Mother India – film de Mehboob Khan (DVD)

SAISON INDIENNE

On croirait qu’elle porte sa croix. Non, Radha laboure sa terre. La femme dans le rôle du bœuf, ses enfants poussant la charrue.

 

 

Quand elle s’est mariée, son mari était un paysan aisé cultivant 13ha de bonnes terres. Pour financer la noce, et emprunter 500 roupies sa mère a hypothéqué les terres auprès de l’usurier Sukhilala qui réclame 3/4 de la récolte au titre des intérêts.

la vie des nouveaux mariés se déroule dans un décor agreste riant. Ils sont amoureux, la récolte de millet est bonne, la maison confortable. Au fil des ans, l’usurier les dépouillera de la vaisselle, des bijoux, des bœufs et finalement des terres. Il ne reste plus qu’à défricher un lopin caillouteux. En tirant sur un rocher, l’homme est écrasé et perdra ses bras. Infirme devenu inutile, il disparaîtra plutôt que de subir les humiliations de Sukilala.

 

Mère courage, Radha s’attelle et parvient à survivre avec ses deux fils. Si l’aîné est docile, le cadet Birju, enfant sauvageon, jeune homme taquin, deviendra un rebelle qui n’aura de cesse que de se venger de l’usurier qui les a réduit à la misère. Cela se terminera tragiquement.

Cette fresque symbolise le courage des femmes indiennes, inépuisable malgré la vie dure des paysans, famines, inondations. Dix ans seulement se sont écoulés entre l’Indépendance de l’Inde et la sortie du film en 1957. J’ai lu sur wikipedia qu’un livre Mother India par Katherine Mayo  en 1927, dénonçant les traitements accordés aux femmes indiennes ainsi que le sort des Intouchables avait causé un scandale et avait été brûlé avec la figure de son auteur en effigie. Le film au même nom, aurait été une réponse.

J’ai beaucoup aimé les scènes de la vie villageoise, dépeinte à la manière de Bollywood avec des chants et des danses, des chorégraphies mettant en scène les travaux des champs, des la récolte du millet à la faucille, au vannage des grains.L’arrivée des invités à la noce dans des chars à bœufs qui se font la course est très réussie. Colorée, la fête villageoise en l’honneur de Krishna, Festival des couleurs….J’ai moins aimé les scènes mélodramatiques où la mère se lamente, étreint ses fils..La tragédie hésite, d’une scène dramatique on enchaîne sans transition à un comique presque primaire où les grimaces des acteurs sont exagérées, puis à nouveau des batailles au bâton, et des catastrophes filmées en grand spectacles. La scène de l’incendie est particulièrement spectaculaire d’autant plus que j’ai lu que Nargis, l’actrice qui joue Radha, a failli y périr et qu’elle fut sauvée par l’acteur qui devient ensuite son mari.

Jodhaa Akbar – film de Ashutosh Gowariker (DVD)

SAISON INDIENNE

Jalalludin, empereur moghol, musulman, épouse Jodhaa, princesse Rajpoute, hindoue, pour conclure une alliance politique. Jalal (Hrithik  Roshan) est jeune, beau, valeureux, c’est un souverain magnanime qui veut conquérir l’Hindoustan. Hodha (Aishwarya Rai) est belle, instruite, elle sait lire et calligraphier, cuisiner et manie le sabre.

Couverts de joyaux, dans les palais merveilleux, le film s’annonce comme une romance des Mille et Unes nuits, un conte oriental, coloré et romantique. Les batailles mettant en scène des milliers de figurants, des éléphants, chevaux et dromadaires annoncent la superproduction dans les déserts du Rajasthan et dans les montagnes arides.

A 4 semaines de notre départ pour Delhi et le Rajasthan, cela aurait suffit pour mon plaisir! Introduction magnifique à nos visites aux forts et aux palais. Il était temps que je m’intéresse aux Moghols avant d’aller voir le Taj Mahal!

