Départ imminent : envol pour Tirana

CARNET BALKANIQUE

Après la Grèce, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie, il m’est venu l’envie de compléter l’exploration des Balkans vers l’Albanie.

L’agence locale albanaise qui nous a construit le circuit, nous a proposé des incursions dans les pays voisins, Monténégro, Kosovo et Macédoine… Si bien que le carnet qui s’ouvre ne sera pas Albanais, ni Yougoslave (cela n’existe plus) et se retrouve balkanique pour englober tous les pays que nous nous proposons de visiter.

Qu’allons nous découvrir? Je ne sais pas encore. En un mois nous aurons le temps de voyager à petite vitesse.

Comment préparer? pas facile de trouver les bons guides, bons ou mauvais, il n’y en a guère en dehors du Petit Futé qui a le mérite d’exister. L’agence nous promet un road-book de 80 pages. Je leur fais confiance.

Préparer avec de la littérature?

Kadaré bien sûr, 1est un écrivain prolifique, je pourrais lire ses oeuvres pendant tout le mois. Mais il me faudrait une valise-bibliothèque, les éditeurs ne sont pas pressés de numériser les livres qui existent en collection de poche.

J’ai élargi le périmètre à toute l’ancienne Yougoslavie et trouvé un autre écrivain majeur Ivo Andric (prix Nobel 1961) et c’est une belle découverte.

Je vais relire le livre de Maspéro : Balkans Transit, relecture donc mais tout à fait appropriée.

Milienko Jergovic est Croate, Ruta Tannenbaum se déroule à Zagreb, c’est un peu éloigné….

Et j’en ai d’autres dans la valise, mais pas trop!

Donc, pour un bon mois, le blog sera en pilotage automatique, de nombreux billets sont dans les tuyaux. Rythme un peu ralenti.  Je lirai sans doute vos commentaires sur le smartphone quand il y aura de la Wifi, mais il n’y en aura pas partout, et hors de l’Union Européenne, le roaming est un gouffre financier, je ne promets pas d’y répondre.

En juillet, il y aura du boulot!

 

Le Pouvoir au Féminin – Elisabeth Badinter

MITTELEUROPA

LE POUVOIR AU FEMININ – MARIE -THERESE D’AUTRICHE – 1717 -1780 L’impératrice -reine

 

Du Siècle des Lumières, j’ai toujours eu un éclairage très franco-français, Louis XV, Louis XVI, la Révolution, Bonaparte….pour ce qui est du pouvoir politique. Voltaire, Diderot, Rousseau, les Encyclopédistes…. peut être Casanova? Evidemment j’ai entendu parler des souverains célèbres comme Frédéric II, la Grande Catherine, mais toujours en rapport avec Voltaire, despotes éclairés.

Un coup de projecteur sur Vienne, plus que nécessaire, donne une vue plus centrée sur l’Empire Austro-Hongrois, et l’émergence de la Prusse. Les Guerres de Succession d’Autriche (1740-1748) et la Guerre de Sept ans (1756-1763)  sont apparues en filigranes à de nombreuses occasions sans que je n’y comprenne rien. Voilà un ouvrage qui répare ces lacunes ! Enfin, j’arrive à situer la Silésie annexée par la Prusse alors que la jeune Marie Thérèse venait d’accéder au pouvoir – la Reine nue – et dont la reconquête par l’Autriche  a été le motif de ces deux guerres. Je comprends mieux aussi le fonctionnement du Saint Empire Romain-Germanique et les manœuvres des elections de l’Empereur.

Le livre d‘Elisabeth Badinter est un livre d’histoire détaillé. Les notes en bas de page, les référence dans les correspondances d’époque, la liste des sources et la bibliographie en annexe, témoignent du sérieux de l’ouvrage. Il est très loin des romans historiques aux détails croustillants, aux fêtes en costumes, aux aménagements de Schönbrunn. Si vous comptez suivre l’enfance de Marie Antoinette, ses tenues, son éducation vous serez déçu! Peu de frivolité, de la politique, de la diplomatie! J’ai eu du mal à me repérer dans les premiers chapitres du roman parmi les nombreux personnages de la famille de Habsbourg. A l’avènement de Marie Thérèse au pouvoir, je me suis attachée à sa personnalité.

