Les chansons que mes frères m’ont apprises

TOILES NOMADES

Les chansons que mes frères affiche

 

 

la petite Jashaun est merveilleuse, son frère est aussi un acteur dynamique.

Les paysages de Badlands ravinés sont aussi très beaux.

Mais le reste est bien triste.

Sur la réserve indienne peu d’avenir s’ouvre aux adolescents. Le professeur interroge les jeunes sur leurs projets. Curieuse classe, chacun joue avec un animal, serpent, une mygale ou un scolopendre. De quoi rêvent-ils? De faire du rodéo, de la boxe. Seule une fille veut étudier le droit.

Pas d’avenir pour les jeunes; les adultes sont rongés par l’alcoolisme et la pauvreté. Il faut croire que les Américains n’ont rien compris avec la Prohibition. Sur la réserve indienne, l’alcool est interdit. Bootlegger est la seule profession lucrative, engendrant luttes de clans et violence et n’interdisant aucunement les abus. Les enfants qui ne sont pas encore atteints deviennent les seuls responsables. La petite Jashaun traverse le film avec beauté, dignité.

 

Esto es lo que hay, chronique d’une poésie cubaine – Lea Rinaldi

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esto es lo que hay3

Un tour à Cuba en musique cela ne se refuse pas! Le titre annonçait de la poésie. Le résumé du hip hop et du rap. Si j’apprécie le hip hop, le rap me casse souvent les oreilles.

J’ai tenté et bien aimé. Ces musiciens dégagent une énergie et une chaleur incomparable. Parce qu’il en faut de l’énergie à la Havane, pour se produire lorsque leur concerts sont interdits, puis permis? Lorsqu’ils veulent diffuser leur musique sur Internet alors que la connexion se fait à la vitesse de la tortue. Ils se veulent libres, déjouent les pièges qu’on leur tend en cherchant à les récupérer. irrécupérables!

Documentaire? Bien sûr, mais surtout un film avec des personnages sympathiques et de temps en temps une sublime image de la Havane qui m’a fait flasher.

ESTO ES LO QUE HAY

 

 

 

Une Seconde Mère – film brésilien d’Anna Muylaert

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une seconde mère affiche

C’est une comédie avec des actrices formidables (surtout Regina Casé) qui se déroule presque exclusivement dans une maison luxueuse de Sao Paulo avec une belle piscine, opposant un couple riche avec un adolescent gâté et les domestiques.

une seconde mère piscine

Val est la nounou de Fabinho. Ils partagent une réelle complicité et des moments de tendresse qu’il refuse à sa mère, une business womanpressée et assez odieuse. Amour maternel ou amour de la nounou?

Val a sacrifié son amour maternel, elle a laissé au loin sa fille Jessica et a consacré toute son énergie à envoyer de l’argent pour son éducation. Mère et fille sont devenues des étrangères, quand Jessica débarque pour passer les examens d’entrée à l’université.

On peut faire une autre lecture : privilégier l’aspect social.

Val, la nounou  est aussi celle qui passe l’aspirateur, promène le chien, fait la cuisine, sert et dessert la table, employée de maison modèle, dévouée, appréciée. Val connait la place des domestiques. Elle sait que certaines offres sont faites par politesse parce que les patrons savent bien que l’employée zélée va les décliner. Jessica refuse ces conventions. Charmante  intelligente, jolie, elle va d’abord séduire, mais on la remettra vite à sa place. 

le Souffle – film d’Alexander Kott – (Russie)

DANS LA PLAINE KAZAKHE

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Une splendeur!

Splendeur des images de cette steppe infinie, battue par les vents, on entend le souffle du vent, l’orage qui s’abat sur la plaine, l’éolienne sur le pignon de la maison qui se transforme en hélice d’un improbable avion.

Steppe à l’horizon infini mais aux couleurs changeantes, camaïeu de bruns, verts, taches roses.

Une maison au toit de chaume au milieu de nulle part, son puits, un arbre solitaire

Des images d’une beauté : détails du bois, mur de pisé inégal craquelé,

Beauté des acteurs.

Film sans parole, accompagné par le vent, l’eau, l’orage, le galop du cheval, le moteur du camion…

Un bon quart d’heure se passe, j’admire les cadrages, les images, les couchers et lever du soleil. Même s’il n’y avait pas d’histoire, le film serait un chef d’oeuvre.

Il y a une histoire, histoire d’amour. Lequel du cavalier kazakh, son ami d’enfance, ou du photographe, un peu acrobate, la jeune fille choisira? Comme deux chevaux fous, ils se battront.

