Monet/Sécheret – Dialogues inattendus à Marmottan

PAYSAGES D’EAU/TROUVILLE

Le Musée Marmottan Monet invite des artistes contemporains à dialoguer avec les œuvres de Monet. Sécheret (né en 1957) qui peint souvent à

Trouville a fait se rencontrer deux tableaux de Monet : Camille à la plage et Sur la plage de Trouville avec une collection de ses œuvres

Cherchez Camille!

En face de cet accrochage, plusieurs grands tableaux avec les Roches Noires au premier plan montrent la lumière changeante de Normandie, les nuages toujours différents et à l’horizon Le Havre et ses installations portuaires

Plage de Trouville

j’ai beaucoup aimé cette découverte!

l’Empire du Sommeil et au Musée Marmottan Monet

Exposition temporaire jusqu’au 1er mars 2026

Paula Rego – la Prisonnière des Sargasses

Dans le cadre toujours charmant du Musée Marmottan Monet se tient l’exposition thématique sur le Sommeil, point de chronologie ou d’école, les tableaux sont regroupés autour de différents thèmes.

Le sommeil dans la Bible : Les manuscrits enluminés avec la Création d’Eve pendant le sommeil d’Adam, Jean s’endort pendant la Cène sur l’épaule de Jésus tandis qu’en face les trois fils de Noé contemplent leur père endormi . On saute les siècles 

La Pisana – Arturo Martini

Peinture et sculpture. Affalée endormie la Pisana occupe le milieu de la salle suivant. Rapide recherche sur le net, La Pisana est interdite de Facebook( raison pour moi de la montrer!) mais son auteur Martini était un sculpteur fasciste officiel (raison de la censurer). Dans une vitrine, de petite taille, un Rodin, un Maillol, très petit, très joli, et d’autres petits chefs d’œuvre comme un dessin de Matisse. 

Gravures des petits formats de dessins plus ou moins célèbres, dans les célèbres, un Dürer, un Goya, plusieurs dessins de Victor Hugo, plus loin deux Picasso. Des illustrations des Contes de Perrault, Gustave Doré

Baillements de Beckmann

Hypnos et Thanatos 

De nombreux tableaux évoquent le somnambulisme , dont un Courbet spectaculaire, une Ophélie dont j’ai oublié l’auteur. L’ensemble est assez déprimant. Les Préraphaélites ont été inspirés, pluie de coquelicots, pavots, inspirant le sommeil dans la toile d’Evelyn de Morgan 

Evelyn de Morgan Nuit et Sommeil (1878)

Le Sommeil et les Rêves

Munch – autoportrait en somnambule

Evidemment,  un livre de Freud dans une vitrine

John Faed – Le rêve du poète (dans le brouillard on distingue l’Acropole)

Beaucoup de belles choses dans cette exposition trop fourre-tout à mon goût mais qui m’a permis de voir des tableaux inattendus. En revanche, le détour par Marmottan m’a permis de découvrir un peintre Sécheret en dialogue avec Monet au sous-sol.

 

Chroniques d’une Exploratrice – Alice Gozlan et Zacharie Lorent – à La Maison des Arts de Créteil

THEATRE

L’exploratrice c’est Alice qui a construit avec Zacharie Lorent un spectacle  autour d’Internet. Seule en scène, avec quelques accessoires basiques : un écran, un smartphone, un micro et un siège, elle raconte son exploration dans le côté sombre d’Internet

« Dans le spectacle tout est vrai »

 » C’est drôle et terrifiant »

Affirment ils dans une interview sur Facebook.

De liens en liens, Alice débouche chez les complotistes, les Qanon, les platistes, les complètement barrés. 

Son monologue est prenant, elle semble essoufflée devant ces découvertes inattendues.

Le plus drôle c’est que c’est un lapin, avatar d’un de ses nombreux followers, qui lui envoie les liens vers des endroits les plus glauques, derrière le miroir. Un lapin, Alice, cela ne vous dit rien? Mais c’est vraiment son nom!

Le spectacle tourne encore la semaine prochaine au 104. Courrez -y ! 

 

Manga – tout un art ! au Musée Guimet

Exposition temporaire jusqu’au 9 mars 2026

Je suis toujours bluffée par la richesse et la sophistication de l’art japonais. Bluffée mais toujours un peu perdue « lost in translation ». Il me manque les codes, les mythes, la manière de lire, et bien sûr les textes.

