C’est une installation d’art contemporainque nous offre l’artiste franco-gabonaise s’inspirant des rituels de deuil des pleureuses punu. Elle met en scène un
« récit de larmes expérimenté lors du décès de mon père à travers les rites d’accompagnement au mort par les pleureuses »
Art total puisque Myriam Minhidou associe la musique à ses sculpture. Comme un long serpent ondulant, une sculpture végétale émet une mélodie vibratoire quand on la caresse. Le visiteur se déplace donc dans une ambiance sonore qu’il crée en intervenant sur la sculpture.
harpes gabonaises
Autre référence musicale : les harpes sacrées conservées dans la tour des instruments du Musée du quai Branly. Elle a transposé la peau de ces harpes en céramique.
argile et sel
Larmes de sel cristallisé et gravées, mémoire des larmes, invitation à la méditation
Cette exposition au Musée du Quai Branly tombe à pic surtout qu’elle fait suite à la très grande exposition Mexica traitant également de civilisations précolombiennes.
Cette exposition a été précédée de deux autres : l’une d’elle commémorant les 500 ans de la Rencontre des Deux Mondes et Arts des Sculpteurs taïnos en 1994 au Petit Palais sous le patronage de Jacques Chirac.
La longue histoire des Améridiens des Antilles commence au Vénézuela. Partant du Delta de l’Orénoque, les Taïnos naviguèrent sur des pirogues jusqu’à Cuba, la Jamaïque let les Bahamas important leurs traditions agricoles et leur céramique Saladero. Les Kalinagos ne dépassèrent pas la Guadeloupe.
Jougs de pierre
Certains objets sont très aboutis comme les jougs de pierre et les étranges trigonolithes (pierres à trois pointes)
trigonolithes
Les archéologues ont mis en évidence des traditions améridiennes comme le Jeu de Balle des Taïnos à l’occasion de cérémonie religieuse , les balles étaient en caoutchouc.
Rituels de Cohoba
Le rituel de Cohoba seuls les caciques y participaient. Après une purification par un jeûne prolongé et des vomissements (on voit ci-dessus des spatules vomitives) la Cahoba était une poudre d’origine végétale provoquant un état de transes hypnotique.
les Kalinagosétaient cannibales . L’exposition présente les bâtons casse-têtes.
Des photos montrent également l’art rupestre de ces peuplades.
Arrestation et déportation du cacique Caonabo(1991) Frank Zephirin
Une vidéo montre la rencontre des deux mondes illustrée par les tableaux naïfs de peintres haïtiens
Arrestation et déportation du cacique Caonabo
Les Espagnols ont décimé les Amérindiens mais les Kalinagos ont obtenu un territoire à la Dominique, dans l’île de Saint Vincent les Garifunas « Caraïbes noirs » métissés avec des esclaves africains ont adopté la culture Caraïbe. A Porto Rico de nombreux habitants ont des ascendants taïnos.
Et voici qui vient contredire Christophe Colomb qui parlait d’indigènes nus et naïfs!
Herbin : Route muletière à Céret (mon tableau préféré)
J’ai, à l’occasion, rencontré les tableaux de Herbin dans des visites diverses et chaque fois, je les ai remarqués sans savoir qui était le peintre.
Herbin – Autoportrait fauviste
Le charmant Musée de Montmartre le présente ainsi :
« Auguste Herbin est le secret le mieux gardé de l’aventure de l’art moderne »
Né en 1882 à Quiévy (Cateau-Cambrésy), fit ses études aux Beaux Arts de Lille et se passionne pour la peinture impressionniste.
Paysage nocturne à Lille
S’installe à Paris en 1901, de .
le Fauve (1902-1908)
1909-1927 au Bateau-Lavoir
paysage cubiste près du Cateau Cambrésis
Le fauvisme le mène au cubisme, j’aime beaucoup ces arbres cubistes!
la Famille, femme et enfants
Alors que les Cubistes, Picasso, Braque Gleizes ont tendance à affadir les couleurs, privilégiant les constructions, Herbin affirme la couleur
autoportrait cubiste
la nature morte au chapeau très coloré est une sorte d’autoportrait intime
nature morte au chapeau(1928)
Il séjourne en 1913 à Céret en même temps que Max Jacob, Kisling, Juan Gris et Picasso, il y retournera à plusieurs reprises.
