les remparts de Saint Malo –

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO

 

les remparts de Saint Malo

9h30, les cloches appellent à la messe. Au café de la place Chateaubriand, résonne la Marseillaise pour la finale de rugby, les remparts sont à nous !

Le guide Gallimard, comme toujours, est précieux. Passant la Porte Saint Vincent,il nous raconte l’anecdote de la salle située dans l’épaisseur de la   porte, où l’on consignait les retardataires qui arrivaient en ville après le couvre-feu sonné par la cloche la Noguette.

les dogues de saint Malo

En bonnes enseignantes, nous réagissons : « la permanence ! » . L’histoire est  plus cruelle puisqu’on lâchait des dogues sur la plage contre les intrus Ces dogues sont sur la plaque d’égout devant la porte.

La place Chateaubriand est bordée par deux beaux hôtels, l’un d’eux, blanc au nom de l’auteur, en face, l’Hôtel de ville et le Musée sont logés dans le Château.De l’autre côté de la porte,se trouve le célèbre restaurant, La Duchesse Anne (menu à 79€ quand même,  champagne et foie gras).

Après avoir photographié  le portrait de Chateaubriand, nous montons pour le tour de remparts. De là, la vue sur les maisons est idéale, les hautes fenêtres aristocratiques des étages nobles, les deux étages de mansardes avec de confortables fenêtre aux chiens assis comme les petites fenêtres carrées. Les toits d’ardoises sont parfois tachés de lichens jaunes, granite et ardoise, l’unité de style est respectée même s’il y a des différences dans les hauteurs de cheminées.

La ville a été reconstruite après les destructions de la deuxième guerre mondiale, modèle de restauration. Tout en marchant je me demande quelle ville sera Saint Malo pour moi. La ville des corsaires ?avec Surcouf dont nous voyons le grand hôtel particulier et Duguet  Trouin dont la statue en pied se trouve en majesté à un angle des remparts. Ou la ville de Chateaubriand ? Celle des écrivains-voyageurs ? A moins que ce soit celle des bars à marin avec les enseignes peintes ?

Je m’amuse à regarder les belles demeures, les rideaux encadrant des salons luxueux.

Le guide Gallimard raconte que les évêques de Saint Malo entraient par la porte de Dinan, venant de Saint Servan. de La grande maison de Surcouf est situé en face.

Quelques marches nous mènent au terre-plein du Bastion de Hollande où se trouve la statue  de Jacques Cartier. Des canons sont disposés face à la mer, les enfants les chevauchent  et j’ai bien du mal à faire une photo sans un de ces figurants.

A marée basse : le Grand Bé et le Petit Bé

Sur la plage, des théories rejoignent les îlots du grand Bé et du  Petit Bé  découverts, à marée basse. Je descends des escaliers très raides pour me joindre aux pèlerins qui vont défiler devant la tombe de Chateaubriand avant que la marée ne remonte. Des écriteaux mettent en garde les imprudents à qui on  recommande de rester dans l’îlot si ce dernier est entouré d’eau. La chaussée est glissante, on monte ensuite une rampe. Le tombeau est signalé par une croix de granite. Grande simplicité, un bouquet de fleurs séchées, des coquillages alignés sur la pierre tombale.

UN GRAND ECRIVAIN FRANÇAIS

A VOULU REPOSER ICI

POUR N’Y ENTENDRE

QUE LA MER ET LE VENT

PASSANT

RESPECTE SA DERNIERE VOLONTE

Tombeau de Chateaubriand

La situation, en face de la ville, battue par les vents, est exceptionnelle. Les touristes posent devant la tombe. Je médite sur mon ignorance. Comme cet été, devant la maison de Thomas Mann à Nida, je me rends compte que je ne connais rien du célèbre écrivain. Les Mémoires d’Outre-Tombe était un titre  qui ne m’avait rien dit étant adolescente, depuis j’ai lu des extraits au cours de mes voyages et justement je me prépare à lire le Voyage d’Orient.

Combourg et Dol de Bretagne Sur les pas de Chateaubriand

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO

 

le château de Combourg


Sous la pluie, nous traversons champs de poireaux et de choux.  On récolte les choux-fleurs. Passons par Dol de Bretagne.

