Les vallées descendent de la montagne vers Rethymnon mais ne communiquent pas. A chaque excursion il faut descendre à la vieille route.
La route d’Agia Galini se trouve de l’autre côté de Rethymnon qu’il faut traverser ce qui n’est pas désagréable ; c’est une ville méditerranéenne aux immeubles de 4 étages tout au plus avec des balcons et terrasses de couleur crème, jaune pâle ou rose. Du haut d la ville on a une vue plongeante sur la citadelle, les ports.
La nécropole Nécropole d’Armeni est bien indiquée sur le côté droit de la route.
Sur le panneau, je lis :
Les fouilles (1969) ont mis à jour 231 tombes datée Late Minoan (1400-1200AvJC) au lieu dit Prinokephalo « colline des chênes » . Ces tombes sont creusées dans la roche et comportent un couloir et une chambre. Chaque tombe est familiale. L’âge moyen des hommes est 18-31 ans et des femmes 20-25 ans. Le régime alimentaire ne comportait pas d’apport de poisson mais des protéines animales et des végétaux. On a trouvé dans les tombes des poteries.
Arrive en même temps que nous des Anglais dans un minibus. Des archéologues ? je me prends à espérer. Non ! Des maniaques des orchidées qui s’extasient devant un phénomène tout fané. J’explore les tombes sans autre commentaire. La plupart des tombes sont de petite taille avec un couloir d’1 ou 2m. L’une d’elle possède des marches et une chambre carrée avec des bancs. Plus haut dans la colline je trouve ensuite des excavations plus profondes. Les fous des orchidées savaient ce qu’ils cherchaient ! J’en dénombre 5 ou 6 espèces différentes alors que je n’y connais rien !
qui connait celle-ci?
Au dessus de 400m la végétation change au profit d’un maquis ras (phrygane ?) les ajoncs sont fleuris, les épineux ras, les arbres se raréfient. La route traverse des villages sans caractère
Eleftherna est un vaste site archéologique à une dizaine de kilomètre au nord est du monastère d’Arkadi.
Nos guides sont muets. Heureusement les autorités crétoises ont posé des panneaux et des cartes. Il faut dépasser Archéo-Eleftherna où les fouilles sont fléchées. On gare la voiture derrière une grande taverne (fermée hors saison) : un plan montre une quinzaine de points d’intérêt : citernes, latomies, puits mais aussi une nécropole bien visible dans le paysage grâce à d’énormes voûtes métalliques protégeant les tombes, deux sites : Katsivelos et Orthi-Petra.
Eleftherna porta successivement les noms de Satra, Saoros, Aeros, Appolonia.
Les fouilles ont mis à jour des vestiges allant de l’âge de bronze (10ème à 7ème av JC) d’époque Hellénistique et même d’époque Romaine et des restes des Premiers Chrétiens. Au musée archéologique de Rethymnon une très belle statue venait d’Eleftherna.
Un sentier balisé (gros points rouges) conduits aux points d’intérêt ; marchant sur la roche nue, je découvre d’abord une tour (pas d’indication chronologique), le sentier descend ensuite dans le vallon et se confond avec le GR E4, sentier Européen, (balisage jaune et noir) qui est en balcon.
Citerne ou latomies?
Sur le bord du sentier se trouvent les citernes (anciennes latomies ?). Pour arriver à la nécropole je quitte le sentier européen et suis les points rouges par des marches de bois. J’atteins le site de Katsivelos : murs épais, colonnes (mais je ne comprends rien). Autant les cheminements sont bien entretenus, autant les explications sont totalement absentes. Il faut beaucoup descendre pour arriver à un grillage fermé qui protège les tombes. Les toits arrondis visibles de la route sont immenses. Le site est bien aménagé avec des escaliers métalliques, une route asphaltée y conduit. Impossible d’entrer.
site de Katsivelos
Le temps se gâte, il me faut remonter avant la pluie. J’ai quelques appréhensions : et si je ne retrouvais pas les marques rouges ? En remontant je découvre un autre parcours qui mène dans l’autre vallée à l’ancienne ville. Quelques gouttes tombent.