Chemin du Bon ange à Vaison-la-Romaine
Avec un autre paysage méditerranéen je ne sais s’il faut le caractériser de cubiste ou pas.
Composition colorée
les Compositions colorées sont de plus en plus abstraites. Elles débouchent sur des grands tableaux abstraits appelés monumentaux.
Homme et Femme (1944)
Les tableaux suivants sont regroupés sous le titre L’alphabet plastique où couleurs et formes géométriques correspondent à la manière des Correspondances de Baudelaire ou de Voyelles de Rimbaud
Génération 1959
Toute une série colorée très séduisante conclue la rétrospective.
Découverte d’une civilisation, d’une histoire, d’une mythologie dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je suis perdue, éblouie, bluffée, ahurie. j’en perds même les réflexes habituels : noter sur mon carnet, recopier les cartels. Que noter? Que recopier? Les noms sont si difficiles à lire, je serais en peine de les énoncer de mémoire tant ils sont étranges.
Ce n’est pourtant pas la première exposition d’Art Précolombien que je visite après les musées de San Joséau Costa Rica, Les Olmèques au Qui Branly, Machu Picchu, Trésor du Pérou au Trocadéro, je subis toujours la même sidération.
Un film introductif nous présente l’empire Mexica qu’on appelait Aztèques. Cette population ayant migré du Nord et fondé en 1325 Tenochtitlan – sa capitale – sur une île sur le lac Texcocoà l’emplacement actuel de Mexico. Ville de 200 000 habitants construite sur l’eau.
L’arrivée de HernànCortès en 1519 mit fin à l’Empire Mexica, conquête et variole ont décimé les populations et Tenochtitlan fut rasée.
Depuis 1978, le Templo Mayor fait l’objet de fouilles archéologiques dont cette exposition rend compte. Avant de découvrir les fouilles, il convient de se familiariser avec la cosmogonie mexica : les deux calendriers qui coïncident tous les 52 ans, représentés sur des disques sculptés, les quatre ères, le récit mystique de l’histoire mexica et ses dieux . Le dieu patron Huitzilopochtli les a guidés par un présage divin : un aigle dévorant un serpent sur un cactus.
Avant d’arriver au temple, le visiteur prend connaissance des divinités principales
Quetzalcoatl, le serpent à plumesChalchiuhtlicue, déesse de la fertilité de l’eau, des sources…
Tlaloc, le dieu énucléé de la pluie et des typhons
tous ces dieux sont représentés sous différentes formes, sculptés dans le grès ou en céramique, sous forme humaine ou animale. Je m’y suis perdue!
Toutes ces divinités doivent être conciliées par des dons et des offrandes. C’est au Templo Mayor que se déroulaient les sacrifices. Sacrifices humains qui ont tant choqué les Conquistadores, ce qui justifiait les atrocités dont ils auraient été redevables. Christianiser ces barbares sanguinaires apparaissait un devoir chrétien. Des poignards en silex décorés permettaient d’extraire les cœurs des victimes. Autosacrifices : des aiguilles d’agaves ou d’obsidienne faisaient couler le sang en offrande.
chien
Sacrifices d’animaux : de véritables animaleries ont été retrouvées dans les fondations du Templo Mayor. Des squelettes d’aigles parés de bijoux ont été enterrés entiers.
La fin de l’exposition montre que la culture mexica reste vivante en syncrétisme avec la foi chrétienne.
Une exposition éblouissante que je vous recommande en ces temps de Jeux Olympiques, j’étais presque seule dans les salles. Visite VIP§
Le marché et la Fontaine des Innocents, 1822 John James Chalon
Avant 1273, une fontaine existait près du cimetière des Innocents
Le cimetière des Innocents, l’église et la fontaine
A la Renaissance, Jean Goujon a réalisé une fontaine décorée de bas reliefs sur des thèmes aquatiques.
Nymphe de Jean Goujon
Si on ne sait rien sur la biographie de Jean Goujon on sait qu’il a réalisé les bas reliefs du jubé de Saint Germain l’Auxerrois (1544) avec les quatre évangélistes et une déploration de toute beauté
Il a également sculpté les ornementation de la façade Lescot du Louvre (1447-1459)
Cette nouvelle fontaine se situait sur le parcours de l’Entrée du roi Henri II dans Paris (1549). Elle se trouvait accolée à un immeuble d’habitation et ressemblait à une loggia avec deux arcades sur une face et une troisième sur le côté, reposant sur une citerne rectangulaire.