Mais ce n’est pas tout… mais je ne vous dirai rien. Pour préserver l’effet de surprise

Secouez vos préjugés! Une femme iranienne

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Je suis allée voir ce film sans avoir lu, ni critique, ni synopsis. Avec la seule idée que le cinéma iranien est souvent excellent et que c’est en tout cas la meilleure fenêtre entrouverte sur un pays que l’on ne visite pas facilement. L’idée de mettre un foulard et de me couvrir entièrement me déplaît.

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J’ai donc reçu l’histoire par surprise et je n’ai pas envie de dévoiler le secret pour ceux ou celles qui irait le voir, comme moi, naïvement.

En revanche des idées préconçues sur les femmes iraniennes, j’en avais. Commisération pour les femmes enfermées dans les tchadors ou les foulards dans le meilleur des cas. Idée de femmes opprimées… Et voici ce qui secoue les préjugés : une femme réalisatrice qui aborde de face le sujet qu’on imagine tabou des transsexuels. Des femmes actives, Rana voilée traditionaliste est chauffeur de taxi! Elle conduit sa voiture avec autorité et n’hésite pas à débarquer les clientes qui prétendre l’enfumer de leurs cigarettes.

Solidarité féminine qui n’exclue pas une déclaration d’amour inconditionnel pour son mari emprisonné.

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Rana avait deux rêves, se marier et conduire une voiture. Sadegh, son mari l’a comblée sur les deux tableaux. Rana devra aussi se battre contre les préjugés. Accepter d’aider Adineh n’allait pas de soi!

 

les chevaux de feu – Sergei Paradjanov (DVD)

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Emprunté à la médiathèque parce que je voulais entendre du Russe.  Pas de chance c’est en ukrainien! De plus, il se déroule dans le pays houtsoule, dans les Carpates, plus proche de la Roumanie que des steppes de l’Asie Centrale que je m’apprête à visiter.

Depuis longtemps, j’avais envie de visionner ce chef d’oeuvre. A Erevan, un musée est consacré à Paradjanov, cinéaste arménien. N’ayant vu aucun de ses films, nous avions négligé cette visite et maintenant, je le regrette.

Les chevaux de feu

 

les chevaux de feu2 L’histoire,  version de Roméo et Juliette, ne m’a pas spécialement captivée. En revanche, les images m’ont bluffée. Certains cadrages, très recherchés, sont stupéfiants. Bois, eau, terre, mousse sont photographiés de façon merveilleuse. on aimerait s’attacher encore plus longtemps à chaque image.

 

Pour autant ce n’est pas un film statique, au contraire, on est entraîné dans les fêtes villageoises, dans les rondes des masques au creux de l’hiver, dans les courses effrénées dans la montagne. Le montage se fait au rythme de la course de ces chevaux de feu.

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Film ethnographique, sur les costumes colorés de ces paysans houtsoules, de leurs cérémonies, mariage, funérailles, fenaison. Peut-être? Sorcellerie aussi.

Ce film est d’une grande richesse.

Lire aussi ICI les critique des Inrock

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affiche du film consacré à Paradjanov

 

 

Andrei Roublev – Tarkovski (DVD)

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J’avais envie de mettre à l’épreuve ma méthode « Le russe tout de suite! » que j’étudie avant de m’envoler pour Tashkent.

Quoi de mieux qu’un film en VO?

Et, en plus, un chef d’oeuvre qui tombe à pic.

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A pic: parce que c’est Pâques et qu’en pays orthodoxe cette fête est particulièrement spectaculaire. La Passion d’Andrei qui se constitue un  épisode du film est de saison. Aussi parce que je suis en train de lire la biographie de Tamerlan : le film se déroule en 1400, quelques années après que Tamerlan ne poursuive la Horde d’Or jusque dans l’Oural et les plaines de Russie. l‘invasion des Tatars m’a fait penser à ces hordes nomades.

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Point n’est besoin de prétexte pour visionner ce film magnifique. Seule précaution : consacrer 3 bonnes heures  si on veut voir les bonus du DVD.

Le prologue est un épisode étonnant: l’envol d’un ballon au 18ème siècle  préfigure l’ascension de la cloche à la fin du film. La suite du film se déroule au tout début du 15ème siècle. Scène de baladins, plutôt farce. On fait connaissance ensuite avec les 3 peintres d’icônes qui ont vraiment existé : Théophane le Grec, Cyrille et André Roublev. les épisodes se succèdent sans qu’on fasse vraiment le lien entre eux. Étonnante Passion dans la neige, scène païenne où les paysans se baignent nus, invasion des Tatars…Chaque séquence est magnifique, chargée de symboles et de réflexions sur la création, la peinture d’icônes, la transcendance.