Combourg

Le château, en Octobre, n’ouvre que l’après midi pour deux visites guidées 14h et 15h30.  L’Office de Tourisme édite un plan de la ville avec les  maisons remarquables.

la maison de la lanterne

Le circuit commence justement à la Maison de la Lanterne, siège de l’office de Tourisme,   très belle maison de pierre flanquée d’une tourelle fine, bâtie en 1597 par Perrine Jonchée, « dame de la chasse » comme nous l’apprend une inscription gravée. Fille d’armateurs malouins, son frère reprit Bréhat aux Anglais en 1591, selon le guide Gallimard. La lanterne  attachée à la maison était censée éclairée le corps de garde à l’occasion de la fête de l’Angevine (Gallimard).

combourg : relais des Princes

Une autre maison remarquable est le Relais de Princes : un restaurant dans une maison à pans de bois peint rouge foncé:

Au XVIIème siècle, Benoit, le propriétaire du relais des diligences de Combourg. Ce relais, fort réputé à l’époque, au pied du vieux château féodal s’appelait déjà relais des Princes.

Cette auberge du relais de poste étaie déjà i, lieu où il faisait bon séjourner. Elle devint plus célèbre encore lorsque le cousin de Madame de Sévigné, le Marquis Pierre-Philippe de Coulanges, homme plein de vertu et bon vivant, l’adopta comme rendez-vous de chasse.

Plus tard, l’auberge fut cédée à Bonnaventure  Courtel qui fit supprimer le relais de poste pour prendre à son compte le transport des voyageurs. Il possédait deux diligences et son personnel ne se composait pas moins de garçons et de 4 Postillons.

Au XIX ème siècle, les écuries du Relais tenues par Lydie Corvoisier étaient familières des Combournais. Au fil des siècles les diligences, les postillons et les chevaux ont disparu, mais les pierres sont restées.

Nous avons cherché la Maison du Pendu qui a aussi une histoire : rivalité amoureuse de deux amis qui se termine mal : un duel, l’un des deux amis succombe, l’autre défiguré se pendit.

Le circuit passe devant la statue de Chateaubriand, inévitable! Sur un  mur, en trompe l’œil, Chateaubriand est à la fenêtre.

Un détour par l’Abbaye nous promène dans une rue tranquille bordée de très belles maisons de granite fleuries avec des portes cintrées.

Rien d’extraordinaire, mais une balade très sympathique sous un ciel voilé.Le soleil fait de rare. Le village, La Chapelles aux Fitzméens  a une église au toit remarquable avec  des mansardes en relief assez étrange. A la sortie du village, le Logis, un château du XVIIème a belle allure, juste derrière, un camping de luxe est installé. Nous pique-niquons dans son parking.

Château de Combourg

château de Combourg vu du parc

Le château de Combourg, propriété des Chateaubriand depuis les Croisades, se visite accompagné.  Avant la visite je parcours le parc sur des allées sablées entre des châtaigniers  et découvre l’étang beaucoup plus sauvage et joli que le lac qui borde la ville. Revenant sous une allée de beaux chênes je vois traverser un écureuil à la queue fournie. Cette rencontre m’enchante. A mon approche il grimpe sans se presser le tronc d’un chêne s’arrête à la fourche d’une branche à 3 ou 4 mètres. Assis, il tient entre ses petites mains un gland qu’il croque tranquillement en me regardant.

Un  haut escalier droit conduit au perron. L’entrée est décorée au goût du XIXème avec murs peints et trophées de chasse.  Dans la chapelle, la mère de l’écrivain, très pieuse, passait  beaucoup de temps à méditer et prier.  La cour, ouverte au temps de François-René a été couverte lors de la restauration un escalier de bois monumental.  De même, la grande salle, où Chateaubriand enfant, passait des soirées interminables auprès de sa mère et de sœur tandis que son père arpentait la pièce  jusqu’à ce que la cloche du village sonne l’heure du coucher, a été partagée en salle à manger et salon, deux cheminées Renaissance de belle pierre blanche. L’atmosphère assez lugubre du temps de l’enfance de Chateaubriand ne subsiste plus. De beaux tableaux décorent les murs : un Bellini me plait particulièrement.

