Jeravna : maisons musées, soirée

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le village vu de notre terrasse

Trois maisons-musées se visitent ainsi qu’une  galerie de peinture et l’église Saint Nicolas.

La galerie se trouve dans les hauteurs du village dans une très belle maison à façade blanche. Sa véranda est soutenue par des piliers cylindriques en bous (comme à Koprivishtitsa) ; le jardin est merveilleux : hortensias, phlox, réséda et des rudbeckias qui ont envahi le dallage et poussent entre les pierres conférant un aspect fantaisiste.

Comme souvent,  la gardienne de la maison Sarva Valchev Filatov se raidit à notre approche pour se radoucir ensuite. De nombreux Bulgares ont cette attitude presque agressive quand on leur parle en anglais. Ils ont peur de ne pas être à la hauteur de la situation. Quand ils voient que tout se passe bien, ils deviennent très gentils.

La maison Sarva Valchev Filatov ressemble aux autres maisons que nous avons visitées dans les autres villages : à l’étage une grande pièce tapissée de kilims, sur l’estrade les sempiternelles banquettes rouges sont remplacées par des kilims de couleurs vives et variées. Cuisine avec cheminée à la turque. Le bureau de l’écrivain est moderne : un lit à l’occidentale, un bureau, des étagères.

Plus que le mobilier, c’est la personnalité de l’ancien propriétaire qui donne l’âme de la maison ainsi que le contexte qui est présenté :

Nous apprenons ici que

Jeravna, sur la montagne Stara Planina (nom bulgare du Balkan) doit son nom au grand nombre de sources et des moulins installés sur les ruisseaux, jernov est une pierre à moulin. Pendant la période ottomane, le village avait le statut de village de soldats : il fournissait des soldats à l’armée turque, en échange recevait la possession de la terre et l’avantage de ne pas payer d’impôts.  Au 18ème siècle, le progrès économique donna une prospérité au village. L’occupation principale était l’élevage, le tissage de la laine des moutons et le commerce des textiles. Au 19ème se fit ressentir el besoin d’éducation.

Sarva Valchev Filaterov :

Son père possédait des chevaux (troupeaux) et plus de 10.000moutons dans la région d’Andrinople. Il fait des études àShoumen et à Moscou écrivit le premier guide de conversation et fonda une école de filles et garçons.

relais de Poste dessin sur mon carnet Moleskine

Je dessine, assise sur une carriole,  l’auberge relai de poste : un cheval mange son foin, suspendue à une chaine, une roue. De la vigne grimpe à la tonnelle et s’étale.

A l’auberge du village, les tables sont installées sur la pelouse ; Je commande une soupe du berger (2.9levas) : haricots et cubes de jambon, épaisse et parfumée avec des épinards frais et du persil. Je n’ai déjà plus faim quand arrivent les foies de volaille cuisinés avec oignons, tom

les chèvres rentrent seules

ate et champignons, délicieux mais très copieux.(4.5levas)

A la tombée de la nuit, le voisin d’en face tire son âne joliment harnaché avec un gros pompon rouge sur le front et deux petits sur le côté. Il tire une carriole peinte en jaune et remplie de foin. Le baudet s’entête ; le monsieur tire. Peu après, les chèvres rentrent seules et se présentent devant la porte de leur étable ; le foin de la carriole était sans doute pour elles.

Jeravna : arrivée à l’Ekohôtel

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De la place de Jeravna, les rues revêtues de gros pavés ronds montent entre des murs surmontés d’un petit toit de tuile. Les dames ont accroché des kilims et des sacs tissés, chaussettes et chaussons. Dans cette région, on tisse et tricote ! Ces souvenirs ne sont pas tous beaux mais ils sont authentiques ! Les marchandes lisent notre voucher et nous pilotent jusqu’à l’Ekohotel Jeravna « derrière le camion ! » Sauf que le camion bouche la rue. Encore une fois, des manœuvres, du hayon du camion ressortent deux pointes, le camionneur guide, la voiture passe de justesse.