Une route goudronnée conduit à des propylées modernes de briques : tonnelles, bancs de bois, billetterie et toilettes (fermé) Le portail est ouvert mais les fouilles sont grillagées. De bancs sont installés à l’aplomb : on peut ainsi voir d’en haut. Il ne manque que les explications.
la ville antique
Nous avons approché les traces des anciens Crétois mais je n’ai pas été capable de les interroger !
Le ciel est bas, les nuages cachent les sommets.
Le village de Margaritas est spécialisé dans la céramique : de nombreux ateliers et magasins proposent toutes sortes de marchandises du pithoï antique où on peut élever un citronnier, au coquillage stylisé à suspendre au mur, en passant par les photophores d’argile brute aux découpes en triangle ou par les bougeoirs-fleurs vernissés. Les couleurs des émaux sont assez criardes et vulgaires. Je préfère l’argile nue. Autour de cet artisanat, des tavernes et Rooms to Let.
Juste après Margaritas une tholos minoenne à 300m (appréciation crétoise manquant de précision). Empruntant une piste interminable, nous finissons par trouver la fouille : une tranchée droite soutenue par des poutrelles métalliques. Encore une fois notre poursuite des anciens crétois ne sera pas très parlante.
L’ancienne route traverse des contrées boisées et des oliveraies et rejoint la côte à Stavromenos. Maisons à louer, hôtels font une barrière bétonnée cachant la mer ? Il faut s’engager dans une ruelle au dernier moment pour espérer l’approcher ; première tentative à Stavromenos : taverne fermée en bord de rivière, pas de plage, les vagues battent les rochers. Deuxième un pue plus loin, un beau parking, un café de plage mais gardé par des chiens effrayants. Troisième tentative : un restaurant, des installations de plage qui ne s’envolent même pas dans la tempête : quasi-miracle !Je m’élance sur le sable qu’on croirait tamisé mais je garde mes sandales ; il fait froid, les grandes vagues interdisent qu’on s’approche de l’eau. Le vent soulève le sable mais aussi des morceaux de bois, des coquilles et me fouette les jambes. Encore une fois, une rivière barre le passage. Pas envie de renouveler l’expérience du passage à gué ! Je rentre après un petit quart d’heure.
Soleil, vent, nuages et mer très agitée. Une fine couche de sable recouvre la terrasse, la table et les voitures. Hier, un nuage bizarre et avait voilé le soleil avec une curieuse tonalité jaune citron sous les nuées grises inquiétantes. Etait-il porteur de ce sable ? Il fait assez bon au soleil pour prendre le petit déjeuner dehors : 6 oranges pour un grand jus, toast, yaourt grec au miel/
La route d’Arkadi passe par Mesi et Kiriana (jolie église à campanile vénitien). Dès qu’on dépasse l’altitude de 350m on se croit en montagne. La végétation est dense : vieux oliviers mais aussi chênes, platanes et caroubiers : montagne chevelue, touffue, dense a relief tourmenté. Au dessus de 400m on arrive dans une sorte de lande aux ajoncs fleuris. Juste avant d’arriver au monastère, le sentier européen E4 coupe la route.
Façade vénitienne du Katholikon
Le monastère est isolé dans la campagne, bâtiments massifs accompagnés de pins et de cyprès. Le porche d’entrée laisse entrevoir la façade Renaissance (1587) de l’église dont la finesse contraste avec la nudité des murs extérieurs. Joyau enfermé dans la vaste cour délimité par les bâtiments monastiques construits sur deux niveaux d’arcades sobres. Calme et recueillement : le moine vend les tickets (2.50€) sans un mot. On croisera une vieille femme vêtue de noir et voûtée, quelques chats …
Dans le Katholikon, grande surcharge de lampes et lustres de cuivre ou d’argent (ce détail m’avait frappée à saint Catherine du Sinaï). Aimable désordre des églises orthodoxes : arche fleurie d’œillets à l’occasion de Pâques, lutrin, icones, chandeliers. L’iconostase de bois porte de nombreuses peintures d’époques et de styles variés.