Elisabeth Badinter est une historienne féministe. Elle analyse le Pouvoir au Féminin de cette souveraine exceptionnelle qui sut concilier son métier de reine et ses maternités. Elle mit au monde 16 enfants et ne négligea pas  leur éducation. Reine amoureuse de son mari François-Etienne, duc de Lorraine, dont elle partagea la couche jusqu’au décès de ce dernier (ce qui n’était pas l’usage dans les cours de l’époque). Elle était enceinte pratiquement tout le temps, redoutant plus les accouchements que les périls de la guerre. Marie-Thérèse mit à profit sa féminité. Séductrice dans sa jeunesse, on ne pouvait rien lui refuser quand elle se présentait en larmes près de perdre Prague et la Bohème. Mère de son peuple, elle était aimée tandis que François-Etienne était méprisé. Solidarité féminine? Elle acquit de solides réseaux dans les cours auprès des femmes.

 

Tableau de la vie quotidienne :maternités, mortalité infantile et fièvres puerpérales. Petite véroles. Un tableau clinique de la santé au 18ème siècle. Les cours ne sont pas épargnées.

 

Les élus – Steve Sem-Sandberg

les-elusLes élus sont les enfants qui ont été euthanasiés à l’hôpital du Spiegelgrund à Vienne de 1941 à 1945.  789 enfants, incurables pour certains, atteints de maladies neurologiques, ou  handicapés, mais aussi indésirables pour d’autres raisons indisciplinés, abandonnés par des parents, enlevés à leurs parents alcooliques, ou d’origine juive ou tsigane.

Ce roman raconte une histoire douloureuse et vraie. Deux destins se croisent, l’un bien réel de l’infirmière Anna Katschenka, et celui, fictif d’Adrian Ziegler, enfant qui a survécu à l’enfer du Spiegelgrund (inspiré de la vie de Zawrel). Histoire  des médecins nazis qui ont dirigé l’opération. Histoire hallucinante quand on sait que l’un d’eux a exercé dans ce même hôpital jusqu’en 1981, utilisant pour des recherches neurologiques  les organes prélevés sur les enfants euthanasiés. Recherches officielles et publiées ouvertement.

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Lecture difficile du récit des tortures infligées aux enfants. Criminels mais aussi sadiques, les soignants du Spiegelgrund. Difficiles à soutenir aussi les réactions des enfants violents et imprédictibles. On comprend à la fin que certains parents n’ont pas abandonné leurs enfants et ont encore l’espoir de les récupérer vivants. La cruauté est alors sans bornes.

Malgré l’horreur, j’ai été prise dans la lecture et je n’ai pas lâché le livre avant la fin. Je voulais savoir comment l’hôpital serait libéré, ce qui adviendrait d’Adrian à qui je me suis attachée, et du personnel soignant, s’ils seraient jugés.

les partisans – Aharon Appelfeld

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

les partisansJ’ai beaucoup aimé L’enfant qui voulait dormir, un peu moins Les eaux tumultueuses , je lis Aharon Appelfeld à chaque occasion qui se présente. Merci à Claudialucia de m’avoir fait découvrir Les partisans. Toutefois je ne m’étais pas attardée sur son billet pour garder l’effet de surprise. 

J’ai cherché la mention roman sur la couverture. Témoignage ou roman? C’est bien une fiction. L’auteur s’est inspiré de son expérience personnelle pour raconter cet épisode de la guerre, mais le narrateur- Edmund, un jeune homme terminant le lycée – est plus âgé que l’auteur-enfant. Appenfeld, même s’il a recours à l’imagination n’en demeure pas moins un grand témoin de la Shoah.

Quel est donc ce Pays de l’Eau qui a caché les partisans? Ukraine, Bucovine ou Moldavie? entre Prut et Dniestr, au bord des Carpates. Cette région était investie par les armées allemandes, partie du Shtetl les juifs vivaient aussi dans des villages, peuplés d’Ukrainiens empressés d’aider les nazis à éliminer les Juifs et de s’emparer de leurs maisons et leurs biens.

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Le groupe des partisans regroupe des personnalités variées, jeunes hommes mais aussi trois femmes et deux enfants, et même le chien Eduard qui retrouve son maître. la vieille Tsirel est la  gardienne des traditions, d’autres, comme Karl sont communistes et les rejettent, Isidore connait les prières sans avoir la foi, Kamil, le commandant se réfère au Baal Shem Tov et à Martin Buber, il se définit comme un anarchiste du judaïsme. Toutes les nuances de croyances sont représentées et si les prières deviennent omniprésentes vers la fin du livre, c’est qu’il faut enterrer convenablement les combattants morts dans la forêt.

