Prospero’s books – Greenaway

CHALLENGE SHAKESPEARE

Inspiré de La Tempête de Shakespeare, le film de Greenaway est très loin d’une adaptation cinématographique et encore plus du théâtre filmé.

C’est du cinéma! et quel cinéma! du Greenaway, original.

Des images travaillées et retravaillées,  découpée, sur-imprimées… plus proche de la performance esthétique que de l’illustration ou de la narration.

Parenté avec le spectacle de danse contemporaine de Hervieu et Montalvo (j’ai vu Orphée à la MAC, la semaine dernière) ou Prejlocaj.

Décors époustouflants (presque trop, on en est étourdi).

Greenaway prend toute liberté avec l’oeuvre qui l’a inspiré pour ré-écrire une histoire originale qu’il sert admirablement malgré ses infidélités.

Comme dans la Tempête de Shakespeare, le personnal central est Prospéro, le magicien, duc de Milan exilé sur son île.Son refuge   désigné comme « cell »,  j’avais imaginé une grotte, une hutte, un modeste abri sur l’ île déserte de Caliban où Sycorax avait aussi été déportée. Grennaway a bâti un palais oriental avec péristyles, colonnades, bassins et sallles voûtées d’arcades presque aussi vaste que les citernes de Constantinople.

Je croyais que Prospero et Miranda n’avaient pour société que les esprits Ariel et Caliban, que Miranda n’avait jamais vu d’autres humains que son père. Greenaway a convoqué une armée de figurants le plus souvent nus ou en tenue extravagante convenant à un ballet contemporainplus qu’à une comédie élizabethaine.

D’entrée, je suis surprise. J’avais commandé un DVD en VO sous-titré en suéduois, sans aucune crainte puique j’ai l’édition bilingue de la pièce. Mais voilà! avec toutes les libertés que Greenaway s’est octroyées, je ne retrouve plus rien.

ActeI, sc.1, au lieu d’être à bord du navire en train de lutter contre les éléments, l’action se situe au bord d’une piscine, thermes antiques ou hammam oriental?Ariel, angelot aux boucles blondes se balance sur une balançoire et fait pipi dans les flots sur une très jolie maquette d’un voilier stylisé. Magie blanche? Assistons-nous à une cérémonie incantatoire comme celle où l’on plante des aiguilles dans les poupées figurant les victimes qu’on désire ensorceler?Ariel se démultiplie, enfant, adolescent, jeune adulte. Des images sous-marines montrent le naufrage, des nymphes ou des sirènes emportent les noyés dans un ballet nautique.

Caliban n’est pas le monstre contrefait mais un danseur nu très gracieux. Seules marques de sa disgrâce : ses attributs virils d’un rouge agressifs hypertrophés. Caliban danse, fait des entrechats, lu alors que je l’imaginais courbé sous les bûches des corvées que Prospero lui infllige.

Napolitains et Milanais sont plus réalistes, une fraise d’un diamètre exagéré et un habit noir – sec comme l’avait précisé Shakespeare – nous ramènent dans la pièce originale.

A partir du 2ème acte, la stupeur passée, je suis désormais le texte avec mon livre. Greenaway a supprimé des scènes, a inventé des intermèdes originaux, a imprimé un rythme soutenu scandé par des images des grimoires et des manuscrits de la bibliothèque de Prospero. Chaque scène est annoncée par un encrier et une goutte d’encre. je finis par deviner que Prospero est en train d’écirire l’histoire. Quelle belle écriture que la sienne! le texte de Shakespeare se dessine:  calligraphie en surimpression.

Trinculo, Stephano et Caliban projettent d’attenter à la vie de Prospero pour conquérir l’île. Harmonies rouges infernales, le palais de Propero est une sorte de pyramide. C’est un peu trop, je commence à fatiguer. Heureusement avec un DVD, on peut se permettre un entracte!

