je ne sais pas si j’aimerais actuellement visiter l’Iran, me voiler…le cinéma iranien m’y transporte toujours avec un bonheur qui n’égale que ma curiosité.
A propos d’Elly montre des jeunes couples, en 4X4 ou en BMW, plein d’entrain, passant d’insouciantes vacances sur le bord de la Caspienne. Finalement si proches de nous!
Puis, le drame: la disparition d’Elly.
Et le film bascule. Des préjugés ressurgissent, les hommes font bloc, les femmes aussi, les tensions et la violence s’exacerbent. Un suspens se noue. S’est elle noyée? Est elle partie? qui est elle?Le rythme s’accélère, jusqu’au dénouement…
Umay quitte son mari violent et la Turquie pour retourner chez ses parents en Allemagne. Après les retrouvailles le drame se noue. Umay n’aurait pas dû emmener avec elle son fils Cem, maltraité par son père. Elle a enfreint les traditions et mérite d’être punie.
Elle doit fuir à nouveau, se trouver encore plus étrangère.
Etrangère à sa famille, à sa communauté qu’elle cherche toujours à retrouver. Etrangère en Allemagne ? Pas tant que cela, elle a un travail, étudie, trouve un ami doux et gentil. Elle cherche son bonheur et son bon droit d’être mère, heureuse, autonome. Mais elle veut l’être au sein de sa famille.
Le film est loin d’être manichéiste. Bien sûr on prend parti pour Umay, femme battue, fugitive. La réalisatrice a aussi de l’empathie pour les parents et les frères et la soeur de la jeune femme. La mère est partagée. On sent le père débordant d’amour et de fierté pour sa grande fille. Si elle avait pu être un garçon! » son plus grand échec« , lui dit-il. Le petit frère, sensible et aimant se laissera quand même entraîner dans ce crime d’honneur. La loi de la tradition est plus forte que l’affection.
Et le dénouement pire encore que ce qu’on imaginait…
A lire le résumé de Vincere je n’aurais pas choisi ce film. La maitresse de Mussolini, Ida Dalser, film people? L’Histoire par le petit bout de la lorgnette???
D’entrée de jeu, je suis fascinée par l’esthétique des images. Bellocchio est un maître, il intercale des images d’archives, construit ses plans comme des tableaux d’époque. Allusion au futurisme qui a inspiré Mussolini,jeux d’ombres et de lumière. Cinéma dans le cinéma. De nombreuses séquences se déroulent au cinéma. C’est en regardant les actualités que l’on voit l’histoire se dérouler. Citations: The Kid émeut la mère qui ne voit plus son enfant. On croit aussi reconnaitre Potemkine. Impressionnante projection d’une Passion sur le plafond d’un hôpital de campagne installé dans une église où la femme légitime de Mussolini soutient son mari blessé, Piéta?
L’aspect politique du film est aussi intéressant: on assiste au tournant de l’histoire, quand Mussolini, socialiste ardent, anticlérical, pacifiste, quitte l’Avanti pour fonder le journal nationaliste et s’engage dans la guerre de 14. Omniprésence des religieuses dans le film pendant la période fasciste quand le Duce renie son anticléricalisme pour s’appuyer sur le Vatican et l’Eglise.
Beaucoup de lyrisme, trop théâtral? Peut-être pas en regard des mimiques du Duce dans ses discours filmés
Une balade à Strasbourg à solex, évident clin d’oeil à Nanni Moretti, sur son scooter….un air de tarentelle, et de la musique baroque italienne.Gnocchi et pasta… une Italie un peu folklorique.
Un joli film sans prétention, une bande de copains, Stefano Accorsi en bel Italien cultivé, attentionné, intelligent, (on se demande bien pourquoi toutes les femmes ne lui courrent pas après), un peu possessif, même presque macho (mais pas trop) même le commissaire de police est sympa.Il y a longtemps que je t’aime, précédent film de Claudel était moins superficiel. Tous les soleils est une agréable comédie, ne devons nous aller voir que des chefs d’oeuvres majeurs?
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A voir aussi pour Anouk Aimée, et puis à écouter pour la musique…
Sous le coup de l’émotion, parce que personne ne peut être aussi innocent que Muhammad, âgé de quelques semaines, dépourvu de système immunitaire, qui ne pourra pas être soigné à Gaza… Parce que le hasard a voulu que le sauvetage de cet enfant – une greffe de moëlle osseuse, qui ne peut être effectuée qu’en Israel – s’est déroulée quelques mois avant la guerre à Gaza, et que le tournage du film a continué malgré la guerre.
Absurdité
La vie est précieuse veut expliquer le cinéaste, tellement précieuse que l’enfant sera sauvé par un donateur anonyme dont nous savons seulement qu’il est israélien et qu’il a perdu un fils pendant une opération militaire.