3h20 de film. Il m’a fallu interrompre la lecture pour terminer le lendemain. Interruption bienvenue parce que je me suis documentée entre temps sur la véritable histoire d’Akbar.

Akbar ,un  des plus grand empereurs moghols,  est né en 1542, fils d’Humayun, chassé d’Inde par un aventurier Afghan. Jalal a 14 ans quand il accède au trône en 1556. Le film commence par la bataille de Pânipat qui a opposé les Afghans et 30 ooo Rajpoutes avec 1500 éléphants, gagnée par les Moghols. Pour conquérir l’Hindoustan, Jalal préfère les alliances aux effusions de sang. C’est pour sceller une de ces alliances que le roi d’Amber (Jaipur) offre sa fille la princesse Jodhaa en mariage. Jodhaa pose ses conditions, elle conservera sa religion hindoue et emportera au Fort rouge d’Agra sa statue de Krishna à qui elle pourra rendre sa dévotion. Jalal, amoureux de la princesse, mais aussi magnanime et tolérant, cède à ces conditions et attendra patiemment l’acceptation de la princesse pour consommer le mariage. Au palais rouge d’Agra, Jodhaa n’est pas la bienvenue, les conseillers musulmans, la nourrice, les serviteurs sont méfiants. Des pièges se tendent….mais Jalal deviendra Akbar, aimé de tout son peuple, tolérant toutes les religions, abolissant l’impôt sur les pélerinages hindouistes. Un grand empereur. Là, le réalisateur  laisse la romance pour l’hagiographie!

Cette grosse production a les qualités de ses défauts : des longueurs, dans les combats (je ne suis pas fan) même s’ils sont très esthétisants, des séquences musicales interminables et une musique martiale plutôt pompier, mais aussi des déploiements de couleurs vives, une séquence de derviches tourneurs, des décors somptueux, des étoffes, des bijoux merveilleux, des animaux. la séance de dressage de l’éléphant est impressionnante. Toujours garder présent à l’esprit que le temps de Bollywood n’est pas celui du cinéma occidental!

Ashutosh Gowariker est le réalisateur de Swades que j’avais beaucoup aimé, et de Lagaan. C’est un cinéaste indien reconnu. J’ai lu que Jodhaa Akbar avait été retiré de l’affiche au Rajasthan

Fire – un film de Deepa Mehta (DVD)

SAISON INDIENNE

 

 

 

Après La Famille Indienne et le Mariage des Moussons, films Bollywoodiens, et autres Noces indiennes, ce film n’a pas pour but de glorifier la famille indienne, les noces, arrangées mais triomphantes, au contraire!

La famille de Fire vit au dessus du restaurant de fast-food à l’indienne, et du magasin de location de vidéo. Elle se compose de deux couples mariés, Ashok et Rhada, les ainés, Jatin et Sita, nouveaux mariés, de la mère Biji, mutique après une attaque, et du serviteur Mundu. Un panneau,  dans la salle à manger familiale, »Home, Sweet home » donne le ton. Peu de douceur dans ce foyer. Jatin a dit « Oui à Sita » sur l’injonction de son frère et de sa mère, pour avoir l’héritier qu’Ashok et Rhada n’auront pas puisque Rhada est stérile.  Jatin ne renonce pas à l’amour de Julie, une Chinoise qui rêve de devenir une starlette de cinéma à Hong Kong.

Rhada et Sita  – Sita est la femme de Râma dans le Râmayana tandis que Rhada est l’amante de Krishna – se retrouvent seules à la maison délaissée tandis que Jatin est avec Julie et qu’Ashok est le disciple du gourou Swamiji qui lui enseigne principalement le renoncement, et surtout le renoncement au désir sexuel. Entre elles nait un amour qui n’est pas celui qui uniraient deux belles-sœurs.