Arkadi : porche et vieux cyprès
Le Musée est installé dans une construction à deux étages séparé de la cour par un porche derrière un vieux cyprès mort au tronc impressionnant. Divers objets ecclésiastiques sont dans des vitrines. Belles icônes de l’Ecole Crétoise du 17ème siècle. Des armes du 19èmetémoignent des luttes contre les Turcs. Dans le Réfectoire, une banquette de pierre court le long des murs, au fond le puits et une peinture moderne de la Cène. La petite pièce adjacente était sans doute la cuisine avec sa cheminée imposante et son évier de pierre. Des jarres au fond bombé trouvent leur place dans des creux d’un banc de pierre.
A l’étage, les portraits grand format, en Noir et Blanc, des combattants Crétois du 19ème siècle : hommes farouches armés de pétoires de sabres ou même de bâtons. Culottes bouffantes, ceinture de tissus et bottes de cuir. Le visage est toujours barré d’une épaisse moustache noire souvent la barbe est fournie. Coiffés de fez, de turbans, ou coiffures ecclésiastiques.
Le monastère fut le théâtre d’un épisode tragique raconté par Kazantzaki dans La Liberté ou la Mort. En 1866, à la suite d’exactions turques un millier de Crétois se réfugièrent au monastère. A l’approche des turcs l’Higoumène Gabriel alluma la poudrière où étaient réunis les réfugiés qui préféraient mourir que de se soumettre. On visite l’emplacement de la poudrière et un tableau sérigraphié représente le massacre. La visite se termine à l’extérieur du monastère dans l’ossuaire où sont exposés leurs crânes.
Un an plus tard, j’ai trouvé cette vidéo sur un blog que j’aime beaucoup, qui raconte la Grèce et surtout publie régulièrement des poèmes en grec avec la traduction.
La rue Nicéphore Phokas qui descend la colline et traverse la vieille ville nous servira de repère. Nous préférons déambuler au hasard dans les ruelles à la recherche de la Fontaine Rimondi et de la Loggia Vénitienne, toutes les deux rue Paléoglou. On s’égare dans des rues bordées de trop de magasins de souvenirs pour être tout à fait charmantes. J’achète 2 éponges dont j’ai besoin et passe agacée devant les torchons, nappes, tabliers, coussins, brodés au motif de l’olive que l’on retrouve identiques sur les côtes de la Méditerranée : de la Provence à Capri, de Corfou à Chios. Komboloi en plastique imitant l’ambre (déjà plus typiques) dentelles, toujours des dentelles, produits de beauté à base d’huile d’olive et même de bave d’escargot (dixit la vendeuse). Arabatzoglou la rue la plus « pittoresque » selon nos guides, est bien encombrée de tous ces articles du tourisme de masse standardisé. Entre les artefacts je cherche et trouve de très belles portes aux linteaux ciselés, la plus imposante est surmontée d’une inscription turque.
Vénitienne ou Turque?
La Fontaine Rimondi est à sec aujourd’hui, elle est faite de 4 colonnes corinthiennes et de 3 gargouilles à tête de lion. Une arche la sépare d’un bâtiment rose. Le contraste est encore plus saisissant. Vénitienne ou florentine la loggia ? C’est maintenant une galerie vendant des copies d’antiques.
Port vénitien
Le Port Vénitien, presque fermé, est bordé de maisons colorées hautes de deux étages, aux balcons de fer forgé abritant toute des restaurants. Les invitations des serveurs sont pressantes : les terrasses sont vides. L’un d’eux nous poursuivra toute la longueur de son bout de trottoir. Nous éliminons tous les établissements qui ont remplacé les chaises en bois grecques par des fauteuils carrés design en rotin noir ou gris. Nous hésitons entre deux tavernes aux chaises bleues et aux tables assorties. Café frappé, ouzo, mais pas de mezzés. On les réclame. Service minimum : 4 petits quartiers de tomate, 3 rondelles de concombre, 5 ou 6 olives et quelques croutons. Les touristes peuvent boire sans manger !Le ciel se voile, le vent se lève. Les cafetiers roulent leurs stores et mettent à l’abri tout ce qui peut s’envoler.
