Exposition temporaire prolongée jusqu’au 26 Juillet 2021
Paul Signac – Opus 176 (1886)
Admirateur des impressionnistes et de Claude Monet, Paul Signac, autodidacte devient peintre et va avec Seuratutiliser une nouvelle technique pointillisteou de « division des tons » pour fonder un mouvement que le critique Fénéon qualifiera de Néo-impressionnisme.
signac paul
L’exposition LES HARMONIES COLOREES au Musée Jacquemart-André présente les œuvres de Signac mais aussi des artistes néo-impressionnistes comme Cross, Pissaro, Achille Laugé et Maximilien Luce, Van Rysselberghe
Achille Laugé : L’arbre en fleur
Tout d’abord, nous étudions les recherches de couleurs, la palette éclatante de Signac, les complémentarités des couleurs, l’utilisation de couleurs pures qui ne doivent pas se mélanger mais se rehausser, s’exalter. On parle parfois de pointillisme ; à y voir de plus près, ce ne sont pas des points (il y en a comme les points orange de l’Opus 176 qui rehaussent les barques bleues ou les arbres verts) mais il y a aussi ces virgules roses et bleues, éclairant la mer de Saint Briac
paul signac balises, Opus 210
parfois le peintre choisit de croiser les touches, parfois de jouer le mosaïste avec des touches carrées ou rectangulaires qui ressemblent à des tesselles. Cette exigence de couleurs pures suppose un travail préparatoire. Si la peinture sur le motif, comme les impressionnistes, est le début du tableau celui-ci sera accompli en studio. l’exposition présente donc de nombreuses études préparatoire, huiles en large touches très colorées et petits format, ou grands lavis à l’encre de Chine de la taille du tableau définitif en couleur.
Signac : Mont Saint Michel 1897
La visiteuse peut prendre son temps pour observer les détails de la technique qui varie selon le temps.
Après son séjour à Saint Tropez en 1892, Signac pratique l’aquarelle. Il peint un très bel éventail de Venise. Il utilise l’aquarelle pour peindre sur le motif, et réalise un reportage complet des ports de France, du port de guerre de Toulon, aux petits ports de pêches bretons, des ports de Saint Nazaire. le dessin est très soigné, la couleur n’est plus le sujet principal et parît accessoire.
paul Signac : Villefranche
et pour le plaisir : Cross
Cross
et bien sûr, comme toujours à Jacquemart-André une vidéo permet de d’approfondir la visite avec un commentaire éclairé.
Chagall, Modigliani, je les aime tant que je ne raterais pour aucun prix une exposition qui leur est consacrée. D’ailleurs, dans l’exposition du MAJH, je vais naturellement les admirer.
Zak : marionettistes
Cependant, ce sont les moins connus, ceux que je découvre dont j’ai envie de parler. Zak, que je ne connaissais pas du tout, Jules Pascin portraitiste et dessinateur
Jules Pascin : Alfred Flechtheim en toréador 1925
Kremègne, découvert au musée de Céret, dont l’œuvre est variée
Kremègne
Et les sculptures de Lipchitz et de Chana Orloff qui me touchent énormément.
Lipchitz : marin à la guitare
et cette maternité si tendre
Chana Orloff : maternité
Nombreuses découvertes et plaisir de retrouver des œuvres connues.
Toutefois, le propos est L’école de Paris qui aurait réuni pendant plusieurs décennies une foule d’artistes juifs, russes ou polonais, hongrois, tchèques, allemands, venant de toute l’Europe, fuyant le numérus clausus des universités russes, les pogromes, la pauvreté ou tout simplement attirés par la vie artistique de Montparnasse ou des ateliers parisiens.
Indenbaum : La Ruche
Ecole? c’est paradoxal parce qu’il n’y a pas eu une seule école, ni un style particulier, parce que chacun a trouvé son atelier :le Bateau lavoir, la Ruche, qui fut peinte à plusieurs reprises par Kremègne et Indenbaum, qui accueillit Soutine, Modigliani, Brancusi (la liste est si longue…).
Artistes Juifs ou Cosmopolites? Sûrement les deux, quand Paris était une fête!
Chagall : Apollinaire et Cendrars
Cependant ces artistes juifs, artistes reconnus et célèbres durent aussi subir l’antisémitisme de certaines élites. L’exposition met en évidence la renaissance d’une conscience juive avec la parution de revues juives de langue française.