Pour moi, jusqu’à hier les mangas c’était cela :

Dragon boy

Mes élèves étaient fous du Japon, fans de mangas et j’avais assimilé cet engouement à une culture adolescente d’âge collège qui ne me concernait pas. Petits albums à la couverture souple bon marché, dessins animés de Goldorak, je n’avais guère de curiosité pour les suivre. J’aurais dû!

mode manga

Au dernier pique-nique de Babélio, début septembre,  au parc de Bercy, tout un défilé de jeunes gens et jeunes filles costumés en personnages de manga, m’avait interpellée. Perruques roses (ou cheveux teints), tenues militaires, débordements de dentelle ou attitudes stéréotypées, ils m’avaient fait flipper. J’ignorais l’existence d’une mode manga – décidemment j’ignore tout!

journal satirique

Plusieurs origines aux mangas actuels : la rencontre avec l’Occident vers 1850 quand le Japon s’ouvre et l’introduction de la presse satirique avec un Japan Punch, des caricatures et plus tard des bandes dessinées.

kamishibai : théâtre de papier

Une autre source des dessins animés actuels peut être attribuée au kamishibai : des histoires illustrées sur des cartons étaient présentées par des castelets dans des boites de carton pour les gamins des quartiers populaires. 

Dans les années 30, norakoru, officier de l’armée des chiens était inspiré de Félix le chat américain et traduisait le militarisme japonais. 

 

Tezuka Osamu avec la Nouvelle Ile au Trésor, Phenix et Astro Boy (1952) révolutionne la bande dessinée et plus tard le dessin animé en faisant entrer une mise en scène cinématographique dans les cases de la BD avec des plongées, zoom et gros plan

Le dynamisme du dessin, sa sophistication me surprend malgré que je n’y comprenne rien.

de Mizuki Shigaru j’admire la finesse des dessins. En regard l’exposition présente des estampes et dessins anciens de l’époque Edo.

 

album ancien XVIIIème siècle

On devine une belle continuité entre les manga, les estampes et œuvres anciennes

renarde

Il me manque aussi les clés des légendes et mythes anciens que les Japonais identifient d’emblée.

Les mangas sont très diversifiés, mangas pour les filles qui me laissent perplexes. La violence est moins fréquente mais sont-ils féministes? Une série met en scène Marie Antoinette à Versailles.

Admirative de la finesse des tracés, de l’inventivité des cadrages, il me reste encore beaucoup à voir avant de tenter de comprendre!

Troubetzkoy (1866-1938) à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 11 janvier 2026

Troubetzkoy

Troubetzkoy sonne vraiment russe ! Je le découvre italien, né en 1869 en Italie, enfant illégitime d’un diplomate russe et d’une mère américaine pianiste et chanteuse. Plutôt cosmopolite, dans son ascendance et dans sa carrière.

Milan (1886 – 1875)

Bugatti

Sa formation artistique se déroule à Milan où il fréquente les artistes anticonformistes

Moscou – Saint Pétersbourg (1897 – 1898)

Moscou – l’hiver, traineau Le tsar Alexandre III

En 1900, il remporte le concours pour la statue équestre du Tsar Alexandre III. Il rencontre Tolstoï 

Moscou calèche
Tolstoï

1906 installation à Paris

Robert de Montesquiou

Il se promène au bois de Boulogne avec ses loups apprivoisés et fréquente les élites de la capitale. Il parfait le genre du portrait-statuette on découvre dans l’exposition les statuettes de Anatole France, Rodin, Bernard Shaw, Roland Garros aux commandes de son avion, 

Anatole France

ainsi que de belles dames souvent en compagnie de leurs animaux familiers

la marquise Luisa Casati

j’ai bien aimé la série de danseuses

 

danseuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Troubetzkoy l’américain

Il fait plusieurs séjours aux Etats Unis (1911 – 1912 et 1914-1920)

Cow boys

Fasciné dès sa jeunesse par le Wild West Show de Buffalo Bill qui s’est produit à Milan en 1890 il représente cow boys et indiens

indien

 

Troubetzkoy et le monde animal

Comment pouvez-vous me manger?

Il représente volontiers les hommes ou les enfants en compagnie de leurs chiens et à la suite de Tolstoï ou Bernard Shaw s’est engagé pour la cause animale comme le montre le diptyque des dévoreurs de cadavres

Dévoreurs de cadavres

Strictement végétarien, Troubetzkoy s’éteint d’une grave anémie.

j’ai beaucoup aimé les bronzes de petits formats plus que les grands portraits . j’ai été surprise de lire que nombreuses statues proviennent du Petit Palais, je me propose de leur rendre visite quand l’exposition sera terminée.

