La Collégiale San Salvador est située sur la place éponyme tout près de la place de l’Alfalfa.
Après la petite placette du Pain et trouvons la Place Salvador.
La façade de l’église occupe tout un côté de la place. C’est une grande bâtisse de briques roses et de pierre claire, assez sobre de l’extérieur. Le billet d’entrée est couplé avec celui de la Cathédrale.
Baroque!
A l’intérieur, nous sommes étonnées par les dimensions, la clarté, surtout par les couleurs et les dorures. C’est baroque, très baroque même rococo. Trois retables se concurrencent en baroquisme et même en baroquiade. Baroquissimes, les putti ont été engraissés à la Rubens. Les nuages et nuées s’accumulent. Dieu le Père est debout sur une pyramide de têtes. Les saints de bois sont habillés de velours et s’élèvent dans des grottes. Il y a même un âne de taille réelle (aussi réaliste que le faux cheval de la boutique d’El Rocio). Comme à Vienne, comme à Palerme, c’est toujours trop, trop abondant, trop doré, trop nuageux… Cependant, le baroque espagnol garde une dimension tragique qu’il n’a pas en Sicile.
la cour de l’ancienne mosquée
Nous faisons le tour pour trouver dans la rue l’entrée de la cour des ablutions de l’ancienne mosquée : belle fontaine, arcades et colonnes soutenues par des chapiteaux antiques ou Wisigothiques et une piscine gonflable bleue du meilleur effet !
Les portes de l’Alcazar ouvrent à 9H30 et nous arrivons avant l’ouverture.
Que dire de l’Alcazar après avoir visité l’Alhambra ?
Serons-nous blasées de stucs, arcs lobés, outrepassés ? Et bien, non ! C’est toujours l’émerveillement.
stucs, arabesques et dorures
Nous avons eu la chance de rencontrer un groupe francophone avec un guide remarquable. Quand j’entends un conférencier intéressant je suis toutes ouïe. Il insiste d’abord sur les 3 éléments décoratifs d’un palais andalou : marqueterie, stucs et céramique. La marqueterie est en mélèze, châtaignier et cèdre de l’Atlas. Le liant ajouté au puzzle des éléments emboîtés est de la graisse animale. La marqueterie utilisant des bois différents résiste mieux à la dilatation ou à la contraction, l’amplitude thermique étant très importante en Andalousie.
La céramique, comme les zelliges marocains, provient d’une plaque monochrome découpée à la pince en éléments géométriques. Le stuc est un mélange de chaux, de sable et de gypse avec encore un liant organique, œuf, graisse animal. Ce sont les ouvriers musulmans qui ont développé ces techniques. Employés au service de la couronne catholique ils ont créé un art Mudéjar distinct de celui des palais islamiques. C’est sur cette distinction qu’insiste ce conférencier ? Il montre les éléments originaux que l’on ne ourrait jamais observer dans un palais arabe.
D’abord les figures animées dont la représentation est interdite par l’Islam. Ici, il nous montre un petit singe, ici, une main humaine qui tient quelque chose. Il faut être très bon observateur pour deviner ces images perdues dans l’ensemble des entrelacs. Ensuite, les armoiries des rois chrétiens : presque partout on retrouve les deux colonnes et un lion. Dans les plaques de stucs la calligraphie arabe joue un rôle décoratif essentiel. Sur les bordures on peut lire des versets du Corans mais parfois on trouve une ligne en latin. Le jeu est donc de débusquer ces éléments inédits. Coquilles Saint Jacques, mais aussi les poupées minuscules dans les chapiteaux de la cour des poupées, allusion aux petites princesses… L’œil s’exerce, on voit les choses différemment. L’enchantement et la surprise qui prédominaient à l’Alhambra jouent moins, j’apprécie encore plus le raffinement du décor.
zelliges
A l’Alhambra, nous passions d’une pièce à l’autre un peu ahuries. Aujourd’hui, nous nous attachons à des détails que l’on aurait négligés, par exemple les zelliges en créneaux ne se trouvent pas ici par hasard, ils expliquent au visiteur qu’il se trouve dans un palais mais aussi dans une forteresse.
Aux oiseaux dans les stucs, référence à la fauconnerie, on a ajouté un paon oriental.
paon oriental
Le conférencier, enfin, souligne enfin le respect que tous les souverains catholiques portèrent ultérieurement à tant de beauté. Dans cette période d’intolérance où régnait l’Inquisition aucun souverain n’a osé détruire le palais.
Chacun a marqué son empreinte : la galerie d’Isabelle la Catholique dans le salon des Ambassadeurs où la frise des rois figure sous les stalactites musulmans, le plafond de Charles Quint… Les stalactites seraient en rapport étroit avec l’histoire du Prophète qui, recevant la Parole de l’Ange Gabriel, se serait concentré dans la Grotte sur une goutte d’eau tombant d’une stalactite.
Après le passage du groupe sous visitons une seconde fois le Palais de Don Pedro. Riche de notre nouvelle connaissance, nous retournons au Patio des Doncellas (où se trouvent les poupées) pour prendre des photos en toute tranquillité et profiter pleinement de l’endroit.