Les mots de la fin sont ceux de Chagall : un long poème en Yiddisch et en Français « Pour les Artistes martyrs « (1950)
Il fallait fêter dignement le retour au Cinéma! pendant tous ces confinements je suis passée désolée devant la vitrine des Cinémas du Palais vides. Dès que cela a été possible, je suis retournée pour combler ce manque.
Adieu les Cons a été le premier, puis bien d’autres. Mention spéciale à Nomadland et aux Indes Galandes qui m’ont enthousiasmée, plus récemment Kuessipan.
Il fallait faire une véritable fête du Cinéma (pas celle qui donne des réductions et qui pousse les paresseux dans les salles obscures), non une vraie fête avec buffet et bulles, tapis rouge et même palmiers. Je n’ai pas regardé le titre du film. Ce qui était important à mes yeux : la Fête a été très réussie. Sentir les autres vibrer, communier. Tellement différent du petit écran à la maison qu’on délaisse pour répondre, au téléphone, faire pipi…
Découvrir en avant-première, en même temps qu’à Cannes un film. réalisateur reconnu. Ne pas avoir lu de critiques. Etre surprise.
Je ne savais pas qu’Annettede Leo Carax était une comédie musicale, encore moins que c’était chanté en anglais. J’aurais peut être hésité. je ne sais pas pourquoi je n’ai pas vu les autres films du réalisateur. J’en ai entendu parler mais jamais vus.
Sûr que Léo Carax fait de belles images, peut-être trop belles, comme celles de la publicité. Une Amérique rêvée, avec deux vedettes (Marion Cotillard en Diva, Adam Driver, en humoriste, provocateur). Ils sont beaux, amoureux, riches, célèbres. Ils ont une maison de rêve, quel jardin! quelle piscine! un yacht! Et déjà, je décroche, trop c’est trop.
Heureusement, cela dérape. Après un accouchement en chansons (quel mauvais goût) , le bébé qui arrive est une sorte de marionnette hideuse, que ses parents trouvent très belle et qui me met mal à l’aise. Et l’Amour idéal se détraque, jalousie ou indifférence, la croisière tourne à la tempête….On est sorti de la bluette et du roman-photo, le virage tragique étant amorcé cela pourrait peut-être me toucher?
Bébé-Annette se met à chanter, et je n’y crois pas du tout.
Après plus de deux heures je vois avec soulagement le générique de fin. En général, je reste toujours jusqu’à la fin – sorte de politesse de ne pas me lever avant que les lumières ne se rallument. Cette fois-ci, je suis impolie.
Et déçue.
Merci aux Cinémas du Palais, pour cette belle fête, même si je n’ai pas aimé le film.
Exposition temporaire prolongée jusqu’au 25 juillet 2021
Nina Villers : Portrait de Madame Soustas laçant son chausson
Si on a oublié certaines d’entre elles, ce ne sont pas des artistes mineures. De leur temps elles étaient célèbres, parfois riches, des peintres reconnues. Elles ont investi les peintures de portrait, de genre, parfois d’histoire, de paysage. L’exposition leur rend honneur dans leur diversité et les fait sortir de l’oubli.
Elizabeth Vigée Lebrun : autoportrait 1800
Elizabeth Vigée Lebrunest sûrement la plus connue de nos jours. en 1783 époque elle est admise à l’Académie ainsi que Adélaïde Labille-Guiard.
Pour ma part je me suis surtout intéressée aux autoportraits afin de mieux les connaître. Elles se représentent au travail.
marie-Guillemine Benoist : autoportrait
l’enseignement de la peinture et des Beaux arts se faisait dans des ateliers réputés
l’atelier de Leon Coigniet : Catherine Caroline Cogniet-TheveninAutoportrait : Louise Duvidal
j’ai bien aimé cette petite fille.
L’enfant à la poupée : Anne Geneviève Greuze
je ne livre ici que mes tableaux préférés, il y en a beaucoup d’autres!
Après la lecture de l’Invention de la Natured‘Andréa Wulf, des Arpenteurs du monde deDaniel Kehlmann, Terre Prodigieuses Créatures de Tracy Chevalier visitercette exposition était une évidence. Pendant le confinement, je suis passée sur les quais de Seine devant le Musée d’Orsay fermé, avec une rage terrible à l’idée que la date de clôture approchait et que ces accrochages sans visiteurs étaient un véritable gâchis.
