Le Concile des maudits – Peter Tremayne

POLAR HISTORIQUE

Autun, Augustodunum,  670. Règne des Mérovingiens. Un concile est réuni pour tenter d’unifier les doctrines des églises irlandaises, britanniques, franques, burgondes et romaines.

Histoire méconnue, géographie déconcertante. Clothaire III règne sur la  Neustrie et l’Austrasie, Hibernia (l’Irlande) est divisée en cinq royaumes, les Grandes Invasions ne sont pas encore terminées en Britannia,(Angleterre)  Angles et Saxons chassent les Britons…

Les rivalités éclatent au concile. Un évêque irlandais est assassiné. Sœur Fidelma et son mari le frère Eadulf sont appelés pour enquêter sur ce meurtre. L’intrigue est très bien menée avec d’autres décès suspects, des soupçons de trafics d’esclaves. Il y est aussi discuté du célibat des moines….

On est désorienté par les noms celtes bien difficiles à retenir. L’usage du latin – lingua franca – est aussi un des charmes de l’ouvrage. L’empire romain disparu il y a deux siècles, mais il reste encore de nombreux bâtiments et les noms des lieux: Liger, la Loire, Divio, Dijon.

Une lecture très distrayante! merci àDominique de me l’avoir signalé!

Lire un policier Laotien? Le déjeuner du Coroner – Colin Cotterill

le-dejeuner-du-coroner.1301127633.jpg

Un voyage au Laos en projet?

Non, seulement une suggestion d’Amazon lorsque j’ai commandé Le saut du Varan de Bizot!

Séduite ausi par la couverture exotique et désuète d’un pousse-pousse.

Une petite réserve : pourquoi la traductrice a-t-elle choisi de garder l’anglicisme coroner ? médecin légiste aurait mieux fait l’affaire. Après tout Siri Paiboun est un médecin qui a fait ses études à Paris, et  des traces de francophonie subsistent  à l’hôpital de Vientiane où se déroule le roman!

1976, Laos sous gouvernement du Pathet Lao. Le Grand Frère de Hanoï est également très présent. Austérité, idéologie, slogans sous le regard ironique et désabusé d’un vieux (72 ans) combattant, médecin dans la jungle, qui aspire plus à la retraite qu’à contribuer au pouvoir révolutionnaire qu’il a soutenu pendant tant d’année. C’est donc dans l’humour que commence le roman.

Placardisé dans la morgue de l’hôpital de Vientiane avec un trisomique comme adjoint et une infirmière effrontée, Siri fait un piètre coroner. Il préfère soigner les vivants. Jusqu’à ce que la femme d’un dirigeant soit autopsiée ….et enlevée par son mari peu de temps après,  le dossier volé. Intrigué, le héros commence une véritable enquête au…. lycée, seul endroit où subsistent encore des réactifs chimiques.

Et comme sa vocation de détective s’est éveillée, arrivent d’autres clients à la morgue : des vietnamiens, noyés, torturés à l’électricité, présentant de curieuses lésions….

L’enquête qui avait commencé comme un crime domestique (mais dans les sphères du pouvoir) tourne au thriller. On met des bâtons dans les roues, on surveille, on tire sur la porte de Siri. Ce dernier se trouve transporté en avion dans la forêt chez les Hmongs. Et là, nouveau tournant, nous atterrissons en pleine sorcellerie. Siri est-il la réincarnation d’un héros Yeh Ming, vieux de 1000 ans qui a mis en dérouteune armée anamite à l’aide d’une seule corne de buffle?

Les amulettes et les esprits interviendront  maintenant dans les différentes affaires que cherche à démêler Siri. le lecteur est perplexe dans la confusion générale. Violence et bouffonneries vont alors se succéder, explosions et incendies. Mais, curieusement le roman reste bon enfant. Siri n’est pas Rambo, loin de là! le Laos est plutôt tranquille, les pénuries aidant…

Généralement les interventions surnaturelles me rebutent. Curieusement ici, non! Et même je repense au film thaïlandais Oncle Boonmee   dont je n’avais pas du tout apprécié les fantômes. Je le reverrais bien maintenant de retour du Cambodge, après toutes ces lectures asiatiques. Réincarnation et fantômes vont- ils bien ensemble?

En tout cas je me promets de lire les autres romans de Cotterill pour retrouver Siri!

Et puis pourquoi pas un voyage au Laos? Nous avions abordé l’Asie du sud-est par laThaïlande, l’exotisme m’avais enchantée, au Vietnam nous avions retrouvé quelques sensations et découvert toute une civilisation, les Khmers, c’était encore autre chose. Diversité et culture, nous avons encore bien des choses à apprendre.

Lire pour l’Afrique : Moussa KONATE – L’empreinte du renard

Lire pour Voyager/Voyager pour Lire

1269.1287235528.jpg

Un Policier au Mali

Le commissaire Habib, vieux flic de Bamako est appelé pour une enquête en pays dogon. Occasion de rencontrer les traditions des dogons.  Justement les empreintes des renards permettent au sorcier de prédire l’avenir. Meurtres étranges sur fond de trafics des promoteurs immobiliers, dissolution des traditions remises en causes par les jeunes plus attirés par l’argent facile que par la morale traditionnelle. J’aime bien ces polars ethnologiques. L’enquête est prétexte à raconter le quotidien d’un pays inconnu.