Apéro au port vénitien
Nous terminons la promenade devant la Mosquée Nerandza. Le minaret est corseté par un échafaudage métallique assez monstrueux. Le bâtiment coiffé de ses deux coupoles roses n’est pas à son avantage en telle compagnie. Il s’échappe de la musique : c’est le conservatoire. J’achète 2 gyros, très bien servi à la viande croustillante. L’esplanade est toute tagguée et couverte d’affiche politiques qui m’intéresseraient bien si je comprenais quelque chose.
Motifs turcs sur les porche de San Francesco
Je termine la visite sur Ethnikis Antistassos, rue commerçante qui conduit à la Porte Guora de la ville. Elle bordée par de vraies boutiques : marchands de chaussures, quincaillerie, boulangerie et même un poissonnier. Autrefois nous avions aimé ses magasins désuets, l’échoppe du barbier avec une cage à oiseaux m’avait enchantée. Je ne reconnais plus la rue. Au détour d’une ruelle je découvre la grande église San Francesco et un porche décoré par les turcs très finement pampres et grappes de raisin, croissant, en bas lion de Venise ( ?).
14h, nous avons parcouru la ville en tous sens. Il est temps de reprendre la voiture garé au parking (Old City Parking à côté de la Forteresse 6€).
Fin de la journée à la plage de Rethymnon, déserte en cette saison, très agréable avec son sable fin. Bordée de restaurants et d’hôtels elle doit être couverte d’installations l’été.
On pénètre dans la Fortezza par un passage voûté assez longs, 3 bâtiments y étaient installés (maintenant boutique de souvenirs).
dans la fortezza, les fleurs et les montagnes blanches
Les montagnes blanches, au loin , barrent l’horizon se détachant sur une prairie fleurie d’anthémis jaunes(que Tournefort venu herboriser en Crète en 1700 appelle des Fleurs dorées), de hautes mauves et des fines clochettes d’avoine. Les murailles de pierre claire dessinent un parcours compliqué avec les 7 bastions aux noms de saints : Saint Paul, St Hélie, St Luc, Esprit Saint, sainte Justine St Sozon et St Nicolas. Les murailles paraissent imprenables, vissées au rocher. Pourtant les Vénitiens ne tinrent que 70 ans la place forte de 1573 ) 1646.
Dépôts, garnisons, maison du recteur et Palais épiscopal sont encore visibles.L’église Saint Nicolas a été remplacée par une belle mosquée à la vaste coupole et au fin mihrab. Le minaret a été détruit.
La promenade est tranquille dans la belle lumière du matin. Le dépliant distribué au guichet avec les tickets raconte que, jusqu’en 1960 l’enceinte de la Fortezza était habitée et qu’il y avait de nombreuses maisons. Pourquoi les a-t-on détruites ? Réhabilitation difficile ? Désir d’en finir avec les Turcs ? Primauté de l’archéologie et du tourisme ? Cela me rappelle la démolition du village de Gournah et de quartiers entiers à Louxor. Les Guides Vert et Évasion passent sous silence cette histoire. Dans la prairie fleurie on a du mal à imaginer les maisons. De retour à Créteil, j’ai trouvé dans le Guide Nelles un indice : c’est pendant la seconde guerre mondiale que les maisons de la forteresse ont subi les destructions. Des femmes se sont même jetées des remparts pour ne pas être prises en otage des nazis. Ce funeste souvenir aurait empêché les reconstructions
Dépôts de garnison souterrains
Je visite les Dépôts de la Porte Nord : une grande salle souterraine est vide, en face dans une petite salle on a entassé les pierres tombales d’un cimetière turc : arbres ciselés d’inscriptions, ou fleuris, turbans enroulés.
