Dürres : Musée Archéologique, plage et centre-ville

CARNET DES BALKANS/ ALBANIE

Les remparts de Dürres

On a égaré la clé de la voiture (clé électronique taille carte de crédit). Je vide la voiture déjà chargée et retourne tout !

La route de Dürres part au pied de la Citadelle, coup d’œil sur le Drin. A partir de Vau Dejes  nous avons déjà parcouru la route en panique de peur de rater le ferry de Koman.  En deux semaines le maïs a poussé, pastèques et melons sont maintenant à vendre sur le bord de la route. Route très laide. Les stations-service se touchent, j’en ai compté un paquet de 5, bien sûr, certaines ont fait faillite. A Fushë-Kruje, on oblique vers la côte sur une grande route roulante. On arrive à Dürres non loin du Port à la Tour Vénitienne, de là un grand boulevard est parallèle à la mer.

Romains

Avant d’arriver à l’Hôtel, nous repérons le Musée Archéologique. Tous les objets proviennent de la ville ou de ses environs immédiats. Je commence par recopier la Chronologie de la fondation de la colonie Grecque en 627avJ.C. à la conquête ottomane en 1501. Illyrienne, Grecque, Romaine, Byzantine, Vénitienne et Ottomane, Dyrrhachium puis Dürres a subi encore d’autres invasions, Bulgares, Normands (il est question de Robert Guiscard qui a donné son nom à Fiscardo sur Céphalonie), le passage de la 1ère Croisade, Anjou, Serbes se sont succédés.

Amphores

Je saute la vitrine Préhistoire pour les grecs archaïques, j’ai aimé une petite Koré, puis classique avec des stèles funéraires de marbre et une belle collection de vases à figures rouges sur fond noir. J’ai flashé sur deux musiciennes exquises. La production locale est plus grossière, noire avec des cannelures. De l’époque hellénistique, j’ai surtout retenu les bijoux en or qui ressemblent à ceux des Thraces de Bulgarie ou de Macédoine grecque, une couronne de lauriers en or et un petit cheval en pendentif. On a reconstitué une tombe avec le squelette et ses ornements. Les ossements de la défuntes dans la position où on les a trouvés. Artémis était la déesse de Corcyre dont sont originaires les premiers colons au 7ème siècle, des centaines de bustes et de têtes d’Artemis nt été retrouvés. On présente aussi des stèles illyriennes cylindriques, étrangement analogues aux tombes musulmanes avec des inscriptions donnant l’inventaire des patronymes illyriens.

Dyrrachium fut un centre commercial illustré par des amphores . De la période romaine on voit surtout des stèles funéraires, un four de potier et des tubes en plomb. Verre romain en petites fioles et en grandes urnes comme à Budva.

Le billet d’entrée du Musée d’Archéologie donne droit à la visite de l’Amphithéâtre tout proche adossé à la colline. Il faut monter un peu et passer les Murs de Dürres. Les murs visibles sont ceux de l’empereur byzantin Anastasios I (491-518) après le séisme de 345 formés de trois épaisseurs de briques.

L’amphithéatre a une forme d’ellipse 136m dans la longueur et 20m de haut, il pouvait contenir de 15 à 20.000 spectateurs.  Les jeux furent arrêtés par ‘empereur Flavius  Honorius  (395 – 423) en 404 (demi frère de Gallia Placida avec qui j’ai fait connaissance à Ravenne. Après l’arrêt des Jeux, dans une chapelle se déroulaient des cérémonies religieuses. On peut voir les mosaïques dédiées à Sainte Sophia et à Iréne.

Amphithéâtre de Dürres

L’Hôtel Nais Beach occupe quelques étages d’un haut immeuble proche de la mer. Nous réclamons et obtenons une chambre avec vue, deux balcons. Elle est très vaste, simple. La télévision capte France 24 et TV mais le climatiseur primitif s’avère inefficace. Tant qu’on peut vivre fenêtres ouvertes on ne le fait pas fonctionner, en revanche les moustiques le soir nous forcerons à nous calfeutrer et on aura très chaud !

plage sous nais beach

De la chambre, on découvre la plage équipée avec des parasols, c’est l) que nous passerons l’après midi, en dépit des avertissements du Petit Futé qui met en garde contre la pollution, les courants concentrant les rejets des usines chimiques. C’est vrai que l’eau n’a pas la limpidité de Jaz à Budva, peut être est-ce dû à la nature des fonds et à la présence d’algues vertes. Tout d »’abord il faut déjeuner ! On ne sert pas sur la plage mais sur la terrasse, un peu plus haut : une excellente soupe de poisson jaune et citronnée, du risotto noir à l’encre de seiche crevettes. On a commis l’erreur de commander aussi une pizza. La soupe et le riz étaient plus que suffisant. La brise marine rafraîchit la plage, on remonte à la chambre quand le parasol ne donne plus d’ombre.

Tour vénitienne, building en verre et héros de bronze

Dès que le soleil baisse, je pars explorer la ville, d’abord par le lungomare bordé par les pizzerie qu’on orthographie piceri, gelaterie aux noms évoquant l’Italie : Napoli, Tivoli, Francesco…Des constructions au design audacieux, empiètent sur la mer, une arène carrée, une construction ovale aux courbes ressemblant à la carapace d’un insecte géant relié à la digue par une passerelle suspendue. Au bout de la promenade il ya une fête foraine avec manèges, autos tamponneuses, une piste de kart, une très grande barque oscillant sur un axe de manière effrayante ainsi que des petites attractions toutes simples come un chamboule-tout avec des boîtes de conserve, ou une pêche  au crochet avec des cygnes flottant sur l’eau, ou du tir à l’arc. Sont proposés à la vente des tas de chaussures dépareillées, et des livres étals sur le muret de marbre.