Ekohôtel Jeravna

Notre gite est situé dans une très belle maison de bois. Toutes les maisons ici, sont recouvertes de larges planches noircies, horizontales, protégées par de larges auvents de bois recouverts de tuiles romaines. Les jardins sont cachés par les murs. Notre maison est particulièrement soignée. On se croirait dans un musée ethnographique si bien que je n’ose pas déballer les affaires des valises et tout notre désordre restera dans la voiture ; La chambre est lambrissée de bois ciré. Les rideaux blancs ont dentelles et pompons, bois foncé ciré aussi pour les tables de nuit et l’armoire. Lits blancs ; Une corniche de bois ciselé court tout autour de la pièce. Deux fenêtres se font face. Côté est : ouverte sur la rue, côté ouest, sur un balcon, petit salon sur une estrade où se trouvent un rouet, des navettes, une table basse sur des kilims.

On n’osera pas s’asseoir du côté des rouets et des quenouilles, on prendra le frais sur les banquettes recouverte d’épaisses peaux de mouton. Le vent fait un courant d’air sur le balcon, il fait très bon.

 

Sur la terrasse : le "musée"

J’ai plus envie de dessiner que de faire des visites. Nous partageons le balcon avec deux femmes bulgares, mère et filles. La fille parle bien anglais. Elle est très curieuse de notre voyage, très fière que j’apprécie les villages bulgares. Elle pense que la Bulgarie a une mauvaise image dans les milieux occidentaux (elle est au contact avec des hommes d’afffaires) elle est ravie que les étrangers apprécient son pays.

De Nessebar à Geravna, en route

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goéland bruyant


La climatisation nous a laissé une toux d’irritation qui dégénère en mal de gorge. Nous avons décidé de nous en passer. Au milieu de la nuit, j’ai ouvert la fenêtre; le brouhaha du dehors a envahi la chambre, rumeur d’une boîte de nuit, fêtards éméchés, une fille saoule qui rit aux éclats, mais surtout rires et glapissements des goélands insomniaques. Ce matin, leurs ricanements m’ont éveillée avec le bruit d’un dribble sur le pavé. Qui peut jouer au ballon à 6h15 ? Un goéland faisait rouler une petite bouteille d’ayran avec application, la reprenait dans son bec pour la lâcher plus loin. Un autre tape dans une planche qui résonne au sommet d’un auvent. Maîtres des airs et des toits, ils semblent avoir une vie sociale intense.

Nessebar est une ville piétonnière. Ne peuvent circuler en voiture que les riverains, lees livreurs et les clients des hôtels qui ont des parkings. Notre place était réservée face aux excavations des thermes. Une Mercédès noire surdimensionnée bloque le passage. La réceptionniste est désolée. Le propriétaire de la voiture n’est pas à l’hôtel pour le moment. En sortant la voiture voisine, après moult manœuvres le Berlingo s’extirpe de là. Ce n’est pas une petite voiture non plus !. Le GPS a décidé de nous faire prendre les routes principales : route de Bourgas puis route de Sofia. On lui désobéit et on coupe par Kableskovo, Aïtos puis Karnobat.

La végétation est sèche, l’herbe ressemble à un paillasson. Le paysage a un air méditerranéen bien différent des fraîches forêts de feuillus du nord du pays. Cerisier, amandiers ont soif ; Les tournesols sont grillés. Nous sommes sur le versant sud du Balkan, peut être pleut-il moins. Le sous-sol argileux apparaît par plaques. Après Karnobat, dans un très beau vignoble avec des rosiers à la fin de chaque rangée de vigne, des pancartes publicitaires vantent le « château Karnobat », à côté du panneau le drapeau de l’Europe. Le château Karnobat a bénéficié des subventions de la communauté européenne, mais sous quelle forme ? Qui en  est les propriétaire ? Notre voyage pose plus de questions qu’il n’y répond.

On quitte la route de Sofia, direction Shoumen. Jeravna est indiqué par un panneau marron. Nous restons sur le circuit balisé touristique

Nessebar : après midi tranquille

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Eglise des Archanges

Saint Spas est à deux pas de l’Hôtel, de l’autre côté des thermes. C’est une petite église enterrée plus récente que les autres (1609)

Derrière Saint Spas, les rues sont beaucoup plus tranquilles, moins envahies par les marchands, les pavés irréguliers, la vigne et la végétation plus abondantes. Nous goûtons ce calme et découvrons la très jolie église des Archanges Michel et Gabriel (13ème)fermée, dont les décors extérieurs sont intéressants, intégrant ronds et croix vernissées. De l’autre côté de la place ombragée, deux terrasses de café sont vides, l’église Sveta Paraskeva est également fermée et délicatement décorée avec les briques en arêtes.