La salle des archives occupe l’étage d’une tour. C’est émouvant de lire la grande écriture pointue  de Chateaubriand, de voir son portefeuille ministériel comme ministre des Affaires Etrangères, un cartable de maroquin, ainsi que des documents romains de son Ambassade à Rome. Par escalier en colimaçons et courtines nous accédons  à lachambre d’enfant de Chateaubriand justement dans la Tour du chat : tour hantée par un chat  noir et un fantôme à jambe de bois. L’enfant de huit ans dormait loin de tout. (Lire le texte du blog de Claudialucia ici)

voici comment Chateaubriand présente le château :

Le château se montrait entre deux groupes d’arbres. Sa triste et sévère façade présentait une courtine portant une galerie à mâchicoulis, denticulée et couverte.

…le château entier avait la figure d’un char à quatre roues….

Mêlez à cela dans les diverses parties de l’édifice, des passages et des escaliers secrets, des cachots et des donjons, un  labyrinthe de galeries couvertes et découvertes, des souterrains murés dont les ramifications étaient inconnues ; partout silence, obscurité et visage de pierre : voilà le château de Combourg;

Dol

Dol rue ceinte

Dol est une jolie ville animée. Nous cherchons les maisons remarquables Grande-Rue-Des- Stuarts, certaines à pans de bois d’autres à piliers de granite. La petite Rue Ceinte avec ses pavés semble d’un autre âge. La Cathédrale a une allure originale de forteresse avec une tour bizarre qui dépasse, l’intérieur est gothique et ne rappelle en rien l’extérieur.

 

De Paramé à Saint Jacut par la côte, retour par Plancoët

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO et aujourd’hui un peu plus à l’ouest

Paramé

Saint Malo à marée haute vu de Paramé

 

On nous avait dit :

– « par grandes marées, il faut aller à Paramé ! »

Pleine mer : 9h30,

à 9h33, nous sommes sur la digue.

Pas un souffle de vent, la mer émeraude lèche le ciment. Deux chinois font une sorte de gym douce avec France Musique devant des affiches dénonçant la répression contre la secte Fuong  en Chine.

Nous ne résistons pas à ‘envie de voir les murs de Saint Malo baignés par la mer.

Barrage de la Rance

A 70km/h on ne se rend pas compte que la route en traversant la Rance sur le barrage, passe sur une merveille de technologie en matière d’énergies renouvelables : l’usine marée-motrice. La file de voitures est immobilisée : le pont s’est levé pour laisser passer des voiliers.

J’en profite pour descendre et marcher. Des tourbillons se forment devant les turbines. Une mouette semble prise dans le vortex. Je m’inquiète : va-t-elle être avalée dans le barrage : Non !elle a l’air de s’amuser quand elle atteint le centre elle retourne au bord.

EDF a installé une salle de démonstration dans le barrage à l’extrémité de celui-ci côté Dinard. C’est une très belle salle d’exposition : on peut voir la flore et la faune, les oiseaux de la Rance, les poissons de la baie,  des maquettes de barrages et des audiovisuels…et même des visites guidées. Mais nous sommes pressées, le programme de la journée est copieux.

Villas de la Vicomté

Nous voulons voir les belles villas de la Vicomté à Dinard. Les maisons sont toutes de granite, de style 1900 dans des parcs verdoyants. Vers le centre ville la circulation bouchonne à cause du marché.

Saint Lunaire

La vieille église romane de saint Lunaire

Deux sites remarquables à saint Lunaire : une très jolie église romane au toit d’ardoises, qui contient cinq gisants de pierre et le sarcophage de Saint Lunaire curieusement porté par quatre personnages.

De là nous allons voir la Pointe du Décollé, nom évoquant la fente qu’ aurait porté Saint Lunaire avec son épée, voulant fendre le brouillard. C’est une pointe rocheuse occupée par un restaurant et une boite de nuit à l’extrémité d’un quartier de très belles villas 1900. Nous cherchons le « manoir écossais » et la « villa coloniale » que signale notre guide.

Sentier côtier de Saint Lunaire à Saint Briac

Après avoir traversé le quartier des belles villas, je descends sur la plage de Longchamp, belle plage de sable assez animée aujourd’hui samedi. A l’extrémité, un escalier conduit au sentier des douaniers caché dans un bosquet d’éléanus qu’on est en train de tailler avec une très grande scie mécanique. Je piétine des rameaux odorants. Le sentier contourne la Pointe de  la Garde-Guérin, truffée de blockhaus, lande très sauvage de fougères déjà brunies ; coincé entre un golfe très vert et magnifique et les piquets de bois qui protègent la dune qui borde la plage de la Hue, il part ensuite vers la pointe de la Haye où se poursuit le parcours de golf.