La fin est plus classique, j’attendais la partie d’échecs, une image furtive. La réconciliation est presque raisonnable, théâtrale.

Retour sur le bord de la piscine pour la noyade très esthétique des livres.

To be or not to be Lubitsch/ Mel Brooks

CHALLENGE SHAKESPEARE

hamlet.1291569241.jpg

Le pire monologue de Hamlet?

to-be-or-not-to-be-lubitsch_.1291569214.jpg

Varsovie, 1939, les autorités polonaises font cesser les représentations d’une revue ridiculisant Hitler et les nazis. The show must go on… au pied levé, l’acteur principal remplacera la bouffonerie par le monologue d’Hamlet. Sa femme, actrice vedette du show, en profite pour inviter un de ses admirateurs, un pilote polonais. La guerre éclate, le pilote se retrouve à Londres et doit sauver la résistance polonaise dénoncée par un agent double qui apporte à la Gestapo la liste des résistants et un étrange message « To be or not to be… »

to-be-or-not-to-be-mel-brooks.1291569224.jpg

Si Hamlet est massacré (exprès) c’est Shylock joué par un comparse (hallebardier)  devant Hitler qui sauvera toute la troupe. Et c’est aussi ce monologue dans ce film qui me réconciliera avec le Marchand de Venise.

Quelle version préférer?

J’aime bien les deux!

 

Fix me de Raed Andoni film palestinien

Toiles Nomades

Une migraine tenace harcèle Raed Andoni. Son médecin de famille ne trouve aucune explication physiologique « migraine due au stress » et lui conseille d’aller « voir en face » , qui? l’Autorité Palestinienne? l’occupant?  « Yaani, » La situation à Ramallah est en soit une prise de tête!

Au désespoir de sa famille et de ses amis, Raed ne veut pas faire un film militant. Il filme sa thérapie dans un centre de santé magnifique établissement, qui domine la ville,  un miroir sans tain destiné aux étudiants, permettra à l’équipe de filmer. Equipe qui ne parle pas l’Arabe et qui laisse donc l’analyse se dérouler sans comprendre ce qui se dira. Il nous fait aussi entrer dans l’intimité de sa famille.

Raed Andoni se met en scène avec humour. C’est à Woody Allen qu’on pense!

Il filme avec une incroyable liberté d’esprit. D’ailleurs  c’est sa liberté individuelle qu’il affirme: ne pas se laisser enfermer dans une case! Alors qu’on le voudrait résistant, porte-parole de la Palestine, il prend  la liberté de ne rien faire, de s’occuper à des jeux aussi puérils  qu’inutiles, pianoter sans fin sur ses deux ordinateurs allumés en même temps…Il n’a pas de complexe vis à vis de ses amis militants. Comme eux, il a fait de la prison. Mais il revendique le droit du « peut être » et du doute. Il n’a pas peur du ridicule quand il se dépeint, regardant le monde de haut, comme sur un chameau.

D’ailleurs un magnifique chameau harnaché attend au croisement sur la route qui va vers la Mer Morte….

Bamako (le film)

Toile Nomade

Chacun d’entre nous a ses films-cultes inoubliables, indémodables. Bamako (2006) est un de ceux là

Dans la cour d’une maison à Bamako se déroule le procès du FMI. Procès dans les formes avec juges en perruques, avocats de l’accusation et aussi de la défense, témoins à charge…. Des tirades décrivant les nuisances de la Dette qui pèse sur les finances des pays africains mais aussi les chants d’un griot, les doléances des femmes simples…
Ce n’est pas comme le suggèrent les lignes ci-dessus un énième film militant. C’est un vrai film avec une histoire, des histoires, un décor splendide. Des acteurs magnifiques. Des allers-retours entre l’économie et la vie quotidienne des habitants de la maison.
Un vrai beau film…

Entre nos mains – film de mariana Otero

Est-ce un hasard? une coïncidence? les grèves, les manifestations, le feuilleton de Mordillat « Les vivants et les Morts », ce film qui raconte comment des ouvrières ont résisté aux licenciements en essayant de bâtir une SCOP. le peuple de gauche se réveillerait-il, redécouvrirons nous la solidarité après les années blin bling?