Dès le 17ème siècle, et, à la suite de la visite du Bernin, cette fontaine est reconnue comme un chef d’œuvre cité dans les guides touristiques.
Vers 1760 on ferma le cimetière et à sa place s’installa le marché aux herbes.
La fontaine fut remaniée de forme cubique, le sculpteur Augustin Pajour rajouta une nymphe sur le quatrième côté.
Aquarelle : la fontaine des innocents et le marché aux herbes
Un reportage photographique en 1856-1859 montre sur la dernière la construction des Halles Baltard. Cette fontaine garde des souvenirs historiques : la proclamation de la Constitution en 1791 puis les victimes de 1830.
En 1859 la Fontaine fut déplacée dans un square arboré. Elle fut protégée pendant la construction du forum des Halles. (1971-1976)
En 2024 s’achève la restauration de la Fontaine . On peut d’ailleurs assister au travail des restaurateurs qui nettoient les moulages en plâtres du siècle dernier.
David D’Angers : la Néréide Thétis portant le casque d’Achille
Les nymphes de Jean Goujon ont inspiré de nombreux artistes, Ingres, David d’Angers, Carpeaux, Bourdelle…
J’aime beaucoup ces expositions autour d’une seule œuvre qu’on étudie avec soin.
Les emblèmes de Charles VII : 2 cerfs ailés, bannière de Saint Michel et soleil levant, fleurs : iris, roses
Le règne de Charles VII commence pendant la Guerre de Cent Ans. Jeanne d’Arc conduisit le roi à Reims pour le Sacre en 1429.
1435, le Traité d’Arras signe la réconciliation du Rois de France avec Philippe le Boon duc de Bourgogne
En 1453, fin de la Guerre de Cent ans après la Victoire de Castillon
Dans ce contexte politique et économique chaotique, les Arts se développent plutôt dans les Pays Bas bourguignons où les Flamands innovent avec la peinture à l’huile, et en Italie avec la Renaissance (perspective, retour à l’Antique).
Cette exposition suit celle du Louvre autour de la Vierge du Chancelier Rolin (1435) que j’ai vraiment beaucoup aimée.
Couple sous un dais (laine et soie) Tournai 1455-1460
Les tapisseries sont spectaculaires. ma préférée est celle des emblèmes de Guillaume de Jouvenel des Ursins, avec l’ours, sans surprise, et les acanthes qu’on appelle aussi des ursines.
De nombreux manuscrits enluminés sont présentés : Livres d’Heures, missels, mais aussi de Grandes Chroniques de France (1429) et les merveilleuses enluminures du Maître de Rohan
Le mort devant son juge Le Maître de Rohan
On peut « feuilleter » le manuscrit qui a été scanné : » tourner », les pages sur un écran. 3 gros parchemins reliés proviennent d’Italie, Plutarque, Vie des Hommes Illustre, Cosmographie de Ptolémée et une géographie de Strabon.
Jean Fouquet obtient le titre de « peintre du Roi » sous Louis XI mais il est déjà actif sous Charles VII dont il a peint le portrait. Il a aussi illustré le très gros ouvrage des Chroniques de Franceavec 31 miniatures.
Retable de l’Annonciation de Barthélémy d’Eyck
Le merveilleux Retable de l’Annonciation peint par Barthélémy d’Eyck originaire de Liège mais Peintre du Roi René, a longuement retenu mon attention. la présentation de l’exposition avec des explications des détails permet une lecture symbolique passionnante. Chaque détail même infime a son importance, la chauve souris sous les chapiteaux comme le singe juste touché par les rayons de la lumière céleste.
Pleurants du monument funéraire du duc de Berry
N’oublions pas la sculpture. Coup de cœur pour les pleurants!
Contempler pendant deux heures un tableau (avec quelques autres) et ne pas en être lassée, le quitter à regret. Avoir tant de plaisir à le découvrir que les échanges se sont fait entre inconnus, envie de partager les découvertes, de s’étonner ensemble. Chercher avec les visiteurs le détail qu’on ne trouverait qu’avec de très bons yeux, le découvrir (ou pas) nous n’avons pas trouvé le lapin dans le jardin)…Telle est la grande réussite de cette exposition autour du chef d’œuvre de Van Eyck récemment restauré.
