Exposition temporaire : 22 mai – 15 septembre 2019

PARIS ROMANTIQUE 1815 – 1848
L’exposition est une déambulation dans le Paris des années 1815 (Cent Jours) jusqu’à la Révolution de 1848. Quelques dates balisent notre parcours
- 1819 Géricault Radeau de la Méduse, Ingres : Grande Odalisque
- 1822 Delacroix Barque de Dante
- 1824 mort de Byron, Delacroix Massacre de Scio,
- 1830 Hernani, Symphonie Fantastique
- 1931 La Liberté guidant le peuple et Notre Dame de Paris
Nous ne verrons pas ces tableaux célébrissimes qui sont pour la plupart au Louvre.
Une carte de Paris présente les étapes de notre promenade dans Paris qui commencera aux Tuileries dans les ors royaux, passera par les Galeries du Palais Royal, le Louvre, Notre Dame, la Bastille puis le Quartier Latin, la Chaussée d’Antin, la Nouvelle Athènes, les Grands Boulevards.
A chacune de ces étapes une salle est décorée, meublée et présenteles tableaux et objets traduisant l’esprit des lieux.

Au Palais des Tuileries seront présentés les membres de la famille royale dans un décor royal – très surchargé – de meubles de marqueterie, de vaisselle d’or et de pierres précieuses, de lourds candélabres. Les broderies des robes de cour aux motifs d’or ou d’argent sont aussi précieuses que le reste de la décoration. On fait aussi connaissance avec des personnalités sympathiques comme la duchesse de Berry, Marie d’Orléans, artiste, élève d’Ary Scheffer. Dominante de rouge et ors, ce n’est pas la salle que j’ai préféré.

Le Palais Royal, était selon le cartel de présentation, l’épicentre de la vie parisienne. Une grande fresque murale presque à l’échelle humaine, deux belles maquettes nous familiarisent avec les lieux. Les vitrines des boutiques sont reproduites et occasion de présenter tout ce qu’on imagine être les Articles de Paris . On pouvait trouver des souliers d’une grande finesse, des bottines en satin (de très petite taille, les élégantes ressemblaient-elles aux Chinoises aux pieds bandés?), des éventails précieux en ivoire ajouré ou peints, incrustés…, sacs et bourses de formes extravagantes, pour les hommes, des cannes, véritables armes de défense, et même les bretelles de Balzac.

Bronzes et pendules, coffres à ouvrages et même des fontaines de parfum. J’ai beaucoup aimé cette section évoquant la vie quotidienne et illustrant les nouvelles de Balzac que, justement je suis en train de lire. Le Palais Royal avait aussi une réputation sulfureuse avec les tripots des joueurs et le racolage.

La 3ème salle représente Le Louvre. Mon regard est attiré tout d’abord par le très grand tableau de Delacroix : Le Christ au Jardin des Oliviers, trop grandiloquent pour mon goût ainsi que des Saints aux visages trop éthérés de Ary Scheffer. Je préfère m’intéresser à des tableaux de plus petite taille de peintres aux noms oubliés (inconnus de moi) Bouihot, Debia, Roquelin…

La promenade en barque de Julie et de Saint Preux sur le Lac de Genève peinte par Le Comte de Crespy est une très belle surprise, et illustre l’idée que je me fais du Romantisme. Exotiques, les Portes-de-Fer (1839)illustrant la conquête de l’Algérie. Exotique aussi ce Souvenir de Voyage de Dumas à Cadix (1846) peint par Giraud. Orientaliste, Delacroix avec ces admirables Convulsionnaires de Tanger.

Une salle nous emmène dans la Notre Dame de Paris, celle de Victor Hugo (sans la flèche) avant la restauration de Violet le Duc. Pendule dorée de la cathédrale. Mais surtout des scènes du roman : Esméralda avec sa petite chèvre de Steuben et les Scènes de Notre Dame de Paris.

Dans la Salle 5 on évoque le Paris de la Révolution de 1830 qui fut aussi celui de la Bataille d’Hernani illustrée par de nombreuses caricatures et celle de la Symphonie Fantastique. A propos de caricatures, je découvre les Portraits-charges, petites sculptures en terre-cuite peintes ou non
Le Quartier Latin met en scène le personnage de la Grisette(Mimi de la Vie de Bohème). Les Boites à marmottes étaient exhibées par les petits savoyards qui montaient à Paris faire les ramoneurs. Les étudiants furent les sujets des gravures de Gavarni : sur l’une d’elle une femme fait une mise en plis « Combien m’en mets-tu de papillotes? »

La Nouvelle Athènes réunit des artistes . Au centre on a mis à l’honneur un piano Pleyel comme celui de Chopin. Un fond musical accompagne la visite. On voit encore des portrait à charge de Dantan. Liszt est caché par ses longs cheveux. Une petite aquarelle montre George Sand et Liszt.