La réalisatrice donne la parole à ces ouvrières d’une usine de lingerie sous la menace d’une liquidation judiciaire. Au début elles sont perplexes. Se lancer ou non dans l’aventure. Rien n’est gagné. Persuasion, hésitations, elles parlent , elles se parlent, elles travaillent aussi. Jeunes vieilles, campagnarde ou chinoises ou Africaines.

Comme elles, on y croit à la SCOP. Si bien que le patron se  manifeste, propose un nouveau plan. Est-ce lui qui a torpillé le projet? Ou l’indifférence des grandes surfaces. « Mais où sont passés nos petits clients? » se demande une ancienne. On n’a pas fait le poulet ni invité les moines qui auraient chassé les mauvais esprits, se lamente une asiatique…

Mieux qu’un documentaire, un vrai film avec des personnages attachants!

Un homme qui crie – film tchadien de Mahamat Saleh Haroun

Un film tchadien sélectionné à Cannes, c’est un évènement à ne pas rater!

Adam, ex-champion de natation exerce la fonction de maître nageur dans un hôtel de NDjamena, la piscine, c’est sa fierté, sa vie, dit-il.

A l’occasion  du rachat de l’hôtel par des Chinois Adam doit céder sa place à son fils Abdel et se retrouve dégradé au rang de garde-barrière. il n’est pas seul, son ami cuisinier est licencié. Adam n’accepte pas ce remplacement. Le face à face père/fils est ambigu, un autre verrait peut être cette passassion de témoin comme naturelle, lui non.

L’action se déroule aussi dans un contexte de guerre qui gronde autour de la ville. Un notable du quartier suggère, ordonne peut être à Adam de donner son fils à l’effort de guerre. Rien n’est dit, mais on devine qu’Adam a cédé.

A-t-il livré ce fils devenu un rival?  A-t-il cédé à la pression? Aurait-il du intervenir quand les soldats sont venus chercher Abdel? Lacheté devant la force ou pire?

je me suis interrogée sur le sens du titre. Justement Adam aurait peut-être dû crier tant qu’il était encore temps. C’est la critique du Monde qui m’a révélé  l’allusion à Aimé Césaire « Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse »

J’avais aimé Daratt, saison sèche du même réalisateur (2006), la vengeance du fils  avait une dimension de tragédie antique que n’atteint peut être pas Un homme qui crie. J’aurais souhaité louer le chef d’oeuvre comme Daratt, j’ai trouvé des longueurs, peut être pas assez de rythme dans le montage. Certaines scènes sont mangifiques : la fin poignante après l’errance de la mto et du side-car

yo tambièn! film espagnol

je suis allée voir Yo tambien! avec mes élèves de 3ème et nous avons tous été scotchés!

Enfin un film à recommander sans réserves, cette rentrée plutôt terne!

Dans cet élan irresistible du cinéma espagnol actuel qui n’a pas peur de s’attaquer aux tabous et qui s’y  coltine avec courage en gros plans rieurs. Daniel plisse ses yeux bridés et on fond, pas de commisération, pas du tout de Rire franc et d’un  sain fou-rire on oublie les vacheries qui émaillent la vie des héros et la notre.

Savez vous que les trisos dansent le flamenco et le hip hop?

Avez- vous vu Séville en calèche avec un gateau de mariés  qui se promène jusqu’à un hôtel borgne?

Pourquoi cette distribution à la sauvette?

