bassin du char d’Apollon, au fond la perspective du Grand Canal
Le seul avantage de la crise du Covid est qu’on peut accéder aux sites très touristiques sans avoir à subir la cohue du tourisme de masse. Je me suis donc précipitée pour réserver un créneau horaire de visite et je suis arrivée tôt pour profiter du soleil du matin et de l’ouverture des bosquets avec les Grandes Eaux.
Parterre de l’Orangerie
la visite des Jardins est payante (11€) et le Pass Education ne donne droit à aucune réduction.
De la terrasse la vue sur le Parterre de l’Orangeriesous le soleil de 9h est splendide. En ce début septembre estival les agrumes et palmiers sont sortis offrant un paysage nouveau.
parterres fleuris aux abords immédiats du château
Munie d’un plan (indispensable pour s’orienter) je pars à la recherche des bosquets bien cachés. Je descends jusqu’au bassin de Bacchus
Bassin de Bacchus
A proximité, je découvre la salle de bal qui est une sorte d’amphithéâtre arrondi dont la moitié des gradins seraient des végétaux taillés et l’autre une rocaille de meulière et de coquillages de grande taille où jaillissent des jets et où s’écoulent les cascades.
bosquet de la Salle de Bal26
Les grandes eaux ne commencent ici qu’à 10h30 mais j’ai beaucoup apprécié les gradins de rocailles qu’on ne voit plus quand l’eau dégouline (j’y suis retournée l’après midi) la sonorisation musicale Campra, Lully et Rousseau
LeBassin du Char d’Apollon est animé quand j’arrive Haendel, Blanchard, Philidor et Lully.
Bosquet d’Encelade
Non loin de là je trouve le Bassin de l’Encelade délicatement entouré d’une tonnelle où fleurissent des rosiers très parfumés contrastant avec le sujet : le titan enseveli sous des tonnes de rochers. L’accompagnement musical est très réussi Charpentier et Campra.
Inutile de chercher le Bosquet de l’étoile qui est juste une pelouse polygonale, on a même retiré le statues seuls subsistent les socles.
La matin, les statues du Bosquet des Bains d’Apollon se trouve dans l’ombre (pas de photo) j’avais bien aimé ces trois groupes représentant les Muses et Apollon quand j’étais venue en hiver.
J’ai découvert le Bosquet du Théâtre d’Eau, conçu à l’origine par Le Nôtre il a été restauré récemment en un jardin contemporain avec les sculptures-fontaines d’Othoniel en perles de verre.
Bassin de Latone
Finalement les jeux d’eau du Bassin de Latone avec ses grenouilles dorées raconte l’histoire de la mère de Diane et d’Apollon protégeant ses enfants contre les injures des paysans de Lycie et demandant à Jupiter de les transformer en grenouilles pour les venger.
Je pourrais imaginer une autre promenade qui me conduirait de statue en statue : il y en a tant de très belles! Ou dénicher les bizarreries comme ces chérubins ou diablotins assis sur une tête de chèvre servant d’anse à une urne. Ou cet autre grimpé sur une sphynge.
Exposition temporaire 8 septembre 2021 – 6 décembre 2021
Inside the Red Canna
Merveilleuse exposition O’Keeffe à Beaubourg, à ne pas rater!
Giorgia O’Keeffe (1887 – 1986) est une figure de l’art moderne américain.
Elle a commencé sa carrière en 1916 en exposant à New York au 291, la galerie de Stieglitz, où l’on pouvait voir les dessins de Rodin, de Picasso et la peinture de Cézanne, des aquarelles de Demuth et bien sûr les sublimes photographies de Stieglitz.
Serie I White and blue flower (1918)
Elle peint une « série synesthésiste » suivant l’idée de Picabiaselon des abstractions organiques correspondant à des ondes sonores jouant des mélodies. Elle s’inspire également du livre de Kandinsky . J’ai moins aimé les tableaux abstraits Black abstraction et Abstraction white que les œuvres d’inspiration végétales comme ce maïs
Corn dark 1
Pour se forger un style bien à elle, elle peint des fleurs en les zoomant, fleurs géantes, sensuelles, colorées que certains jugent érotiques (dans une vidéo Giorgia O’Keeffe s’en défend arguant que chacun peut y voir ce qu’il veut.)
White iris
« O’Keeffe, c’est l’Américaine qui peint de grosses fleurs? » me demande une de mes copines. Oui, certes , mais pas que!