Place de l’Hôtel de Ville

A l’extrémité des remparts, sur la Tour Vénitienne, est installé un café. Une rue bordée de beaux arbres mène à la grande place dallée carrée. Du côté ouest, se trouve l’Hôtel de ville – bâtiment rouge sang, avec une tour de l’Horloge et des médaillons aux motifs de navires et de céréales, dans un style mussolinien. Au sud, sur une éminence, une grande mosquée jaune avec un minaret de ciment, une grande banderole en l’honneur du Ramadan ; beaucoup d’hommes sont assis en attendant le rupture du jeûne proche, quelques femmes voilées, ce sont les seules que je je rencontre pendant ma promenade au centre-ville. Un autre bâtiment plus bas, porte une affiche historique célébrant l’indépendance de l’Albanie en 1912. Une galerie d’art aux vitres protégées par un grillage qui ressemble à un barbelé, expose des croûtes.  Au centre de la place une fontaine aux maigres jet. Des palmiers très hauts mais dépenaillés avec un toupet de palmes en mauvais état. Sur la place toute une foule de promeneurs viennent prendre le frais après cette chaude journée. Des gitans sont aussi assis sur des cartons. Une jeune femme a étendu ses jumeaux emmaillotés, chétifs qui semble n’avoir que quelques semaines. J’emprunte une rue où les palmiers défeuillés ressemblent à des colonnes. Les magasins sont « luxueux » : bijouteries « bizhuteri », vêteùets de bonne facture mais démodés, agences de voyages et boutiques de téléphone. Je cherche un distributeur de billet. Dans n’importe quelle autre ville, ce genre de rue commerçante devrait en avoir plusieurs. Ici, rien, des boutiques de changeurs mais pas de banques. Je poursuis plus loin dans une artère passante et finis par dénicher une banque, j’introduis ma carte bleue avec appréhension. Et si, les indications n’étaient qu’ne albanais ? Et si la care était avalée ? Il faut prendre des risques, cela marche ! je retire 30 000 lekë. Au restaurant, l’addition dépasse rarement 1500lekë et c’est tellement bien servi qu’on n’y va qu’une fois par jour.

 

Au retour, je m’arrête à la Gelateria Celia, en bord de mer,  réputée pour vendre les meilleures glaces de la ville. Gelateria « chic » mais la glace n’a rien d’exceptionnel.

Nous avions prévu de terminer la journée sur notre balcon , manger la pizza de midi et écrire sur la petite table ronde ; Le débarquement en masse des moustiques anéantira notre projet. On se calfeutre dans la climatisation inefficace et on étouffe. Extinction des feux prématurée !

 

 

 

 

 

 

Shkoder : centre ville hôtel Tradita, photothèque Marubi

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Shoder : rue piétonnière et mosquée

L’hôtel Tradita occupe une maison ancienne? pittoresque avec ses poutres noires, ses tuiles et les galets gris?, situé dans une artère moderne bordée d’immeubles de ciment. Cet hôtel est presque un musée ethnographique qui expose de nombreux objets agricoles ou artisanaux anciens et des costumes.

Le patio de l’Hôtel Tradita

Les chambres sont situées dans le bâtiment de deux étages. Une galerie, au premier étage, est  fleurie de jardinières de pétunias. Des arcades soulignent le mélange de briques et de pierre ; les deux côtés du patio sont revêtus de galets. Une liane grimpante de grosses feuilles rondes et un jasmin s’accrochent à l’escalier. Notre chambre est au rez de chaussée, elle est petite, elle donne directement dans la cour où nous préférons nous tenir. Les couvre-lits jaunes sont en laine tricotés à la main au point de riz.

13h30, nous commandons un rapide déjeuner servi ans le patio sur de belles nappes de toile blanche avec des filets rouge. Salade grecque pour moi, et soupe de poissons délicieuse.

Promenade dans le centre de Shkoder

les maisons du centre de Shkoder

Le centre est tout proche, quelques centaines de mètre par l’Av.  Edit Durham , Skanberbeg jusqu’à la Place de la Démocratie où se trouvent les statues d’un Albanais inconnu de moi et celle de Mère Theresa ainsi qu’une grande mosquée (visite recommandée par le Road book mais fermée) . C’est là que débouche la rue piétonnière où se trouve la Photothèque Marubi. Cette rue est bordée de maisons aux couleurs pastel d’un seul étage. Curieusement les tables des cafés sont au milieu de la rue, piétons et vélos circulent sur les côtés. Cette présence des vélos à Shkoder me rend la ville très sympathique.

La phototèque Marubi est installée dans une maison toute neuve, (700lekë).

Au rez de chaussée : une collection de cartes postales de paysages et de personnages en costumes traditionnels de la région de Shkoder. Certaines sont en couleur, la collection Kamsi (1932) montre des paysages, des ponts des montagnes.

Photothèque Marubi

On voit aussi des collectons de familles

A l’étage : une Chronologie commençant avec Niepce (1826) et l’arrivée de Pietro Marubi en Albanie (1834)  et une présentation de la famille et des proches de Marubi  ayant travaillé au studio photographique Pietro Marubi (1834- 1903) Kel Marubi 1869 – 1940, la tradition familiale a perduré après ? A côté des photographies de famille et des notables une exposition présente des photos de foule Long Life to ! Long life to King Zog ! Long life to count Ciano ! Long Life to comrade Enver Hoxha, Long life Stalin! Long llife Tito! . La plus belle foule converge à la citadelle Rozafa pour lever le drapeau de l’indépendance le 19 mars 1914.

Des sortes de boites présentent le travail du photographe et des classeurs recèlent des milliers de photographies pur les spécialistes qui désirent les consulter (pas les touristes pressés).

Comme la mosquée et les églises sont fermées, je rentre à pied par des rues tranquilles soudain animées par l’afflux d’enfants en tenue de sport. Une compétition les rassemble ( ???) je lis sur leurs maillots les inscriptions Ecole Maria ou Dom Bosco.

Cathédrale catholique saint Etienne

Nous terminons l’après midi dans le patio à écrire et trier nos photos. Au dîner un groupe d’Italiens occupe tout le centre de la cours, nous avons bien râlé de cette intrusion, mais nous avions bine tort ; ils sont polis et charmants. En leur honneur l’hôtel a fait venir des musiciens en costume folklorique et fez blanc. Leur musique est un peu lancinante et répétitive mais nous profitons de l’aubaine.

Dîner à l’hôtel Tradita

Le menu est varié, il propose une page entière de plats de poissons du lac : carpes et truites. Je choisi un filet de carpe aux légumes grillés et suis surprise de voir arriver trios pavés grillés épais comme du saumon ou de l’espadon. Je n’imaginais pas les carpes aussi grosses et aussi fermes. Il n’y a même pas d’arêtes, enfin si, quelques unes, si grosses qu’elles sont évitables. On a même grillé des carrotes en lamelles avec les poivrons et aubergines.