Oncle Boonmee, celui qui se souvient des vies antérieures

[kml_flashembed movie="
Oncle Boonmee : Bande-annonce (Cannes 2010)
envoyé par baryla. - Les dernières bandes annonces en ligne." width="425" height="335" wmode="transparent" /]
Toiles nomades

La jungle est fascinante,  le film envoûte le spectateur qui accepte de voyager dans une sorte de voyage entre réel et rêve. On accepte la présence des fantômes, ou presque, parce que les singes aux yeux rouges sont plus difficiles à suivre, un peu ratés. La scène de la grotte, en revanche est magnifique, antre de la mort, utérus , naissance?

Esthétiquement, la fin est décevante. Dans la chambre d’hôtel, le moine se défroque. Pourquoi?

Poetry, film coréen de Lee Chang-Dong

Toiles nomades

poetry.1283878756.jpg

Est-ce l’année de la grand-mère au cinéma?

Mija, comme Lola de Brillante Mendoza, est une grand mère courage confrontée à la violence de la génération de son petit fils.

Ici aussi, le prix de la vie d’une adolescente se monnaie et le silence de la mère s’achète. Grand mère courage, dignité et élégance de ces femmes d’aparence fragiles.Actrices merveilleuses!

1402239_7_78b6_l-actrice-sud-coreenne-yun-jung-hee-dans.1283878723.jpg

La comparaison s’arrêtera-là :  le scénario du film coréen(primé à Cannes 2010)s’articule autour du suicide de la jeune fille abusée lors d’une tournante par les copains du petit fils de Mija, et autour de la lutte de Mija contre les premières atteintes de la maladie d’Alzheimer et la recherche par Mija de la Poésie. Recherche de la beauté dans un univers banal, banlieusard tellement quotidien. Ecrire au moins un poème avant que les mots ne s’effacent….

Contre Poetry???

Claudialucia de ma Librairie : –http://claudialucia.blog.lemonde.fr/   été déçue par le film. Comme sa critique m’a fait réfléchir je publie ici le mail qu’elle m’a écrit

Tu me demandes pourquoi je n’ai pas aimé Poetry :
Certes, l’actrice est excellente mais j’ai trouvé que le film avait des longueurs dues à un scénario qui n’était pas dominé, qui n’était pas très clair (oui, je sais il a eu le prix du scénario à Cannes mais ce n’est pas un critère absolu)

Que veut démontrer le réalisateur?  Il dénonce une société horrible, ou la femme et les humbles- ce qui n’ont ni l’argent, ni le pouvoir- ne peuvent bénéficier d’aucune justice, un société corrompue ou tout s’achète même la mort d’une enfant. La dénonciation,  c’est le sens que paraît avoir le film, car, au final, je n’ai pas trop compris quel était son but; le scénario est plein de contradictions et de faiblesses au niveau de la psychologie des personnages.

Face à l’horreur, il met une vieille femme, la grand mère d’un des violeurs. Celle-ci  est d’un milieu pauvre, ce qui la place à l’opposé des familles riches et sans morale. Elle aime la poésie et  par conséquent paraît représenter le point de vue moral ou tout au moins critique de cette société, sinon, à quoi servirait d’avoir fait de Poetry le thème central du film?
Or,  il n’en est rien. Ce personnage, de qui l’on attend beaucoup, a une manière d’agir peu cohérente.