La dernière visite est celle « Musée ethnographique », en fait, l’église moderne très encombrée d’objets du culte sans aucun intérêt pour nous et des fresques modernes sans grâce.

Sur le chemin Sainte Sophie, la grande cathédrale « vieille Métropole » fondée dès le 5ème siècle. Toits et coupoles ont été détruits mais les ruines ont belle allure.

carnet moleskine, au café en face des Archanges

Fin des visites ! On profite de la douceur de l’après midi à une table en terrasse entre les Archanges et S Paraskeva. J’entreprends le dessin des l’église des Archanges. Dessiner au café est un moment privilégié, je me laisse imprégner de l’atmosphère du lieu. Le dessin me force à observer les détails.

Baignade. J’essaie la plage sud qui a de jolis parasols près de l’amphithéâtre. Déceptions : des cailloux sont tapis sous le sable grossier, les algues vertes battues par els algues rendent la baignade désagréable et cachent le fond. De plus, l’eau n’est pas assez profonde pour nager tout de suite. Après cette tentative, je rejoins l’autre plage protégée par la digue du restaurant de poissons. J’avais pris our du sable les coquilles de moules et d’autres coquillages pilés qui coupent un peu les pieds. Deux mètres plus loin, c’est assez profond pour nager. Des bouées délimitent le périmètre de baignade, je fais mes allers-retours comme en piscine dans l’eau tiiède et calme tout juste soulevée par le ferry qui passe au loin puis par le gros bateau de croisière.

Coucher de soleil sur le port à 8h40 ? Dîner dans la rue d’une pointe de pizza délicieuse et glace. Je déambule dans la nuit qui sied bien à Nessebar : les éclairages mettent en valeur les ruines de Saint Sophie.

Nessebar : Musée Archéologique

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Le Musée archéologique se trouve  à l’entrée de la ville, près de la digue. Avec la réduction du billet combiné, nous faisons la dépense de l’audio-guide ce qui est une excellente idée.

Quand Nessebar était Messembria

Musicienne

La première salle est occupée par une maquette de la ville et une exposition temporaire «Musique et Danse dans l’ Antiquité » : terracottas de musiciens et d’acrobates, des vases grecs à fond noir.

Hécate à figure triple, protectrice des voyageurs était autrefois placée à un carrefour (statuette 30cm). Deux bas-reliefs présentent les stratèges de la ville procédant au sacrifice d’un bélier. Les boucliers sont accrochés au plafond ainsi que cuirasses, jambières et casques. Au dessus de l’autel cylindrique, une stèle montre les fondateurs de la ville (Marsias et ?)

4 Hydries de bronze servaient d’urnes funéraires. Deux portent des appliques d’une grande finesse. La plus belle figure Borée enlevant Oreithya (4ème siècle  av.JC) .

 

La ville de Messembria était riche : on a retrouvé des trésors composés de bijoux d’or magnifiques ; Les orfèvres thraces et grecs connaissaient  les techniques d’émaillage, de filigrane et de granulation. Les pierres dures taillées (Aphrodite et Athéna) étaient enchâssées dans un sertissage d’or.

Je remarque un récipient (genre cruche) avec la tête de Dionysos.

La collection numismatique témoigne également de la richesse de Messembria. Qui a battu monnaie depuis le 5ème siècle : oboles, drachmes, tetradrachmes, certains imitaient la monnaie d’Athènes (quelques fois avec des erreurs dans la graphie grecque)D’autres identifiaient la provenance de Messembria : tête casquée de Marsias (fondateur de la villeà sur l’avers, une roue avec l’indication META . les pièces romaines sont celle d’Hadrien (117-118), Caracalla(198-217) Septime Sévère(193-211) Gordianus et Tranquillina ???

Des poteries et des pierres tombales avec racontent l’histoire de Nessebar, sa conquête par les Bulgares, puis par les Croisés au 13ème siècle le retour à Byzance, entretemps les destructions par un séisme.