On s’attendrait à des faits d’armes, et c’est de livres qu’il s’agit. Les partisans n’ont rien emporté avec eux, il leur faut réquisitionner armes, vêtements chauds et nourriture. Ces expéditions de ravitaillement auprès des paysans ukrainiens occupent la majeure partie du temps des partisans. La plus grande richesse rapportée d’une maison juive occupée par des paysans est justement le contenu18 d’une bibliothèque. Livres de philosophie et de religion mais aussi Crimes et Châtiments, ou poèmes de Heine. Importance des mots, choisir la bonne formule, le mot juste est la préoccupation majeure de Kamil qui lie étude et morale à l’action armée.

L’amour tient aussi une grande partie dans le récit, amour qui lie tous les partisans entre eux dans l’admiration pour Kamil, dans l’affection que tous portent aux enfants et à la vieille Tsirel. Amour dans les choses simples, comme la soupe et les plats délicieux que Tsila prépare pour tous.

Les partisans essaient d’arracher le plus de juifs aux trains de la mort qu’ils font dérailler. Ils doivent prendre en charge les rescapés. Après Stalingrad, les canons de l’Armée Rouge se rapprochent. Pourtant la libération n’est pas la fête attendue. Même aux abois les nazis s’acharnent contre les Juifs et la base des partisans est attaquée. La fin du livre qui devrait être joyeuse avec la fuite des Allemands est au contraire nostalgique : Kamil, Karl, Myriam et d’autres ont été abattus, les rescapés les quittent. La grande fraternité s’émiette.

Appelfeld montre la dimension collective sans oublier la complexité de chacun des personnages, personnalités diverses et histoires familiales différentes. Cela donne une grande densité à l’ouvrage.

 

 

 

Les voix de Iasi – Jil Silberstein

LIRE POUR LA ROUMANIE

les voix de IasiAttention! c’est du lourd!
Au propre comme au figuré : 700 grandes pages d’un pavé bien épais –  livre d’Histoire très documenté retraçant l’histoire de la communauté juive de Iasi – capitale de la Moldavie – de l’antisémitisme dans la région, en Moldavie puis en Roumanie.
A Iasi, vivaient 40 000 juifs.  En Juin 1941, un pogrome fit 13 000 victimes.  Il en reste aujourd’hui,  300. Jil Silberstein essaie de comprendre ce qui a provoqué un tel massacre. Les responsabilités sont-elles à incomber aux nazis ou aux Roumains? Il fait donc une enquête auprès des témoins survivants, cherche des documents, et réalise une étude très poussée. Parallèlement il est à la recherche de ses origines, de ce grand père né à Iasi et de cette famille dont il ignorait l’existence.
La première partie de l’ouvrage est la plus personnelle : l’auteur rassemble des données éparses, des souvenirs familiaux comme des récits de pogroms – cite Bialik : Dans la ville du massacre… et conclut
« …je le savais pertinemment pour l’avoir maintes fois éprouvé avec émerveillement et gratitude, portait en lui une somme de détails signifiants, au moins un élément capable de faire mieux saisir l’équilibre général de ce tout que je me promettais passionnément de faire revivre... » Il décrit ainsi sa recherche, sa méthode, la passion et le goût du détail.
Il remonte donc aux origines du peuplement de la Moldavie, à cette voie commerciale « la route moldave », aux diverses provenances de ces juifs, séfarades ou polonais, russes dans une population très mélangée où Arméniens faisaient commerce, Grecs Phanariotes, l’administration déléguée par la sublime Porte, tatars, polonais, russes avaient leur part. J’ai lu avec plaisir l’histoire des rivalités entre Turcs et Russes, vu un éclairage différent sur le dépeçage de la Pologne, la Guerre de Crimée. Histoire que j’ai déjà étudiée, vue d’Athènes, d’Istanbul ou même de Samarcande.
Le propos de Silberstein est certes, l’histoire de Iasi mais c’est l’histoire de l’antisémitisme dans la région.
Ce n’est donc pas une histoire gaie, ni facile à lire. Souvent le catalogue de mesures discriminatoires, de vexations, de meurtres, décourage le lecteur. C’est aussi pour moi pénible de découvrir la part de responsabilité de l’intelligentsia roumaine, même les grands écrivains que j’admire comme Eminescu, même Mircea Eliade et Cioran, ont eu leurs écrits antisémites. Stupeur de découvrir aussi que l’antisémitisme théorisé a pris de l’importance en même temps que les mouvements de libération nationale suite aux révolutions de 1848. Les plus grands antisémites n’étaient pas les paysans arriérés ou les moines ignares, mais des intellectuels éclairés, distingués, polyglottes, romantiques.
J’ai donc souvent fait des pauses quand cette lecture était trop triste.C’est, cependant, un ouvrage très réussi, une sorte de collage entre les faits historiques et des récits très vivants. L’auteur se met en scène, souvent avec humour, offrant ainsi des pauses dans un texte qui n’est que rarement aride (quelques longueurs quand même dans le détail des lois antisémites votées ou non).

