Il sera question de deuil, de rituels, de sorcellerie peut être, de femmes caribéennes sûrement.
Tituba qui pour nous protéger, Naudline Pierre (USA)
j’ai beaucoup aimé la vidéo (10’33) de Myriam Charles d’origine haïtienne, vivant à Montréal, à la mémoire d’une jeune fille assassinée. L’écran est troué d’un cercle dans lequel s’impriment des images plus intimes : la chambre de la jeune fille alors qu’hors cadres on voit des images de nature tropicale. Une marche funèbre est chantée en créole « Pakité m’égaré »
Liz Johnson Arturexpose des photographies des manifestations à Londres de Black Life Matters
Installation étrange de parpaings émaillés construisant murs et barrières dans la pièce. Une armoire couchée en biais contient de la vaisselle en cristal cassée.
Naomi Lulendo présente 3 photographie au fond presque noir, clair obscur : Potomitan, Nuit Noire, Ombre portée (impossible à photographier avec mon téléphone.
Le montage photographique de Claire Zaniolo montre des images de Guadeloupe.
Malala Andrialavidrazana est une artiste franco-malgache, architecte de formation.
Figuresest une fresque de 58 m x5 m conçue exprès pour la grande verrière du Palais de Tokyo. Elle est réalisée par collages numériques à partir de de 2000 sources d’images : cartes d’Atlas anciens, billets de banque principalement. D’ailleurs, le titre Figures se comprend au sens anglophone de « chiffres », des montants des billets qui circulent. Figure, c’est aussi le visage d’un personnage emblématique comme Mobutu et son léopard qui symbolise aussi la ruse et l’autorité dans la culture swahilie.
Mobutu, le léopard et l’idole pop
Dans le collage ci-dessus, le léopard zaïrois saute sur l’idole pop.
Cartes de géographie et bateaux qui relient les continents, qui ont transporté les esclaves, tout cela évoque une circulation mondiale, une mondialisation des marchandises et des personnes. Tous les personnages de la fresque sont en mouvement.
mondialisation
Ponts et barrages relient les continent. On imagine des univers africains, d’autres asiatiques. Et toujours personnages et animaux bougent, nagent rament. Figures peut aussi évoquer les personnages célèbres comme Charlot, Cadet Roussel, La Semeuse et son bonnet phrygien et même Ramsès II sur son char, arlequin qui symbolise la fourberie, les navigateurs européens dont les « découvertes » sont synonymes de pillages, exploitation, esclavage et extractivisme.
Ramsès sur son char mais que vient donc faire l’orignal et la moto?
En cherchant bien, je découvrirai Nelson Mandela (billet de banque) , la frise de l’Evolution, une tortue tractée….
La semeuse
On pourrait rester des heures à détailler les personnages, à imaginer des circulations. Une dame me montre une minuscule souris sur une balançoire. Pour mieux identifier personnages et symboles trois écrans interactifs donnent des explications. Chacun se promène à sa guise.
Je suis étonnée par le nombre d’enfants très attentifs, d’adolescents de jeunes adultes. L’ambiance est très décontractée et ne ressemble pas à celle des expositions de l’Orangerie, Orsay ou le Luxembourg. Il y a aussi beaucoup plus d’espace.
Olga de Amaral est une artiste textile colombienne née en 1932 à Bogota. Elle a étudié à l’Académie des Arts de Cambrook(Michigan) qui s’inscrit dans le mouvement Arts and Crafts et dans l’école du Bauhaus apportant une attention particulière au design et aux arts déco. Traditionnellement les femmes étaient orientées vers les textiles (comme Anni Albers ou Sophi Taeuber avant elle). Avec son mari Jim Amaral, ils fondent une entreprise de textiles décoratifs Telas Amaral.
Dans les années 1960 Olga de Amaral expérimente nombreuses techniques de tissages. Elle incorpore à la laine du lin du coton mais aussi du crin de cheval et même de l’or ou du plastique. Elle expose en 1967 à La Biennale internationale de tapisserie à Lausanne.
Riscos en sombra
Elle souhaite que ses œuvres soient détachées des murs pour être appréhendées comme des sculptures autour desquelles on peut circuler plutôt que des tapisseries garnissant les murs. A cette occasion, une médiatrice (passionnante) évoque la « querelle de Lausanne » opposant les cartonniers et les tenants de l’art textile plus moderne CLICUn autre médiateur, toujours à propos de la biennale de Lausanne fait allusion à l’aspect genré de la tapisserie qu’on associe à un art féminin. Cette visite à la Fondation Cartier a été passionnante grâce aux commentaires très nombreux des médiateurs. De nombreuses visites guidées sont également proposées.