L’histoire de la cloche semble coupée des histoires qu’on vient de voir où les peintres et les moines étaient les protagonistes. L’enfant ayant échappé à la peste, semble sorti de nulle part. Encore ici, une réflexion à la création mais cette fois-ci il s’agit d’artisanat, presque d’industrie quand on voit le métal en fusion s’échapper des creusets.

Quand la cloche est finie, Andrei Roublev   réapparaît. L’enfant épuisé lui redonne la parole et le désir de peindre à nouveau.

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On croit  que l’histoire est finie.La couleur éclaire l’écran alors que le film était en noir et blanc, la caméra s’attarde longuement sur les icônes  en un final merveilleux.

 

Film historique, surtout réflexion sur la création de l’artiste, les exigences morales, la foi nécessaire..

 

 

 

 

 

Voyage en Chine – film de Zoltan Mayer

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C’est un voyage tout en délicatesse, tout en finesse, d’une étonnante légèreté si on considère que c’est un voyage de deuil.

Performance de Yolande Moreau.

Liliane part en Chine rapatrier le corps de son fils décédé dans un accident. Elle va à la découverte de la Chine et retrouve son fils perdu de vue depuis de longues année. Ses amis chinois, la voisine, la fiancée, des inconnus lui parle de Christophe, photographe, qui a su parler le chinois « presque sans accent », qui est tombé amoureux de la culture chinoise, des paysages du Sichuan et de Danjié.

Un sans-faute, depuis le générique – plan fixe -une porte?un tableau? un paravent chinois? La musique, lancinante est discrète, sobre. La beauté des paysages, des visages de gens simples.  Film pudique aussi : mise au point sur des cerisiers en fleur tandis que les visages sont flous.

 

 

 

Les Silences du Palais – film de Moufida Tlati (DVD)

CARNET TUNISIEN 

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J’avais vu en salle ce film à sa sortie en 1994 et j’avis gardé un souvenir très vif.

Cherchant un CD de Anouar Brahem à la médiathèque, j’ai emprunté le DVD et l’ai visionné avec autant de plaisir .

Le Palais se trouve aux environ de Tunis, l’histoire se déroule à la fin du Protectorat, dans les années 50.

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Les Silences concernent les secrets des femmes enfermées dans le palais des princes. Cuisinières ou servantes, amantes ou esclaves, ces femmes ne quittent jamais la maison ou les maîtres. Qui est le père de la jeune Allia? Sarah la petite princesse est elle son amie, sa cousine ou sa sœur. Khedija, la mère d’Allia ne trahira pas son secret et mourra d’un énième avortement sans rien expliquer à sa fille.

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Allia a cru trouver la liberté en suivant Lotfi,  le jeune instituteur, agitateur politique qui se cache dans le Palais et qui croit dans le talent de la jeune musicienne. Hélas, des années plus tard, et des avortements passés, Allia est amère. Elle aimerait garder l’enfant qu’elle porte. Lotfi ne l’épousera pas. Son talent de chanteuse ne lui apporte pas la gloire mais plutôt l’humiliation des riches qui la draguent.

 

A la mort du prince Sid Ali, Allia revisite le Palais et ses souvenirs….

 

 

 

Rendez-vous à Atlit – film de Shirel Amitai

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Trois sœurs se retrouvent pour vendre la maison familiale. Complicités et rivalités. Trois sœurs aussi dissemblables que possibles. Darel, l’aînée est attachée à la maison, à Israël, Cali – celle du milieu –  a besoin d’argent pour acheter un appartement à Paris, Asia la benjamine part en Inde.  A la télévision, capricieuse, tous surveillent la manifestation pour la paix où Rabin est abattu.

A voir, comme un document historique, pour entendre la voix de Rabin et aussi l’hystérie de la droite israélienne, appels au meurtre.

Les actrices sont sympathiques surtout Geraldine Nakache qui déborde d’énergie et de révolte, la seule qui refuse le mythe familial qu’ « il n’y avait rien » quand la grand mère est arrivée à pied de Russie, la seule qui rencontre le petit arabe clandestin « des territoires » qui gaule l’olivier et voudrait squatter la maison. En revanche les apparitions des parents décédés burlesques qui interviennent à tout propos sont peu crédibles et parasitent le film plutôt qu’ils ne l’habitent.

Un film sympathique, pas un  chef d’oeuvre, mais doit-on uniquement visionner les chefs d’œuvres?

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