Pique-nique à Saint Briac

piquenique à saint Briac et pont sur le Fremur

Les crevettes que le propriétaire du gîte nous a offertes, pêchées d’hier après midi, cuites juste après la pêche, petits bouquets roses minuscules sont délicieux. Le soleil fait son apparition, la plage est très calme, de nombreux bateaux reposent sur le flanc à marée basse. Un peu plus loin se profile le pont sur le Frémur. Avant de monter en voiture nous découvrons que, juste derrière le petit port où nous avons déjeuné, il y avait une plage charmante bordée de cabines de bois de style désuet. De nombreux rochers forment des îlets et îlots. A marée basse pendant les marées de fort coefficient toute une armée de pêcheurs à pied s’est déployée avec râteau, pelles binette, filets à crevettes. Près des cabines des familles se sont installées. Animation de vacances !

Comme le GR quitte le rivage et s’engage dans les rues de Saint Briac et de Lancieux je remonte en voiture. Curiosité signalée à Lancieux, un clocher d’une église disparue et un moulin à vent.

GR de la plage de Sieu à la Baie de Beaussais

Sur la plage de Sieu découverte jusqu’aux rochers et presque jusqu’à la Pointe de Saint Jacut qu’on atteindrait aujourd’hui à pieds secs, je n’ai pas envie de monter sur le sentier côtier. Je surveille qu’il se trouve bien en vue sur la falaise. Et je marche à ses pieds sur le sable mouillé entre les rochers couverts de grosses moules. Encouragée par tous les  pêcheurs à pieds je longe le rivage, un peu inquiète : comment vais-je monter ? La falaise s’abaisse : une femme et ses deux filles s’installent. J’ai envie de lui demander si le sentier côtier est accessible mais quand j’arrive près d’elle, je la trouve plongée en méditation ses mains retournées paumes vers le ciel gracieusement, les petites filles jouent sur les rochers mais elles sont trop petites pour me renseigner.

Sur le sentier au dessus de la Plage de Briantais, il y a foule, un groupe de randonneurs mais aussi des joggers, le site du Tertre de Colieu a de belles dunes protégées par des palissades et des fils de fer. Il faut attacher les chiens et ne pas quitter les parcours aménagés. Ensuite la dune s’abaisse, la plage se termine en un pré salé où sont creusées des mares avec des cabanes d’affût pour les chasseurs de gibier d’eau. Le GR a disparu, comme je m’inquiète un peu je vois des marques rouge et blanches : pas de chemin et pourtant je suis bien sur l’itinéraire. Le topoguide prévient que « le sentier suit le fond de la baie de Lancieux à la limite du schorre sur la digue qui protège le polder. » La digue est bien là, mais il est impossible de marcher dessus, l’herbe est très haute, des buissons d’épineux et des tamaris barrent la route. C’est plus facile de marcher sur les salicornes dans la boue. La pluie, les grandes marées et les chevaux  ont rendu impraticable le chemin très glissant et boueux.

Je vois les voitures filer un peu plus loin mais chaque fois que j’avance, j’ai l’impression qu’elles s’éloignent ; Un petit pont de bois a été construit pour passer un ruisseau : deux flèches de bois confirment que je suis bien sur l’itinéraire mais c’est interminable. Enfin, le sentier franchit la digue et je me retrouve dans un  pré avec des vaches normandes. La marche devient plus facile et enfin j’atteins la route !

Plancoët

Plancoët dans les Mémoires d’Outre-Tombe :

« En sortant du sein de ma mère, je subis mon premier exil ; on me relégua à Plancoët, joli village entre Dinan, saint Malo et Lamballe…. »

« Ma nourrice se trouva stérile…une autre chrétienne me prit en son sein. elle me voua à la patronne du hameau, Notre-Dame-de Nazareth et lui promit que je porterai en son honneur  le bleu et le blanc jusqu’à l’âge de sept ans … »

Nous avons cherché,  la maison de la nourrice de Chateaubriand–  pas très efficacement, je le confesse, nous étions fatiguées – dans la petite ville fleurie et avec encore moins de succès le chateau de Monchoix. Dommage!