Au sous-sol, une collection d’icônes : comme en Crète, une école de peinture subsista sous la domination ottomane au 17ème-18ème

Nessbar : cartes anciennes &églises

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briques roses et vernissées du Pantocrator

Avant que la foule n’envahisse les petites rues et que le soleil ne chauffe les pierres, la promenade dans Nessebar est agréable. Nous découvrons des ruelles préservées des marchands et des placettes calmes.

Première visite à l’Eglise du Pantocrator située sur la place principale en face de la Poste. De l’extérieur, l’église est décorée de tessons vernissés vert clair et de croix en céramique vert foncé (creuses) en lus des mosaïques de pierre et briques des autres églises. Plusieurs rangées de pièces vernissées brillent sous le soleil. L’église a été transformée en Galerie d’expositions.

L’exposition actuelle : Cartes anciennes  est passionnante. La plus ancienne est un fac-similé d’une copie du 13ème siècle d’une carte des routes romaines du 4ème siècle. Méditerranée et Mer Noire sont très étroites tandis que les côtes sont dilatées latéralement. Aux nord, des pointes alignées : limes ou Carpates ?

Un portulan du 14èmedécrit le Pont Euxin et toutes les colonies grecques dispersées sur son pourtour. Une carte italienne de 1393 montre Bulgarie et « Romania ». Curieusement, Romania n’est pas la Roumanie actuelle au nord de la Bulgarie mais toute la thrace jusqu’à l’Egée et le Mont Athos.

1684, la Carte de Giacomo Cantellido Vignola représente la Bessarabie peuplée de Tatari di Budzlak au nord du Danube et Tatari di Dobruss- sujjetti al turco ainsi qu’un royaume de Bulgarie( ?)

1737  le Royaume de Bulgarie s’étendant de Bourgas jusqu’au nord du delta du Danube me laisse perplexe, ces territoires étant restés ottomans jusqu’à la fin du siècle suivant.

1744 Nessebar est encore mentionnée sous son ancien nom de Messembria.

Saint Jean Alithurghetos

L’église Saint Jean Alithurghetos (14ème ) regarde la côte sud au dessus de l’amphithéâtre. Elle est bien ruinée. Sa décoration, jeu de pierres et briques, en croisillons, est très élaborée.

Saint Stephane

Saint Stéphane  est la plus belle église. Dans le narthex, le Jugement Dernier avec son fleuve rouge en diagonale séparant ceux qui vont au paradis de ceux qui vont en Enfer est classique. D’habitude l’enfer est plus amusant. Avant la conquête turque les fresques étaient à l’air libre. Ce sont les Ottomans qui reconnaissant la force de la fresque la firent enfermer  et gommer  les visages  et effacé l’enfer au 17ème siècle. L’intérieur est couvert de peinture. La Dormition de la Vierge est magnifique, les anges soulèvent des petits nuages avec des têtes. . Lazare est entouré de bandelettes comme une momie. Pour la Pêche miraculeuse, on remarque le barbecue dans un coin..Ces fresques sont très expressives avec beaucoup de mouvement. En revanche la rangée des saints debout au registre inférieur, sont hiératiques.

Nessebar : une petite île très touristique

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Eglise du pantokrator


L’arrivée dans  les nouveaux quartiers de Nessebar est peu plaisante, encore des immeubles énormes, des panneaux publicitaires. Le GPS nous guide dans une urbanisation balnéaire horrible avant de parvenir à la vieille ville de Nessebar sur sa petite île reliée à la terre par une digue.  Au poste de contrôle (entrée d’un grand parking), je brandis le voucher de l’hôtel qui sert de laisser-passer. Balkania a bien fait les choses. Une place de parking est réservée à l’hôtel.

L’Hôtel Royal Palace est un vrai 3 étoiles, climatisé, une réceptionniste stylée et gentille, tout le confort. Le balcon donne sur une courette. Entre les maisons, on devine la mer. Le plus insolite et charmant se trouve dans le couloir : des arches de briques et pierres, construction byzantine incluse dans le bâtiment moderne. Les serviettes sont moelleuses et immenses, à ces détails on reconnaît le vrai trois étoiles ! La carte du restaurant s’avère décevante : des plats internationaux et sans intérêt, rien de ce qui fait notre ordinaire en Bulgarie, ni poivrons farcis, ni aubergines, ni soupes au tripes ou aux haricots, à la place des consommés de poulet ou de la soupe à la tomate !