Brumas
La petite salle du rez-de-chaussée est occupée par les Brumas qui sont des installations suspendues d’environ (190x90cm) en lin, gesso(apprêt) , peinture acrylique et papier japonais. Ce sont des représentation de la pluie fine colorées de motifs géométriques. La série des brumas a déjà été exposée à la Fondation Cartier en 2018 dans l’exposition Géométrie du Sud CLIC que j’avais beaucoup appréciée. Les Brumas jouent sur le volume et sont vraiment à la limite de ce qu’on imaginerait qualifier de tapisserie.
brumas
la Grande salle est occupée par des tapisseries monumentales Muro en rojos et Gran muro quisont des assemblages de sorte de tuiles tissées évoquant les murs de briques ou même les feuilles mortes.
Gran muro
On les a présentées avec de gros rochers d’ardoise pour souligner le lien avec le paysage. Le titre de la section de l’exposition est Tisser le paysage. D’autres oeuvres sont faites de bandes tissées entrelacées ou reliées entre elles enroulées figurant les lianes de la forêt ou même des falaises escarpées
Lianas
Ces bandes jouent avec la lumière, j’ai pensé à Soulages à cause de cela. strates de textile, lianes…
Cenit patchwork doré
D’autre inspirations viennent de l’Or des Indiens précolombiens comme l’or des autels baroques des églises. Utilisant d’autres techniques, de bandelettes plus fines pouvant être dorées à la feuille d’or, elle compose des panneaux somptueux : plutôt rouge d’un côté dorés de l’autre
Cenit (côté doré)
Elle joue aussi avec les traditions précolombiennes, les nœuds qui étaient un véritable code,
En gris e rozado
Traditions mystérieuses qui garderont sans doute leurs secrets.
Olga de Amaral ne s’interdit aucune matière, ni même la matière plastique, la feuille d’argent ou le palladium…
paisage de calicanto
La dernière salle ressemble à un sanctuaire avec ces stèles doréesd’un côté noires de l’autre : le coton tissé est recouvert d’une épaisse couche de gesso doré ou revêtu de peinture acrylique. La série des Estelas comporte 70 pièces qui évoquent des mégalithes et des sites archéologiques précolombiens.
Prince Toffa , et un peu plus loin sur la photo lui répond un personnage dans une robe et une traine j’aide jacinthes des eaux dans la lagune de Ganvié
Pour une Révélation! Bénin, c’en est une dans le magnifique cadre de la Conciergerie.
Replaçons l’exposition dans son contexte : celui de la restitution des trésors du Palais d’Abomey en novembre 2021. Mati Diop a réalisé le film Dahomey sur ce sujet CLIC Film très politique qui mettait en scène la statue-vedette mais surtout les étudiants béninois. Les 26 trésors rendus furent exposés à Cotonou au sein de l’Exposition Révélation! Cette exposition a également fait le voyage à la Martinique. J’ai également de très bons souvenirs de la visites de ces Palais des Rois du Dahomey CLIC
De face Le Roi Béhanzin et sa suite – roméo Mivekanin A droite appliqué sur toile de Yves Apollinaire Pédé : suite royale
Je n’avais aucune idée de la richesse de l’art contemporain béninois. je savais qu’on dit que le Bénin est le « Quartier Latin de l’Afrique » cette expression est illustrée à l’entrée du parcours par une installation mêlant livres et revues à des affiches et des sculptures primitives.
Yves Apollinaire Pédé : Legba
On entre dans la première section thématique : Des Déesses et des Dieux
les principales divinités du Vodun sont présentées par les toiles appliquées de Yves Apollinaires Pédé et les peintures ressemblant aux fresques de Cyprien Tokoudagba qui ont participé à la restauration des bas-reliefs du palais d’Abomey
le vodun et son panthéon Cyprien Tokoudagba
Cette salle est sonorisée avec la voix d’Angélique Kidjo Yémandja (tiré de Three Yoruba songsde Philip Glass). A la suite des gravures et aquarelles de Hector Sonon, je découvre les tableaux de Julien Sizogan :un véritable coup de cœur pour son Epiphanie des initiés célébrant un syncrétisme étonnant : dans une église aux voûtes romanes, un évêque accueille une foule colorée où des femmes arborent des tenues chamarrées tandis qu’une des Revenants, masques et costumes occupent la moitié de la nef, des musiciens nus ou presque se tiennent au bas du tableau
Julien Sinzogan : Epiphanie des initiés
Dans une salle noire l’installation multimédia de Eliane Aïsso m’a fascinée un long moment : une quinzaine d‘Assen(plateaux métalliques) sonorisés diffusent les paroles projetées aux murs où sont accrochées de très belles photographies en noir et blanc. Chaque Assen raconte son histoire, parlant de descendance et de réincarnation.