Les Origines du monde à Orsay, sûrement pas une coïncidence, on pense immédiatement au célèbre tableau (qui d’ailleurs figure en fin de l’exposition). L’Invention de la Nature est datée – selon le prologue – d’un « long XIXème siècle » allant de la Révolution à La Première Guerre mondiale, parfaitement à sa place à Orsay.
Le Paradis terrestre et la Création d’Eve
Prologue: les récits bibliques fondateurs de la Genèse et du Déluge sont illustrés par des tableaux plus anciens d‘Isaak van Osten : Le Paradis terrestre et la Création d’Eve et Breughel . Plus récent : Après le Délugede Philippo Pazzi(1864) où l’on voit les animaux quitter l’arche de Noé/ Egalement une très belle gravure repliée en accordéon représentant les différentes espèces.
Philippo Polizzi (1864) Après le Déluge. les animaux quittent l’Arche (détail)
2. Nommer les espèces : les Cabinets de Curiosités furent en vogue dès le 16ème siècle – « modèles en miniature de la Nature Universelle »ilsfurent la possession des aristocrates et préfigurèrent les collections naturalistes.
Anne Vallayer-Caster 1769 Panache de mer Lithophytes et mollusques
Collectionner, classer Linné (1707-1778); Buffon (1707 -1788)aspire à un inventaire mais délaisse les classements en recherchant « les causes naturelles ».
Cabinet de Curiosités : oiseaux exotiques
3. Immensité et diversité du monde
La nature comme spectacle : un diorama montre la tournée de Zarafa, la girafe de Nubie (1827)
Diorama : Zerafa la girafe nubienne
1741 Clara, rhinocéros, fit « Le Grand Tour « de l’Europe en 12 ans et fut célébrée en peinture ou sur différentes représentation comme cette horloge monumentale
Clara le rhinocéros
les animaux exotiques inspirèrent les artistes comme les lions de Delacroix
Détail de la Chasse aux lions de Delacroix
ou le tigre dévorant un gavial de Barye
Barye : Tigre dévorant un gavial
Dans les collections j’ai admiré ces cires botaniques de Louis-Marc-Antoine Robillard des fruits exotiques restés frais à travers les siècles!
Dattes, anones et calamondins de cire
Trois expéditions emblématiques : le Voyage en Australie (1800 -1804) de Nicolas Baudin; L’expédition de Humboldt et Bonpland(1799-1804) et Darwin sur le Beagle (1832 -1835)
Humboldt et Bonpland
Et c’est là que l’émotion arrive : dans une vitrine se trouve deux spécimens de feuilles(Cordia sebestene Cuba Oreopanax de l’herbier de Bonpland,
!coupe géologique par Humboldt et carnet de terrain de Bonpland
son carnet de terrain d’une très fine écriture au papier que je n’arrive pas à déchiffrer sous la vitre, une coupe géologique des Andes de Humboldt et une esquisse des principales hauteurs des deux continents dressée par Goethe! Les biographies de ces deux savants restent vivantes dans mon esprit, je n’aurais jamais rêvé m’approcher de si près des originaux. Je retrouve Humboldt plus loin dans la peinture de la serre tropicale de palmiers de Frédéric- Guillaume III construite sous les directives de l’explorateur.
Palmeraie de Guillaume III à l’Ile aux Paons
4. Antiquité de la Terre : fascination pour la géologie. Emotion encore devant l’édition ancienne des Principes de Géologie de Lyell et devant une coupe stratigraphique de Cuvier et Brongniart. la salle est ornée de tableaux à l’huile représentant des sujets géologiques dont l’éruption du Vésuve et un très étrange paysage de glaciers sur un lever de soleil avec un ours blanc qui se détache sur la crête
Au delà de l’Homme (1894) Briton Rivière
Essor aussi de la paléontologie et mode des dinosaures. Je trouve en cherchant bien le nom de Mary Anning, j’aurais aimé que l’exposition l’honore plus. Bien sûr en majesté un os de dinosaure, et un sujet sur la reconstitution de l‘iguanodon à Cristal Palace (1853) avec l’invitation à un dîner de gala dans le ventre de l’animal préhistorique. Projections de film sur le thème des dinosaures dont la jolie et ancienne animation (1914) de Gertie le Dinosaure
Reconstitution d’un paysage du Dorset
Quelques aquarelles illustrent le voyage du Beagle mais curieusement Darwin apparait dans un champ inattendu : la psychologie avec l’étude des émotions faciales des chiens et des enfants.