Le petit déjeuner de Tradita n’est pas un buffet : il est servi à table qui est couverte de coupelles, trois fromages blancs différents, trois confitures dont une de figues confites entières, des fruits frais : tomates, cerises, pastèque melon. Il faut me gendarmer pour ne pas tout dévorer.

 

 

 

 

 

Shkoder : la citadelle et la mosquée des plombs

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la citadelle Rozafa de Shkoder

 La Citadelle se profile au sommet d’une colline.

Nous passons le  pont métallique sur le Drin empruntons le chemin pavé carrossable jusqu’ à la porte de la Citadelle Rozafa.  La place est fortifiée depuis le 4ème siècle av. JC, la ville Illyrienne devint Byzantine, puis fut prise par la Slaves, à nouveau byzantine enfin ottomane et vénitienne….. Une allée dallée de galets très glissants passe sous un porche dans une galerie protégée par le donjon ; elle débouche dans la première cour, très vaste, ceinte de remparts dont une partie serait vénitiens.

le minaret que j’avais pris pour une tour

La deuxième cour est plus petite, elle est dominée par une tour ronde. De là, le panorama est très étendu sur le fleuve Drin qui s’étale en amples méandre et bancs de sable avant de se déverser dans le lac Shkoder. Avec le ciel couvert et la brume de chaleur, lac et ciel se confondent. Les végétaux des marais, très verts me font penser à la mangrove, on se sait plus u commence l’eau où finit la terre. Ce que j’avais d’abord pris pour une tour, est un minaret tronqué, sa base carrée passe à une section octogonale, les briques apparaissent sous le revêtement. Quatre belles arcades restent d’une mosquée bien en ruines.

La troisième cour, au sommet est fermée.la margelle du puits est ciselée avec des bouquets de tulipes. Un bâtiment vénitien abrite le musée –en restauration, fermé à la visite – Un soldat illyrien en métal doré garde la porte.  Des bas-reliefs illustrent la légende de Rozafa, femme emmurée pour que la citadelle ne s’écroule pas, qui obtint la faveur d’allaiter son enfant alors qu’elle était déjà dans le mur. Cette coutume d’un sacrifice humain pour qu’une maçonnerie ne s’effondre pas a été racontée par Kadaré dans le Pont aux trois arches, lu autrefois que je devrais relire au retour.

mosquée des Plombs vue de la citadelle

Pendant que j’arpentais les cours, Dominique a trouvé le chemin qui mène à la Mosquée des Plombs (1773-1774) qui possède 18 coupoles. Son minaret s’est écroulé en 1967 lors d’un séisme. Elle est maintenant presque dans la campagne en périphérie de la ville. Il faut imaginer autrefois les quartiers animé et le bazar que le Drin a noyé lors d’une inondation et a changé de lit. La dame de la maison voisine vient ouvrir la mosquée, gracieusement, elle refusera à la sortie toute gratification, on peut glisse une offrande dans la fente du tronc. Une cour bordée d’arcades précède la salle de prières très simple. Au sol de beaux tapis. Le mur du côté du mihrab est peint en vert. Autour de la porte d’entrée le linteau est ciels délicatement. Les tombes verticales avec ou sans turban sortent de la pelouse qui entoure la mosquée.

Mosquée des plomb porche ciselé

De Budva à Shkoder, la route en corniche jusqu’à Bar, puis la montagne…

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la côte du Montenegro après Budva

Ciel gris, température lourde, nous quittons Budva par la grande route Bar / Podgorica qui passe en corniche au dessus de la côte ; panoramas merveilleux mais sentiment de gâchis quand on voit les horribles constructions d béton qui défigurent les villages. En face de Sv. Stefano, une île ravissante est reliée par une chaussée de pierre toute neuve entre des pelouses vert-golf incongrues. La petite église est adorable, bientôt n ne la verra plus, un immeuble se construit devant.

Végétation odorante, les figuiers exhalent leur parfum caractéristique qui se mêle aux senteurs des genêts en fleurs et à celles de la myrte. Les oliviers sont de très haute taille, un peu comme ceux de Corfou. Des chênes très vieux déploient leur ramure. Dans les criques, les plages paraissent inaccessibles.

Bar est une grande ville, on devine de loin, les immeubles et les terrasses creusées pour installer des citernes. Une église orthodoxe aux coupoles bleues et dorées, église st Jean encadrées par des clochers carrés blancs pavoisés aux couleurs de l’église orthodoxe accueille les voyageurs qui arrivent. A la sortie, symétriquement une énorme église revêtue de marbre fait le pendant.

Pour Shkoder il faut quitter la route principale à Bar. Aucune indication routière, nous arrivons dans une zone industrielle voisine du port. De guerre lasse,je branche le GPS qui nous entraîne sur une tout petite route qui grimpe dans la montagne bordée de roses trémières merveilleuse. Les noms des villages ne correspondent pas à ce que j’ai sur la carte. Le GPS a l’air satisfait ; La confirmation nous  vient des véhicules qui arrivent à notre rencontre : des camping-cars hollandais et suisses, même une caravane néerlandaise . Nous sommes bien sur un itinéraire international qui ne risque pas de se transformer en piste caillouteuse !

Juste après Bar, la chrétienne, les cimetières musulmans se succèdent. Les vieilles dames portent le voile blanc que je convoite. De hauts et fins minarets turcs somme des crayons pointus jouxtent des mosquées minuscules entourées de leurs tombes verticales blanches gravées de vert.

Vladimir figure sur la carte, la route est maintenant large, nous approchons de la frontière albanaise. Une file de voiture est immobilisée. Je compte 39 véhicules avant le poste-frontière. Tout le monde ouvre les portières pour supporter la chaleur lourde. Devant le hall, trois drapeaux : rouge à bord doré du Monténégro, rouge à aigle bicéphale noir albanais, et celui de l’Union européenne ; Le Monténégro fait-il partie de l’Union européenne ? Sa candidature est examinée depuis quelques années. Justement aujourd’hui les fais de roaming ont été réduits pour les pays européens. Si j’essayais mon téléphone ? Le bureau de Frontex est fermé actuellement. Nous avons perdu une bonne heure à la frontière, ce n’était pas prévu !