Julin Sinzogan : Le Retour des esprits
La salle suivante réunit des bateaux, voiliers, pirogues et même les caravelles du Retour des Esprits. Ce tableau m’évoque la traversée de la Traite des Esclaves.
Aston – Le Voilier du temps
Le Voilier du Temps exprime des préoccupations plus contemporaines écologiques. En s’approchant, je constate que les voiles sont des sièges en plastique, des douilles d’ampoules sont tassées sur son bord. Tout le voilier est confectionné avec ces déchets domestiques que l’Europe envoie en Afrique.
Louis Oke-Agbo : la pirogue de la reconnaissance
la pirogue de la reconnaissance exploite une autre thématique.
Gou
Traversant l’exposition de nombreuses sculptures balisent le voyage
Sébastien Boko : voyageur et voile en bois
la section thématique suivante s’appelle : Des Reines et Rois
On y voit la grande photo de Behanzin et sa suite(plus haut), le Prince Tofa descendant du dernier roi de Porto Novo.
Dominique Zincpé : Déesses et Princesses
Déesses et Princessesintroduisent la troisième thématique Des Femmes et des Hommes. Les Reines ne sont pas oubliées : Tassi Hangbé fut l’unique reine du Dahomey (1708-1711) et fut la fondatrice des Agodjies (Amazones) dont on voit de belles sculptures mais ma photo est floue.
Moufouli Belio : Reine des Agadjies
Moufouli Belio née en 1987 s’est intéressée à rendre visible le corps féminin et à la déconstruction du patriarcat.
Marcel Kpoho : Kondo le requin
Un aspect original m’a interpellée : la grande utilisation du recyclage dans les matières utilisées. Kondo le requin est fait de lanières de pneus, Le Prince Toffa est revêtu de bouteilles en plastique vert, ses colliers sont des capsules de nescafé, le voilier d’Aston est entièrement fait de récupération, sans oublier les personnages de fil de fer ou les masques métalliques de Charly d’Almeida.
Une très belle exposition. Un article du Monde signale que de nombreux plasticiens de premier plan ont été omis. Le Bénin est donc bien riche!
Fou jouant de la cornemuse – Cathédrale de Bois-le-duc, Pays Bas, 1510-1520 – outre pleine de vent mélange du sacré et du profane
L’ordre chronologique s’impose mais différents thèmes sont abordés:
marginalia
Au Moyen âge , aux marges du monde, Monstres et Marginalias
chimère
Chimères et hybrides, êtres étranges dans les pavés des abbayes, dans les vitraux, les gargouilles, les boiseries , dragons bipèdes,
Au commencement, le Fou et Dieu
le Fou est l’incarnation de celui qui refuse Dieu. on le retrouve avec ses attributs dans la lettrine de la lettre D du psaume 52.
Egalement dans la parabole des Vierges sages et des Vierges folles.
La Vierge folle laisse éteindre la lampe, renverse la cruche dans l’idée que son insouciance et sa paresse conduit à l’oubli de Dieu.
par une étrange inversion Saint François d’Assise est le « jongleur de Dieu » oubliant sa bonne position sociale pour parler aux oiseaux.
La figure du Juif se mêle à celle du fou dans l’antisémitisme croissant du XIII et XIVème siècle
le Fou d’Amour
Aristote et Phyllis gravure Maître MZ Allemagne vers 1500
le Philosophe Aristote est transformé en bête de somme, fouetté par la belle Phyllis ce qui implique le pouvoir des femmes sur les hommes : une inversion de l’ordre habituel. Des manuscrits sont exposés illustrés avec la Folie de Lancelot, celle de Tristan…la folie de Roland dans l’Arioste. Le maître E. S. s’est fait une spécialité de la dénonciation de la folie de l’amour.