Sita est jeune et pétulante, elle aurait aimé que son mari soit amoureux d’elle. Elle ne se contentera pas du rôle de génitrice que la famille lui assigne. Elle veut danser et vivre. Rhada a intégré le renoncement depuis qu’elle sait qu’elle n’aura pas d’enfant. Elle se soumet à l’étrange exercice spirituel que lui impose son mari, mettre à l’épreuve la chasteté d’Ashok en se couchant près de lui (j’ai lu une chose analogue à propos de Gandhi et je n’avais rien compris).

Rhada découvre le désir, elle ne soupçonnait même pas qu’une femme puisse avoir désir ou plaisir sexuel. Cette découverte la déconcerte. le désir est à l’opposé de ce que son mari lui impose et s’impose à lui-même « le désir est la ruine » affirme-t-il tandis qu’elle répondra à la fin du film que « le désir est la vie et je désire vivre ».

Pendant la durée de la projection, je me suis interrogée sur ce titre Fire. Une scène m’a donné un indice : l’épreuve du feu que Râma impose à Sita pour prouver sa pureté. La dernière scène justifie davantage le choix du titre. (mais je ne veux pas dévoiler l’histoire).

Ce film lesbien recommandé par Têtu et primé à Toronto, est-il vraiment un film indien? Deepa Mehta, née en Inde a quitté son pays pour le Canada en 1973. A sa sortie en 1996, il a provoqué en Inde un tel scandale qu’il a été retiré de l’affiche.

 

 

La Déesse – Satyajit Ray (DVD)

 SAISON INDIENNE

 

Le cinéma indien n’est pas que Bollywoodien! Loin des couleurs chatoyantes, des chansons et chorégraphies de Bollywood, les films de Satyajit Ray sont d’une sobriété et d’une force étonnantes.

Noir et Blanc, le film date de 1960, est-ce l’époque ou un choix?

Le générique déjà montre ce parti pris de rigueur : un masque blanc se pare des trois yeux de la Déesse puis les ornementations traditionnels apparaissent sur un plan fixe qui se termine par la procession qui se dirige vers le Fleuve. Un flash, image presque subliminale, un poignard, suggère que cette Déesse- Ma, la mère peut aussi être cruelle.

 

 

L’histoire contée ici, se situe au XIXème siècle au Bengale, elle est tirée d’un récit de Prabhat Mukherjee sur une suggestion de Tagore. Une très jeune femme, Doya, est mariée à un étudiant qui part apprendre l’anglais à Calcutta. Jolie, enjouée, aimée de tous, soumise aussi, c’est la belle-fille idéale pour Kalikinkar, veuf, dévot de Kali, très traditionaliste. Est-il épris de Doya? Ou seulement confit en dévotion? A la suite d’un rêve il est persuadé que Doya est une réincarnation de la Déesse.

Quand le mari revient, la jeune femme est immobile, adorée par tous les pèlerins. Elle a même opéré un miracle, guérissant l’enfant du mendiant. Il tente de la ramener à la vie raisonnable et de la persuader de s’enfuir. Doya ne sait plus si elle est humaine ou déesse.  Elle refuse de le suivre.

Le miracle ne se renouvellera pas. Son neveu, Khoka, qu’on lui a confié, meurt dans ses bras…

Cette tragédie est d’une pure beauté. L’actrice est merveilleuse aussi bien dans son rôle humain que dans celui de l’idole.

Le hasard qui fait bien les choses, m’a mis entre les mains le livre d’Alexandra David-Néel : L’Inde où j’ai vécu.  Il consacre un chapitre entier au culte de Shakti, Mère universelle adorée sous la forme de Kâli ou de Dourgâ et sous d’autres apparitions. Le culte offert à ces deux déesses comporte des sacrifices sanglants – on a même raconté des sacrifices humains – D’autres rites à Shakti peut aussi prendre des tournures sexuelles, raconte-t-elle.