 

Philip Guston – l’Ironie de l’Histoire au Musée Picasso

Exposition temporaire jusqu’au 1er mars 2026

Sleeping (1977)

Le nom de Guston ne m’était pas inconnu; je l’avais rencontré à la Fondation Vuitton lors de l’exposition Nymphéas, les derniers Monet et l’Abstraction Américaine en 2018 CLIC

Guston détail du rouge au centre du tableau

Exposé avec Pollock, Rothko, De Kooning, et d’autres. Je me souviens d’un grand tableau rouge complètement abstrait. je l’ai retrouvé au Musée Picasso. 

Avant de peindre des tableaux abstraits, dans les années 50, Guston a peint des grandes fresques murales, des tableaux variés, des œuvres militantes, et il est revenu à la figuration dans les années 70. C’est donc un plasticien très complet, une personnalité américaine marquante que j’ai eu le plaisir de découvrir au Musée Picasso.

Mother and Child (1930)

Philip Guston a tout à fait sa place au Musée Picasso. Mother and Child est exposé en regard de La Jeune fille au chapeau (1921) et les deux tableaux dialoguent parfaitement. On peut aussi noter des analogies avec De Chirico, Max Ernst A propos de Guernica, moins célèbre que celui de Picasso, Bombardement de Guston, traite des horreurs de la Guerre d’Espagne. Il est présenté à côté du cheval du célèbre tableau. 

Bombardement (1937)

La construction de ce tableau rond est impressionnante. On perçoit au centre l’explosion de la bombe tandis que les avions nazis survolent la ville. Au premier plan le personnage au masque à gaz à silhouette de Superman et à la cape rouge symbolise-t-il la mort (ou je fais un anachronisme?)

Esquisse pour une fresque murale – Study for Queensbridge Housing (1939)

Murals 1931 dénonce le lynchage judiciaire de 9 afro-américains accusé à tort de viol. -La fresque fut détruite par un groupe de policiers. En 1932, des peintres muralistes  mexicains José Clemente Oxoco et Siqueiras l’entraînèrent au Mexique pour réaliser des murals. L’exposition présente une vidéo de la restauration de la fresque de Morelia The struggle against Fascism, fresque de 100 m2 recouverte puis redécouverte et restaurée.

Au temps de l’Action Painting

1947 à Greenwich village, Philip Guston s’engage dans l’abstraction en compagnie de Pollock, Rothko et de Kooning. Il fréquente également John Cage et Morton Feldman. De cette époque, il réalise aussi des portraits amusants, plutôt des caricatures. je reconnais Cocteau, Apollinaire, Diaghilev et Poulenc. 

Philip Roth (1975)

Nixon Drawings

En 1969, il rencontre Philip Roth.  A la même époque,  il retourne au figuratif et fait toute une série de 73 dessins Poor Richard  exposés en face des dessins de Picasso : Songes et mensonges de Franco (1937). A propos de Nixon, du Watergate, et de sa propriété de Kaye Biscayn. Les caricatures sont féroces. je remarque les occurrences fréquentes des lunettes carrées de Kissinger. 

Poor Richard!

Je ne peux m’empêcher de penser à Mar-a-Lago de Trump, son golf, qui pourrait maintenant faire une série pareille, insolente et inspirée?

Philip Roth, de son côté a écrit Tricard Dixon et ses copains. Fuyant le scandale, Roth s’installe à Woodstock ainsi que Guston. 

Un mandarin qui joue les crétins

Studio Landscape

En 1970, Guston abandonne l’abstraction; expose des personnages encagoulés, esthétique évoquant la bande dessinée. Cet abandon lui est reproché ce à quoi il répond:

Ses tableaux récents venaient résoudre la schizophrénie dont Guston se sentait affecté : « la guerre, les évènements américains, la violence dans le monde. Quel sorte d’homme étais-je donc, assis chez moi, lisant des magazines, m’indignant de ce qui passait, puis retournant dans mon atelier pour accorder un rouge et un bleu »

Autoportrait peignant dans son atelier

Le rose qu’il emploie est une sorte de provocation : il déclare que le rose est la couleur la plus vulgaire symbolisant la bêtise. Guston se représente coiffé de la cagoule du KuKluxKlan qui symbolise le mal. Etrange inversion qu’il compare à la situation d’Isaac Babel se retrouvant avec les cosaques instigateurs des pires pogroms. 