« Il est rare que l’on prenne le temps de regarder une fleur. j’ai peint ce que chaque fleur représente pour moi et je l’ai peinte suffisamment grande pour que les autres la voient telle que je la vois »
Jimson Weed/white flower (1932) – datura
Elle a aussi peint la campagne, les maisons et les granges des environs de Lake George où Stieglitz, devenu son mari, avait une résidence, la Gaspésie..
Elle a aussi peint des paysages industriels rappelant les photographies de Stieglitz
New York East End
ou les gratte-ciels newyorkais spectaculaires mais toujours avec sa fascination pour le cosmos et le ciel.
New York with moon
mais c’est le Nouveau Mexique qui deviendra le sujet de paysages de prédilection.
Montagnes rouges du Nouveau Mexique
montagnes rouges et parfois montagnes noires
new mexico dark
Dans les déserts arides, elle ramasse des ossements blanchis de bovins ou de chevaux et s’en sert comme de motifs
Ram’s head & white Hollyhock – New Mexico
Spectaculaire encore ce ciel avec la lune qui apparait dans la cavité du bassin, ou les montagnes au lointain….
Le Pont Neuf et la Pompe de la Samaritaine sous Louis XVI
J’ai attendu avec impatience la réouverture du Musée Carnavalet. Et il semble que je n’étais pas toute seule : comme dans tous les musées, il faut réserver un créneau sur Internet, télécharger et imprimer le billet gratuit et se munir du Pass Sanitaire. L’entrée est gratuite (pas libre). Pour l’Exposition Cartier Bresson, c’est un billet séparé. Sauf à y consacrer la journée entière et à faire preuve d’endurance, l’après-midi ne suffit pas pour épuiser les collections permanentes et voir une exposition dans la foulée. Avec l’impression de survoler le tout, et de me perdre dans l’ordre des salles je n’ai vu que celles du premier étage. Il me faudra revenir pour la Révolution et le Moyen Age.
Carnavalet occupe tout un bloc entre la Rue Sévigné, la Rue des Francs-Bourgeois, la rue Payenne. On entre par la Cour d’Honneur ou Cours Louis XIV mais je découvrirai qu’il y a 4 cours, une petite Cour Henri IV(avec un jardin des simples), la Cour des Drapiers. Madame de Sévigné a occupé un des hôtels particuliers mais peu de souvenirs ont été conservés. C’est un des plus anciens musées de Paris : il a ouvert en 1880.
les enseignes
Une belle collection d’enseignes nous fait imaginer les rues de Paris avec les plaques de rues en calcaire gravé. L’étoile de David capte tout de suite mon attention : rien de juif, c’est le symbole des brasseurs, les deux triangles figurant les éléments composant la bière et les transformations. L’orme de Saint Gervais est le souvenir d’un arbre de justice.
la devanture de l’apothicaire contient flacon et pots à onguents en porcelaine.
Au plafond sont pendus des lorgnons, des fourchettes, au mur un homard.
Plusieurs tableaux et réclames utilisent des stéréotypes racistes : « A la Tête noire » pour un marchand de vin ou « au Nègre joyeux » dans un magasins de produits alimentaires venant des colonies.
Je monte au 1er étage en empruntant le monumental escalier de l’Hôtel de Luynes surmonté d’une galerie décorée en trompe-l’oeil.
Escalier de l’Hôtel de Luynes
Non seulement on a remonté des escaliers provenant d’hôtels qui ont été démolis mais on a reconstitué des appartements entiers avec boiseries, plafonds, tentures et mobilier.
Une série de salles fait revivre le Paris de l’Encyclopédie (1751 – 1788) d’Alembert nous accueille, et nous passons par les appartements de l‘Hôtel de Breteuil,entrée, salon et boudoir ovale. Le salon est meublé de tables à jeu (échiquier cachant un trictrac) table carrée pour jouer au pharaon, fauteuils divers, une harpe et même une niche capitonnée de bleu pour un chien minuscule. Un accompagnement sonore reconstitue l’ambiance du salon.
Différents tableaux, aquarelles et gravures, restituent les Jardins de Paris, le Jardin des Plantes avec la figure de Buffon, Parc Monceaucréé par Carmontelle, Jardin de Bagatelle, mais aussi des jardins oubliés comme ce Jardin des Marchands.