En face de l’entrée du Fort se trouve le Musée Archéologique :
Les objets proviennent du Nome de Rethymnon. Une carte situe les fouilles : il y e a partout. Certains objets sont préhistoriques : silex, os sculptés, minoens, mais d’autres beaucoup plus récents sont hellénistiques ou d’époque romaine. Les sarcophages minoens en terre cuite sont décorés d’animaux : bovins, cerfs et présente aussi des figures humaines stylisés.
sarcophage :motifs animaliers
Un plasticien a eu l’idée de faire travailler des enfants sur les thèmes minoens et de disperser les productions enfantines dans les vitrines en écho aux objets antiques, au milieu des sculptures. Le résultat est tout à fait réussi, coloré, rafraîchissant. Les enfants ont aussi utilisé les sceaux et les pièces pour créer avec les empreintes ou des photos agrandies des bijoux. Des figurines en plâtre sont déposées sur un échiquier, on les a reliée par un fil de laine rouge formant un labyrinthe ; l’allusion au fil d’Ariane est immédiate.
Pandanassa, est un village perché où 4 kafénéios se répartissent de part et d’autre de la route. L’un d’eux se pare du titre de supermarché mais ne vend rien de particulier.
A Apostoli, un panneau indique une église byzantine. Nous engageons bien imprudemment la voiture dans une rue étroite bordée de maisons blanches où les habitants ont laissé leur véhicule devant leur porte transformant le passage en slalom périlleux. (Cela fait des années que nous savons qu’il ne faut jamais entrer en voiture dans ce genre de rue mais nous oublions régulièrement la leçon). Toujours pas d’église byzantine. La plus jolie église minuscule se trouve au cimetière de l’autre côté de la route.
En bas d’Apostoli, à Agia Fotini de trouve une église moderne énorme, un centre de soin, des commerces, dont un supermarché est ouvert aujourd’hui, lundi de Pâques. Nous y achetons du jambon de dinde, du pain en tranches et des yaourts, menu très ordinaire et peu grec ! Nous le mangeons à la sortie de Gena, minuscule hameau, derrière une chapelle blanche.
Thronos
A Thronos, nous sommes attendues : la patronne du café se tient devant sa porte et proposed’ouvrir l’église. Les voisins guident la manœuvre pour garer la voiture. La Panaghia de Thronos est une église du 11ème siècle, très simple ce l’extérieur : le linteau porte les armes de la famille Kallogeri (le village de Kallogero est voisin). A l’intérieur, des fresques 13 et 14ème . La dame embrasse la Vierge peinte en se collant au mur, puis elle me laisse admirer les saints. Une peinture est un peu étrange : le Christ est debout dans une mandorle d’où sortent 5 bâtons pointus transperçant les saints, l’un d’eux est même à terre, accroché par son manteau. Je n’ai vu cette scène nulle part.
Après la visite, je commande un café grec. La dame va et vient derrière son comptoir et apporte un plateau avec deux cafés, deux verres d’eau du fromage blanc un peu sec et deux biscuits, sorte de biscotte au goût d’anis. Au café trois clients discutent sans prêter attention à moi. Ils ont ramassé des asperges vertes sauvages.
Sivrytis
Le site minoen de Sivrytos occupe toute l’acropole de la colline de Kefala. Sivrytos dominait deux vallées, capitale de la Crète de l’Ouest, citée dans les tablettes de Cnosssos.
La grimpette se fait sur un bon sentier fleuri alternant passages raides et faux plats. Le site est fermé, le portail tient par un fil électrique à peine noué. Les vestiges sont dispersés sur un vaste plateau : des murs de pierre subsistent encore, les bâtiments sont identifiés par des numéros ce qui ne facilite pas l’interprétation des profanes. Les ophrys roses font de belles taches colorées. Le Psiloritis semble à portée de main. Encore une belle promenade !
A Kalogéro, , il faudrait demander (selon nos guides) la clé de la chapelle Agios Yoannis à 30 mn de marche. A qui ? au kafénéio ? Il se fait tard et temps de rentrer ;
La route du retour passe de l’autre côté du barrage de Potami, elle est sauvage, dominant un canyon. Partout on a installé des ruches. Existe-t-il du miel d’ »ajonc ? Un bel oiseau au plumage métallique bleu vert se pose sur un rocher.
