
Mon pavé de l’été : 624 p ou 824 selon les éditions!
Ne pas s’effrayer, il se lit très bien. Vers la moitié, quand on est bien accroché, on ne veut plus le lâcher.
Malheureusement, je n’ai pas lu David Copperfield de Dickens dont Barbara Kingsolver s’est inspirée. C’est un classique que tout lecteur anglophone a lu ou étudié. La lecture est sûrement plus riche quand on le connaît, je viens donc de le télécharger.
Demon Copperhead est né dans les Appalaches, dans le County de Lee, en Virginie, zone rurale plutôt déshéritée : mines de charbons abandonnées et culture du tabac. Les habitants ont pour surnom Rednecks , ce qui n’est pas vraiment un compliment, ploucs ou péquenauds, dirait-on.
Demon n’a pas connu son père. Sa mère, junkie, accro aux opioïdes, n’est pas toujours en état de l’élever. Elle succombe à une overdose quand il a dix ans. Il sera confié à des familles d’accueil par les services sociaux, débordés et incompétents. Encore à l’école primaire, Demon doit travailler, avec les vaches, dans les champs de tabac, réduit en esclavages comme les autres enfants placés chez ce fermier. Confié à une autre famille, c’est encore pire! A douze ans, Demon est capable de travailler comme un adulte et décide de fuir.
Je ne vais quand même pas dévoiler tout le livre!
Le début, très sombre, m’a fait craindre un misérabilisme déprimant. Loin de là! Demon a de la ressource, il fait de belles rencontres et devient même une vedette de football américain. Un accident le plonge dans les opioïdes, sur ordonnances. Dépendance aux comprimés, drogue, alcoolisme font des ravages dans tout le comté de Lee.
Barbara Kingsolver a su créer tout un monde tout autour du personnage principal. Loin de tout manichéisme. Parmi les personnages secondaires, il y a des méchants, mais aussi de très belles personnes. Il y a surtout une solidarité familiale et villageoise qui ne laisse personne de côté. On s’attache à tous ces gens qu’on a le temps de voir évoluer pendant une vingtaine d’années . On découvre une Amérique méconnue, complexe, aux prises avec le chômage, les addictions et le mépris des élites urbaines.
Tout ce qui pouvait être pris a disparu. Les montagnes avec leurs sommets explosés, les rivières qui coulent noires. Les miens sont morts d’avoir essayé, ou pas loin, accros que nous sommes à l’idée de rester en vie. Il n’y a plus de sang à donner ici, juste des blessures de guerre. La folie. Un monde de douleur, qui attend qu’on l’achève.
Barbara Kingsolver ne m’a jamais déçue. Elle sait créer des mondes variés autour de thématiques différentes avec de vrais personnages. Un prix Pulitzer bien mérité!


















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