L‘Evolution et les arbres de la phylogénèse occupent un mur entier mais c’est le tableau de Kupka qui m’a le plus étonnée
Kupka : Anthropoïdes
J’ai oublié Les Trésors de la Mer
Argonaute, pieuvre
Et toute une série de dessins les plus fins et les plus décoratifs qui soient
pour arriver à la série des radiolaires et des méduses de Haeckel
Haeckel : radiolairesHaeckel : méduses
Non seulement Haeckelest un scientifique de premier plan mais il a inspiré les artistes de l’Art Nouveau : architecture, décoration….Une collection de vases de Gallé rend compte de cette influence
Gallé : vase avec coquillage et algues
La fin de l’exposition est moins axée sur les sciences et plus sur la création artistique avec les chimères et même avec Odilon Redon et Böcklin un glissement vers le fantastique.
» Un monde nouveau s’imprimait chaque jour, les rêves se lisaient enfin noir sur blanc, en plein jour, enfin évadés des nuits, de leurs brouillards et de leurs terreurs. C’était le printemps de la vie, tout cela, et les rosiers qui escaladaient les murs et débordaient sur les trottoirs, versant parfois leurs parfums sur eux, ne disaient pas autre chose. »
Les dix derniers jours de la Commune de Paris du 18 Mai 1971 au 28 Mai 1971 qu’on nomme aussi la Semaine Sanglante.
Dans ce roman touffu, nous suivons Nicolas et ses deux frères d’arme Adrien et Le Rouge, soldats fédérés du 105ème, qui courent de barricade en barricade pour ralentir l’avance des Versaillais qui sont aux portes de Paris, Caroline, la bonne amie de Nicolas, ambulancière qui soigne les blessés. Des personnages louches profitent du désordre : Monsieur Charles, le photographe d’un genre « un peu spécial », Pujols qui lui procure de jeunes modèles pour ses photos érotiques, Clovis, le cocher complice de Pujols dans l’enlèvement des jeunes filles. Antoine Roques, ouvrier relieur a été élu commissaire de police du Xème s’attache à résoudre cette affaire d’enlèvements, il doit traverser Paris dans les combats pour délivrer une prisonnière. On s’attache aux personnages : Communards idéalistes, courageux ouvriers dévoués aux rêves d’un avenir meilleur. Au cours de l’action, les caractères s’affirment, se complexifient. La solidarité du peuple de Paris, des inconnus soutiendra les fédérés jusqu’au bout. Avec l’avance des Versaillais les massacres sont effroyables…
Roman noir, roman historique? Histoire des anonymes, du peuple des ouvriers, des artisans , l’auteur évoque en filigrane quelques figures connues au fil des conversations, le Général Dombrowski ou Louise Michel.
Roman de guerre, sur les flaques de sang, l’odeur de la poudre, des cendres des incendies. Interminables traversées de Paris du fort d’Issy par le Bois de Boulogne et les quartiers de l’ouest de Paris abandonnés par les bourgeois, aux barricades de la Rive Gauche, du XVème au Quartier Latin, finalement les derniers jours tous se replient vers la Bastille, Château d’Eau, et l’Est de Paris. L’errance de Nicolas et Caroline se terminera vers Bagnolet ou Montreuil où les Prussiens campent encore. Beaucoup de combats, de faits d’armes, d’héroïsme qui finissent par lasser le lecteur qui sait que les Versaillais seront impitoyables.
Histoire des femmes aussi, des ouvrières qui se réunissent pour faire valoir leurs droits, féministes activistes.
Et bientôt, les filles n’auront plus besoin de demander la permission pour tout, pas vrai ? C’est toi qui me l’as dit, une fois. Qu’la Commune et tout ça, ça changerait la vie des femmes.
Accessoirement, histoire de la photographie, Charles Gantier rêve d’être un des premiers reporters de guerre avec un procédé de sa façon.
La guerre sera bientôt dans la rue, sous nos fenêtres, et j’en veux enregistrer toutes les convulsions ! Mes confrères photographient ces imbéciles posant sur leurs barricades, devant leurs canons, bravaches, triomphants ! Mais moi, je les prendrai sous le feu, face à de vrais soldats, dans la fureur du combat, et l’on verra qui alors est le plus brave, de cette mégarde nationale, de ces bonimenteurs à képis, ou des régiments de ligne menés par nos meilleurs officiers. Alors la vérité sautera aux yeux de l’Histoire.