La mort est normale, dit la mère qui a perdu deux filles de la même anomalie génétique et qui ne sait pas si elle gardera Mohammad vivant. La mort est normale, dit la mère qui a vu tellement mourir à Gaza. La mort est normale, répète-t-elle, imaginant même que le bébé pourrait devenir un martyr s’il grandit….
Etrange métaphore que le combat entre les cellules de l’enfant et le greffon de moëlle osseuse que sa cousine lui a donné, et que bien que compatible, est rejeté puis accepté au prix de longs traitements.
Absurdité que la situation de ce médecin qui attend qu’on lui donne l’ordre d’entrer dans la bande de Gaza en pleine opération Plomb durci et qui garde le contact avec son patient justement à Gaza.
Et pourtant,
des médecins, des journalistes, des hommes de bonne volonté poursuivent leur lutte pour que Mohammad vive, parce que la vie est précieuse.
Et pourtant,
des médecins, des journalistes, des hommes de bonne volonté poursuivent leur lutte pour que Mohammad vive, parce que la vie est précieuse.
Rithy Panh est un cinéaste cambodgien qui a récemment réaliséUn barrage contre le Pacifique d’apès Marguerite Duras et des documentaires dont le célèbre
sur la prison Khmère rouge de Phnom Penh, Le Papier ne peut pas envelopper la Braise a été égalment tourné comme documentaire.
Comment appelle-t-on un documentaire quand il s’agit d’un livre? Un témoignage, un reportage?
Ce livre donne la parole à une douzaine prostituées partageant un logement dans le Building blanc, un immeuble qui fut autrefois un fleuron de l’architecture de Phnom Penh.
Confidences tristes, révoltes, tendresse, entraide…. ces filles partagent leurs peines et parfois leurs joies.
Jeunes, à peine une vingtaine d’années et déjà si abimées par la vie. Toutes droguées, souvent séropositives, parfois mères. Elles ont presque toutes la même histoire : paysannes pauvres, leur famille les a vendues, a vendu très cher leur virginité, pour payer les soins d’un père malade, racheter un lopin de terre ou réparer une maison. Elles sont souvent le seul soutien de famille et nourrissent mères, soeurs, et souvent leurs enfants. Certaines ont été mariées à un bon à rien; la plupart galère seule. Une passe suffit à peine à se procurer une dose de mâ, la drogue qu’elles fument dans un narguilé de fortune. Sans le mâ, elles n’auraient pas le courage de travailler. Mais la dose épuise leurs maigres ressources. Reste la solution d’emprunter à la maquerelle….
Tellement courageuses et vivantes.
Le livre se termine par la mort de Phirom emportée par le Sida, Phirom la fleur de sac de jute…
Terriblement touchantes, elles raconte un Cambodge loin de celui que les touristes visitent. J’ai lu avec intérêt cet ouvrage.
Le réalisateur a pris son temps avec de longs plans qui nous permettent de détailler les décors et les costumes, de savourer la musique, de profiter pleinement des fêtes ou des décors naturels…Des tableaux aux murs qu’on a l’impression de reconnaître dans dees lieux différents comme des indices semés exprès pour que le spectateur les relève. Pas une seconde d’ennui, des rebondissements, des retours en arrière, des travestissements Les personnages, nombreux, ont des identités multiples, certains se dévoilent, d’autres restent mystérieux. Le Père Dinis, qu’en penser? On est dépaysé par la douceur du Portugais, toujours suprenant, un peu étrange à nos oreilles et en même temps familier.
C’est un feuilleton à la Dumas avec ses invraisemblances, ses duels à l’épée – incroyable ce suicide à la fin du duel alors que les adversaires viennent de se réconcilier!. Toute l’histoire du début du XIXème siècle défile devant nous, même la Révolution française, l’épopée napoléonienne. On voyage à Venise,en France…et toujours dans des châteaux, on aboutit au Brésil ou en Afrique(?)
Le film évolue dans une lumière fabuleuse, gamme de bruns pour les couvents, promenades verdoyantes sous les nuages ou la pluie dans des jardins romantiques et luxuriants qui me rappellent Sintra ou Buçaco, mélancolie d’un Portugal Atlantique. Lumière dorée des salons mondains, candélabres et dorures. L’or se reflète dans l’eau de l’océan ou d’un fleuve; Réminiscence d’unfilm ancien sur le fleuve d’or qu’est le Douro?
Et toujours, scandant les scènes, le théâtre miniature que le héros emporte partout avec lui…
Dans 5 jours nous serons à Phom Penh, pour rêver à l’avance, de rizière, d’Asie…
J’ai lu trois fois le livre de Marguerite Duras. Il y a bien longtemps, la première, du temps d‘India Song, de Delphine Seyrig…
Emerveillement de jeunesse devant cet exotisme et cette étrangeté.