La télévision donne toute satisfaction : sorties vidéo pour nos câbles, Euronews et CNN pour les nouvelles du Monde. Elles ne sont pas réjouissantes : à Bourgas, non loin d’ici, un car de touristes israéliens qui arrivait de l’aéroport a été victime d’un attentat.

Le tour de l’île se fait en une petite heure. Le parking nord assez étendu sépare la ville des quais. Le charme vient de la mer. Les immeubles de la station balnéaire qui tapissent le golfe ne sont pas si déplaisants, vus de très loin. Les collines sont boisées. Vers la pointe, une petite plage invite à la baignade tranquille. Comme un éperon, sur pilotis un restaurant s’enfonce dans la mer, restaurant de poisson qui arbore un drapeau grec à côté du drapeau bulgare et de celui étoilé de l’Europe. La côte sud est bordée par une route en corniche. Des restaurants ont construit des terrasses suspendues au dessus de l’eau. C’est tranquille, classe, et sûrement cher. On y propose crevettes, gambas, fritures et moules mais les prix ne sont pas affichés, mauvais signe !Une autre plage avec des parasols se trouve au pied d’une horrible boîte géante : boîte de nuit ? club de plongée ? ou terminal des ferries ? je n’ai pas bien compris, à fuir. Plus loin le quai d’où partent les ferries et des bateaux de grande taille. Un trois mâts qui croisait dans la baie déverse un flot de touristes attendus par des autobus. C’est sans doute, à son bord, qu’on admire le coucher de soleil avec une flûte de champagne (publicité trouvée dans la chambre de l’hôtel).

Nessbar, petit port de pêche

Un petit port de pêche avec des barques colorées est niché dans une anse non loin de l’amphithéâtre aux arches antiques. On fait les réglages d’une sono impressionnante. Je pénètre ensuite dans une zone de baraques, mi-marché de Noël, mi-marché africain, on y vend tout et n’importe quoi, des chaussons fourrés aux chapkas, des produits de beauté à la rose aux masques africains, sans oublier les bibelots en coquillages, les tatouages-décalcomanies, les aimants criards et les cartes postales érotiques. Es baraques cachent la mer. Sur le quai, des bateaux-taxis hèlent les clients dans toutes les langues (surtout russe et anglais), faisant la navette entre le Vieux Nessebar et les plages Sunny Beach. En face, une sorte de rempart, série de restaurants sur deux niveaux, beaucoup moins jolis que sur la côte sud. Les plats sont standardisés. Les calamars remplacent les poissons, pizzas et salades composées sont photographiées pour les illettrés – usines à touristes !

Pour l’usine à touristes, je n’ai encore rien vu. Du quai, Nessebar est ravissante avec ses maisons traditionnelles aux toits en pyramides de tuiles rouges. Maisons à un étage en encorbellement. Les premier étage en bois rappelle les maisons turques, la vigne court en tonnelle. De loin, l’ensemble est homogène et charmant. Au niveau du trottoir, en revanche, c’ »est la catastrophe. Le Mont saint Michel est un désert commercial à côté des rues de Nessebar. Pas un centimètre qui ne soit consacré à la vente. Si on lève les yeux, c’est pour voir des dentelles, des nappes à rares vertes ou rouges, des tenues de marins du 6mois au XXL, et cela dans le meilleur des cas. Dans le pire, ce sont des empilements de mugs sérigraphiés à l’effigie des vedettes, fesses et seins en cartes postales. Pas de vitrines décorées, ni de boutiques d’antiquaires, ni commerce d’alimentation. Rien de banal ou de quotidien pour reposer les yeux. Encore moins de boutiques de luxe. L’or et l’argent s’exposent avec leur teneur en carats. Les églises byzantines sont noyées dans cette masse de marchandises. J’avais espéré que le soir, après la fermeture des sites touristiques, aurait apporté une trêve et de la tranquillité. Erreur ! Les navettes apportent des stations balnéaires leurs cargaisons de dîneurs qui préfèrent les terrasses sur mer aux salles à manger climatisées des grands bastringues. Nessebar ne désemplit pas. D’ailleurs, ces visiteurs sont-ils des passionnés d’histoire antique ou byzantine ? N’est-ce pas justement le supermarché à souvenirs qu’ils recherchent ?

coucher de soleil sur la Mer Noire

Plages de la Mer Noire de Varna à Nessebar

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bords de la Mer Noire, avant les promoteurs....