Roman policier avec l’enquête des enlèvements….
J’ai suivi avec beaucoup de sympathie l’Odyssée de Nicolas du Bois de Boulogne aux Grands Boulevards . J’ai un peu décroché pendant les faits d’armes qui traînent en longueur. Sans doute était-ce nécessaire de maintenir le lecteur dans les bombardements et le sang. Mais je me suis accrochée et ne l’ai pas regretté.
En 1739 Louis XV acheta le château de Choisy qui prit le nom de Choisy-le-Roi! Il l’offrit à sa favorite : Madame de Pompadour.
Cette anecdote explique donc la toponymie : la route qui va de Créteil à Choisy (RN186) passe donc au Carrefour Pompadour. Sous cet aimable patronage on pourrait imaginer un endroit charmant. C’est tout le contraire : trois niveaux de circulation intense : la RN 6 passe dans un tunnel (mais pas les camions hors-gabarit), les autobus 393 et TVM montent sur l’autopont qui leur est dédié et qui enjambe le giratoire où aboutissent différentes passerelles de voies rapides et de l’autoroute A86 proche. Seul giratoire protégeant les cyclistes par des éléments de plastique rouge et blanc, la circulation des automobiles, camions et camionnettes est ralentie dans un étroit passage. Pour enjoliver le tout des magasins qui ressemblent plus à des hangars bordent le carrefour, Decathlon, Saint Maclou, et autres magasins de meubles, Fly….Une horreur!
Impossible d’éviter cet enfer si je veux rejoindre en voiture Le Parc Interdépartemental des Sportsoù démarre la promenade. On peut aussi venir en RER C à la Gare Créteil-Pompadour, ou prendre le 393 Métro ligne 8 Pointe du Lac, ou Le TVM de Saint Maur Créteil RER A. Autour d’un bassin en forme de canal évasé à ses extrémités avec des petits lacs annexes, un vaste espace vert comporte des terrains de sport (23 terrains de foot, une piste d’athlétisme, 20 courts de tennis, une base nautique, rugby, et même accrobranche). Des buttes isolent le parc des voies de chemin de fer et donnent du relief. De nombreux arbres variés agrémentent les promenades. Le tour du lac fait environ 4.5 km , fréquenté par les promeneurs, joggers et cyclistes qui se partagent la piste goudronnée tandis que des pêcheurs s’installent sur le bord de l’eau. On pratique l’aviron, le kayak et la voile, il y a même un curieux bateau-dragon certains samedis matin. Du temps où nous jouions au tennis, nous venions régulièrement nous entraîner. Maintenant je fais le tour plusieurs fois par semaine.
La règle des 10 km m’incite à varier les promenades, sous la contrainte, l’imagination est stimulée et j’ai décidé d’expérimenter de nouveaux itinéraires.
A l’extrémité du canal, avant de passer le petit pont, une discrète allée bordée de cerisiers roses en fleur, conduit au Centre d’animation écologique pour les enfants (fermé pour cause de covid) et longe le grillage dominant un bassin qui a l’air sauvage. Sortant du parc par une petite porte (attention aux horaires de fermeture) un souterrain passe sous la route et on arrive en bord de Seine. Si au contraire on tourne à droite et si on monte un sentier en zigzag bordé de massifs fleuris on parvient par une rue très tranquille au Parc des Gondoles (jeux pour les enfants et animaux) et on rejoint le tour du parc interdépartemental en suivant le balisage jaune qui passe par une rue dans les pavillons.
Sur les Bords de Seine, je commence mon exploration en me dirigeant vers l’aval et le Pont de Choisy . La promenade est balisée en rouge et blanc (GR). Elle est très bienn aménagée : chemin de planches près de l’eau et quai cimenté. A la fin des planches on remonte sur le quai, plus loin de l’eau mais très agréable parce que les maisons sont jolie, fleuries et que la circulation des voitures se fait à l’arrière des pavillons. Après le pont j’ai fait demi-tour et suis revenue sur mes pas. Le podomètre avait mesuré 13000 pas et environ 8 km, 2 heures d’une balade très agréable.