Les Grands Boulevards réunissent Théâtre et opéra; On y présente des décors des pièces romantiques, des costumes de scènes et encore des caricatures de Daumier, des Portraits-charges de Dantan; Dantan ne se limite pas à la caricature, il a aussi exécuté des bustes des musiciens : Meyerbeer, Bellini, Donizetti et Verdi. Les grands actrices et chanteuses La Malibran, Giulia Grisi, Rachel sont aussi présentes peintes sur de grands portraits.
L’exposition se ferme sur la Révolution de 1848 le bureau de Louis Philippe porte les cicatrices d’ouverture par les Révolutionnaires.
Cette exposition est très agréable par sa variété, plutôt que de mettre en évidence des chefs d’oeuvre de peinture ou de sculpture, elle a pu évoquer la vie quotidienne avec objets, musique, théâtre…

















Amitié entre deux femmes, Goliarda qui a gardé son nom dans le récit et fait allusion à son compagnon Francesco Maselli, le cinéaste et une princesse, Erica,dont le prénom est-il imaginaire, cette princesse a-t-elle existé? Les villageois de Positano jouent le rôle de personnages secondaires, bien présents, pittoresques et bien campés dans le récit.
3L’amitié entre les deux femmes s’égrène sur de longues années au fil d’autres rendez-vous à Positano. Fidèle, Goliarda y rejoint sa princesse. Positano se modernise, les touristes arrivent. Le divin équilibre vacille. Combien de temps Positano restera-t-il préservé? D’autres personnages s’immiscent dans le tête-à-tête : Olivia, la soeur d’Erica, Ricardo, l’ancien amoureux retrouvé……

Au fil des saison, Carlo Levi dresse une galerie de portraits avec un regard bienveillant même pour les personnages les plus noirs. Le livre réunit une mosaïque d’anecdotes pittoresques(l’œil du peintre) décrivant avec acuité les détails de la vie quotidienne. Dans ce pays délaissé par le Christ la superstition et la sorcellerie enchantent le récit. Giulia, sa servante l’introduit dans sa connaissance des philtres d’amour, lycanthropes, interventions de la Vierge au visage noir, gnomes monachicchii….
Carlo Levi ne se contente pas de narrer des épisodes amusants. Il analyse aussi les rapports sociaux, cherche des remèdes à la grande pauvreté et à la malaria. Il les situe aussi dans la perspective historique. Le temps des brigands n’est pas loin. La méfiance vis à vis de l’Etat transcende tout ce que les politiques de droite comme de gauche peuvent imaginer comme intervention étatique. Rome est plus éloignée de Gagliano que New York où nombreux paysans sont allés tenter leur chance. La résignation et le fatalisme ne contiennent pas toujours la colère des cafoni.



Au creux d’un vallon, se trouve le château disparu, à la croisée d’une perspective de deux axes. Vers le nord , on descendait aux bassins et aux grilles. Là, se trouvent les fameux Chevaux de Marly : originaux au Louvre dont on a fait 3 séries de copies (Concorde, Marly et pour M. Bouygues le mécène). Vers le sud, la Cascade et dans le bassin rond jaillissait le Grand jet haut de 40 m alimenté par la Machine de Marly. Louis XIV recevait ses intimes à Marly. Le grand Château de Versailles hébergeait une foule de courtisans qui interdisait toute intimité. Au contraire, Marly était réservé aux privilégiés. Le petit château au plan carré a été pillé à la Révolution, il était délaissé du temps de Louis XV et déjà dégradé. Après avoir tenté de le vendre à Napoléon le propriétaire a vendu les pierres.
Les archéologues ont fouillé le site du château disparu et retracé son plan. Monsieur Bentz nous fait entrer tous (80 voyageurs) dans la salle centrale. Nous tenons à l’aise. Cette expérience nous fait imaginer le volume. Il nous décrit les autres pièces, les pavillons disparus qui s’alignaient sur l’axe. Quelques gravures d’époques suffisent à nous fait surgir les fastes du Roi-Soleil.














Une Ténébreuse Affaire est publié avec Melmoth réconcilié qui était le sujet de la dernière Lecture Commune Balzac. J’ai découvert ce roman par hasard puisque la lecture commune portait sur le deuxième titre. J’aime bien lire (ou découvrir un film) sans aucune idée préconçue, ni conseils, ni critique, ni 4ème de couverture. Cela m’arrive souvent quand je télécharge un ouvrage faisant confiance au nom de l’auteur (avec Balzac, je ne prends pas de risques).
En avançant dans la lecture, je me passionne pour cette Ténébreuse Affaire, ténébreuse et sérieusement embrouillée. Des espions rôdent, pour qui espionnent-ils : Bonaparte ou Fouché et Talleyrand? A moins qu’il ne s’agisse que d’accaparer des terres laissées vacantes par les nobles, émigrés ou décapités par la terreur. Les allégeances sont troublées : Michu est-il fidèle aux idéaux révolutionnaires ou à ses anciens maîtres royalistes? Le lecteur se fait embarquer dans un véritable roman policier, ou d’espionnage, thriller avant la lettre.