En route

10km avant Varna, je mets en route le GPS  qui nous guide sans encombre à travers la grande ville. Si facilement qu’on hésite. Et si on visitait le Musée Archéologique ?

L’autoroute, puis la route traverse des forêts de magnifiques chênes. On la quitte à Blitnatsi pour la petite station de Kamtchia. La mer est cachée par les feuillages. Nous arrivons sur la rivière Kamtchia à un débarcadère, départ de promenades sur le fleuve. Retour en arrière. On dépasse un complexe sportif géant flambant neuf et on s’engage dans un village de vacances avec des bungalows en bois à moitié abandonnés, vides et en ruine, certains encore occupés. On aboutit à une plage de sable fin très large. Plage familiale publique où les familles sont venues avec parasol et glacière. Un marchand ambulant vend des beignets à la criée. Deux tavernes toutes simples sur le bord de la plage, l’une OLYMP blanche aux lettres bleues pourrait être grecque puisque l’alphabet cyrillique et grec utilisent ces mêmes lettres, l’autre CHEKbAP m ‘intrigue, je m’interroge sur ce chèque ou cheik arabe ? Cela se lit tout simplement Snack bar. Difficile de nager : l’eau n’est pas assez profonde et des petites bestioles attaquent. En bonne naturaliste j’aurais dû en capturer une et l’examiner, je me contente de me donner des grandes claques sur les jambes pour m’en débarrasser.

Obzor

Vanté par nos guides, décrit comme un village agréable doté de belles plages de sables, nous avons décidé d’y piqueniquer avec encore une baignade en perspective. Malheureusement les promoteurs ont construit depuis la dernière édition du Petit Futé des immeubles monstrueux qui ont bétonné le littoral sur des kilomètres. On trouvera quand même une faille dans le mur pour atteindre la plage.

Eminé

Pour fuir le béton nous avons trouvé une étape sauvage : le Cap Eminé. Le nom d’Eminé me fait penser à une jeune fille turque et me plait. Le goudron a depuis longtemps disparu de la piste en très, très mauvais état ; 6 km très éprouvants pour la voiture neuve ! A n’emprunter qu’avec un 4×4. Pourtant, deux belles berlines, Mercedes et Audi nous précèdent. En haut de la côte, un grand loup de bois domine le cap. Deux directions différentes s’offrent à nous, redoutant une nouvelle épreuve, on n’ira pas plus loin.

Obrochiste

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Nous avons quitté sans regret le « complexe ethnographique »,  notre chambrette monastique et son personnel négligent. Au petit déjeuner, pain perdu graisseux et mal cuit avec une sorte de tisane où flottait une rondelle de citron. Dommage qu’un si bel endroit soit si mal géré. Malgré les photos du Prince Charles, l’accueil est loin d’être princier !

Obrochiste

Premier bourg en direction de Varna. Nous cherchons le Teke Ak Yazala Baba. Après avoir erré dans le village je demande à la dame qui balaie l’église  le  « manastir », et, saisis dans le flot de paroles, qu’il se trouve sur la route d’Albena, à la sortie du village.

Une rotonde, colonnade aux arches islamiques se trouve dans un jardin public. Une véritable armée jardinières y travaille (ou plutôt est assise, binette à la main). En ruine plus loin le tekke, imaret avvec une haute cheminée et tombeau à coupole argentée. Au tombeau, je suis accueillie par les aboiements aigus d’un chiot qui ne m’impressionne pas. L’arrivée de la chienne, mamelles pendantes, est plus dissuasive. Une dame intervient. Elle me tend une feuille imprimée en Français et me fait signe de m’asseoir sur un banc.  Je résume ici :

imaret

Les Kazalbachians pensent qu’ Akyazala Baba est enterré là. Les Chrétiens pensent que c’est saint Athanase. Les deux pensent que le Saint est protecteur des animaux domestiques.  La tombe était couverte de cadeaux.

A côté se trouve l’Imaret avec une grande cheminée, décrit par Evliya Cheleby en 1652, il y avait 100 derviches.

Le tekke existe depuis le règne de Murad II(1421-1451).

La religion des derviches Aliana d’après l’imam Ali dit que dieu est Un et qu’on l’appelle seulement d’après différents noms. Cette pensée crée la tolérance.