Il reste 15km pour arriver à Shkoder . La Citadelle se profile au sommet d’une colline.

Budva – Starigrad et plages

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Budva : marina et port de pêche

Buffet très frais au petit déjeuner de l’Hôtel Arka dans une salle très claire, mobilier contemporain  aux teintes acidulées.

Dans la fraîcheur du matin (8h30) je trouve la mer en moins de 5 minutes, traversant un parc agréable planté de grands arbres et de lauriers roses. A quai, sont amarrées trois sortes d’embarcation : les petits bateaux-taxi, les bateaux-promenade, des bateaux pour la pêche et la pêche au gros récréative. Ces bateaux ne dénaturent pas le port de pêche. L a marina est plus loin.

les ruelles de la vieille ville tôt le matin

Du port on voit la vieille ville – Starigrad – ceinte de hauts remparts. J’entre par une porte de côté sous une petite arche dans les ruelles très étroites. A cette heure matinale, seuls les porteurs avec leurs diables circulent. Une rue est si étroite que deux piétons ne peuvent même pas se croiser. Les maisons de pierre blanche sont de dimensions beaucoup plus modestes que les palais de Kotor. Les marchands n’ont pas encore ouvert boutique sauf, celui qui vend des écharpes de soie turques .Je craque pour une qui a les mêmes motifs que la céramique d’Iznik, tulipes rouges, motifs turquoise et bleu foncé. Etiquetées 75€, le marchand descend à 45€. Je lui montre mon voile blanc en coton bordé de petites perles, c’est plutôt cela que je recherche ; Ce genre d’article ne se vend pas ici, la clientèle est plus « fancy », peut être en Bosnie ? Dans les cours et les ruelles, des tonnelles de vigne dépassent des murs, ici il y a un olivier.

Place de la vieille ville, 3 églises et des cafés

La promenade me conduit sur la place où trois églises sont construites non loin de la citadelle ; Crkva Sv Ivana, Saint Jean Baptiste, catholique, Santa Maria un Punta fondée en 840 autrefois appartenait à un monastère bénédictin, puis franciscain, et l’Eglise de la Trinité où alternent rayures roses et blanches sur la façade. Dans le environs se trouvent aussi les fondations d’une basilique du 6ème siècle . la place est dominée par les murs de la Citadelle. On y entre librement : des tables sont dressées, c’est un café. Selon le Petit futé, le « château sainte Marie serait construit sur des fondations hellénistiques,  fut détruit par un séisme en 1667 il a servi de casernes à l’armée autrichienne, ce qui explique une inscription en allemand. J’avais espéré plus de souvenirs vénitiens : un petit écusson sur la porte principale de la ville porte le Lion de Venise mais c’est tout ce que j’ai trouvé. Les ruelles tranquilles s’animeront plus tard. Une porte latérale s’ouvre sur la plage minuscule , on s’y baigne déjà.

Je termine la promenade sur la corniche lungomare entre la plage t les divers restaurants. Je ressasse la même rengaine : comment a-t-on pu autour de cette ravissante cité, dans un environnement magnifique faire une station balnéaire aussi hideuse ? La voie rapide allant à Podgorica coupe d’ouest en est la ville, il semble que les promoteurs ont érigé les ensembles immobiliers les plus monstrueux en dépit du bon sens, de l’urbanisme et de la voirie. Des tours cachent la vue ; Des voies privées barrent la circulation. Des architectes fous construisent en verre et en métal des tours sans logique ni respect de l’environnement. Et encore ! Le projet le plus fou d’immeuble-jardin imitant les jardins suspendus de Babylone avec terrasses et piscines à chaque étage, est encore en chantier. Babylone destinée à une clientèle russe, bouchera la vue aux riverains. A l’arrière de la vieille ville, un hôtel massif écrase la jolie petite plage qui jouxte la ville close.

11h, nous voici de retour sur « notre » plage à Jaz. Le plagiste avait promis de nous réserver des lits près de l’eau. Nous voilà derrière deux couples russes amis qui vident des bouteilles de rosé en picorant des fraises et des framboises. Ici aussi l’horizon est éclipsé ! Le serveur apporte le seau à glaçon en invoquant Napoléon. Il parle un curieux sabir mais nous nous comprenons très bien ; Napoléon ? C’est parce que nous sommes françaises mais aussi à cause de l’hiver russe « sibir » explique-t-il,donc au froid des glaçons. Napoléon a aussi été un acteur de l’histoire Monténégrine en mettant fin à la République de Venise en 1797. Les guerres napoléoniennes sont eu pour conséquence l’intervention Austro-Hongroise dans les Balkans.

Dominique reprend les calamars frits qui lui ont plu. Pour moi ce sera un risotto noir aux fruits de mer ; le riz noir est entouré par de belle moules farcies, ail et persil parfument le plat généreusement décoré de citron. C’est excellent : les petits calamars avec leurs tentacules, des crevettes et des moules sont mélangés au riz. La couleur du riz m’étonne, le riz est-il vraiment si noir ou est-ce l’encre de seiche qui le colore ?

J’ai terminé mon livre sur le Kosovo. Plutôt que d’en commencer un autre, je fais de longues traversées me fixant pour objectif chaque fois une bouée plus loin ? 17h, le soleil inonde nos lits de plage ; nous avons déjà fait bouger le parasol. Nous rentrons.

« tu n’as pas trouvé la petite sirène de Budva ? »

La sirène de Budva

Mon agacement s’est tari. Il faut savoir apprivoiser un environnement, une ville étrangère pour pouvoir l’apprécier. Quelque chose me dit qu’une sirène ne peut se trouver que près de l’eau. Pas de sirène au port, mais des caisses de poisson frais pêché que vendent les pêcheurs et des crevettes encore vivantes. Bars, dorades, deux petites lottes et des poissons plats. Je  traverse la vieille ville dans la cohue.  Les bijouteries luxueuses proposent des filigranes et du corail.