L’apparition du poignard et la tournure tragique de l’histoire peuvent aussi être compris dans ce contexte. Le livret accompagnant le DVD voit aussi une critique de l’hindouisme orthodoxe. « On peut y voir le sempiternel combat entre l’obscurantisme et la lumière » On peut aussi faire une lecture psychologique de l’attachement du beau-père à sa belle-fille et le roman familial d’une jeune fille trop soumise, d’un fils qui n’arrive pas à s’opposer à l’autorité du père.

 

 

Le Havre – Kaurismäki – Le cinéma des braves gens

TOILES NOMADES

Les braves gens sont solidaires!

Tout un quartier se mobilise autour du couple que forme Marcel Marx, cireur de chaussures et Arletty pour faire partir Idrissa, enfant évadé d’un container,  pour Londres.La boulangère et l’épicier, la tenancière du bar, les piliers de bistro, Little Bob le rocker, tous protègent l’enfant poursuivi par la police. Darroussin joue le commissaire Monet. Darroussin peut-il être foncièrement mauvais?

La ville du Havre est aussi la vedette du film. Le port, bien sûr, mais aussi un quartier populaire de petites maisons basse derrière leurs courettes.

Les braves gens sont démodés : décor désuet, vieille épicerie années 50, bar et boulangerie à l’ancienne, , téléphone noir du dénonciateur, vieilles voitures. Clin d’œil à Colombo, la vieille R16 de l’inspecteur? Pourtant, la liquidation de la jungle de Calais fixe une date précise (2009) à l’action et les uniformes des policiers sont bien actuels.

Les braves gens sont démodés : décor désuet, vieille épicerie années 50, bar et boulangerie à l’ancienne, , téléphone noir du dénonciateur, vieilles voitures. Clin d’œil à Colombo, la vieille R16 de l’inspecteur? Pourtant la liquidation de la jungle de Calais fixe une date précise (2009) à l’action et les uniformes des policiers sont bien actuels

Le Havre est aussi le cadre d’un film récent : La Fée qui aborde le thème des migrants vers l’Angleterre et que j’avais beaucoup aimé. Curieusement, Kati Outinen (Arletty) ressemble à Fiona Gordon (la Fée). Les braves gens du Havre font aussi  aussi à ceux de Marseille des Neiges du Kilimandjaro, ces derniers, moins naïfs et plus actuels m’ont plus touchée.

Le mariage des moussons – film de mira nair

SAISON INDIENNE

Des six DVD indiens empruntés à la médiathèque, c’est celui qui est le plus proche du cinéma d’auteur. Récompensé à la Mostra de Venise par un Lion d’or 2001. je l’avais vu il y a une dizaine d’années et revu avec un égal plaisir.

Comme le cinéma de Bollywood, c’est un film festif et coloré, dominantes or, rouge et jaune, camaïeu de tentures, saris, et guirlandes d’œillets d’indes orange qu’un personnage croque sans réserves. Musical aussi, les jours précédent les noces se déroulent dans les danses et les chants. Exubérance des embrassades, des retrouvailles à Delhi des parents dispersés, de Californie, Australie, Dubaï ou Mascate.Comme toujours dans le cinéma indien il y aura des danses soigneusement chorégraphiées.

Mais Le Mariage des Moussons a un rythme beaucoup plus entrainant que les autres films de Bollywood que j’ai visionnés. Le film ne dure que 1h58.

Il bouscule aussi les traditions de pruderies bienpensantes. Il s’agit d’un mariage arrangé. Les deux fiancés ne se connaissent pas. Ils sont jeunes, beaux et de bonne famille. Mais Aditi, la fiancée a une relation avec un animateur de la télévision, elle renonce à cet amour, devinant que Vikram, marié ne divorcera jamais. Sa cousine Ria, sa confidente, est célibataire et elle met en garde Aditi contre les mariages sans amour. Tout au long du film on doute: le mariage aura-t-il bien lieu? Dans le cocon de la famille élargie, bienveillante, chaleureuse un autre soupçon s’insinue : l’oncle généreux n’abuse-t-il pas de la gamine effrontée? Ria, la célibataire fait éclater le scandale : avant sa petite sœur, elle aussi a été victime de l’inceste.