On célèbre le Spectacle des sciences avec le spectaculaire envol (et crash) des Montgolfières qui ont suscité des « objets dérivés » boutons, tabatières et éventails
J’ai découvert un peu plus loin (je me suis un peu perdue dans le dédale des salles) le fauteuil de Voltaire avec sa silhouette caractéristique équipé d’un écritoire et d’un pupitre. Nombreuses têtes, buste de Voltaire autour. Jean Jacques Rousseau en costume arménien fait le pendant au buste de Voltaire). un joli groupe en porcelaine blanche fait figurer Franklin. je suis contente de voir le palais que Beaumarchais s’était fait construire à proximité de la Bastille que décrit Orsenna dans sa biographie Beaumarchais : un aventurier de la liberté.
maquette de la Madeleine (à l’arrière Saint Sulpice)
Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ont embelli Paris de nombreux monuments et places comme la Place Louis XV (place de la Concorde) dessinée par Gabriel. On démolit les maisons construites sur les ponts au XVIIIème siècle. De nombreux tableau témoignent des transformations. Des maquettes des projets de l’église de la Madeleine, et de l’Eglise Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice montrent les projets. L’église Sainte Geneviève est devenue plus tard le Panthéon et la Madeleine ne fut terminée qu’après la Révolution.
Une salle entière est consacrée à l’architecte Ledouxqui dessina 47 barrières dans le mur des fermiers généraux (1762 -1795)
Les reconstitutions des appartements venus d’Hôtels particuliers sont spectaculaires mais mon parcours n’est pas toujours logique ou chronologique, c’est le seul défaut du musée.
je suis éblouie par le salon peint de fresques à grotesques de l‘Hôtel Colbert de Villacerf
Cabinet Colbert de Villacerf, grotesques et portrait de Mazarin
Impressionnants, solennels, ceux de l’Hôtel La Rivière (Place Royale) avec les décors de Charles Lebrun (too much!)
Décors Le Brun très chargésBoiseries de l’Hôtel d’Uzès
Toujours dans mes errances chronologiques j’ai découvert le 16ème siècle, Catherine de Médicis, Henri III, Charles IX Le Duc de Guise. Impressionnante procession de la Ligue
Procession de la Ligue
Et pour contraster avec cette peinture belliqueuse une fête populaire
Fête populaire
et ces petits métiers
petits métiers 18ème siècle
je me rends compte que ce billet est bien désordonné, surtout du point de vue de la chronologie. Telle fut ma visite. Ce musée est si riche qu’on s’y perd et je me promets d’y retourner d’abord pour voir les souvenirs de la Révolution, les témoignages du Moyen Age puis ultérieurement me limiter à une courte période et lire avec soin les cartels.
Marchand d’art à Paris et à New York, Durand-Ruel fut le soutien des impressionnistes et s’intéressa à leurs héritiers, Gustave Loiseau, Henry Moret, Maxime Maufra, Georges d’Espagnat, Albert André qui étaient liés avec lui par un contrat d’exclusivité.
Georges d’Espagnat : Crique au Lavandou (choisi pour l’affiche de l’exposition)
L’exposition à la Maison Caillebotte présente ces cinq peintres que j’ai le grand plaisir de découvrir. L‘exposition Vollard au Petit Palais est construite un peu dans le même esprit, réunissant autour de la personnalité d’un collectionneur et marchand d’art une pléiade de peintres. j’ai toujours beaucoup d’intérêt à admirer des Picasso, Chagall, Matisse… mais j’avais envie de découverte. Les Postimpressionnistesprésentés à Yerres sont peut-être de moindre envergure mais je n’en connaissais aucun et j’aime les nouveautés et les surprises.
Gustave Loiseau, Maxime Maufra et Henry Moret occupent le niveau haut. peinture héritière des Impressionnistes, le plus souvent des paysages mais surtout des marines. Ces trois peintres se connaissaient et se sont retrouvés à Pont-Aven où ils ont rencontré Gauguin
Gustave Loiseau : Les Roches Vertes
J’ai beaucoup aimé les couleurs des paysages bretons de Henry Moret
henry Moret : Goulphar, Belle-Île
ainsi que ses personnages ayant une certaine parenté avec les bretons et bretonnes de Gauguin
Henry Moret : les Moissonneurs
Toujours des sujets bretons avec Maxime Maufra
Maxime Maufra : la Récolte du Goémon
On descend un escalier pour découvrir une toute autre ambiance avec Georges D’Espagnat, on quitte la Bretagne, les paysages marins pour des portraits, des enfants
G d’Espagnat : la Gare de Banlieue
ainsi que des couleurs chatoyantes comme la Crique au Lavandou ou l’après midi d’automne
G d’Espagnat :Après midi d’automne
Aussi coloré et décoratif, le travail d’Albert André a su nous séduire
Albert André : la femme aux paonsAlbert André : la Tonnelle
Albert André : la Femme en Bleu
Je ne pouvais pas rater cette exposition féministe et très originale.