les crues
Le lendemain j’ai décidé de remonter vers l’amont en direction de Villeneuve-Saint-Georges, sur la promenade agrémentée de bancs, de grands portiques en ciment – sites parfaits pour une halte ou un pique-nique au bord de l’eau. Un quartier tout neuf a été construit de petits immeubles de briques rose. Comme toutes les constructions actuelles, il est « sécurisé » par des grillages et digicodes qui rassurent peut-être les résidents mais que je trouve détestables. Si on reste au bord de l’eau on peut négliger ce détail. De grandes plaques de tôles perforées, évoquant des toises, rouillées montrent les niveaux de la crue centenale de 1910 et de celle de 1955 (crue cinquantennale. En face sur la rive opposée je découvre des usines modernes. Le retour par le parc départemental est possible en prenant la Rue Danville qui longe le parking d’un grand Liddl et arrive presque en face du petit portail du Parc.
le passeur de rives
Le chemin devient assez rapidement un sentier de terre sous d’agréables frondaisons déjà vertes, la pente est douce vers l’eau, il y a des sortes de petites plages. Un portique attire mon attention : c’est un bac Le Passeur de Rives qui fait traverser gratuitement les piétons les mercredi samedi et dimanche de mai à septembre . A essayer quand les restrictions covid seront terminées
la guinguette auvergnate
Sous le pont de chemin de fer on a installé tout un coin piquenique (privé, genre Sdf mais rangé). le sentier arrive dans un quartier de pavillons de Villeneuve-triage qui fait penser à un village avec son école de ciment, son terrain de sport, un peu plus loin l’église. Petits immeubles de meulière. Glycines. Un quai avec une petite marina, genre modeste, les yachts ne sont pas immatriculés
Jersey ni dans aucun paradis fiscal. Au bout, une école de surf Barefoot Style . Le chemin du contre-halage s’arrête là, il me faut marcher sur le trottoir de la Rue de Choisy qui longe la voie ferrée. Je passe devant la très belle Guinguette Auvergnate – une idée originale que de déguster un aligot devant la rivière à la place de la petite friture. De temps en temps des escaliers de ciment raides permettent de rejoindre un ruban de ciment le long de l’eau mais il faut remonter quelques centaines de mètres plus loin. Pour rentrer on peut prendre le train à la gare de Villeneuve-triage (RER D)
Une promenade que je me promets de refaire et de pousser jusqu’à la Gare de Villeneuve-Saint-Georges traverser la Seine et revenir par Villeneuve-le-Roi. A expérimenter!
TOURISTE DANS LA LIMITE PERMISE DES 10 KM DE CRETEIL
Moins chics et moins fréquentées que les promenades en Bord de Marne, les quais de Seine sont aménagés àVitry-sur-Seine pour les piétons et les cyclistes. Une bande de ciment, quelques bancs, des tags colorés – moins élaborés qu’en centre-ville. La Seine, majestueuse, donne une grande respiration à la balade sous un soleil vif mais un vent frais.
Port à l’Anglais
Je passe sous la Centrale Thermique et l’usine de l »Air Liquide une guinguette (le Gossip) est fermée (covid) dommage! avant d’arriver au Port-à-l’Anglais, une sorte de plage est aménagée avec des bancs, des tables et des chaises-longues de bois, aménagement artisanal sympathique avec des pancartes de bois peint multicolores. Le pont du Port-à-l’Anglais me fait penser au Pont des Chaînes de Budapest. Un peu plus loin, il y a une écluse. Entre le pont et l’écluse des panneaux décrivent la faune et la flore ainsi que la navigation fluviale.
Une plaque commémorative rappelle que des Algériens ont trouvé la mort, noyés après une manifestation pacifique dans la Seine le 17 octobre 1961.
usine élévatoire des eaux d’Ivry
Je remonte sur le quai Jules Guesde le tissu du bâti industriel est lâche, terrains vagues, constructions derrière des palissades, immeubles modernes (siège social Casino/Franprix), d’un hangar taggué s’échappe très fort de la musique de rap. J’avise le sentier plus bas au bord de l’eau où courent les joggers. La Seine est plus sauvage, il y a des véritables plages. Le sentier s’interrompt au niveau des usines en brique de l’Usine élévatoire d’Ivry – Service des Eaux. Je marche sur le quai (trottoir à partager avec les cyclistes) jusqu’au pont d’Ivry sur lequel passe la N19 et qui relie Ivry à Alfortville sur la pointe, au Confluent de la Seine et de la Marne s’élève Chinagora : un ensemble de style chinois composé d’un hôtel et d’un restaurant. La galerie commerciale a fermé il y a quelques années.