Au mariage des Pensabi riches se superpose une autre intrigue, celle de Mr Dubey, l’organisateur du mariage, personnage un peu bouffon, un peu pitoyable qui organise les noces des autres mais n’a pas trouvé l’âme sœur. Il tombe amoureux d’une servante, Alice, chrétienne, peut être Intouchable. L’entrepreneur hâbleur, frimeur, devient d’une timidité touchante quand il offre son  cœur : coussin d’œillets d’Inde dans un décor floral à) sa bienaimée.

http://www.dailymotion.com/swf/video/x8gquf<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/x8gquf_le-mariage-des-moussons-ba-vost-fr_shortfilms &raquo; target= »_blank »>Le Mariage des moussons – BA – Vost FR</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/_Caprice_ &raquo; target= »_blank »>_Caprice_</a></i>

 

 

La Famille Indienne – DVD

SAISON INDIENNE – FILM

Par un dimanche très pluvieux je me suis immergée dans ce sirupeux et interminable (3h30) film bollywoodien.

Pour le folklore, l’essentiel du film se déroule en intérieur dans un château mi-château de la Loire mi-manoir écossais, en grand. Pelouses impeccables, arrivée du fils en hélico, salons glamour, saris luxueux…. et cricket (l’Inde gagne invariablement le match contre l’Angleterre!).

Cette famille indienne a de la classe et ne veut pas de mésalliance. Le Rahul, le grand frère, un enfant adopté, est renié par son père parce qu’il est amoureux d’une fille charmante, ravissante, mais de basse extraction (et un peu gaffeuse) . Le couple, chassé de son palais émigre à Londres (dans les beaux quartiers quand même). Le départ de son grand fils brise le cœur de la mère. Le petit frère, dix ans plus tard tentera une réconciliation. L’intrigue est donc minimaliste, le rythme de l’action plus que lent.

Et pourtant cela fonctionne! Comme tous les films indiens, les danses et les chants occupent une place importante. Le comble du ridicule est atteint quand les deux amoureux se déclarent sur fond de pyramide et de désert blanc! Pire encore les séquences londoniennes! Mais les danseurs sont nombreux, les costumes variés, les chorégraphie élaborées, malgré tout retiennent notre attention. Plaisir de la VO : le mélange hindi et anglais! Je guette les expressions anglaise étonnée de ne plus rien comprendre à l’instant d’après

Cependant, s’il ‘avait fallu visionner qu’un seul film indien, Swades, vu samedi était beaucoup plus intéressant et exotique.

Slumdog millionaire – A revoir?

MA SAISON INDIENNE

 

j’ai vu ce film à sa sortie en salles il y a maintenant quelques temps. Il m’avait bien plu et nous avions même emmené les 5èmes. Les élèves avaient bien accroché. Je me souviens du retour au collège à pied, une bonne demi-heure, et des élèves qui ne participaient jamais ou qui faisaient des bêtises, devenant de véritables critiques tant le film les avait interpelés.

Voici ce que j’avais écrit alors dans mon blog Voix-Nomades :

Je ne regarde jamais Qui veut gagner des Millions, je ne suis jamais allée en Inde.

Ce film m’a donné l’occasion de découvrir Bombay, moderne: tours de béton, centraux d’appels et studios de télévision… misérable : bidonsvilles, décharges d’ordures, mendiants….bruyante, colorée, violente.

Course-poursuite effrenée entre les enfants jouant au base-ball sur la piste d’avion et les policiers armés de bâtons, course-poursuite encore entre les enfants musulmans fuyant des hindouistes dans un pogrom où la mère perd la vie, course encore entre les héros et des malfaiteurs. Le film a du rythme.

Une belle histoire d’amour, des danses sont les canons immanquables de Bollywood mais n’alourdissent pas l’intrigue.