Verre romain

Par hasard je passe devant le Musée d’Archéologie(2€) installé dans une belle maison de pierre. Trois niveaux : au rez de chaussée, des vases grecs ou hellénistiques. Budva fut une ville grecque ; Des témoignages écrits en gréco-illyrien permettent de dater la présence grecque au 6ème siècle av JC. Sophocle, paraît il fit allusion à la cité. Des restes de l’époque romaine furent trouvés dans le chantier de l’Hôtel Avala(le monstre qui domine la petite plage charmante). Au premier étage une collection d’équipement militaire illyrien, des objets en terre cuite, un genre de tanagra que j’affectionne particulièrement ainsi que des récipients de verre romain de toute beauté : amphores minuscules, vases à parfum ou des urnes funéraires d’assez grande taille. Un montage d’une urne de verre dans un vase de pierre explique comment ces urnes fragiles sont parvenues jusqu’à nous en si bon état. Le troisième niveau est moins intéressant : ce sont des meubles 19ème /20ème.

les murailles de la vieille ville de Budva

J’arrive sur la petite plage contre la muraille et découvre un parcours cimenté protégé par une rambarde verte qui conduit sans doute à une autre plage. Elle démarre  à l’hôtel Avala et passe sous une falaise à a stratification en petits bancs calcaires gris clair est particulièrement plissée formant de curieuses structures. Au détour d’u rocher, la voilà, la sirène. Elle n’a pas de queue de poisson, c’est plutôt une danseuse !

La plage Mogren meublée de lits de plage luxueux est une véritable perle rare cachée dans son anse.

 

 

 

 

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De Kotor à Budva, arrivée à Budva, plage Jaz

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bouche de Kotor au petit matin

J’ai eu envie d’une baignade matinale au pied de l’hôtel. Les horribles bateaux de croisière sont partis hier soir à grand renforts de sonorisation. Un coup de sirène, voire deux à l’appareillage, c’est sympathique, poétique ; Un accompagnement musical perceptible dans toute la région est de très mauvais goût. Leur absence laisse la baie nette, agréable à regarder. L’eau est glaciale, je ne m’attarde pas.

18 km séparent Kotor de Budva par la grande route. Nous prenons le chemin des écoliers en faisant le tour de la péninsule pour arriver à Tirat. La  rive en face de Dobrota est moins construite. Les maisons en ciment sont rares il y a de véritables palazzi en pierre blanche avec balcons et armoiries. Les quais sont aussi cimentés. A 9 h du matin, la circulation est réduite, la promenade est donc très agréable à travers les villages de Mus, Prcanj, Donji Stelly en face de Perast et Lepetani. La lumière du matin convient mieux pour photographier els deu petites îles. Notre Dame des rochers est artificielle elle porte une coupelle bleue Sveti Djordje est plantée de cyprès. Une toute petite chapelle Notre Dame des Anges  (15ème )leur fait face. Elle se détache toute blanche sur l’eau bleue, enfouie sous les fleurs.

Notre Dame des anges

A Lepetani un ferry transporte les voitures sur une autre rive des Bouches de Kotor. Ensuite, la route s’élargit quitte le rivage et arrive à Tivat qui est une ville moderne avec des activités, un aéroport, un port, des hypermarchés. Le reste du trajet n’offre aucun intérêt touristique jusqu’à ce que la grande route monte dans la colline et passe par une galerie. Quand on en sort, la vue est saisissante sur l’Adriatique. A nos pieds, deux plages, la plus grande est équipée de lits de plage, parasols et bouée délimitant une zone de baignade. L’autre est une crique minuscule accessible par bateau (semble-t-il).

 Budva est une grande station bétonnée  avec des immeubles plus hauts et plus larges les uns que les autres, plus ils sont hauts plus ils sont bizarres, avec de véritables résidences privées, villes dans la ville. Le GPS ne connait pas l’adresse de l’hôtel Arka, le plan du Road book difficile à suivre. On demande aux passants qui nus sont de peu de secours ; Il faut une bonne heure et l’ide d’un policier pour trouver l’hôtel.

L’Hôtel Arka a un garage et un ascenseur. Bon gout, l’établissement est tout neuf. La chambre est petite mais elle a tout le confort, la climatisation et la télé capte  France 24, France 2 et France3.  Il y a même un porte -serviette chauffant, luxe qui parait inutile avec la chaleur, mais qu’on utilisera pour sécher maillot de bain et lessive. La réceptionniste est charmante. Elle nous conseille la plage Jaz, 2 km à la sortie de la ville après les tunnels en direction de Tivat

La plage Jaz

La plage Jaz

C’est une grande plage de sable grossier, presque du gravier, équipée sur toute la longueur.  Le premier établissement, parasols de paille, matelas bleus, bar chic propose 2 lits un parasol pur 10€ chaque lit. Le second, lits orange, 10€ pour deux lits, le troisième ajoute pour le même prix la wifi gratuite.

Le Restaurant Wild Beauty loue pour 5€ la journée et sert le déjeuner sur la petite table sous le parasol de véritables repas. Le serveur est très gentil, belles dents blanches, petit borsalino. Dès qu’il nous voit il nous parle de Cruchot et des Gendarmes à la plage. Louis de Funès a encore des fans au Monténégro ! Ses quelques phrases de français, il les a apprises au cinéma. Il connaît Chirac et Zidane, la renommée de Hollande ou de Macron n’est pas encore arrivée jusqu’ici. Le menu est présenté comme dans un bon restaurant. Nous choisissons des calamars grillés entiers et une salade de la mer : calamars, crevettes cuits dans le citron accompagnés d’oignons rouges et de beaucoup de persil très frais .Avec le café et les boissons 26€.

L’eau est limpide, turquoise, un peu fraîche (il est encore tôt dans la saison). Une goélette turque est à l’ancre non loin de là. Je goûte aussi la baignade avec mon masque. Les oursins sont bien présents et les poissons beaucoup plus nombreux que je ne l’imaginais. . L’après midi se passe entre nage et lecture.

En ville, je cherche un distributeur de billets et un supermarché. Cela ne manque pas, non plus que les magasins de mode, de chaussures de sport. Deuxième démarque ! Proclament les banderoles ; C’est hors de prix. Les touristes de Budva sont plus fortunés que moi, beaucoup de russes et des boutiques de fourrures et de bijou de prix .