Tapisserie La Collation Tournai 1520 Dans le jardin d’Amour, le fou accoudé à la fontaine perturbe la scène
un nouveau personnage lubrique s’introduit dans le Jardin d’amour avec des gestes obscènes
Le Fou devient symbole de la Luxure
le fils prodigue chez les courtisanes
le thème du Fils prodigueest répandu avec le Vieil Amant
Des objets de la vie quotidiennes comme des moules à confiseries ou des porte-serviettes dénoncent l’amour charnel
Porte-serviette fou enlaçant une femme
Le fou à la cour
la sagesse royale trouve son antithèse dans le fou ou le bouffon, simple d’esprit ou au contraire plein d’esprit. on se souvient de Kunz, le fou de Maximilien er ou de Triboulet le fou du bon roi René d’Anjou. Le fou s’amuse, participe aux tournois et aux jeux.
Amman : joute des compagnons
Les fous figurent aussi sur la très belle marqueterie du Banc d’orfèvre du prince Electeur Auguste de Saxe qui est une pièce magnifique.
le Fou en ville : il mène la danse du Carnaval ou de la Fête des Fous entre Noël et Epiphanie. Présent dans des pièces de théâtres écrites pour Mardi Gras. Musique et danse dans les figurines des danses mauresquesavec ses attributs spécifiques : la marotte en guise de sceptre, les grelots, le capuchon à oreilles d’âne.
Danse mauresque
le Fou partout
Erasme : Eloge de la Folie « C’est bien la pire folie que de voulir être sage dans un monde de fous » (1511)
Bosch : la nef des fous
Deux ouvrages : l’Eloge de la folie et la Nef des fous annoncent la Réforme protestante dénonçant la décadence de l’Eglise. Les illustrations de Dürer, Bosch et Brueghel
J Bosch Extraction de la pierre de folie
Pour Bosch comme pour Brueghel, le fou passe au second plan et devient témoin de la folie des êtres humains.
Brueghel le jeune : Les Proverbes flamands
Eclipse et métamorphoses du fou au XVIIème et XVIIIème siècle
le fou prend de nouvelles silhouettes avec Don Quichotte ou les personnages de la Commedia del Arte.
Vers la fin du XVIIIème siècle et le romantisme, le fou revient avec Füssli : portrait de Till Eulenspiegel, et Lady Macbeth ou Goyaoù le sommeil de la raison engendre des monstres
XIX ème siècle : Naissance de la psychiatrie et romantisme
un très grand tableau montre le Dr Pinel, médecin en chef de la Salpêtrière. toute une série de tableaux historiques mettent en scène la folie de Jeanne de Castille, Jeanne la folle ou celle de Charles VI ainsi que les exorcismes censés chasser cette folie.
Courbet : l’Homme fou de peur
Le fou tragique est une figure romantique, Le roi Lear, Lady Macbeth, Quasimodo, Rigoletto . La visite de l’exposition se termine avec la projection de films de Notre Dame de Paris et de Rigoletto.
« Dans la culture populaire juive, un dibbouk désigne une âme errante qui prend possession d’un vivant »
texte de la pièce Le Dibbouk
L’écrivain An-Ski(1863-1920) s’empara du mythe du Dibboukpour écrire une pièce de théâtre jouée à Varsovie en 1920. C’est l’histoire d’une jeune fille, Léa, possédée par l’esprit de son fiancé mort avant leurs noces.
Léa : L’homme vient au monde pour une belle, une longue vie. Mais s’il meurt avant l’heure qu’advient-il de sa vie inachevée, de ses pensées qu’il n’a pas eu le temps de mûrir. Des actions qu’il n’a pas eu le temps d’accomplir
Aux sources du Dibbouk, les expéditions ethnographiques deAn-Ski pour la Société d’Histoire et d’Ethnographie fondée en 1908 à Saint Pétersbourg pour préserver la culture juive de l’Empire Russe. Altman effectua des relevés d’inscriptions, Salomon Youdovine rapporta de magnifiques clichés de Volhynie et Podolie (Ukraine actuelle).
Chagall : la Noce (1911-1912)
La première version de la pièce fut écrite en Russe(1917), puis traduite en Hébreu (1918) et en Yiddish (1919). Elle fut adaptée au cinéma par Michal Waszynski (1937) . C’est cette version projetée qui accueille le visiteur de l’exposition : La jeune fille danse avec son fiancé mort avec une tête de squelette dans la « danse des mendiants »
Chagall : David et Bethsabée (1956)
Le tableau de Chagall des deux amants et un seul visage illustre parfaitement la possession de la Léa par l’esprit de Hanan.