La dernière salle de l’exposition : Un monde tragicomique montre un grand tableau Black Sea 

 

Black Sea

Guston se souvient de ses origines. Né Goldstein à Montréal, d’une famille de Juifs d’Odessa dont est originaire Isaac Babel. La Cavalerie Rouge serait pour le peintre « une tragicomédie où les idéaux se fracassent contre les murs du réel dérisoirement prosaïque » l’énorme fer à cheval serait un monument à l’écrivain de la cavalerie rouge. 

J’ai découvert un artiste dont je me sens (modestement) terriblement proche, entre Roth, Babel, Pollock et Rothko. Lutte anti-apartheid, fresques sociales. Musique de Cage. Toute une Amérique qu’on aimerait voir se lever contre les horreurs actuelles.

Le MAC VAL a 20 ans – Forever young

Forever Young : exposition collective jusqu’au 4 janvier 2026

Chadine Amghar : monument trottinettes emballées, parpaing, pigeon baguette de pain emballée

« A l’occasion du vingtième anniversaire de l’ouverture au public du MAC VAL l’exposition « Forever young » se tourne vers le futur : elle réunit 20 jeunes artistes pour quoi la rencontre avec le MAC VAL a constitué un moment pivot, un tournant dans leurs parcours artistique. 

Fréquentation et compagnonnages sont peut être les maîtres-mots de ce projet. En effet, elles et Ils ont grandi près et avec le MAC VAL » (extrait du texte du commissaire de l’exposition)

Maïlis Lamotte-paulet : goudron, téléphone, bonbons, télévision, nike air….

…Proche voisinage.  J’aime visiter le MAC VAL, où je me sens presque « chez moi » il y règne une ambiance amicale d’ouverture sur la ville de Vitry, sa population mélangée, le Street-Art dans les rues, le marché du samedi, et non loin, un collège où j’ai enseigné autrefois. Musée d’Art Contemporain très accessible. Ce qui est paradoxal. Pas de snobisme. Des visites guidées passionnantes.

Coco de RinneZ devant son autoportrait en Marylin de Warhol.

J’ai eu le grand plaisir d’échanger quelques mots avec la photographe Coco de RinneZ qui s’est « autoportraitisée » en Che Guevara, Basquiat, ElisabethII d’Angleterre, Frida Kalho, Basquiat, Bob Marley, Polnareff marquant ainsi les identités multiples dépassant les catégories de genre, de race, de culture.

Coco de RinneZ : autoportraits
Coco de RinneZ : autoportraits

je n’avais pas remarqué la série de peintures faciale. C’est Coco elle même qui me les a montrés. Encore plus de cosmopolitisme. Et cela va très bien à Vitry!

Mario D’Souza : Home away from Home

L’installation de Mario D’Souza est plus énigmatique : sur trois tapis fleuris l’artiste a disposé des tissus de couleur vive pliés, des cadres contenant des dessins, des oiseaux en bois, et des répliques de fruits exotiques. Devinette : d’où proviennent tous les objets? Un texte en sanscrit nous donne un indice : Mario  D’Souza est né à Bangalore. Home awimpray from Home illustre-t-il l’exil ou le cosmopolitisme?

Dessins de Mario D’Souza : mains cueillant des fruits

Rebecca Topakian née à Vincennes nous transporte avec ses photos en Arménie d’où est originaire sa famille. Certaines sont imprimées sur de curieux supports en verre ou en pierre. 

La chambre rouge de Maïlis Lamotte-Paulet (voir plus haut) est plus énigmatique. Quelle chambre a son sol en goudron? et ces parpaings emballés dans des sacs plastiques roses? Le rose fait girly, le rouge, bordel, bonbons, grenades et jus de fruit sur l’écran de télé, étonnent. Se trouve-t-on dehors ou dedans? Feuilletage des métaphores a dit le conférencier. 

Agitatrice de Chadine Amghar

Agitatrice cette planche à repasser recouverte de Toile de Jouy? L’écharpe d’un club de foot marocain montre l’ambiguïté de cet accessoire normalement féminin, ambiguïté aussi de la double culture franco marocaine. Chadine Amghar détourne les objets ménagers ainsi que les trottinettes emballées dans du polystyrène : monument à la mobilité douce ou au contraire emballage de ces trottinettes décriées. La présence des pigeons est aussi contradictoire : les pigeons, comme les trottinettes sont des malaimés. 