J’ai cherché le DVD à la médiathèque mais il n’était pas disponible ce jour-là. entre temps à la suite de la lecture du livre d’ Arundhati Roy : Le Dieu des Petits Riens, j’ai trouvé en surfant le texte suivant tiré du Courrier International :

Je n’aime pas Slumdog  Arundhati Roy

Depuis que Slumdog Millionaire a été récompensé par plusieurs oscars, tout le monde revendique une participation à ce triomphe, même le Parti du Congrès. La formation politique se targue d’avoir présidé à l’émergence de “l’Inde qui réussit”. Mais l’Inde qui réussit quoi ? Dans le cas de Slumdog Millionaire, la principale contribution de notre pays et de nos partis politiques est d’avoir fourni un environnement authentique et dramatique de pauvreté et de violence en toile de fond du film. Vous appelez ça une réussite ? Et faut-il s’en féliciter ? Avons-nous de quoi être fiers ? Franchement, c’est au-delà du ridicule. Le film n’accuse personne, ne demande de comptes à personne. C’est pour cela que tout le monde est content. Et c’est bien ce qui me dérange. Slumdog Millionaire ne contredit pas le mythe de “l’Inde qui brille” [slogan électoral du BJP, le parti nationaliste hindou, en 2004], bien au contraire. Il se contente de “glamouriser” l’Inde qui ne brille pas. Ce film ne présente pas le même panache, l’humour ou l’aspect politique dont le réalisateur [Danny Boyle] et l’auteur du livre original [Vikas Swarup] témoignent dans leurs autres œuvres. Il ne mérite certainement pas le déchaînement de passion qu’il suscite actuellement. Le scénario est simpliste et les dialogues plus que médiocres, ce qui m’a étonnée car j’avais beaucoup aimé The Full Monty (écrit par le même dialoguiste [Simon Beaufoy]). L’accumulation des stéréotypes, des clichés et de l’horreur font de ce film une version cinématographique d’Alice au pays des merveilles, sauf qu’ici il s’agirait plutôt de “Jamal au pays des horreurs”. Ce film a pour seul effet d’aseptiser la réalité. Les “méchants” qui kidnappent et mutilent les enfants avant de les vendre à des bordels me font penser à Glenn Close dans les 101 Dalmatiens. D’un point de vue politique, le film décontextualise la pauvreté en en faisant un simple accessoire dramatique. La pauvreté est dissociée des pauvres, c’est un paysage, au même titre que le désert, une chaîne de montagnes ou une plage exotique. La pauvreté est traitée comme une fatalité, non comme le fait des hommes.

Tandis que la caméra se promène volontiers dans les bidonvilles, les créatures qui les peuplent sont sélectionnées avec soin. Choisir [pour les rôles principaux] un homme et une femme portant les marques physiques de leur enfance dans les bidonvilles, les séquelles de la malnutrition, de la violence et des épreuves qu’ils ont pu traverser n’aurait pas donné une affiche suffisamment attrayante. Le réalisateur a donc choisi un top-modèle indien [Freida Pinto] et un jeune Britannique [Dev Patel, qui joue dans la série Skins]. La scène de torture dans le commissariat de police est une insulte à l’intelligence du spectateur. La confiance émanant de ce jeune “chien des bidonvilles”, si manifestement britannique, dépasse largement le policier, si typiquement in­dien, alors que c’est lui qui est censé avoir l’ascendant sur le jeune garçon. La couleur de peau que les deux acteurs ont en commun ne suffit pas à masquer des différences plus profondes. Le problème n’est pas qu’ils soient bons ou mauvais acteurs, c’est une question de ton. C’est comme si les jeunes Noirs des ghettos de Chicago parlaient avec un accent de Yale. Bon nombre de messages sont ainsi brouillés dans le film.