Je remercie Babelio et les éditions noir sur blanc de m’avoir fait connaitre cet auteur dans le cadre de la Masse Critique.

 

 

les chevaux de feu – Sergei Paradjanov (DVD)

TOILES NOMADES

paradjanovchevauxdefeu1

Emprunté à la médiathèque parce que je voulais entendre du Russe.  Pas de chance c’est en ukrainien! De plus, il se déroule dans le pays houtsoule, dans les Carpates, plus proche de la Roumanie que des steppes de l’Asie Centrale que je m’apprête à visiter.

Depuis longtemps, j’avais envie de visionner ce chef d’oeuvre. A Erevan, un musée est consacré à Paradjanov, cinéaste arménien. N’ayant vu aucun de ses films, nous avions négligé cette visite et maintenant, je le regrette.

Les chevaux de feu

 

les chevaux de feu2 L’histoire,  version de Roméo et Juliette, ne m’a pas spécialement captivée. En revanche, les images m’ont bluffée. Certains cadrages, très recherchés, sont stupéfiants. Bois, eau, terre, mousse sont photographiés de façon merveilleuse. on aimerait s’attacher encore plus longtemps à chaque image.

 

Pour autant ce n’est pas un film statique, au contraire, on est entraîné dans les fêtes villageoises, dans les rondes des masques au creux de l’hiver, dans les courses effrénées dans la montagne. Le montage se fait au rythme de la course de ces chevaux de feu.

les chevaux de feu 2

 

Film ethnographique, sur les costumes colorés de ces paysans houtsoules, de leurs cérémonies, mariage, funérailles, fenaison. Peut-être? Sorcellerie aussi.

Ce film est d’une grande richesse.

Lire aussi ICI les critique des Inrock

paradjanov
affiche du film consacré à Paradjanov

 

 

Andrei Roublev – Tarkovski (DVD)

TOILES  NOMADES

andrei roublev nativité

 

J’avais envie de mettre à l’épreuve ma méthode « Le russe tout de suite! » que j’étudie avant de m’envoler pour Tashkent.

Quoi de mieux qu’un film en VO?

Et, en plus, un chef d’oeuvre qui tombe à pic.

andréi roublev

A pic: parce que c’est Pâques et qu’en pays orthodoxe cette fête est particulièrement spectaculaire. La Passion d’Andrei qui se constitue un  épisode du film est de saison. Aussi parce que je suis en train de lire la biographie de Tamerlan : le film se déroule en 1400, quelques années après que Tamerlan ne poursuive la Horde d’Or jusque dans l’Oural et les plaines de Russie. l‘invasion des Tatars m’a fait penser à ces hordes nomades.

andreiroublev enfant coq

Point n’est besoin de prétexte pour visionner ce film magnifique. Seule précaution : consacrer 3 bonnes heures  si on veut voir les bonus du DVD.

Le prologue est un épisode étonnant: l’envol d’un ballon au 18ème siècle  préfigure l’ascension de la cloche à la fin du film. La suite du film se déroule au tout début du 15ème siècle. Scène de baladins, plutôt farce. On fait connaissance ensuite avec les 3 peintres d’icônes qui ont vraiment existé : Théophane le Grec, Cyrille et André Roublev. les épisodes se succèdent sans qu’on fasse vraiment le lien entre eux. Étonnante Passion dans la neige, scène païenne où les paysans se baignent nus, invasion des Tatars…Chaque séquence est magnifique, chargée de symboles et de réflexions sur la création, la peinture d’icônes, la transcendance.