Kotor et Perast

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la citadelle de Kotor

Un seul parking, entre la ville close et le port. Un énorme yacht est à quai et quelques autres plus petit. On entre dans la vieille ville par la Porte Marine passant sous un porche arrondi décoré d’un  médaillon en demi-lune où la Vierge entre deux anges est délicatement sculptée dans du calcaire très blanc. On arrive sur la Place d’Armes dominée par la Tour de l’Horloge et une Pyramide ayant servi de pilori. Terrasses et boutiques chic la bordent. La ville close est habitée mais souffre du syndrome de Concarneau ou du Mont Saint Michel : boutiques de luxe ou souvenirs pour touristes, restaurants dans chaque ruelle, chaque place, parasols rouge coca-cola et siège en faux osier gris…

Citadelle

l’église à mi pente

Pour grimper à la forteresse, il faut de bonnes chaussures. Plus de 1000 marches ! Le matin tôt le chemin est encore à l’ombre. Je monte plus pur la gloire que par curiosité : le meilleur point de vue sur Starigrad et les Bouches de Kotor, nous l’avons eu hier des Echelles de Cattaro. La montagne saint Jean est diablement escarpée, tout en soufflant, je fais l’inventaire des citadelles que j’ai gravies, depuis Nauplie, Monemvassia, Lindos, Cefalu….mais au moins là-haut il y avait quelque chose à découvrir tandis que sur le Château saint Jean flotte le drapeau monténégrin rouge et avec un aigle bicéphale brodé. Depuis l’époque illyrienne, le Mont saint jean fut fortifié, romains, Byzantins Vénitiens et autrichiens apportèrent leur contribution aux fortifications, j’ai un  plan des forts et remparts, cela ne me passionne pas plus que cela ! Au bout de 45 minutes j’arrive au sommet pour redescendre illico. La descente est moins pénible que la montée, mais elle est plus périlleuse, les passages en rampes sont terriblement glissants ? je me retrouve assise sur les fesses juste avant l’église.

Au pied de la citadelle de Kotor

Je découvre au hasard les petites rues. Entre dans la petite église orthodoxe Saint Luc, puis dans la grande Saint Nicolas, des peintres contemporains russes ont fait des fresques géantes des 4 évangélistes qui occupent toute la hauteur de la nef, j’apprécie moyennement.

Kotor

Nous nous installons à la terrasse du café Jazz à proximité du Musée Marittimo . Mon expédition à la forteresse m’a assoiffée, je commande un café frappé à la place de mon espresso habituel.  Mal m’en a pris, on m’apporte un Ice-coffee (3€) avec de la glace au chocolat avec de la Chantilly et même pas un verre d’eau que je dois réclamer. Le musée est installé dans le palais Grgurina(18ème). Les collections sont réparties sur deux niveaux le  premier présente le 17ème et le 18ème siècle, au second 19ème et 20ème. Dans l’escalier des gravures et cartes marines de « Cattaro ville des Vénitiens dans la Dalmatie ». Des maquettes de toutes sortes d’embarcation sont présentées : Galion (16ème -18ème ) Felouque avec ses voiles latines, Caraque (15ème )Nave de Leon Coronato brûlée par les pirates en 1748. Au mur, des tableaux de marine et les portraits des capitaines.

Bataille devant le Pirée

J’ai aimé la Bataille au Large de Patras(1823) et celle au large du Pirée encadrant le portrait de Marco Ivanovic de Dobrota. Il est amusant de remarquer que les capitaines fameux étaient dits de Dobrota plutôt que Kotor. Il y a également des bijoux en filigrane d’argent, ceintures, boucles d’oreilles, peignes et épingles. Dans la salle voisine, des armes ; les fusils sont incrustés de nacre sur toute la longueur et brillent. D’autres sont décorés de filigrane de même que les pistolets, les fourreaux des sabres et les sabres eux-mêmes. L’étage du 19ème et 20ème est moins poétique, les bateaux yougoslaves modernes sont moins spectaculaires que la marine à voile. 1837 Arciduco Lodovico fait la transition entre vapeur et viole, en plus des voiles il a une roue à aube. Les portraits des capitaines sont nombreux, mais ce sont des photos plutôt que des tableaux. On voit des uniformes noirs et une curieuse collection d’enfants de douze ans qui représentaient la marine de Koro. Sur un vidéogramme on voit la danse des marins sur la place d’arme, farandole dansée uniquement par des hommes graves se tenant par des mouchoirs blancs.

Saint Triphon

l’église saint Triphon (2.5€) a un musée ecclésiastique que je parcours distraitement ; Un sarcophage est le vestige de l’ancienne église du 9ème siècle. L’église romane a été consacrée en 1166, elle porte encore des fresques du 14ème malgré les destructions du séisme de 1979. Le clocher détruit par un tremblement de terre a été reconstruit au 17ème avec la balustrade baroque qui relie les deux tours . Le baldaquin au dessus de l’autel  est remarquable.

Kotor : rues

Les terrasses bondées et les prix très touristiques nous font renoncer  au déjeuner au restaurant. Le long des murs se tient un très beau marché, on hésite entre figues et melon pour accompagner un excellent jambon.  Déjeuner d’été léger sur le balcon après une baignade. je retrouve mon rythme méditerranéen avec une vraie sieste .

Perast

Après l’endroit de ma baignade sur la corniche de Dobrota la route remonte à Ljuta et Orohovac et s’éloigne du rivage. Au dessus de Perast nous découvrons les deux îles très photogéniques , l’île Saint Gorge et l’ile Madona dello Scarpello. C’est une véritable chasse photographique compliquée par le fait que le soleil de face se reflète sur la surface de la mer m’éblouit complètement ; j’appuie sur le déclencheur à l’aveugle.

vue de Perast : Madonna de Scopello

Le village de Perast est piétonnier. Les gardiens du parking sont particulièrement agressifs même pour els porteurs de la carte « handicapé », l’un d’eux me braque un laser dans els yeux sous prétexte de « voir si j’ai bu ». Perast est charmant avec ses palais, ses églises, ses bateaux amis il y a foule. Difficile d’avancer même à pied entre les gitanes et leurs dentelles, les terrasses des restaurants (délicieuses senteurs de moules et poissons grillés), les groupes de touristes qui attendent les bateau qui les conduiront aux îles. Je n’ose pas m’attarder dans l’église en robe de plage ; pas question de visiter le musée. Nous retournons à l’endroit de ma baignade d’hier mais une femme nous interpelle en serbe(ou en monténégrin) c’est le parking de son hôtel, il faut bouger. Je vais donc nager un peu plus loin toujours le long des flotteurs

Ile saint George

Deux énormes bateaux de croisière encombrent la baie et bouchent la vue. L’un d’eux est un véritable géant de plus de dix étages, l’autre norvégien est de taille plus raisonnable mais sa coque est bariolée de fort mauvais goût. Non seulement ils déversent une foule moutonnière, mais ils sont vraiment laids !