Dans le Dormitorio de los Reyes Moros les zelliges vert et blancs donnent une impression de calme, de repos et de fraîcheur avec des motifs en zigzag évoquant l’eau..
Alcazar de Séville : Palais de Charles Quint
Un escalier dérobé nous conduit, sans y prendre garde, au Palacio Gotico – ou Palais de Charles Quint. Ici aussi, les murs sont carrelés. On qualifierait plutôt les azulejos de majolique avec une dominante jaune qui éclaire les grandes salles rectangulaires. Animaux ou chimères ? Cerfs et lapins, mais aussi personnages étonnants, grotesques de la Renaissance Italienne dans la chapelle, ajout de Philippe II (1556-1598).
La salle des banquets et des fêtes est décorée de grandes tapisseries racontant l’expédition de Charles Quint à Tunis. Technique flamande, matériau espagnol (soie et laine), ces tapisseries sont d’une grande finesse. Instrument de propagande, elles ont tellement voyagé qu’elles ont été usées et qu’on en a retissé des copies en 1740. Ce sont les copies qui sont exposées.
En bas, dans un cartouche est rédigé le texte en latin. Une conférencière affirme que le cartouche du haut est en ladino. En ladino ? Qu’est ce que les Juifs, expulsés, persécutés, brûlés viennent faire là-dedans ? Le ladino est il vraiment indiqué pour décrire une expédition guerrière ? Mon incapacité à distinguer le ladino du vieil espagnol me laisse sur mon scepticisme.
La tapisserie qui m’a le plus frappée est une carte de la Méditerranée avec ses îles, Baléares, Corse Sardaigne et Sicile et ses ports importants : Gênes, Marseille, Barcelone et Lisbonne. Rome y figure mais pas Madrid.
Les jardins de l’Alcazar
Nous passons insensiblement dans les jardins,traversant une série de patios plantés d’orangers de rosiers avec le pan traditionnel du Ryad arabe : une fontaine au centre et quatre carrés. La tour de l’eau crache une grande quantité d’eau par une sorte de gouttière dans un bassin rectangulaire ou nagent des carpes. Un petit Mercure en occupe le centre.
A l’arrière de ce bassin, un mur de style rocaille abrite une galerie couverte qui partage les jardins de l’Alcazar en deux. De cette position élevée, on peut admirer la complication des motifs végétaux, perspectives, labyrinthe et massifs.
De très hauts palmiers confèrent à ce parc un air d’oasis. On oublie la grande ville, la chaleur, la circulation, on y trouve le calme et la fraîcheur des oasis. L’illusion, le mirage, est dissipé lorsqu’on descend . Au niveau du sol, le jardin est tout à fait européen. Certaines parties « à l’anglaise », d’autres plus ordonnées avec les petites gloriettes, les buis taillés sont « à la française » ou peut être »à la toscane » avec les vasques de poterie vernissée. Le Pavillon de Charles Quint est recouvert d’azulejos colorés avec des arches oranges et des pignons pointus.
Nous aurions bien passé plus de temps à flâner et nous reposer à l’ombre dans le « jardin des poètes » si les jardiniers n’avaient pas débarqué avec des motoculteurs et des scies mécaniques. Chaque époque utilise les techniques de son temps.
Nous quittons le Palais par le très beau Patio des Banderas (Place d’Armes) que nous avions déjà aperçue en visitant le Barrio de Santa Cruz. Le retour emprunte les petites ruelles de la Juderia. Nous passons devant l’Hospital de los Venerables et évidemment… nous nous égarons. On trouve les colonnes antiques Marmoles qu’on avait cherchées dimanche, reste d’un temple romain.
Courses à 14H et déjeuner à 15h. Cette fois si nous avons assimilé les horaires locaux. Pendant la sieste, on élimine 150 photos numériques.
Dans les marais humides, paissent en liberté des chevaux . Quand ils courent ils soulèvent des gerbes d’eau. Beaucoup trop loin pour les photos.
Matalascanas, la plage du Parc de Donana
15 km séparent El Roció de Matalascanas. De chaque côté de la route, de hautes grilles enferment le Parc naturel. Est-ce pour protéger les daims les cerfs ou les lynx de la circulation automobile ou pour empêcher que les hommes ne répandent dans le Parc sacs en plastique, tentes ou pire ? C’est la première fois que e vois un parc naturel grillagé comme une base militaire.
Je m’attendais à traverser des canaux, des roseaux, des étendues d’eau dans cette vaste zone humide du delta du Guadalquivir. Nous sommes dans une pinède de pins pignons au port particulier avec la cime en boule serrée. Aux abords de la plage on propose un parcours de découverte du milieu dunaire mais nous préférons filer à la plage.
Un restaurant de plage Las Tres Carabelas, blanc et bleu loue des lits de plage et des parasols. Impossible de rester des heurs au grand soleil, même fin avril nous craignons l’insolation. Nous profitons également du restaurant. Accompagnant un verre de vin blanc on sert une assiette d’olives à l’ail, roses, vertes ou violettes pâle entaillées, moelleuses en guise d’apéritif. Vers 14h j’irai commander une racion de sardinas a la plancha- excellentes, elles aussi.
cherchez les bateaux!