L’histoire de la cloche semble coupée des histoires qu’on vient de voir où les peintres et les moines étaient les protagonistes. L’enfant ayant échappé à la peste, semble sorti de nulle part. Encore ici, une réflexion à la création mais cette fois-ci il s’agit d’artisanat, presque d’industrie quand on voit le métal en fusion s’échapper des creusets.

Quand la cloche est finie, Andrei Roublev   réapparaît. L’enfant épuisé lui redonne la parole et le désir de peindre à nouveau.

Andrei roublev annonciation

 

 

On croit  que l’histoire est finie.La couleur éclaire l’écran alors que le film était en noir et blanc, la caméra s’attarde longuement sur les icônes  en un final merveilleux.

 

Film historique, surtout réflexion sur la création de l’artiste, les exigences morales, la foi nécessaire..

 

 

 

 

 

Patrick Leigh Fermor : The Broken Road

LE VOYAGE EN ORIENT

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Une nouvelle édition rassemblant les trois récits du voyage de Fermor de Londres à Istanbul vient de paraître!
J’ai lu le Temps des Offrandes et  Entre Fleuve et Forêt il y a bien longtemps. j’attendais la suite depuis des années.

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Patrick Fermor – 18 ans – est parti de Londres en décembre 1933 à pied vers Constantinople.
Fermor est décédé en 2011.

Surprise : en 2013, la fin du voyage est enfin parue : The Broken Road

J’ai choisi de la télécharger en anglais sur ma liseuse. Je préfère lire en VO, même si le texte est littéraire et comporte tout un vocabulaire choisi que je ne possède pas. Magie de la liseuse : je clique et les dictionnaires m’aident.
c’est donc une lecture, lente, savoureuse, jubilatoire.

Fermor quitte la Serbie et les Portes de Fer, arrive à Sofia.

Rila
Rila

Au monastère de Rila il fait connaissance avec une étudiante de son âge qui l’invite à Plovdiv. Puis, il  marche dans la campagne, entre dans une épicerie à Tarnovo, le fils est étudiant également, ils sympathisent. De Routschouk – ville natale de Canetti – il traverse à nouveau le Danube et rejoint Bucarest où il est reçu dans la meilleure société…puis longe la Mer Noire et arrive pour la nouvelle année à Istanbul, dont nous n’apprenons presque rien.
Le périple n’est pas terminé puisqu’il se poursuit au Mont Athos.
C’est un livre de randonnées, Fermor raconte ses aventures. il raconte surtout ses rencontres.
De la haute société de Bucarest, francophone, proustienne et snob il passe à une grotte occupée par des pêcheurs grecs et des bergers bulgares avec leurs troupeaux avec le même bonheur – et pour le nôtre! Nous ferons enfin connaissance avec des moines russes, bulgares ou grecs…

 

Mère et fils de Călin Peter Netzer (Roumanie)

BUCAREST/PARIS

Film très noir.

Qu’est-ce qui est plus tragique? Les rapports entre Cornelia, la mère possessive sexagénaire, et son fils, Barbu 34 ans veule qui tente de  s’en affranchir mais se laisse entretenir. Ou l’accident où meurt un gamin de 14 ans, heurté par Barbu qui conduisait à grande vitesse à l’entrée d’une agglomération.

Cornelia, architecte, décoratrice, scénographe et sa sœur, médecin vont contacter toutes leurs relations pour éviter à  Barbu un procès pour homicide. Ces bourgeoises dans leur manteau de fourrure sont confrontées à des campagnards modestes. Opposition de deux milieux. Arrogance des deux bourgeoises qui téléphonent à des gens connus dans le commissariat. Corruption à tous les niveaux.  Les policiers ont l’air honnête, mais à la deuxième entrevue le policier trouve qu’une architecte pourra peut-être intervenir dans le permis de construire sur le bord d’un lac. Acheter un  témoin paraît facile, pas tant que cela, le témoin demande une somme folle! Cornelia espère par toutes ces manœuvres regagner son emprise sur son fils….

Peu d’espoir, pas de tendresse dans les rapports familiaux, très oppressants.

Seule leçon de dignité: chez les parents de l’enfant décédé. Douleur.