Le cartel présentant les œuvres précise que ces créations sont faites directement à partir de la vie quotidienne et des activités domestiques. La Sphère privée s’étend à la créativité et à la politique.
In the power of my hands – Tapisserie faite avec des nattes de cheveux artificiels
En effet ces plasticiennes utilisent les textiles, la terre, et même les tresses de faux cheveux des coiffures africaines . Mais j’ai aussi été bluffée par la modernité de ces œuvres qui utilisent largement la photographie et la vidéo.
« Mombathiseni de Bullieweze Siwani – il faut entendre les vagues des vidéostextileDyptique de Njideka akunyali Crosby
Les techniques utilisées sont souvent métissée, composites avec surimpression photographiques et très sophistiquées. l’artiste nigériane vit à Los Angeles,.
Ana Silva : broderies sur sac
Ana Silva, Angola, a brodé des femmes en fines broderies sur de la toile à sac servant à emballer des vêtements de seconde main arrivant en Afrique : dénonciation de la surconsommation de l’industrie de la mode.
D’autres œuvres dénoncent les violences faites aux femmes, ou l’impossibilité de représenter le sexe féminin.
Reinata Sadimba : Femme en train d’accoucher
j’ai beaucoup aimé la vidéo de Wura Natasha Ogunju(USA/Nigéria) dont est tirée l’affiche de l’exposition : Will I still carry water when I am a dead woman? Des femmes au visage masqué mais à la tenue courte, short ou robe courte trainent des bidons dorés qui les entravent. Elles défilent dans les rues d’une ville nigériane dans l’indifférence des passants.
Comme le titre en anglais l’indique, ces artistes viennent presque toutes de l’Afrique anglophone, Afrique du Sud, Nigéria, Zimbabwe sauf Angola. C’et une région de l’Afrique que je ne connais pas du tout et j’ai été très dépaysée.
Vollard, collectionneur, marchand d’art mais aussi éditeur, s’installa à Paris en 1890. Il achetait à un prix modique des ensembles d’œuvres de jeunes artistes d’avant-garde et les vendait dans l’Europe entière et en Amérique.
Portrait de Vollard par Cézanne
Vollard sut s’entourer et collaborer avec les plus grands : Renoir,Gauguin,Toulouse-Lautrec mais aussi les Nabis, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Emile Bernard, Picasso, Marc Chagall….et j’en oublie…
Toulouse-Lautrec : l’Estampe originale
Cette exposition est l’occasion de découvrir des estampes . un mur est occupé par 22 estampes des « peintres graveurs » aussi divers que Fantin-Latour, Munch, ou moins connus comme Ker-Xavier Roussel (que j’ai bien aimé)
Baigneurs de Cezanne
Picasso fit 100 estampe de la « suite Vollard »
Picasso Minotaure
Il illustra aussi L’Histoire Naturelle de Buffon
Picasso : Histoire Naturelle de Buffon
Vollard était aussi éditeur de « Beaux Livres » c’est la partie de l’exposition qui m’a le plus intéressée. Le premier livre d’artiste, en 1900, fut Parallèlement de Verlaine illustré par Bonnard. On peut le « feuilleter » virtuellement sur un écran
Parallèlement de Verlaine illustré par Bonnard
la collaboration avec Bonnard s’est prolongée avec l’illustration des Pastorales de Longus Daphnis et Chloé ainsi que Dingo d’Octave Mirbeau.
