, mais

La nuit sur la Hague, qu’elle soit feutrée par les brumes ou pleine du hurlement des tempêtes, libère de singuliers
démons.

je recommande ce livre à tout touriste, visiteur, vacancier dans le Cotentin. A lire sur place ou au retour!

 

Pique-nique au Gué de l’Epine

BALADE NORMANDE – BAIE DU MONT SAINT MICHEL

Gué de l’Epine : moutons dans les herbus

Le Gué de l’Epine se trouve sur les bords de la Sélune  à 8km d’Avranches sur la commune de Val-Saint-Père. La route à moitié inondée par les grandes marées d’équinoxe (coefficient 111) court le long des herbus où paissent en liberté les moutons grêvins avranchins qui se reflètent dans les flaques. Des hommes tirent de la rivière un carrelet . Par chance, il y a un bar!

Gué de l’Epine : pêcheurs

La route le long des herbus arrive à un petit aérodrome sur l’herbe. Sur la carte IGN les pistes sont dessinées dans l’eau. Le GR 223 continue mais la route carrossable s’enfonce dans les terres et nous sommes forcées de retourner à Avranches?

Nous terminons l’après midi à la Plage de la Dune près de Dragey où nous étions il y a une semaine.

Un dernier coucher de soleil!

Dernières photo de coucher de soleil sur la plage….et fin des vacances.

Avranches : Scriptorial

BALADE NORMANDE – BAIE DU MONT SAINT MICHEL

Avranchees : donjon et jardins

Le Scriptorial est le Musée qui conserve les manuscrits précieux du Mont saint Michel. Malheureusement, en période de Covid ces manuscrits ne sont pas visibles (la climatisation du Trésor pouvant être dangereuse). C’est donc une visite frustrante. j’en avais gardé un bon souvenir ainsi que celle du Book of Kells au Trinity College à Dublin. 

Le Scriptorial est un musée moderne construit à la base du Donjon et sa courtine. Arrivée avant l’ouverture, je fais une promenade dans les rues étroites d’Avranches et visite deux jardins : l‘Hortus, jardin des simples des ermites médiévaux avec ses carrés de plantes médicinales et tinctoriales et ses rangées de poiriers en espalier (Louise Bonne d’Avranches). En partie haute Le Jardin des Passeurs autour d’une statue contemporaine en ferraille en hommage aux greffes du coeur

Au musée, de nombreux panneaux et des vidéos racontent l’histoire du Mont Saint Michel 

 

Chronologie :

540 Saint Pair ; fondation d’un monastère à Astérac

708 Aubert, évêque d’Avranches,  fonde un oratoire au Mont saint Michel

931 Les Bretons sont repoussés et le Mont devient Normand

966 Installation des Bénédictins

VIII ème siècle : les premiers manuscrits du Mont Saint Michel

Xème apogée du Scriptorium

XII ème « cité des Livres »

pendant la Guerre de Cent ans la forteresse fut assiégée 30 ans et jamais prise

1793 le Mont Saint Michel est transformé en prison

1897 construction de la flèche par Victor Petitgrand

Mythes et Légendes autour du Mont Saint Michel

Au Vème siècle, au Gargano apparaît le Culte de Saint Michel  qui aurait pu prendre la place des dieux antiques : Esculape, Apollon ou Mithra. Le Mont Saint Michel aurait recelé une relique de Saint Michel, provenant du Gargano : un fragment du tissus rouge recouvrant l’autel.

Mythe de la forêt de Scissy disparue au cours d’un violent raz de marée?

L’apogée des pèlerinages fut au XVIème siècle mais avant : pèlerinage des Pastoureaux et des rois Guillaume le Conquérant, Henri II Plantagenet, Saint Louis, Philippe le Bel, Louis XI.

Les Objets du Pèlerinage

Schiste gravé pour moule

A côté des statues de Saint Michel et des pèlerins, j’ai bien aimé les Moules d’enseigne du Mont saint Michel : production quasi-industrielle de petits objets de plombs que les pèlerins cousaient à leurs vêtements en souvenir du pèlerinage. Les moules étaient en schiste gravé ou en terre cuite; cette industrie du souvenir m’a fait sourire. Finalement le Mont Saint Michel a peu changé à travers les temps!

Autour du thème du manuscrit et du livre 5 vidéos sont projetées : Calligraphie, Enluminure, Reliure, Fabrication du papier et Imprimerie. Des artistes contemporains s’approprient les techniques séculaires et réalisent des créations modernes.

les livres et manuscrits de l’Abbaye. A côté des textes religieux on trouve des textes historiques les Chroniques de Robert de Thorigny : Histoire des Ducs de Normandie de Guillaume de Jumièges, La Geste de Robert Guiscard ainsi que des textes anciens comme L’Histoire Naturelle de Pline

Dans l’ exposition temporaire des Peintres Officiels de la Marine , je reconnais des paysages de la région comme la plage de Carolles par Miollis, les sculpture des phoques de Lemonnier, ou En marche vers le Mont de Jacques Coquilary et le Prieuré de Saint Léonard d’Arcile.

 

Le Lude et le Château de Chantore

22BALADE NORMANDE – BAIE DU MONT SAINT MICHEL

Pique-nique au « Parking du Lude » à Carolles que j’ai vainement cherché lundi. Beau panorama sur le Rocher du Diable dont le nom vient d’une légende où Saint Michel aurait combattu là le Diable. J’emprunte le sentier de le promenade du Lude qui suit le ruisseau jusqu’au Port du Lude :  une crique de galets et de rochers pittoresque et sauvage d’abord difficile par la mer. 

Le Port du Lude

Le Château de Chantore à Bacilly ne se visite pas : c’est un hôtel. Le parc de 19 ha est ouvert à la visite de 14h30 à 18h30 (prendre rendez-vous par téléphone). Pour les Journées du Patrimoine la visite est guidée par le propriétaire. Chantore fait penser à Moulinsart. Autrefois, ce fut une demeure du XVIIIème siècle délicate. les propriétaires sous le Second Empire décidèrent de l’embellir à la mode de l’époque : ostentatoire! Au Second Empire il n’était pas honteux d’être riche, au contraire la richesse s’étalait! Le château s’agrandit, la toiture gonflée il fut repeint rouge brique (fausses briques) pour être plus voyant. 

Promenade littéraire : chaque arbre remarquable est associé à une anecdote et à une courte lecture.

Les camélias ont une histoire piquante : les Anglais, grand buveurs de thé pensaient rapporter de Chine des graines de théiers. Les Chinois, peu désireux de perdre leurs exportations les trompèrent en leur donnant des graines de camélias. Le Camelia alba renvoient à la Dame au Camélia : Dumas ou Verdi! 

le Tilleul évoque tantôt les Arbres de la Liberté, tantôt la tisane : lecture du paragraphe de la madeleine de Proust.

Savez-vous que le nom de Séquoia a été donné à l’arbre en l’honneur de Monsieur Séquoiah, un cherokee  qui inventa un alphabet pour écrire les langues des Amérindiens qui étaient des langues orales .

Certains de mes compagnons de visite sont déjà venus et assurent que chaque année la visite est différente. Elle se termine par une promenade libre dans le parc où je m’émerveille devant la floraison des cyclamens au pied des hêtres.