Il faut mériter cette visite après un haut escalier jusqu’ à la Salle de la Chapelle.
Face à l’entrée, en majesté, on remarque d’abord les deux personnages, la Vierge enveloppée d’un riche manteau rouge, Nicolas Rolin, agenouillé revêtu d’un riche manteau brun bordé de fourrure. Contrastant avec le rouge : le bleu du tissu drapant le prie-Dieu, et celui de la robe de l’ange qui tient la couronne. A travers trois arcades, un paysage limité par les Alpes enneigées.
Nicolas Rolin en prière – Rogier Van der Weyden
Un circuit s’impose avant de revenir au tableau. Portraits de Nicolas Rolin, (1396 – 1467),personnage considérable: Chancelier du Duc de Bourgogne, Philippe le bon, que je découvre sur le parchemin. Le Duc est en noir et tout proche Nicolas Rolin. Nicolas Rolin est le fondateur des Hospices de Beaune
Philippe le bon reçoit le livre – Rogier Van der Weyden
Une série de portraits de Van Eyck, Campin, Rogier van der Weyden, montre comment les peintres flamands s’attachaient à représenter les personnages ressemblants.
Jacques Daret : Présentation au Temple
Une autre section montre des éléments d’architecture ; les chapiteaux de pierre de Corbie (Picardie) ou Moissac avec des entrelacs sont des éléments du décor présents dans nombreux tableaux comme la Présentation au temple de Jacques Daret (Daret est l’élève de Campin)
Annonciation Van Eyck (détail inscriptions)
L’Annonciation de Jan Van Eyck m’a beaucoup intriguée. pourquoi l’inscription correspondant aux paroles de l’ange sont-elles lisibles et la réponse de la Vierge a les lettres inversées, retournées. Une dame américaine a trouvé avec son smartphone la réponse sur un site en anglais: les mots de Gabriel, à l’endroit, tandis que la réponse à l’envers sont destinées à Dieu. J’ai apprécié cet échange avec une visiteuse, vrai partage. Ensemble nous observons les 7 lumières de Dieu et le Saint Esprit (colombe) descendant d’un vitrail sur la Vierge.
Annonciation – jan Van Eyck
j’ai mieux vu la colombe et admiré le soin des dessins du pavement.
Une section s’intitule : Deux fonctions pour un objet . De son vivant Nicolas Rolin transportait partout La Vierge, l’envers était peint d’un faux marbre coloré, véritable tableau abstrait. Après sa mort il devait être placé à côté de son tombeau.
Une 4ème section : Rencontre présente la confrontation d’un homme (ou une femme, ou le spectateur du tableau) face au divin. Divers procédés doivent montrer la différence : changement d’échelle ou vue au pieds de la Vierge, le spectateur est imaginé agenouillé. dans la Vierge de Lucques
Jan Van Eyck – Vierge de Lucques
j’ai bien aimé cette Vierge allaitante.
5ème salle Paysage : la paysage de la Vierge du Chancelier Rolin montre une grande ville avec de nombreux clochers, un château sur une île, au milieu d’une campagne prospère . Cette image de la prospérité m’a fait penser au Bon Gouvernement de Sienne. Le fleuve central fait ressentir la profondeur de champ.
6ème salle Jardin et Petits guides dans le tableau de la Vierge de Rolin on voit un jardin suspendu. Le thème du « jardin clos » est une image de la pureté de la Vierge. Dans ce jardin figurent des fleurs et des animaux (lapin, pie, paons) qui ornent aussi les marges des manuscrits de l’époque comme le Codex Cocharelli ou ce petit tableau de la Vierge au Paradis où l’enfant Jésus joue avec un psaltérion présenté par des anges. Les petits guides penchés au dessus des créneaux se retrouvent dans de nombreux tableaux
Campin – Nativité
Il est temps de revenir au tableau de Van Eyck et, de le scruter pour chercher les détails : le jardin suspendu avec les fleurs et les oiseaux (pies), je n’ai pas vu le lapin pourtant cherché avec d’autres visiteurs. Les petits personnages des créneaux (petits guides) nous montrent le paysage. Celui qui porte un turban rouge serait-il Jan Van Eyck lui-même?