Odilon Redon , la Tentation de Saint Antoine
Maurice Denis, L’Imitation de Jésus Christ
Ballade des pendus Villon
j’ai beaucoup aimé les illustrations d’Emile Bernardpour les Oeuvres de François Villon, L’Odysséeet Les Fleurs du Mal. Et bien sûr, Chagall pour els Ames mortes et les Fables de La Fontaine
Chagall Le meunier son fils et l’âne
Cette exposition n’est peut être pas spectaculaire, mais il y a tant à voir! Et surprise, en sortant j’ai découvert un orchestre baroque : clavecin, violon, flûte et deux chanteuses qui ont interprété Lully, Rameau J.J. Rousseau (et oui, il a composé un petit opéra) entrecoupés de chants populaires: Le Pont d’Avignon, Frère Jacques...et rond et rond petit patapon....
Exposition temporaire prolongée jusqu’au 26 Juillet 2021
Paul Signac – Opus 176 (1886)
Admirateur des impressionnistes et de Claude Monet, Paul Signac, autodidacte devient peintre et va avec Seuratutiliser une nouvelle technique pointillisteou de « division des tons » pour fonder un mouvement que le critique Fénéon qualifiera de Néo-impressionnisme.
signac paul
L’exposition LES HARMONIES COLOREES au Musée Jacquemart-André présente les œuvres de Signac mais aussi des artistes néo-impressionnistes comme Cross, Pissaro, Achille Laugé et Maximilien Luce, Van Rysselberghe
Achille Laugé : L’arbre en fleur
Tout d’abord, nous étudions les recherches de couleurs, la palette éclatante de Signac, les complémentarités des couleurs, l’utilisation de couleurs pures qui ne doivent pas se mélanger mais se rehausser, s’exalter. On parle parfois de pointillisme ; à y voir de plus près, ce ne sont pas des points (il y en a comme les points orange de l’Opus 176 qui rehaussent les barques bleues ou les arbres verts) mais il y a aussi ces virgules roses et bleues, éclairant la mer de Saint Briac
paul signac balises, Opus 210
parfois le peintre choisit de croiser les touches, parfois de jouer le mosaïste avec des touches carrées ou rectangulaires qui ressemblent à des tesselles. Cette exigence de couleurs pures suppose un travail préparatoire. Si la peinture sur le motif, comme les impressionnistes, est le début du tableau celui-ci sera accompli en studio. l’exposition présente donc de nombreuses études préparatoire, huiles en large touches très colorées et petits format, ou grands lavis à l’encre de Chine de la taille du tableau définitif en couleur.
Signac : Mont Saint Michel 1897
La visiteuse peut prendre son temps pour observer les détails de la technique qui varie selon le temps.
Après son séjour à Saint Tropez en 1892, Signac pratique l’aquarelle. Il peint un très bel éventail de Venise. Il utilise l’aquarelle pour peindre sur le motif, et réalise un reportage complet des ports de France, du port de guerre de Toulon, aux petits ports de pêches bretons, des ports de Saint Nazaire. le dessin est très soigné, la couleur n’est plus le sujet principal et parît accessoire.
paul Signac : Villefranche
et pour le plaisir : Cross
Cross
et bien sûr, comme toujours à Jacquemart-André une vidéo permet de d’approfondir la visite avec un commentaire éclairé.
Chagall, Modigliani, je les aime tant que je ne raterais pour aucun prix une exposition qui leur est consacrée. D’ailleurs, dans l’exposition du MAJH, je vais naturellement les admirer.
Zak : marionettistes
Cependant, ce sont les moins connus, ceux que je découvre dont j’ai envie de parler. Zak, que je ne connaissais pas du tout, Jules Pascin portraitiste et dessinateur
Jules Pascin : Alfred Flechtheim en toréador 1925
Kremègne, découvert au musée de Céret, dont l’œuvre est variée
Kremègne
Et les sculptures de Lipchitz et de Chana Orloff qui me touchent énormément.
Lipchitz : marin à la guitare
et cette maternité si tendre
Chana Orloff : maternité
Nombreuses découvertes et plaisir de retrouver des œuvres connues.
Toutefois, le propos est L’école de Paris qui aurait réuni pendant plusieurs décennies une foule d’artistes juifs, russes ou polonais, hongrois, tchèques, allemands, venant de toute l’Europe, fuyant le numérus clausus des universités russes, les pogromes, la pauvreté ou tout simplement attirés par la vie artistique de Montparnasse ou des ateliers parisiens.
Indenbaum : La Ruche
Ecole? c’est paradoxal parce qu’il n’y a pas eu une seule école, ni un style particulier, parce que chacun a trouvé son atelier :le Bateau lavoir, la Ruche, qui fut peinte à plusieurs reprises par Kremègne et Indenbaum, qui accueillit Soutine, Modigliani, Brancusi (la liste est si longue…).