 

 

 

Arrivée à Kotor par les Echelles de Cattaro

CARNET DES BALKANS/MONTENEGRO

les bouches de Kotor

Nous quittons Cetinje par Lovcen sur une petite route qui tortille beaucoup à l’assaut de la montagne (sommets à 1749m et 1657m). Nous avions l’intention de pique-niquer au monument de Petar II Petrovic Njegos (1813-1851). La route très étroite est très fréquentée aujourd’hui dimanche. Nous ne trouvons pas le mausolée et fuyons les effluves de barbecue et la foule des promeneurs du dimanche rassemblés au Parc National de Lovcen.

Bel endroit pour un pique-nique!

Continuant vers Kotor, la route devient vraiment très étroite, on ne pourrait pas se croiser ; heureusement, à l’heure du déjeuner il n’y a pratiquement personne. A un tournant, un rocher fait office de banc et nous mangeons nos escalopes de poulet et le yaourt devant un panorama très étendu, succession de crêtes calcaires dans les fleurs de juin.

sauge bleue

La descente sur Kotor, à petite vitesse est vraiment plaisante. Chaque fois qu’on peut s’arrêter on découvre un nouveau point de vue sur les Bouches de Kotor : la route que nous avons pris un  peu au hasard est connue sous le nom des Echelles de Cattaro , nom italien de Kotor qui fut vénitienne de 1420 à 1789. J’aime ce nom d’échelle évoquant la Méditerranée orientale. A mesure que nous nous rapprochons de la ville, la circulation devient plus intense, nous croisons d’abord sportivement des petites voiture – chacun fait un effort pour reculer jusqu’à un refuge, puis moins confortablement d’énorme jeeps et enfin un  autocar qui impose une longue marche arrière. Malgré l’inconfort de cette reculade, ces Echelles de Cattaro resteront un grand souvenir !

Cétoine dorée sur ombellifère

 

On voit arriver la ville, plus bas. La vieille ville – Starigrad – est enfermée dans ses murailles. Le reste de la ville déborde sur els environs : conglomérat un peu hétérogène d’immeubles bien laids et de villas aux toits rouges et aux balcons beige, rose à l’italienne ou jaune pâle dans des jardins d’où émergent s palmiers, pins ou cyprès, parfois un magnolia en fleurs.

Kotor

Notre hôtel Marija2 , n’est pas l’hôtel de charme Marija que nous avons repéré dans le Petit Futé. Situé à Dobrota, à 2km de Kotor sur la route passante. Le parking est prévu ; construit à lfanc de colline, les chambres sont réparties sur plusieurs niveaux ; la nôtre donne sur le parking (pratique pour les valises). Son balcon est au 2ème étage au dessus de la ruelle qui conduit à la mer(50m). On peut voir l’eau et les lumières se refléter le soir en tordant un peu le cou (les « chambres avec vue » sont plus chères.).

Notre chambre est vaste, on pourrait y loger à 3. Meubles modernes fonctionnels sans prétention. Minibar caché dans le bureau : on aura de l’eau fraîche ! Climatisation (que je déteste mais qui sera utile la nuit quand il faudra fermer les persiennes pour éviter le bruit de la route). Grande salle de bain. Nous passons les soirées sur le petit balcon il y fait si agréable qu’on ne regrettera pas un instant de renoncer au restaurant sur la mer.

Nous partons en voiture explorer les environs. A pied, on arrive tout de suite sur la corniche qui tient lieu de plage, mais il y a trop de marches pour Dominique. Sur la route, des digues, des petites plateformes avec des échelles ou des marches ont été maçonnées. Chacun y installe son fauteuil pliant ou sa serviette pour se baigner dans l’eau tiède et claire. En voiture, en revanche, c’est un casse-tête de trouver où se garer.

Albizia ou arbre à soie

Quel changement avec Kolasin et ses 13° ! j’ai mis maillot et robe de plage.

Nous cherchons une  terrasse où Dominique pourra s’asseoir pendant ma baignade et un restaurant pour le dîner ; premier arrêt à une plage privée équipée de très jolis lits de plage en osier. C’est réservé aux clients de l’hôte 5* ! On peut prendre un verre en terrasse mais cela ne donne pas le droit d’accéder à la plage. Bien  qu’elle soit déserte les garçons nous chassent poliment mais fermement. La deuxième tentative sera la bonne. La baignade est merveilleuse. Des bouées protègent les baigneurs des jet-skis et bateaux à moteur. Je nage le long de la ligne des flotteurs. Baignade en eau parfaitement calme à une vingtaine de m de la côte. Sentiment de parfaite sécurité. J’ai oublié mon masque, je le prendrai demain.

Un tour à Kotor, pour constater qu’il n’y a pas de parking gratuit même devant une galerie marchande, il faut justifier de 10€d’achats pour une heure gratuite nous avons dépensé 9.67€ – insuffisant !

Cetinje, petite capitale du Monténégro

CARNET DES BALKANS/MONTENEGRO

Cetinje : petite capitale !Belle Epoque

Départ de Kolasin sous le soleil (13°)

32 tunnels jusqu’à Podgorica

Le canyon de la Morača est spectaculaire, les falaises verticales sont hautes de plusieurs centaines de mètre.  A la sortie  du canyon désert on entre dans un pays de vigne. Une route des vins touristique passe par là.

La vallée ne s’élargit qu’aux abords de Podgorica, la capitale du Monténégro, que la route contourne, nous ne verrons que des quartiers périphériques avec des barres d’immeubles de ciments gris et dégradés. Les urbanistes ont fait des efforts dessinant des escaliers avec des immeubles en degrés, légère amélioration aux tours et aux barres. Cela a mal vieilli. Il fait une chaleur estivale, les gens se promènent en shorts et T-shirt.