Il ne s’agit pas d’ergoter sur le réalisme de la production, de dire que le film n’aurait pas dû être tourné en anglais ou d’affirmer sottement que des étrangers ne pourront jamais comprendre les mystères de l’Inde. Je pense que beaucoup de réalisateurs indiens tombent dans le même piège. Slumdog Millionaire n’est que la version bon marché du grand rêve capitaliste dans lequel la politique est remplacée par un jeu télévisé : une loterie dans laquelle le rêve d’un seul devient réalité tandis que celui de millions d’autres leur est refusé. Ces derniers se raccrochent à une chimère : travaillez dur, soyez gentils et avec un peu de chance vous pourriez devenir millionnaires. Selon certains spécialistes, le succès du film repose sur le fait que, à l’heure où de plus en plus de riches Occidentaux sont menacés par la misère, les histoires de pauvres qui réussissent sont autant de messages d’espoir auxquels se raccrocher. Voilà une idée terrifiante. L’espoir devrait se fonder sur des choses plus solides.

Cet article me donne à réfléchir!


Swades, nous le peuple – film d’Agutosh Gowariker (DVD)

SAISON INDIENNE- LECTURES ET CINÉMA

Avant de partir à l’aventure il faut savoir que le temps de Bollywood n’est pas tout à fait le nôtre : plus de trois heures avec de nombreux passages chantés et dansés, les danses aux chorégraphies minutieuses s’étirant parfois hors du décor où se déroule l’action. Il faut s’y faire, les conventions de Bollywood exigent ces intermèdes, incongrus pour un regard occidental.

 

Le jeu théâtral du jeune premier, les minauderies de la jeune fille sont également convenus. Ils me rappellent un peu le cinéma égyptien dont j’ai pu suivre l’action sans comprendre l’arabe.

mohan

Tous ces préambules ne sont pas désagréables : ils augmentent l’impression d’exotisme et le dépaysement. Sortant de la lecture de la biographie de Gandhi, je vois enfin comment on revêt le dhoti! Les allusions au Ramayâna très claires pour les Indiens, sont un peu floue pour moi. heureusement sur la Toile je viens de trouver un article les expliquant : Ici. Et j’ai pu visionner à nouveau les scènes où Gita, l’héroïne appelle Ram et rencontre Ravanna. Les fresques khmères de la pagode d’argent de Phnom Penh me sont revenues en mémoire!

Au delà de la romance et du folklore Swades est aussi un film affirmant le droit des femmes : Gita, l’institutrice, refuse le mari qu’on lui a choisi parce qu’il ne la laissera pas travailler, elle refuse également de suivre Mohan qu’elle aime en Amérique pour rester à l’école du village.

Swades dénonce aussi le système des castes, l’utilisation du prétexte de la culture et de la tradition pour justifier l’immobilisme politique des notables. Mohan, le jeune ingénieur, brahmane va vers les intouchables.

C’est enfin un hommage au cinéma. La séquence que j’ai préférée est la séance de cinéma en plein  air. Tout y est ! la réunion de tout le village, l’impatience de chacun pour voir un classique du cinéma mais aussi cet écran de drap blanc qui sépare en deux le public, les castes supérieures voyant le film « à l’endroit » tandis que les intouchables doivent se contenter de « l’envers de l’écran », la panne d’électricité réunissant tout le monde quand l’ingénieur de la Nasa montre à tous les étoiles dans une séquence dansée et chantée.

 

 

 

 

 

 

The Lady – Besson

TOILES NOMADES

Même si la critique est un peu tiède, même si le film est un peu trop mélo, avec des méchants trop grimaçants…. ce film est à voir!

Leçon d’histoire? Il manque peut être une analyse des forces politiques birmanes, mais qu’importe. Il est parfois suffisant qu’une figure se lève, symbolise la résistance, la force de la lutte non-violente (je viens de terminer la lecture de la biographie de Gandhi et Gandhi apparait en image subliminale ou presque) .Un film, même de plus de 2 heures ne peut rendre compte de 15 ans de luttes..

Très belle histoire d’amour. Bien que séparés, la Dame de Rangoon et son mari sont associés dans la lutte.

Performance d’une actrice Michelle Yeoh, qui est aussi à l’initiative de ce film.