Sous le pont d’Ivry : le confluent et Chinagora
Je rentre par le même chemin. Le podomètre marque 13000pas et 8km (A/R)
Les contraintes du confinement sont stimulantes : dans le rayon de 10 km je trouve des itinéraires que je n’aurais sans doute pas explorés. Dans les années 80, j’ai travaillé à Vitry, il m’arrive également d’y faire des courses ou d’aller au MACVAL pour des expositions. J’avais envie de voir le nouveau tramway inauguré il y a quelques jours. Mais y faire une visite touristique! Et pas une seule mais deux!
Vitry-sur-Seine
Vitryest un centre pour l’Art contemporain avec Le MacValet s’orne d’ une sculpture monumentale de Dubuffet symbolisant la volonté de la Ville à être pionnière dans l’Art contemporain. On dit parfois que Vitry est la capitale du Street-Art ceci résulte de la résidence de C215(Christian Guémy) – pochoiriste – et de la bienveillance de la municipalité de Vitry qui n’efface pas les fresques et au contraire les valorise. C215n’est pas le seul grapheur, il a invité de nombreux artistes de provenances diverses si bien que les œuvres sont variées. Vitry est un centre pour l’Art contemporain avec Le MacValet possède une sculpture monumentale de Dubuffet symbolisant la volonté de la Ville à être pionnière dans l’Art contemporain.
Le département du Val-de-Marne, Visorando, Trompe-l’oeil et d’autres proposent des cartes et des itinéraires. J’ai donc imprimé le circuit de Visorando : « les murs peints de Vitry-sur-Seine« 8.24 km, 2h25 de la Gare de Vitry (RER C) à la Gare des Ardoines . Le topo-guide est très bien fait, il suffit de le suivre pas à pas pour découvrir les œuvres les plus marquantes que le rédacteur a sélectionnées. Bien sûr, il y a d’autres graphs non répertoriés, certains ont été endommagés par des tagueurs sauvages mais c’est la règle du jeu…
Marie Curie
La promenade de Visorando ressemble à un jeu de piste, il s’agit de trouver les fresques qui sont parfois monumentales, parfois minuscules, parfois très discrètes, tantôt figuratives, tantôt des motifs géométriques. Les grands guerriers debout occupent toute une face d’une tour d’une vingtaine d’étages. Boîtes à lettres et compteurs électriques servent de support
Boîte à lettres
Certains portraits sont ceux d’anonymes, d’autres non mais je ne reconnais que Marie Curie.
Qui est ce séduisant jeune homme?Et ce vieil homme là?
Enfants, animaux surgissent à l’improviste. Un chat est spectaculaire. Le panda (renard) semble faire les poubelles
panda ou renard furetant dans les poubelles
De belles femmes occupent des places de choix comme la femme aux papillons constellée de taches de lumière.
Femme aux papillons
des geishas s’entourent d’oiseaux, les oiseaux se posent sur les têtes, parfois gracieux, parfois inquiétants
libérant la cage aux oiseaux
La balade nous conduit dans les rues tranquilles bordées de pavillons nichés dans des jardins fleuris, soignés ou sauvages.
la jungle
Tantôt nous arpentons des rues commerçantes comme la Rue Vaillant-Couturier. Commerces exotiques de « traiteur chinoise » voisinant avec le « Hammam Dina »ou les grills turcs, restaurants libanais me font saliver : peine perdue, avec le confinement les restaurants sont fermés et avec le Ramadan la vente à emporter n’est pas encore à vendre. En revanche les étals de gâteaux au miel ont colonisé les trottoirs du centre avec les dattes. En traversant la Seine j’arrive très très loin ! Deux boutiques « non essentielles » ont prêté leurs vitrines à des artistes : l’un d’eux est sculpteur sur pommes de terre, son voisin a choisi de faire des têtes miniatures dans des noyaux d’olive(CLIC). Dépaysement encore!
Entre pavillons dans les rues tranquilles et la monumentale avenue Gagarine avec la Mairie moderne, le théâtre et les grandes tours, Vitry offre un visage changeant à chaque coin de rue et toujours des graphs! Et j’ai oublié l’église du XIIème siècle au coin de l’immense place du Marché, oublié aussi le délicieux jardin derrière l’Explora-drôme, et les slogans féministes collées, lettre après lettre dans les rues…Il y aurait encore tant à dire et à montrer. Je reviendrai!