Jordan Roger : Burn them all

Le gentil château de conte de fées en céramique pastel suggère le Chateau de Disney. A première vue, il est bien enfantin et innocent. Si on le regarde mieux, il brûle des flammes de l’enfer. Des inscriptions assassines se découvrent ensuite. C’est une dénonciation de l’homophobie : des contes de Disney où les gays sont les méchants. Rejet même dans la famille de l’artiste qui lui a fait barrer le Roger de son nom.

Je n’ai pas pu étudier, photographier les autres installations. Dommage. A vous de faire le déplacement à Vitry!

Evidemment, il y a aussi les collections permanentes avec des œuvres nettement antérieures. Parmi les noms les plus connus Annette Messager, Agnès Varda, Etel Adnan…. et bien d’autres.

 

John Singer Sargent (1856 -1925) – Eblouir Paris – Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 11 janvier 2026

Madame Pailleron

John Sargent,  arrive à Paris à 18 ans en 1874. Carolus-Duran impressionné par la qualité de ses dessins l’admet dans son atelier. Bientôt l’élève surpasse le maître. En 1879, il fait avec Manet le « pèlerinage » au Prado et copie Velazquez, puis part en Hollande avec Helleu pour étudier Franz Hals. L’exposition d’Orsay montre 3 portraits de ses collègues à la manière de Velazquez ou de Franz Hals. 

Portrait de Vernon Lee – historienne de l’art, féministe

Portraitiste virtuose, Sargent est aussi un peintre voyageur : La Bretagne, Venise, Capri lui fournissent des sujets aimables quoique un peu conventionnels et touristiques

J’ai bien aimé ses représentations de musiciens espagnols et de danse de flamenco El jaleo et d’autres danseuses 

El jaleo (Wikipedia)

Peintre-voyageur, ses carnets de croquis de marine sont intéressants .

Frances Sherborne Ridley

Peintre reconnu, il obtient des médailles et expose chaque année au Salon de grands tableaux de belles dames avec de belles robes, ou quatre petites filles à la manière des ménines. Il excelle dans le rendu des tissus, des dentelles ou des tulles fins et mousseux. On imagine les salons mondains du temps de Zola ou de Proust…mais ce ne sont pas les tableaux que j’ai préférés. Je me suis amusée de rencontrer les artistes, ses amis ou collègues : Rodin, Helleu, Monet, Gabriel Fauré

Monet peignant
Helleu dessinant

Mon préféré est la répétition de l’orchestre Pasdeloup

Répétition de l’orchestre pasdeloup

La brillante carrière de Sargent à Paris s’achène par un scandale avec le portrait de madame X, la bretelle de la robe noire qui a glissé a été jugée trop suggestive pour les bien-pensants.

madame X

Ce scandale contribuera à son départ à Londres

Amazônia – Créations et futurs autochtones – au Quai Branly

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 18 janvier 2026

coiffe de plume

Avec la COP 30 à Belem, l’Amazonie est d’actualité, occasion d’aller faire un tour au Quai Branly pour cette présentation des Autochtones d’Amazonie. 

En 2021, à la Philharmonie de Paris s’était tenue une exposition immersive des photographies de Salgadosur la musique de jean Michel Jarre  CLIC Somptueuses vues aériennes de la forêt et des fleuves, nuages….

peinture faciale

Au Quai Branly le propos est ethnologique : c’est une présentation de la richesse et de la diversité des populations autochtones dans cette région immense s’étendant sur 9 pays, où 300 langues sont parlées. Il s’agit de déconstruire les clichés et les idées reçues. 

Mogahe Gihu – Abel Rodriguez Valse

L’Amazonie, une forêt vierge ? Cette première idée préconçue  que la forêt serait un enfer vert, difficile d’accès, peu peuplé, est battue en brèche par l’archéologie. 5 vidéogrammes montrent le travail des archéologues sur un site habité depuis 6000 ans. Les fouilles montrent des vestiges d’une civilisation très ancienne. Des photographies aériennes mettent en évidence des fossés creusés, d’anciennes voies de communications, tout un réseau reliant des villages. Habitée depuis 9000 ans, l’Amazonie n’est pas une terre vierge mais peuplée au XVIème siècle de 8 Millions d’habitants. 

le territoire des ancêtres

L’exposition montre une Forêt-jardin façonnée par les hommes qui ont géré de façon durable la forêt, soignant le milieu naturel avec une connaissance très fine de ses ressources végétale mais aussi animales. 