Un détour par la plage nous tente. Ce n’est pas facile d’y accéder. Des hôtels immenses barrent les accès. Le vent hérisse la mer de crêtes blanches et soulève le sable qui cingle. De gros galets bordent la plage. Je ne peux pas faire ma promenade habituelle les pieds dans l’eau. Une petite rivière barre la plage, je crois pouvoir la passe d’un bond à un passage étroit. Erreur ! Là où c’est étroit c’est aussi assez profond. La rive cède sous mon poids et je me retrouve complètement trempée. Heureusement avec le soleil et le grand vent mes habits sèchent en moins d’une heure.
De Patsos, une randonnée longe le ruisseau passant par la Grotte Saint Antoine (Andonios spilia) et aboutit au lac de Potami. J’aimerais bien faire cette promenade à condition qu’elle soit balisée.
Nous laissons la voiture à côté de la belle taverne Drimos (signalée dans toute la région) Un petit âne bâté est attaché. C’est le seul que nous verrons des vacances, il y a encore 13 ans nous en croisions partout. Il semble que les paysans crétois soient passés directement de l’âne, au gros 4×4 noir. Le plan est affiché sans échelle, ni indication de temps ou de distance. Je renonce donc à me lancer dans l’inconnu et ferai un aller retour 35minutes en descente, ce qu’il faudra pour remonter.
Le début du parcours est tout à fait soigné : barrières de bois, sol cimenté jusqu’à la Grotte. Vénérée depuis le temps des Minoens où les cultes sylvestres des sources étaient fréquents, ce fut un sanctuaire d’Hermès à l’époque romaine. Quelques mètres plus loin, se trouve l’autel soigneusement badigeonné à la chaux et l’icône de Saint Antoine accueille les pèlerins. Des béquilles sont entassées contre les murs, de nombreux ex-voto sont suspendus. Il semble que cette grotte soit miraculeuse. Un peu plus loin, un sentier grimpe, les marches ont été taillées, l’ascension est raide mais facile, on parvient à une plateforme : observatoire d’où on n’observe rien de particulier tant la falaise est proche. Montée inutile. Le sentier s’insinue dans les gorges, plus de ciment ni de barrière mais un parcours bien tracé.
Des rondins de bois matérialisent des marches ; les premières sont d’une hauteur raisonnable. Il faut cependant être vigilant : le calcaire est très glissant, presque du marbre et le sentier, étroit. A mesure que l’on descend, les cailloux dégringolent, les rondins n’assurent plus grand-chose. Une marche fait un mètre de dénivelé. Quand bien même j’arriverais à la descendre, comment la remonter ? Seule, ce n’est pas bien prudent, à plusieurs on s’assure. Je rebrousse chemin à regret, il ne reste que quelques mètres pour atteindre une passerelle sur le ruisseau et peut être un meilleur sentier. Au retour, je consulte la carte sans échelle ni distance et découvre qu’il existe deux sentiers un sur chaque rive pour aboutir à a passerelle. Je regrette d’avoir abandonné si près, j’aurais trouvé le chemin du bas et il aurait été inutile de remonter les marches ! Le sentier du bas est aussi mieux balisé avec des points verts fluo indiquant les passages. D’est désormais trop tard, tant pis ! La promenade très fraîche animée par le vol des hirondelles brunes nichant dans la falaise fut très agréable.
Au lever du jour, les neiges du Psiloritis qui brillent sous le soleil levant nous font changer nos plans. Les routes qui relient les villages situés au-dessus de Rethymnon descendent toutes à la côte. Il faut aller à la « vieille route » pour prendre une route qui montera dans une autre vallée. Nous perdons un temps fou à trouver Giannoudi. L’urbanisation récente, la construction des villas pour les touristes ou pour les Crétois, ont mité le paysage. Les anciens hameaux ne sont plus identifiables. Où est donc Giannoudi ? Sommes-nous sur la bonne route ? la carte est illisible. On a goudronné des chemins allant aux nouvelles maisons.