Ce n’est pas franchement un divertissement mais les acteurs sont tous excellents, , ils jouent juste. Film bien très construit. Une tragédie dans la Roumanie d’aujourd’hui.

Les noix confites, une recette venant de Roumanie

BUCAREST/PARIS

Dans cette rubrique, je laisse la parole à George qui commente souvent mon blog.

 

Chez nous, les noix sont récoltées au début du Juin. C’est pourquoi je ne peux pas vous conseiller quand vous pouvez les récolter dans votre région..Cela dépend du climat(Par exemple: Ici nous sommes autour de la “parallèle 35” ), En tout cas, on les récolte avant que la coquille  ne commence à durcir, quand elles ont un diamètre de approx. 2 ou max.3 cm. Et il ne faut pas cueillir les noix et les laisser/oublier dans un coin en pensant que vous n’avez pas du temps et/ou que vous pouvez les préparer seulement après quelques jours. Il faut réserver du temps suffisant, pour commencer et finir tout ce processus de préparation. Si non, c’est mieux de abandonner et attendre l’année prochaine.

 

Il faut utiliser seulement des noix que vous avez cueillies vous-même et pas des noix que vous avez

achetées n’importe ou(au marché supermarché, etc.).

 

Ingredients:

 

100-120 noix vertes

1 kg sucre

1 citron

3 tasses d’eau(1 tasse=250 ml)

2 sachets de sucre vanille

 

Après cueillir, on introduit tous les noix dans un vase , en eau froide et on les garde ici pour 24 heures.

 

On change l’eau froide à chaque 4 heures (6 fois).

 

On met des gants de cuisine pour protéger les mains; si non, la coquille verte des noix va laisser sur les mains une couleur  presque noire qui n’est pas facile à enlever tout de suite.

 

Avec un couteau on enlève très bien toute la partie verte de chaque noix jusqu’au moment quand on arrive à la partie blanche. Après finir de peler chaque noix, on la jette dans un autre vase avec de l’eau froid. Après peler et jeter la dernieère noix (No. 100 ou 120 , ha, ha !! – c’est le moment quand je dis souvent que je veux abandonner!) dans l’eau froide, on met dessus une assiette ou quelque chose similaire qui doit être lourd, pour maintenir toutes les noix, en permanence, dans l’eau (si non, les noix qui ne sont pas complètement couvertes par l’eau vont devenir noires et bonnes à jeter à la poubelle).

 

Les noix doit rester dans l’eau froide  jusqu’au lendemain matin(si, par exemple, nous avons commence toute cette activité ce soir). Mais  jusqu’au lendemain matin il faut  continuer à changer l’eau froide (3 ou 4 fois).

 

Enlever complètement l’eau froide et introduire tous les noix en eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part(En: “set aside”) la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la premiers fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la première fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes. (En total, 3 opérations similaires).

 

Enlever l’eau chaude et plonger tous les noix en eau froide, qu’on l’enlève 2 ou 3 fois jusqu’au moment quand nous avons déjà préparé le sirop.

 

Pour le sirop on utilise de l’eau et du sucre: la préparation du sirop est fini quand une goutte de sirop reste en forme presque ronde sur une surface, sans se dissiper…

 

On enlève l’eau froide et on introduit tous les noix dans ce sirop et on les laisse bouillir a un feu réduit  pour 10-15 minutes et apres ca on agrandit la flamme jusqu’au moment quand on considère que c’est cuit.

Pendant ce dernier process, c’est une “mousse” presque blanche qui se forme… Il faut l’enlever, mais il ne faut pas la jeter , car ca c’est tres bon a manger.

Avant la fin de tout le process on ajoute le jus du citron et/ou une tranche de citron, on laisse bouillir un peu.

 

Après enlever tout et éteindre le feu, on ajoute le sucre vanille.

 

On laisse tout refroidir et on introduit toute la quantité dans des pots propres et secs.

Toute ma vie, j’ai appelé l’activité de préparation de la recette dans la cuisine : « Le cirque » : escalade dans le noyer, sélection et « pick up » rapide de chaque noix; chaque fois, les mains étaient presque noires à cause de la coquille verte des noix  et après çà: toute la jonglerie (autour de la cuisinière) avec les vases pleines de l’eau froid ou « hot » …

ma contribution à ce billet est uniquement l’ajout d’accents qui ne figurent pas sur le clavier roumain de George. J’ai laissé les tournures roumaines pittoresques