Hanan et Lea
Le mysticisme juif et la kabbale sont illustrées par des vitrines montrant des amulettes et des ouvrages de la kabbale ainsi que par deux vidéos d’un film évoquant un exorcisme. Pour éloigner le Dibbouk de la créature vivante, on a recourt à l’exorcisme. Dans la pièce, la jeune fille ne veut pas être séparée de son fiancé et elle se rebelle.
Issachar Ber Ryback – synagogue
L’exposition présente des dessins et tableaux de contemporains de Chagall comme Nathan Altman ou Rybackdans une version cubiste.
Costume Habima Nathan Altman
Le Dibbouk fut mis au répertoire de Habima et joué en hébreu à Tel Aviv dès 1922 avec les costumes de Nathan Altman. Habimase produisit lors de nombreuse tournées internationales . Les affiches et les programmes sont présentées ici.
Habima
Le film de Waszynski est considéré comme l’apothéose du cinéma yiddish.
Des versions américaines ont été tournée : en 1960 Sidney Lumet l’adapte pour la télévision américaine. Bernsteinet Robbinsle montent en ballet (1974).
Romain Garys’en inspire pour La Danse de Gengis Cohn (1967).
En Pologne Andrzej Wajda (1988)choisit pour prologue le poème de Ernst Bryll pour qui les juifs assassinés dans la Shoah sont les dibboukim qui hantent les polonais. 2003 Krzysztof Witkowskil’associe à une nouvelle d’Hanna Krall. 2015 Maja Kleczewska adjoint l’alliance brisée entre Juifs et Polonais. le Dybbouk est un spectre qui hante le monde contemporain.
Les frères Coen dans leur film A serious man présentent aussi le Dibbouk. C’est sur cette scène que se termine la visite.
Caïpirinha (1923) Tarsila se représente en jeune fille de la campagne qui joue dans son jardin
Tarsila do Amaral naquit en 1886 à Capivari (Etat de Sao Paulo) dans une exploitation caféière. En 1920 Tarsilava étudier à Paris à l’académie Julian, retourne au Brésil en 1922 pour la semaine de l’Art moderne. Oswald de Andrade devient son compagnon. Ensemble il reviendront à Paris en 1923, Tarsila prend des cours avec André Lhote, Fernand Léger et Albert Gleizes. Ils se lient avec Cendrars, Cocteau, Brancusi et les Delaunay.
Autoportrait au manteau rouge
Les Parisiens attendent une « fraîcheur exotique » elle soigne son apparence : « une caïpirinha habillée par Poiret »
L’Invention du Paysage brésilien
Le chemin de fer Central (1924)
Ses allers-retours Paris/Sao Paulo lui font appréhender le paysage brésilien. le cubisme lui offre une méthode d’analyse. Dans le Chemin de Fer Central, Tarsila exalte le progrès technologique faisant figurer locomotive, pylônes qui voisinent avec une église portugaise ou des maisons colorées. Avec son industrialisation Sao Pauloserait la « locomotive du pays »
le Marché
J’ai beaucoup aimé la fraîcheur des couleurs, les fruits exotiques du marché et la surprise d’y découvrir des animaux, lapin, oiseau, tatou?
Primitivisme et identité
A Negra
Tarsila ne se contente pas des paysages, elle peint les Brésiliens construisant un imaginaire national fondé sur le métissage des cultures indigènes, africaines et portugaises.
Le marchand de fruits
le baptême de Macunaïma(1956) présente un personnage composite, homme/femme à la fois, enfant qui devient blanc quand on le baptise dans une nature sauvage exubérante peuplée d’oiseaux cubistes rouge, de crapauds …
Batizado de Macunaïma (1956)La Cuca (1924)
Le Brésil cannibale (1928)
Paysage anthropophage
En 1928, Oswald de Andrade publie un Manifeste anthropophage illustré par la figure de Abaporu
Abaporu d’après le tupi-guarani : Homme qui mange l’autre
Dans cette période anthropophage Tarsilapeint les réminiscences enfantines des rêves. On l’a parfois comparée à Magritte et De Chiricomais elle ne se réclame pas du surréalisme
Taureau dans la forêt
Travailleurs/Travailleuses
Ouvriers
Le krach de 1929 affecte Tarsila qui perd ses propriétés. Son nouveau compagnon Osorio Cesar est un intellectuel de gauche. Ils partent en visite en URSS et Tarsila est influencée par le réalisme soviétique comme on le voit dans le grand tableau « Ouvriers » presque une fresque. Ce voyage en URSS la conduira en prison en 1932. Dans le tableau des Couturières, elle s’attache à un traitement individuel de chacune des femmes
Couturières (1950)
Nouveaux paysages années 1950
Tarsila revisite ses compositions précédentes, intègre la construction des métropoles et peint Sao Paulo avec des grattes-ciel.