les gorges de Prassiès
En fin sortie de la « banlieue de Rethymnon » nous arrivons à Prassiès qui a déjà des airs de montagne malgré les 400m d’altitude des sommets qui l’entourent. La route passe à un petit col (300m). la vue st surprenante sur la vallée très verte du Potamos. Le vallon est fermé au nord par des gorges impressionnantes (Prassano Farangi près de Prassiès) taillées dans une roche violacée. Il s’ étale mollement dans des marnes très glissantes : la route toute neuve est presque coupée par endroits par de véritables coulées de boue. La route court sur des crêtes hérissées où des arbres se détachent sur le ciel bleu très intense. Au dessus on entend des troupeaux. Les ajoncs sont en fleurs, boules jaunes lumineuses. Petites taches roses des cistes. Dans les pentes les asphodèles dardent leurs inflorescences blanches. Au fond du vallon le barrage de Potami retient un lac. Au fond les neiges du Psiloritis brillent.
Retour sur la New Road, creusée dans la montagne, qui longe la mer sans qu’on ne la voie. On la retrouve juste avant Bali. Des parkings surplombent de petites criques. A Bali, il y a une jolie plage de sable bordée de tavernes, vides en avril. En revanche, les lits de plage sont déjà sortis avec les parasols, canoë et planches à voile. Les touristes parlent tous français. Des enfants se baignent. Je marche pieds nus au bord de l’eau dans l’écume de la vague qui se brise. Il fait un temps splendide et 21°.
La Nouvelle route passe devant des constructions balnéaires géantes aux noms espagnols, italiens ou nordiques, bien peu crétoises. Ce tourisme standardisé de grosses unité bétonne le front de mer.
A partir de Stavromenos nous cherchons à quitter la route (double ligne continue) impossible on ne trouve de sortie qu’aux abords de Rethymnon traversant des quartiers à l’urbanisme navrant. Les caractères cyrilliques font leur apparition. Tiens des Russes ! (il s’agit principalement de boutiques de fourrures). Ici aussi, la côte est gâchée.
Les Crétois sont avares en panneau de signalisation routière. Ou ils sont situés au dernier moment, cachés. On roule au jugé, à la boussole. Nous cherchons Adelé, rien ne l’indique ; En revanche le monastère d’Agios Démétrios, lui, est fléché. Tant mieux, c’est la bonne direction ! Notre location se trouve entre Aghia Triada et Mesi. En plus du plan, le propriétaire nous a fourni une photographie aérienne de Google Earth. Sur place on ne reconnait rien. Après 3 allers et retour entre Aghia Triada et Mesi, on s’arrête pour demander ; les gens sont français et c’est là !
Notre gîte est situé dans un petit lotissement en pleine campagne, face à la mer. C’est une barre grise de 4 appartements avec une terrasse grise de graviers et une piscine minuscule. A l’intérieur c’est tout neuf : murs blancs, canapé rouge et noir, éléments de cuisine rouges, une table imitation bois clair et 4 chaises au dossier noir et coussin blanc. Ensemble blanc, rouge et noir, contemporain. Rien ne rappelle qu’on est en Crète (Rouge et noir pour Cnossos ?)Sur la terrasse meubles de jardin parfaits : table avec le plateau en vert serti de métal noir, chaises anthracite légères et confortables. On a échappé au plastique ! Sortant du village crétois d’Arolithos, nous ne pouvons qu’être déçues !
Une petite route de ciment descend au ruisseau où poussent des roseaux très hauts ? Sauge et fleurs odorantes égaient la promenade. Le ciment s’arrête à une petite maison entourée de murs bas. C’est une église au toit en demi-cylindre(genre voûte nubienne). Le muret délimite une courette. Porte-cierges formant une sorte de cône sont sortis. La porte est ouverte ; il suffit de tourner la clé. Église récente mais consacrée. En dessous le sentier est moins bon et envahi par les herbes. Un autre ruisseau se jette dans celui que je suis. On a fait un barrage. La retenue d’eau i onde le chemin. J’hésite un peu, ôte mes sandales et passe à gué. Le chemin continue en balcon avec vue sur la mer, toujours des fleurs et des vergers d’orangers. Je croise une dame aux cheveux rouges à l’air un peu égaré qui cueille avec des ciseaux je ne sais quoi. Une sorcière ? Au dessus du chemin, autour d’une grande maison moderne sont parquées des brebis.