Artistes Juifs ou Cosmopolites? Sûrement les deux, quand Paris était une fête!
Chagall : Apollinaire et Cendrars
Cependant ces artistes juifs, artistes reconnus et célèbres durent aussi subir l’antisémitisme de certaines élites. L’exposition met en évidence la renaissance d’une conscience juive avec la parution de revues juives de langue française.
Les mots de la fin sont ceux de Chagall : un long poème en Yiddisch et en Français « Pour les Artistes martyrs « (1950)
Il fallait fêter dignement le retour au Cinéma! pendant tous ces confinements je suis passée désolée devant la vitrine des Cinémas du Palais vides. Dès que cela a été possible, je suis retournée pour combler ce manque.
Adieu les Cons a été le premier, puis bien d’autres. Mention spéciale à Nomadland et aux Indes Galandes qui m’ont enthousiasmée, plus récemment Kuessipan.
Il fallait faire une véritable fête du Cinéma (pas celle qui donne des réductions et qui pousse les paresseux dans les salles obscures), non une vraie fête avec buffet et bulles, tapis rouge et même palmiers. Je n’ai pas regardé le titre du film. Ce qui était important à mes yeux : la Fête a été très réussie. Sentir les autres vibrer, communier. Tellement différent du petit écran à la maison qu’on délaisse pour répondre, au téléphone, faire pipi…
Découvrir en avant-première, en même temps qu’à Cannes un film. réalisateur reconnu. Ne pas avoir lu de critiques. Etre surprise.
Je ne savais pas qu’Annettede Leo Carax était une comédie musicale, encore moins que c’était chanté en anglais. J’aurais peut être hésité. je ne sais pas pourquoi je n’ai pas vu les autres films du réalisateur. J’en ai entendu parler mais jamais vus.
Sûr que Léo Carax fait de belles images, peut-être trop belles, comme celles de la publicité. Une Amérique rêvée, avec deux vedettes (Marion Cotillard en Diva, Adam Driver, en humoriste, provocateur). Ils sont beaux, amoureux, riches, célèbres. Ils ont une maison de rêve, quel jardin! quelle piscine! un yacht! Et déjà, je décroche, trop c’est trop.
Heureusement, cela dérape. Après un accouchement en chansons (quel mauvais goût) , le bébé qui arrive est une sorte de marionnette hideuse, que ses parents trouvent très belle et qui me met mal à l’aise. Et l’Amour idéal se détraque, jalousie ou indifférence, la croisière tourne à la tempête….On est sorti de la bluette et du roman-photo, le virage tragique étant amorcé cela pourrait peut-être me toucher?
Bébé-Annette se met à chanter, et je n’y crois pas du tout.
Après plus de deux heures je vois avec soulagement le générique de fin. En général, je reste toujours jusqu’à la fin – sorte de politesse de ne pas me lever avant que les lumières ne se rallument. Cette fois-ci, je suis impolie.
Et déçue.
Merci aux Cinémas du Palais, pour cette belle fête, même si je n’ai pas aimé le film.
Exposition temporaire prolongée jusqu’au 25 juillet 2021
Nina Villers : Portrait de Madame Soustas laçant son chausson
Si on a oublié certaines d’entre elles, ce ne sont pas des artistes mineures. De leur temps elles étaient célèbres, parfois riches, des peintres reconnues. Elles ont investi les peintures de portrait, de genre, parfois d’histoire, de paysage. L’exposition leur rend honneur dans leur diversité et les fait sortir de l’oubli.
Elizabeth Vigée Lebrun : autoportrait 1800
Elizabeth Vigée Lebrunest sûrement la plus connue de nos jours. en 1783 époque elle est admise à l’Académie ainsi que Adélaïde Labille-Guiard.
Pour ma part je me suis surtout intéressée aux autoportraits afin de mieux les connaître. Elles se représentent au travail.
marie-Guillemine Benoist : autoportrait
l’enseignement de la peinture et des Beaux arts se faisait dans des ateliers réputés
l’atelier de Leon Coigniet : Catherine Caroline Cogniet-TheveninAutoportrait : Louise Duvidal
j’ai bien aimé cette petite fille.
L’enfant à la poupée : Anne Geneviève Greuze
je ne livre ici que mes tableaux préférés, il y en a beaucoup d’autres!