C’est l’histoire d’une enquête menée par Ruth Zylberman, écrivaine et cinéaste.
……s’agirait juste de choisir. Un immeuble. Un seul. Un immeuble avec lequel je n’aurais aucun lien et dont, pourtant, je saurais tout. Je le filmerais, je l’écrirais aussi peut-être….
carte qui venait d’être éditée par l’historien Serge Klarsfeld et un géographe lyonnais : la carte des enfants déportés de Paris entre 1942 et 1944. Une carte de Paris comme je n’en avais jamais vu :
De retour chez moi, j’ai vérifié les noms associés à cette adresse sur la carte aux points rouges. Il y avait les noms de neuf enfants.
Neuf enfants déportés depuis un même immeuble, c’est beaucoup, mais ce nombre ne me surprend pas
vraiment : le 209 est grand, même si je ne sais pas encore combien de locataires y vivaient exactement. Surtout,
la rue Saint-Maur était au cœur du Yiddishland – Belleville,
Son enquête commence dans deux directions : histoire de la rue Saint-Maur et de l’immeuble, lui-même et recherche des enfants arrêtés, enfin des habitants du 209 jusqu’à aujourd’hui.
le chemin de Saint-Denis, pas encore devenu rue Saint-Maur, (qui) menait, au Moyen Âge, de l’abbaye de Saint-Denis à celle de Saint-Maur-des-Fossés.
En 1840, l’emplacement du 209 n’était qu’un jardin. Avec les grands travaux du baron Haussmann on construisit un immeuble de rapport. Autour d’une cour, quatre bâtiments de six étages où s’installent des locataires modestes, des artisans avec leurs ateliers. Ce quartier ouvrier fut déjà en 1848 un « foyer d’agitation et un fief d’opposition au Second Empire« . Elle retrouve une photographie de la barricade de la rue Saint Maur le 25 juin 48, la tradition insurrectionnelle s’est transmise pendant la Commune de Paris. Au XXème siècle, l’immeuble se peuple de juifs polonais, tailleurs, coupeurs, tricoteurs, presseurs….Souvent communistes.
Comme tant de juifs exilés de sa génération, il avait laissé derrière lui la tradition et la religion de ses parents
pour adopter la nouvelle foi en un monde meilleur.
Mais tous ceux-là avaient quitté la Pologne parce que c’était un État fasciste. Et puis la France, c’était le paysdes droits de l’homme, de la Révolution… dans leur esprit… comme ça devrait être dans l’esprit de tous les Français. »
Après la guerre, les anciens occupants déportés retrouvent (ou non) le 209. Plus tard, d’autres locataires, portugais, algériens, marocains prennent le relais. l’immeuble se dégrade, victime de squatteurs avant d’être mis en vente par appartements et rénové par une nouvelle population plus aisée qui regroupe les logements, transforme les chambres en lofts et vastes appartements. Gentrification. L’écrivaine fait un véritable travail d’archéologue, retrouvant au niveau des parquets les vestiges des anciennes cloisons.
L’essentiel de la recherche de Ruth Zylberman s’oriente autour des rafles du Vel d’Hiv. Elle retrouve des témoins et reconstitue la population d’alors
reconstitutions
Avec des meubles d’une maison de poupées, elle stimule la mémoire des survivants, maintenant des vieillards, mais enfants à l’époque. Tous ne désirent pas se souvenir et ont effacé toute trace de leur enfance au 209 quand ils ont perdu leurs parents, trouvé une famille d’adoption, parfois loin aux Etats Unis, en Australie.
Cette quête me fait penser à celle de Mendelsohn dans les Disparus. Comme lui, elle le conduit en Israël, en Amérique, en Australie..
Elle fait rencontrer les anciens voisins après des décennies, rencontre très émouvante. Une communauté de voisins se dessine. Solidarités : au quotidien comme dans les circonstances exceptionnelles des arrestations. Une famille cache les voisins juifs alors que le fils combat sous l’uniforme de la Wehrmacht. La concierge a convenu d’un code indiquant l’arrivée de la police en balayant la cour d’une certaine façon. Des rumeurs et commérages…Des accents resurgissent. Enormément d’émotions!