Randonnée sur la digue de la duchesse Anne

CARNET DU MONT SAINT MICHEL A SAINT MALO AVEC CHATEAUBRIAND POUR GUIDE

la digue rectiligne entre pré salé et polder

Sous un ciel bleu sans un nuage, la randonnée commence à la chapelle Sainte Anne sur la digue protégeant le polder. Le GR34-variante, va droit sur le Mont Saint Michel, 19 km.

Le Mont comme cap, encadré par les buissons taillés. Je rêve à cet autre Mont Saint Michel, celui des Pouilles au Gargano.

A ma gauche, les vagues et les salicornes très humides, à marée haute peut être après la pluie de cette nuit. Des mares avec des affûts ont sans doute été creusées par les chasseurs de gibier d’eau. A ma droite dans le polder, des vaches, des moutons, des salades…des petites routes aboutissent à la digue, de  Broladre,  de Palluel. Par ce jour ensoleillé, des familles arrivent pour un pique-nique, des cavaliers galopent dans les salicornes et s’éclaboussent  dans les flaques, belle vision.

Avec Chateaubriand pour guide

       » Entre la mer et la terre s’étendent des campagnes pélagiennes, frontières indécises des deux éléments : l’alouette de champ y vole avec l’alouette marine ; la charrue et la barque à un jet de pierre l’une de l’autre, sillonnent la terre et l’eau. Le navigateur et le berger s’empruntent mutuellement leur langue : le matelot dit « les vagues moutonnent », le pâtre dit « des flottes de moutons. »…..

Mémoires d’Outre-Tombe, livre I 102-105

 

Le Mont saint Michel est trop loin, je retourne sur mes pas. Nous déjeunons de crevettes et kouing aman.

la chapelle de Sainte Anne

Pour l’après midi, de la chapelle Sainte Anne vers le Vivier. La mer s’est retirée très très loin, la digues est bien tondue, j’arrive devant les moulins de Cherrueix , puis quitte la digue vraiment trop peuplée pour les chemins sur l’estran. Les coquilles des coques et des huitres craquent sous mes pas. Il faut rester sur ces bancs en relief. A la couleur, je choisis mon itinéraire : rose orange des salicornes, à éviter à cause des flaques et des ruisseaux, gris de la tangue à proscrire glissades et peut être pire, il faut se tenir au banc blanc de sable clair recouvert de coquillages.

Chateaubriand :

.... »Des sables de diverses couleurs, des bancs variés de coquillages, des varechs, des franges d’une écume argentée, dessinent la lisère blonde ou verte des blés »….

 

 

 

Zsolt HARSANYI : la vie de Liszt est un roman – Actes sud

diaporama miscellanea48 : merci pour tous ces portraits!

Complément naturel à notre « promenade Liszt », au concert sur le piano de Liszt, aux »Lisztiades » qui avaient été l’occasion plus d’aller à la messe que d’entendre un concert….que l’auteur de la biographie soit un romancier Hongrois Zsolt Harsanyi  (1889-1940) était un évidence au retour de Budapest.

Liszt, en soutane, sous sa coquille à l’Opéra, Liszt en bronze jouant de ses mains immenses en secouant son abondante chevelure au milieu du square, ou trônant au dessus de la porte de la Zenakadémie, sont les images que nous avons rapportées de notre voyage.

Un des Hongrois les plus fameux ?

J’ai eu la surprise de constater que Liszt, de langue maternelle allemande n’a jamais pris la peine de parler le Hongrois. Né près de Sopron, fils d’un intendant du Prince Esterhazy dont nous avons visité le château à Fertö il y a quelques années. Il a donné son premier concert – enfant prodige, « petit Mozart » – à Pozsony, l’actuelle Bratislava. A dix ans, il part pour Vienne où il prend des leçons de Czerny et de Salieri. Beethoven complètement sourd lui fait l’honneur d’assister à son premier concert viennois et l’embrasse.

Comme Mozart, sous la conduite de son père, le petit Liszt sillonne l’Europe et joue dans les cours françaises et anglaises. Il s’installe à Paris où il vivra longtemps, parlera français qui deviendra sa langue habituelle. C’est là qu’il fréquentera les Romantiques, se liera d’amitié avec Chopin, George Sand, Musset, Berlioz et rencontrera aussi bien les grands du faubourg Saint Germain que tous les musiciens de l’époque. Ce livre retrace une « histoire de la musique » et des mouvements artistiques au cours du 19ème siècle.