C’est une femme qui est dépassée par son petit-fils, qui ne sait ni l’éduquer, ni réagir. Ce que l’on peut comprendre ! Elle est âgée et le garçon est immonde!  Par contre, on pouvait espérer que sa réaction soit assez violente en apprenant ce qu’il a fait pour la faire évoluer; or elle réagit à peine, continue à écrire ses poèmes. Si elle cherche a réveiller la conscience du garçon en lui présentant le portrait de la jeune fille, elle  accepte par contre que, face au portrait, il se mette à regarder la télé comme si cela ne le concernait pas! Une grand mère peut être dépassée mais jusqu’à un certain point! Elle peut adorer le fils de sa fille, de là à ne pas réagir quand celui est un criminel!!
 D’ailleurs le scénario nous la montre agissant comme les riches, décidée à payer comme les autres. Elle va même pour se procurer l’argent faire chanter un handicapé dont elle a la charge. Bref! elle ne peut être représentative d’un autre point de vue. Donc ce personnage prétendument épris de beauté, que l’on veut nous montrer différente, sensible, ne tient pas debout psychologiquement puisqu’elle fait le contraire de ce que ferait toute personne normale!!
Quant à l’Alzheimer dont elle souffre, je ne sais pas trop ce que cela ajoute au propos sinon d’introduire un thème à la mode. Parfois la maladie sert à justifier qu’elle paraisse oublier la mort de la jeune victime et qu’elle puisse se concentrer sur la poésie! Mais cela ne tient pas debout parce qu’elle est alzeihmer quand ça arrange le réalisateur et elle ne l’est pas à d’autres moments. La poésie du coup devient quelque chose de plaqué, de convenu (en plus les cours du poète, quelle horreur!), du pour faire « chic » qui ne me touche absolument pas.

De même le personnage de la mère de la jeune fille n’est pas traitée d’une manière conhérente. Elle apparaît comme une très belle personne quand la vieille dame la rencontre dans son champ, un paysanne qui a du mal à joindre les deux bouts mais courageuse et digne, très affectée par le viol et le suicide de sa fille. Puis d’un seul coup, on la voit accepter l’argent qu’on lui propose, marchander la mort de sa fille.  Là aussi on ne sait où va le scénario, ce qu’il veut dire : c’est quelqu’un de bien d’abord puis d’infect après ! Il faudrait choisir! Rien n’est valable au niveau de l’histoire (le commissaire qui joue au volant avec la grand-mère quand il vient arrêter don petit-fils, ridicule!!) et de la psychologie! 
Décidément, ce  film m’a irritée, alors que j’adore d’autres films coréens, en particulier ceux de Kim Ki Duk,  un de mes  réalisateurs préférés!)

 

 

 

 

Les Arrivants – film de Claudine Bories et Patrice Chagnard

Toiles Nomades

les-arrivants2.1283849993.jpg

A mille lieux des voyages touristiques, des voyages d’affaires, des pèlerinages….ils convergent vers Paris, Londres, la Terre Promise… Les exilés,les persécutés, les demandeurs du Droit d’Asile sont dirigés vers la Cafda, une structure d’accueil où les travailleurs sociaux tentent de les aider à construire leur dossier à trouver un  hébergement, des tickets de transport.
Ils sont si nombreux dans le hall d’accueil, il semble que le monde entier s’y est donné rendez-vous. Tchétchènes, afghans, tamouls, chinois, Éthiopiens, colombiens, roumains. A la Cafda on reçoit les familles, de nombreux bébés au sein, des enfants sages résignés, plus sages que les parents qui n’en peuvent plus.

Les plus énervés sont finalement les travailleurs sociaux, débordés, impuissants à soulager toute la misère du monde. Colette et Caroline sont sur le bord de l’implosion. Comment remplir les dossiers de ces gens? Quel interprète requérir? sont-ils Chinois ou Mongols?  Quel est l’itinéraire emprunté? Ils sont muets, par prudence, feignent de ne pas savoir où ils sont passés. Pire, ils mentent. Comment convaincre de persécutions s’ils ne disent rien de fiable. Comment tenir les délais si ils arrivent n’importe quand au rendez vous?

On s’attache aux personnages, on voudrait qu’ils s’en sortent. tous le souhaitent si ardemment…..

Voilà ce que m’avait inspiré ce film, à sa sortie. Et quelques semaines plus tard…Grenoble, la chasse aux Roms, les menaces sur la nationalité…. Ce film me paraît l’antidote parfait à cette campagne délétère. Voir les Migrants non pas comme un groupe ethnique, une menace même, mais comme des individus, des personnalités . Chacun porte son histoire, ses espoirs, ses mystères