Pour une exploration du paysage une animation en macrophotographie nous permet de nous promener dans la ville à la sortie de la messe, sur le pont avec les nombreux personnages, souvent noirs mais égayés de rouge et de bleu (comme les dominantes du tableau). Des taches jaunes marquent la lumière, sur les clochetons, ou même dans les arbres. L’exploration du paysage s’apparente à une méditation. Promenade en suivant les petits personnages qui cheminent ou en admirant l’architecture des nombreuses églises….
Une conférencière cite le site Closer to Van Eyck qui donne des études de détail en macrophotographie d’autres œuvres du peintre.
Théodore Rousseau (1812 – 1867), peintre paysager, peintre de Barbizon, fut un des premiers à alerter sur la fragilité des écosystèmes forestiers et à militer pour la protection de la Forêt de Fontainebleau. Cette rétrospective Rousseau nous fait connaître le peintre que personnellement je confondais avec son ami Jean-François Millet et présente les peintres de Barbizon ainsi que leur action en faveur de la protection de la forêt.
Dès 1829, Théodore Rousseau renonce à concourir pour le Prix de Rome et partir en voyage, en Auvergne (1831), en Normandie (1831-1832) …
Le Mont Blanc vu du col de la Faucille
Un grand tableau fait face à la porte d’entrée : Le Mont Blanc vu du col de la Faucille grand tableau panoramique où se déchaînent les éléments. Il peint des paysages sur de petits formats selon diverses techniques
paysage avec ciel orageux (huile)
Ciels romantiques et éléments déchaînés avec d’épais traits de pinceaux sur lequel se détachent des arbres exécutés avec soin.
j’ai aussi bien aimé cette aquarelle rehaussée de gouache du Village en Normandie et le paysage d’Auvergne aux effets de brume romantiques rappelant un peu Turner. Quelques maisons, quelques personnages mais ce ne sont pas les sujets principaux dans un décor agreste.
Paysage d’Auvergne
Rousseau expérimente de nombreuses techniques, de nombreuses matières il associe dessin à la plume, pochoir, gouache, aquarelle parfois sur un même tableau comme cette étude d’arbre sous le vent
Paysage boisé sous le vent (crayon pochoir)
Rousseau prend les arbres comme sujet de sa peinture, il peint des troncs au sol. Il dessine au crayon Conté, au fusain, à la plume attentif aux détails. Plus tard à Barbizon, en compagnie des photographes il expérimente une technique hybride entre la photographie et la gravure : le « cliché-verre »
cliché-verre
Rousseau se promenant dans la forêt a une illumination, il entend la voix des arbres. Il considère les végétaux comme des personnages. Autant les humains dans ses paysages sont minuscules, dérisoires, autant les arbres, surtout les chênes sont majestueux.
Intérieur de la forêt Le Grand Dormoir
Avec ses amis artistes de Barbizon, et des écrivains, George Sand, Victor Hugo, Chopin…il se mobilise pour la défense de la forêt de Fontainebleau mise en danger par les autorités mettant en coupe rase la forêt, abattant les vieux chênes pour semer des pins pour le bois de chauffage et la construction. Pour les romantiques, les grands pins sont des monuments, des témoins du temps passé tandis que les pins sont des intrus. Ils estiment aussi que les aménagements touristiques sont aussi une menace. Dans l’exposition, don présente le guide Denecourt (1851 et c’est déjà la 5ème édition) et la carte de 5 circuits aménagés. En 1852 Théodore Rousseau se fait le porte-voix de la Forêt de Fontainebleau et écrit au Duc de Morny. En 1853 : création de la Réserve artistique de la forêt, première réserve naturelle au monde avant le Parc naturel de Yellowstone (1872).
le massacre des innocents ; Abattage de chênes dans l’île de Croissy
Et si ce sujet de la défense de la Forêt de Fontainebleau vous intéresse en ce moment il y a des podcasts passionnants :
J’ai découvert Nathanaelle Herbelin en l’écoutant sur un podcast de Grand Canal . Etrange manière de faire connaissance avec une plasticienne que de l’écouter à la radio. Comme j’avais déjà prévu d’aller voir la grande exposition sur l’Impressionnisme j’étais impatiente de voir les tableaux qu’elle avait si bien décrits.