Imaginer Budapest, et se retrouver à Paris ou à Croissy ou à Nohant !

Liszt était plus parisien qu’exotique. Son charme, il le devait à la précocité de son talent, à sa virtuosité et aussi à son physique de dandy avec un « profil de médaille » et à des cheveux de page. Enfant, adolescent puis, jeune homme, le pianiste était la coqueluche des dames du grand monde. Affichant une grande piété, il ne résista jamais à la tentation d’une conquête féminine. Même au sein d’une grande passion interdite, quand sa maîtresse Marie d’Agoult, la mère de ses trois enfants, il n’hésita jamais à tromper celle-ci. Rivalisant de virtuosité avec Paganini, il était adulé et profitait bien de son succès.

C’est en Allemagne qu’il va passer l’essentiel de son âge mûr. Établi à Weimar, il va consacrer son énergie à faire connaître la « nouvelle musique », celle de Berlioz, et surtout celle de Wagner. Représenter les opéras de Wagner va être l’objet de tous ses efforts. Même pendant les jours héroïques de la Révolution de 1848, Liszt, se déclarant patriote hongrois ne prendra pas part aux soulèvements et au contraire intriguera auprès de la cours d’Autriche pour être anobli. Certains Hongrois ne lui pardonneront pas de fréquenter Bach, l’oppresseur autrichien de la Hongrie. Pourtant, il  n‘hésitera pas à défier le tsar en jouant Chopin et en encourageant les Polonais !

« La vie de Liszt est un roman «, roman d’amour, amours consommées mais toujours illégitimes. Entre sa fiancée secrète Caroline, son élève que le père congédie comme un domestique à 18 ans, la fuite en Suisse avec Marie d’Agoult qui abandonne son mari, la longue attente d’une annulation par le Saint Siège du mariage de Carolyne Wittgenstein … les liaisons avec ses jeunes élèves et ses admiratrices…

Dernier épisode : le voyage à Rome  qui se termine par l’entrée en religion. Liszt revêt une soutane de soie, une pose ? Presque ! Il reste clerc et pourrait se marier si Carolyne le souhaite encore et ne peut dire la Messe.  C’est en soutane qu’il va s’installer à Pest où il consacrera ses derniers efforts à installer une Académie de musique de qualité à Pest. Après la Messe d’Esztergom, il écrira la Messe du Couronnement d’ Elisabeth (Sissi) et de François Joseph dans la Cathédrale Mattias de Buda.

Vieillissant, il connaîtra la tristesse des trahisons, le deuil de ses enfants et les difficultés de sa relation avec Wagner et sa fille Cosima.

Je pensais lire une histoire hongroise, c’est une histoire européenne que j’ai trouvée,  partagée entre l’Autriche mais surtout la France et l’Allemagne.  Dans un contexte de réveil des nationalités des révolutions de 1830 et 1848, s’imbrique la vie culturelle entre Londres et Saint Petersbourg. Réseaux d’échange, d’amitié, de tournées de récitals et d’opéras.  Opposer la musique française de Berlioz et l’allemande de Wagner ? Pas si simple ! Liszt fut l’ami des deux compositeurs. Et souvent ce sont les querelles amoureuses qui prirent plus d’importance que des évènements politiques majeurs !

Je pensais trouver un abbé, j’ai plutôt trouvé un don Juan ! Et pourtant sa piété était sincère….

Budapest : promenade Liszt

CARNET DE BUDAPEST- Toussaint 2008

Ce matin,la  pluie ne semble pas devoir s’arrêter.

Budapest sépia

Tramway

Le petit tram N°2 nous emmène à Roosevelt ter, longeant le Danube. Je suis vraiment désolée quand je vois arracher les rails des tramways sur la rive opposée, là ou le 19 faisait le trajet symétrique et devant le marché. Les tramways sont rapides, ils ne sont pas pris dans la circulation comme les bus, ils ne polluent pas et sont tellement plus poétiques.

Photos anciennes ?

Sur Roosevelt Ter, nous photographions encore et encore le Palais Gresham avec ses mosaïques,mon immeuble préféré.