Une divine surprise, cette exposition juste à la sortie de la foule de Caillebotte. Calme et sérénité ! Dans la pénombre tous ces clichés de la photographes pictorialiste
Des figures symbolistes, une sorcière inquiétante
Sorcière kabyle
mais aussi des paysages, du Pays Basque d’où Céline Laguarde est originaire, d’Espagne, Tolède, Salamanque…
Et toute une galerie de portraits de musiciens : Darius Milhaud, poètes Francis Jammes, Frédéric Mistral, l’entomologiste Fabre…. et même des microphotographies de pièces buccales d’insectes.
Gustave Caillebotte(1848-1894) peint les hommes autour de lui, ses proches, frères, amis, mais aussi les ouvriers au travail comme les raboteurs de parquet, les peintres en bâtiment peignant une devanture dans la rue, les bourgeois sur les balcons haussmanniens, ou les domestiques, les jardiniers.
peintres en bâtiment
J’ai pensé à l’ami Philfff qui avait remarqué que Harriet Backer avait privilégié les figures féminines dans les tableaux d’intérieur. Voici une exposition Peindre les Hommes qui rétablirait l’équilibre. Certains critiques ont même hasardé un « gay gaze« , démenti par d’autres. Le Baron de Charlus tranchera!
Homme s’essuyant la jambe
Caillebottepeint le Paris haussmannien, avec des cadrages audacieux, comme ce Pont de l’Europe où les personnages traversent le tableau et où le centre est bouché.
Pont de l’Europe
Autre perspective étonnante : vue du balcon, vue plongeante à partir de ces balcons filants des immeubles haussmanniens
peint du balcon
J’aurais pu présenter cet homme au balcon, cet autre en costume sombre bourgeois avec son gourdin à l’épaule comme le voulait la mode de l’époque…L’exposition d’Orsay a mis des costumes, chapeaux melon ou haute-formes, redingotes dans des vitrines.
Périssoires du l’Yerres
J’ai préféré les sportifs, rameurs dans les périssoires sur l’Yerres, ou régates sur la Seine
Gustave Caillebotte a également peint la Normandie : Etretat et Trouville
Chemin montant à Trouville
Le peintre s’est aussi représenté en collectionneur, avec le Renoir derrière lu
Autoportrait
Cette exposition draine les foules, pour la première fois, malgré ma Carte Blanche j’ai dû subir une grande queue.
Une quarantaine de tableaux ont fait le voyage de Rome à Paris pour l’exposition du Musée Jacquemart-André qui vient d’être rénové. Rafraîchissement plutôt, je n’ai pas constaté de changement majeur.
La Sybille – Raphaël
La vedette qui tient l’affiche est le Garçon avec la corbeille de fruits du Caravage, je m’en souvenais très bien et j’ai été heureuse de lui rendre visite. Autres tableaux très connus, Leda et le cygne de Leonard de Vinci et la dame à la licornede Raphaël (une toute petite licorne) . Un merveilleux tondo de Botticelli. Impossible d’énumérer les chefs-d’œuvre!
la Fornarina de Raphaël
je me contente d’illustrer cet articles de quelques uns que j’avais oublié et qui m’ont surprise
Titien Suzanne et les vieillards
Choix tout à fait subjectif et correspondant à l’humeur du jour (et à la foule qui m’a empêché de photographier tout ce qui me plaisait).
Attention à bien choisir le créneau horaire, il y a vraiment beaucoup de monde et les salles sont petites.
Les explications concernent plutôt Scipion Borghèse, (1577-1633)et la constitution de la collection, le goût Borghèseet Camille Borghèse qui épousa la soeur de Napoléon Pauline (je me souviens très bien du marbre à la villa Borghèse). Bel échantillonnage mais je garde intact mon souvenir ébloui de notre voyage à Rome.