Les sombres forêts alpines ont laissé la place à un cortège de plantes méditerranéennes : lauriers roses florissants sur le bord des routes, Le fleurs rouges des grenadiers ressortent sur le feuillage vert tendre. Une garrigue peu dense laisse apparaître de gros rochers calcaires striés de figures de dissolution. Le brusque changement de végétation est saisissant. Des tapis de fleurs colorent le paysage : les plus fournis sont de sauge bleu foncé presque du velours, tapis ras et très dense des lotiers jaunes, touffes roses de serpolet, piquetis plus vif des œillets…

Cetinje : palais bleu

Nous arrivons rapidement à Cetinje, l’ancienne capitale du Monténégro, fondée au 15ème siècle. la première imprimerie des Balkans y fut fondée.  Subissant les attaques turques et vénitiennes, la ville déclina. Elle devient le fief de la dynastie Petrovic et de son Prince-Evêque Danilo 1er. En 1838, Petar II construisit sa résidence. L’indépendance monténégrine fut reconnue au Congrès de Berlin 1878. De nombreuses ambassades s’y installèrent. En 1910, Nicolas 1er fur reconnu roi. Avec l’indépendance, Cetinje regagna un peu de son importance culturelle, accueillant les archives nationales et le Musée Historique.  C’est maintenant une petite ville de 15000 habitants.

Cetinje – Musée Historique

Nous avons failli passer à côté de cette minuscule capitale. Aucun panneau touristique n’indique les curiosités. La voiture parcourt en quelques minutes la rue principale et on est déjà sorti ! IL faut garer l’auto et la visiter à pied. On découvre à l’ombre des tilleuls fleuris les façades pastels des maisons basses (tout au plus un étage). Il faut chercher les Palais et les vastes parcs. Le Palais Bleu a repris du service. C’est la Résidence du Président de la République. Il est gardé par deux sentinelles aux uniformes rouges à brandebourgs galonnés d’or qui se prêtent volontiers à la photographie. Nous aurions pu consacrer plus de temps à la visite des musées – ouverts de 9 à 17h, sauf l’atelier Dado qui ferme le week -end . Je préfère déambuler entre les terrasses des cafés et des restaurants, chercher les ambassades étrangères (figurées sur le plan acheté à l’Office de Tourisme) logées dans des maisons basses derrière les tilleuls. Pas une voiture ne vient déranger la promenade. , un grand trompe-l’œil rappelle que cette petite capitale s’enorgueillit d’être la première à doter le facteur de la Poste d’une automobile.

Slobodan Djuric Puro

On se croit dans un décor d’opérette, Belle Epoque ou on pense à Tintin et le Sceptre d’Ottokar, le Monténégro a-t-il inspiré la Syldavie ?  Cela ne fait pas sérieux, une capitale de 3500 habitants même si elle est dotée de grands palais et de bâtiments administratifs impressionnants. La première guerre mondiale a mis fin à la petite monarchie. Sarajevo  n’est pas loin !

J’ai préféré la terrasse d’un café à la visite au Musée Historique.

Slobodan Djuric Puro

Cetinje a aussi plusieurs musées de peinture. Un peintre monténégrin a retenu mon attention Slobodan Djuric Puro  à qui la Galerie offre une rétrospective  qui montre des aspects variés de son œuvre, aquarelles et tableaux conventionnels, compositions cubistes presque surréalistes et plus récemment des sujets tragiques faisant référence au séisme de 1979 qui détruisit Budva et Kotor voisines.

Nous quittons la ville par Lovcen 

Omer pacha Latas – Ivo Andric coll. motifs

LIRE POUR LES BALKANS/ BOSNIE

Après Mara la courtisane et autres nouvelles, Titanic et contes juifs de Bosnie, j’avais envie de me plonger dans un roman pour continuer à explorer l’univers d’Ivo Andric.

Omer pacha Latas raconte en 18 chapitres le règne de ce pacha, seraskier (chef suprême des armées ottomanes), sabre du Sultan, venu rétablir l’autorité turque en Bosnie, sur les beys et les knez qui prenaient trop d’indépendance. Le livre s’ouvre avec l’arrivée du pacha à Sarajevo en 1850 à la tête d’un corps d’armée impressionnant en une parade éblouissante et se terminera un an plus tard en 1851 par le départ des troupes. Pour commencer le seraskier terrorise toute la Bosnie, par une occupation militaire aussi implacable qu’arbitraire. Les grands ne sont pas épargnés, au contraire, enchaînés, ils sont déportés à Istanbul quand on ne leur confie pas des tâches dégradantes en public. Puis une véritable occupation de l’armée et de la cour du pacha s’installe dans la durée dans la ville. 

Chaque chapitre va décrire minutieusement comme dans une miniature orientale des tableaux vivants centrés autour d’un ou plusieurs personnages. Excellent dans les nouvelles, l’auteur écrit chaque chapitre, une nouvelle ou un micro-roman. On feuillette donc toute la collection de tableaux avec un  point de vue différent : l’entourage immédiat des officiers, l’intendant pourvoyeur de chair fraîche, la femme du pacha, le cuisinier fou d ‘amour, la carrière d’Omer pacha Latas….Plaisir retrouvé et renouvelé que j’avais découvert dans la lecture  des nouvelles. Ivo Andric – Prix Nobel – est un grand maître!

A la lecture d’Ivo Andric, je prends conscience de toute la complexité balkanique. Omer pacha le « sabre du Sultan » est un « islamisé« ,  fils d’un militaire autrichien, orthodoxe. La plupart des officiers qui l’entourent sont aussi des « islamisés » polonais, hongrois, grands buveurs et mécréants, patriotes déçus dans leur contrée d’origine. Saïda Hanum, la femme d’Omer pacha , est une pianiste roumaine. Roumain aussi le cuisinier, ou macédonien, c’est un peu mélangé. Le pouvoir turc, l’autorité d’Abdul Hamid est donc représenté par une mosaïque d’individus, mosaïque de cultures. Les Bosniaques qu’on doit réduire à l’obéissance sont de bons musulmans, mais aussi la raïa, population chrétienne orthodoxe, ou communauté juive. La scène où Omer pacha tente de séduire le voïvode Zimovitch, en rappelant ses origines à Iania Gora (Croatie), est une bouffonnerie.

j’ai pris grand plaisir à lire cet ouvrage qui est vraiment un grand livre!