Pest sépia

Le Coolpix a  un programme pour faire des photos sépia. Les bâtiments Belle Époque se prêtent particulièrement bien à cet exercice. Si on évite d’avoir au premier plan des voitures modernes l’illusion est parfaite. Un immeuble de style mauresque derrière la Basilique retient notre attention. La Basilique ne mérite même pas la photo !

 

 

 

 

Boulevard Andrassy

Le boulevard Andrassy débute sur la grande place Deák Ter. Nous le remontons sous une pluie battante. Nous nous amusons à entrer sous les porches pour découvrir des plafonds stuqués, des escaliers monumentaux, des entrées souvent délirantes, précédées de colonnes, de statues, d’atlantes. Tant pis pour le bon goût ! Elles sont bien pratiques pour nous abriter de la pluie. Le boulevard est chic, les enseignes internationales : Gucci, Vuitton..

café Callas

Devant l’Opéra, il tombe des cordes. Les garçons du Café Callas nous accueillent très gentiment alors que nous n’avons aucune intention de nous attabler : c’est un établissement prestigieux. La pâtisserie est sophistiquée, les prix inabordables.

 

 

 

L’Opéra est fermé, la billetterie n’ouvre qu’à 11 heures. Liszt, sous sa coquille Saint Jacques, en soutane d’abbé, monte la garde. En face, dans une petite rue, la corniche colorée du petit théâtre Arany János Szinhaz me fait faire le détour : la façade Sécessions, les mosaïques et les céramiques appliquées sur un marbre clair sont du plus bel effet. L’intérieur du théâtre est encore plus intéressant.

 

 

 

Appartement de Liszt

L’Octogone est plus élégant que le boulevard : les façades peintes néo-classiques plus sobres.

Au 35 rue Vörösmarty se trouve l’appartement que Liszt a occupé à la fin de sa vie. On nous fait revêtir des patins pour monter à l’étage : chaussons couvrant attachés avec des lacets. Un opuscule en Français nous décrit les objets  qui ont appartenu au compositeur, les portraits de ses amis, son prie-Dieu, son chapelet, son diplôme d’abbé rapporté de Rome, les photos de ses enfants…

Zeneakademia

Autre lieu dédié à Liszt, cette académie est situé à deux pas de l’Octogone. La place est occupée par un jardin public planté de hauts platanes et bordé par les terrasses de beaux cafés. La statue de Liszt en  bronze de facture moderne représente le pianiste en pleine action la chevelure relevée, ses mains immenses jouant sur un piano imaginaire. La Zeneakademia  abrite une salle de concert et un conservatoire de musique.  Le hall décoré de céramiques de Zolnay est magnifique avec ses fresques et ses mosaïques : un festival Art Nouveau ! Le bâtiment date de 1907 . Liszt, mort en 1886, n’a donc pas pu y jouer même si on lui a donné son nom. La salle de concert abrite un grand orgue.

 

Lire pour l’Egypte : Le Roman de la Momie- Théophile Gautier

 

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Un peu d’exotisme et de rêve avant un voyage en Égypte!

Ce court roman paru en feuilleton en 1856 est d’une fraicheur étonnante.


La découverte du tombeau dans la Vallée des Rois est menée allègrement, on s’y croirait.

La deuxième partie, très différente, présente une succession de tableaux, descriptions précises et colorées. Puis l’histoire s’anime quand la belle Tahoser s’éprend d’un Hébreu et que surgissent Moshé et Aharon! une superproduction!

L’édition de Jean-Michel Gardair est très complète. Sa préface passionnante situe l’oeuvre dans son contexte romantique et dans l’égyptologie (égyptomanie) contemporaine. Une biographie très détaillée de Théophile Gautier met le roman en perspective.

Il n’est pas indifférent que Théophile Gautier s’éprenne de l’Égypte par admiration pour le tableau de Prosper Marilhat

La Place de l’Ezbekieh,  une-rue-du-caireprosper_marilhat_-_une_rue_au_caire.1295163740.jpg ,

que la fille de l’auteur apportait à son père des tableaux pour la rédaction du Roman de la Momie. Est ce un hasard si le voyage de Théophile Gautier en Égypte  fut justement pour l’inauguration du Canal de Suez et pour la représentation d’Aïda?

Ces coïncidences me ravissent!