A la veille de notre circuit au Vietnam, et maintenant après avoir vu le film de Rithy Panh. pour confronter le livre au film.
La lecture du cinéaste cambodgien est originale : il nous livre de très belles images de cette plaine, des rizières, de la jungle. On voudrait retenir certains plans magnifiques. Vues prises du bungalow, à travers les bananeraies et les plantes tropicales. Mobilier de bambou, objets de la vie quotidienne, les acteurs aussi sont beaux, peut être trop, trop beau Joseph, trop lisse peut être, trop beau Monsieur Jo qui n’aurait pas pu égayer la famille par son surnom de « tête de veau »…
Le cinéaste a privilégié la vie à la campagne. L’intrigue qui se déroule dans la ville coloniale, jamais nommée, qu’il me plait d’identifier à Saigon, a été éludée.
En revanche, il a mis l’accent sur l’exploitation coloniale. Les paysans sont bien présent. Il a donné une importance au personnage du caporal qu’il n’avait pas dans le livre. Le caporal dévoué mais sourd dans le film est tenté par la révolte. Il manipule les armes de Joseph va secourir les paysans expropriés. Duras parle longuement des enfants qui mourraient en bas âge, moins de leurs parents. Rithy Panh leur donne la parole.
Ce n’est pas seulement la crédulité d’une veuve qui a placé tous ses espoirs dans cette concession qu’exploitent les agents corrompus du cadastre. C’est aussi l’expropriation des paysans qui n’ont jamais eu de titres de propriété, qu’on floue pour installer des plantations d’hévéas ou de poivriers. Monsieur Jo n’est pas seulement le fils velléitaire et incapable d’un spéculateur, c’est celui qui symbolise l’exploitation des paysans.
Certains trouvent que l’adaptation s’éloigne de l’œuvre, que Isabelle Huppert campe un personnage différent de celui de la Mère, que les relations familiales passionnelles sont affadies, je l’ai lu dans les critiques. Cette version cambodgienne, différente, m’a paru intéressante. Ce qui ne dispense pas de relire encore le livre!
Les guerres civiles sont les plus cruelles. Chrétiens, Palestiniens, musulmans se déchirent. Les vendettas, les représailles s’additionnent et seuls les chefs de guerres en tiennent un compte exact pendant des décénnies, remarque un personnage du film.
Quête des racines, quête d’identité …. les deux jumeaux canadiens sont projetés dans le Liban déchiré.
Thriller? On ne s’ennuie pas un instant pendant les 2h10 du film, les surprises et rebondissements sont haletants.
Comment le cinéaste a-t il filmé ces décors de destructions absolues? Reconstitutions ou ruines encore visibles. La violence est extrême on n’en ressort pas indemne.
La ressemblance entre les deux actrices qui jouent Lubna Azabal (Nawal Marwan, la mère). la mère et Jeanne, Mélissa Désormeaux-Poulin,la fille et les nombreux flash- back, exigent du spectateur une attention redoublée aux décors. Un téléphone portable, un 4×4 nous permettent de nous situer dans le temps.
Tragédie, tragédie des origines, j’aurais aimé voir la pièce de Wadji Mouawad dans la suite du théâtre antique.
Le générique de fin s’égrene blanc sur noir, sans musique ni parole, sobre. La lumière s’allume. Une dame derrière moi s’exclame :
– « moi qui étais venus parfaire mon Italien! »
Un film sans parole, cela donne envie de communiquer. Amateurs de films d’action, de documentaires didactiques, impatients et pressés, s’abstenir. Si un plan-séquence d’un quart d’heure ne vous effraie pas vous découvrirez un hymne à la vie sauvage des montagnes calabraises rude et simple, un peu étrange aussi.
– » j’aurais aimé savoir ce qu’il est advenu du chevreau« , je réponds à la dame, un peu stupidement
– « il est mort! » affirme une troisième, qu’une heure et demie sans parole a aussi rendue bavarde
– » il est mort en offrande, en ligaturant son museau on l’avait condamné à l’avance, offrande pour que le troupeau puisse survivre » analyse la première dame.
Quatre saisons de la vie, quatre états de la nature, minéral avec le charbon, végétal avec l’arbre, animal, les chèvres, spirituel les fêtes, superstitions, quatre saisons de l’année. Naissance et mort. Un village austère loin de la modernité mais encore bien vivant. Des paysans taciturnes. Ce n’est cependant pas un film muet: les claquements de la pelle des charbonniers, les cloches de l’église, celles des chèvres, aboiements du chien. Quels cabotins ces animaux!