La dame ouvre un placard où se trouve une petite chapelle et allume un cierge. Sur la tombe se trouvent différentes dentelles et serviettes

la Mer Noire : cap Kaliakra

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cap Kaliakra

Nous avions l’intention de déjeuner sur le port de Balcik mais il est malaisé de circuler en été dans une station balnéaire. Après avoir négligé le parking du port,  on se retrouve au port de commerce avec des entrepôts peu sympathiques et pas de terrasses de restaurant.

On suit l’indication Thracian cliffts (un golf et les projets immobiliers qui vont avec). Les golfs sont souvent situés dans les meilleurs endroits. La route longe la mer puis arrive à Kavarna nettement moins chic que Balcik. Toutefois on a fait des efforts d’urbanisme : les murs aveugles des HLM de ciment à la mode soviétique sont peints de grandes fresques représentant des vedettes locales du rock, de la pop, chevelus guitaristes, chanteuse avec son micro. Cela égaie un peu !

Déjeuner à la ferme des moules

"ferme de moules"

A la sortie de Kavarna la route file au nord vers Durankulak et la Roumanie. Nous la quittons et traversons le petit village de Balgarevo où on vend d’énormes melons jaunes et des pastèques dans la rue. Un panneau indique la « ferme des moules », une étroite route descend vers la mer. Pas de plage mais deux restaurant s de moules en terrasse sur le bord de l’eau. Des moules fraîches servies de toutes les manières, en cassolettes, à toutes les sauces (noix de coco entre autres), en farce pour les feuilles de vigne ou de chou, en soupe, en salade …Nous commandons une salade « Nuit romantique » servie dans un poisson de verre, tiède, petits pois crus, moules nappée d’une sauce rose. Ensuite une petite friture (10 levas) très bien servie, la portion va pour deux. Le décor est parfait : les tables sur le bord de l’eau sous un filet(camouflage militaire) qui projette des ombres ajourées sur la terre. Les falaises de Thrace sont en  calcaire tendre, la pente est adoucie par des buissons. La Mer Noire est calme et vrete. De nombreux goélands voltent et se posent. Les serveurs sont habillés en marinière à rayures. Nous admirons leur dextérité à porter les plateaux (le record 2 faitouts et 7 cassolettes d’une seule main. ). C’est vraiment un  moment très agréable.

Cap Kaliakra

On paie 3 levas à l’entrée du parking.

Une première statue, colonne blanche ondulante célèbre les 40 vierges qui ont noué leurs cheveux pour plonger dans la falaise et échapper aux massacres turcs. Les guides racontent tous cet épisode. Sur place, on n’insiste pas trop. Au bout du parking, autre statue : un guerrier martial, monument aux morts (explications en cyrillique). On entre par une poterne dans la forteresse. L’enceinte d’un mur médiéval a été restauré.

Histoire du Cap Kaliakra

Le peuplement du Cap Kaliakra est millénaire. Les Thraces l’appelaient Cap Tirisis et la ville Akre. Au 4ème siècle Lysimachos, un des héritiers d’Alexandre le Grand, transforma la forteresse pour en faire sa résidence. Le roi thrace Roimetalias (11av. JC-32apr. JC) reprit la forteresse. Le cap Tirisis et Akre passèrent aux mais des Romains en 15 apr.JC. En 341 Flavius Hermogenes, commandant de la cavalerie de Constantin entreprit des constructions. A la fin du 4ème siècle elle fut détruite par les Avars. Puis elle resta byzantine jusqu’à la conquête turque au 15ème siècle.

C’est une jolie promenade dans les ruines et sur les bords de la falaise sous un vent frais qui agite la Mer Noire (bleue) de petites vagues. Vers le nord, les falaises sont colorées : des niveaux oxydés alternent avec les horizons blancs créant des rayures. Les maisons et églises sont trop ruinées pour être lisibles par de simples passants. On a aménagé dans une grotte un petit musée plus intéressant par les maquettes et panneaux explicatifs que par les objets présentés.

Au retour, on achète un melon avec la ferme intention de ne rien consommer au restaurant de l’hôtel avec sa carte prétentieuse et mensongère et ses prix exorbitants.

La fin de l’après midi se déroule tranquillement à la piscine.