Cette artiste franco-israélienne, née en Israël mais basée souvent à Paris, a beaucoup fréquenté le Musée d’Orsay . Elle se sent un peu l’héritière des Nabis avec qui elle est exposée. Elle partage de nombreux sujets comme des peintures d’intérieur, de la vie quotidienne simple, avec des chats.
Layla
j’ai aimé ses tableaux tendres et intimes (parfois très intimes comme l’épilation) très tendres avec des gestes d’amour.
la chambre des Erythréens à Levanda
j’ai aimé qu’elle s’attache aux Erythréens, migrants africains arrivés en Israël et malheureusement souvent discriminés.
l’attention non divisée
Je ne suis pas sûre que de partager les cimaises avec Bonnard ou Vuillard mette en valeur les œuvres de la plasticienne contemporaine. Quand ses tableaux sont mêlés on a tendance à aller d’abord aux tableaux connus, comparer. Et la comparaison peut être cruelle.
Attention! grande rétrospective, prévoir un bon moment et ne pas trop traîner dans les premières salles!
Cette exposition présente un artiste, Jean Hélion (1904-1987) et présente diverses tendances ayant guidé la peinture au cours du XXème siècle.
1929-1939 : De la forme à la figure, art Abstrait
Composition orthogonale
Hélion rencontre Théo van Doesburg fondateur de De Stijl et Mondrian il fait partie du groupe Art Concret selon lequel « rien n’est plus concret qu’une ligne, une couleur, une surface » utilisant les couleurs primaires et les les lignes verticales et horizontales
Tension rouge
1932 -33 , il devient proche de Calderet de Arp.Cette proximité est sensible dans le tableau Equilibre avec le balancement en écho aux mobiles de Calder. On constate un infléchissement des lignes qui deviennent courbes les volumes suggérés dans les Compositions qui se complexifient et les teintes qui se diversifient.
Composition
Progressivement on perçoit dans les Figures un retour du figuratif.
Figure tombée 1939
La Figure tombée est la dernière œuvre abstraite d’Hélion correspondant, selon le cartel, aux désillusions de l’artiste : la Chute de l’Abstraction
1939 -1951 ; Entre réel et imaginaire.
Cycliste
Hélion imagine une série de personnages souvent portant chapeau et parapluie qui semblent sortis d’une bande dessinée.
Homme au parapluie femme à la fenêtre
les couleurs vives font leur retour, surtout les rouges. Articles obsessionnels de l’artiste, les chapeaux, parapluies, mannequins pour des personnages encore très cubistes et rigides.
Les Salueurs 1945
Avec les Salueursle mouvement devient plus fluide. En 1946 les roses et les bleus font irruption avec de nouveaux thèmes : des nus féminins avec des ombres et des reflets sur les chairs suggérant les volumes
A rebours
1950-1967 Le parti-pris des choses
la voiture de fleurs et le boucher
les sujets et les styles se diversifient faisant prendre une tournure radicale . Natures mortes, citrouilles, chrysanthèmes, anémones, choux sont de nouveaux thèmes avec des vanités, des paysages. J’ai du mal à reconnaître la parenté avec les peintures antérieures dans son souci du détail, du réalisme dans les couleurs.
le Studio : atelier du peintre
L’immense Triptyque du Dragon résume l’ensemble de son œuvre : au centre dans l’atelier du peintre, se trouve en bonne place L’équilibre(1933), un homme au chapeau à la joue rouge(1943) , dans la vitrine, un mannequin masculin rappelle toute les mannequinades récurrentes dans l’après-guerre, on reconnait aussi son cycliste. A gauche, c’est une scène de café.
Triptyque du dragon
1968 – 1980 – Quartier libre
mai 68 marque un nouveau tournant dans la peinture d’Hélion qui apprécie le tohu-bohu euphorique, ravive ses convictions politiques et apporte couleur et fantaisie à sa peinture
Choses vues en mai
De nouvelles teintes font irruption, des scènes pleines d’humour se déclinent en couleurs vives. Des chevalets sont déménagés à dos de personnages dansants….
Au beau milieu de l’exposition, un espace de projection permet de visionner des séquences où le peintre s’exprime, parfois seul parfois en compagnie d’autres artistes. Prévoyez du temps pour l’écouter!