A l’entrée de l’exposition : coiffes des jeunes garçons et installation

Créer la forêt, habiter les mondes 

Les mythes amazoniens mettent l’accent sur la transformation, dynamique créatrice qui ne s’arrêt jamais. Les humains ont la responsabilité de poursuivre la création du monde à travers des savoirs chamaniques, des cérémonies et des rituels.

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De nombreux objets colorés de plumes colorées, d’écorces, de fibres : coiffes, masques, labrets sont présentés

Couronne de plumes

mais certains confectionnaient aussi de très belles poteries pour toutes sortes d’usages : culinaires, funéraires, ou même des jouets, poupées pour les petites filles.

coupe en terre cuite

Fabriquer les humains

Contrairement à nos conceptions occidentales la frontière entre les humains et le monde vivant qui les entoure est très floue. A sa naissance il faut « fabriquer » les « vraies personnes » au cours de cérémonies de nomination, de rites de passage et d’initiations. Les corps sont façonnés avec des peintures très sophistiquées très signifiantes. Les graphismes remplissent plusieurs rôles exprimant les phases de la vie, le deuil …

Peintures corporelles

L’exposition montre des sceaux pour décorer des motifs géométriques. Une mandibule de carnivore aux dents acérées est un scarificateur. Des labrets vont transformer les lèvres. Certains masques spectaculaires en vannerie sont de taille impressionnante.

L’ennemi, les morts, les Blancs

la guêpe qui coupa la queue des hommes

Le statut d’humain n’est donc pas figé, un membre de la communauté peut devenir un esprit ou un animal. Les pratiques chamaniques intègrent aussi les rêves. Avec des cultures aussi riches et sophistiquées on est très loin des idées « civilisatrices » de la colonisation qui introduiraient la « modernité » .

Le collier des ancêtres

Au contraire, nous avons beaucoup à apprendre de ces manières d’habiter le monde.  

Et pour le plaisir, j’ai trouvé sur Internet les extraits du concert Aguas da Amazonia, de Philip Glass

 

Kandinsky La Musique des Couleurs à la Philharmonie

Exposition temporaire jusqu’au 1er février 2026

..Composition

Avant tout, équipez vous de l’audioguide qui se déclenchera au moment opportun devant chaque œuvre! Mais une fois que j’ai eu l’audioguide et le smartphone dans l’autre main pour les photos, je n’ai pas pu prendre de notes comme à l’accoutumée. Je vais donc illustrer la B.O. !

La B.O.

• Richard Wagner, Prélude de l’opéra Lohengrin, 1850

le plus russe des œuvres présentées?

• We praise Thee (chant russe orthodoxe)

Toussaint

• Arnold Schönberg, Trois pièces pour piano opus 11. Mässige (modéré), 1909

Arnold Schoenberg

• Arnold Schönberg, Quatuor à cordes en fa dièse mineur opus 10. Mässig (modéré), 1907-1908

Le Concert avec le piano de Schoenberg

• Alexandre Scriabine, Poème de l’extase opus 54, 1907

• Modeste Moussorgski, Tableaux d’une exposition, 1874

• Johann Sebastian Bach/Anton Webern, Ricercata (Fugue à six voix), extrait de L’Offrande musicale BWV 1079, 1935

Fugue

• Hanns Eisler, 8 Klavierstücke opus 8, n° 7 andante, 1925

• Alban Berg, Concerto « À la mémoire d’un ange », 1935

..

 

La visite se déroule donc en musique. En plus des tableaux sont présentées aussi des études, des dessins, et de grandes animations en musique projetées sur de grands écrans, il semble qu’on voit le tableau se construire en rythme, des triangles, des cercles bougent, dansent, changent de place. Les Tableaux d’une expositions ont été mis en scène à Dessau à l’école du Bauhaus. Curieuse mise en abyme d’une exposition de peinture que Moussorgski met en musique et qui inspire Kandinsky pour une nouvelle mise en peinture, couleurs synesthésiques? formes dansantes? Architecture. Une autre projection XXL sur un écran : le Salon de musique (1931) conçu pour l’exposition d’architecture de Berlin . 

Composition X (1939) écoute : à la mémoire d’un ange – Alban Berg