Toute une flottille de bateaux de pêche croise devant la plage. J’en compte 16. Ils trainent un grand filet attaché à un cadre métallique penché à l’arrière du bateau.
Comme à mon habitude, je relève les jambes du pantacourt et marche au bord de l’eau là où la vague finit de se briser et lèche le sable, toute mousseuse d’écume. Le sable est très blanc, très fin. Coquilles et coquillages sont nombreux : cardiums, huitres, palourdes, praires. Les coquillages sont comestibles. L’eau est fraîche mais agréable. Je marche une demi-heure vers l’Ouest. La dune forme une falaise qui s’érode. Les maisons construites sur le bord de la falaise s’écroulent, sapées par les grandes marées. En haut, je devine des installations provisoires pour l’été : parkings, aires de pique-nique…En cette saison c’est discret.
Une foule bon enfant a envahi la plage. Une glacière, un parasol, un ballon. Quelques familles françaises sont en vacances. Les Espagnols sont surtout des jeunes gens d’une vingtaine d’années, groupes de filles et groupes de garçons séparés qui s’observent mais ne se mêlent pas. Quelques personnes âgées. Ici, c’est cool : bronzage des seins. En Avril, est ce moins dangereux qu’en Juillet?
parc de la Donana
les affûts pour observer les oiseaux
Nous passons la fin de l’après midi au centre des visiteurs du parc de la Donana à Acebuche (ce drôle de nom désigne l’olivier sauvage). Une très belle promenade sur des planches mène à des affûts dans des cabanes de chaume qui étaient les habitations traditionnelles du marais. Ce chaume bizarre ressemble plutôt à des branchages de genêt ou de bruyère. Les affûts sont alignés le long d’une lagune étroite. Des petites îles, des massifs de roseaux offrent des abris aux oiseaux d’eau.
Sans jumelles l’observation est frustrante, les canards sembles être tous les mêmes. J’arrive quand même à distinguer la tête rousse de la nette. Cette dernière est une nouvelle venue dans mon univers personnel. Au mois de Février j’ai étudié un document avec les 6ème . Puis en mars j’ai vu trois nettes rousses au Lac de Créteil. On ne remarque que ce qu’on a appris à connaître ! Un deuxième parcours serpente dans un milieu moins humide. Je pars vers le premier poste d’observation. Une cigogne blanche plane. De retour au centre des visiteurs, le nid sur le toit du Centre des Visiteurs est occupé. Une autre cigogne est perchée sur un arbre qui a été taillé curieusement en forme de nid.
95km de voie rapide depuis la mer jusqu’à Séville. Nous contournons la ville historique par la Ronda qui longe les remparts après la porte Macarena. Le parking est complet puis une place étroite se libère entre deux 4X4 larges comme des camions.
Nous dînons sur la petite table du balcon : espadon épinards fais. L’espadon est à un prix tout à fait raisonnable : 2.2€ pour une tranche de 170g.
Il fait doux, une vraie soirée d’été.
Une belle étendue d’eau est visible de la route : La Donana ! Des colonies de flamands roses arpentent le miroir bleu comme à Fuente de Pedra.
Un immense parking au sol poudreux est vide : Il n’est pas 9 heures. Nous sommes les premières arrivées, ou presque, il faut aussi compter sur les ornithologues allemands qui ont dormi dans leur camping-car et qui en sortent équipés de trépieds, longues vues et objectifs photos sophistiqués.
La grande église blanche attire notre regard. Par chance,la porte est ouverte! L’endroit est étrange, disproportionné. Le sanctuaire, beaucoup trop grand pour être l’église d’un petit village – la Vierge, trop dorée, avec une paire de cornes de taureau à ses pieds. Au dessus du porche l’ immense coquille évidée paraît bleutée dans l’ombre du matin.
Cette aire sablée, cette église trop grande… impression d’étrangeté.
Les hirondelles rasent la surface du lac. Toute une ribambelle d’oiseaux est posée sur un arceau métallique, jolie guirlande vivante qui se reflète en formant un anneau. Des échasses avancent précautionneusement sur leurs hautes pattes rouges. Une aigrette blanche se pose.
Un grand hôtel blanc, El Tornal, domine le lac. Bien grand pour la clientèle des amis des oiseaux !
Derrière l’hôtel: un décor de western, rue large et sablée bordée de façades avec des frontons plats. Aux barrières de bois on peut attacher les chevaux. Far West ? Mexique ou Amérique latine? C’est une ville fantôme. Des barils de manzanilla sont déposés devant les bars – saloons- fermés. Des enseignes de selliers, bottes de cowboys ou de gardians, pendent des façades de bois. Est-ce un mirage ?
La réalité se réveille vers 10h, les premiers commerçant remontent les volets métalliques et sortent des centaines de boules plastiques contenant des Vierges dorées (si on les retourne y aura-t-il de la neige comme chez nous ?), des cierges, des rosaires en perle (tout faits ou à enfiler soi-même) mais aussi des chapeaux de cowboys, des ponchos en couverture de cheval. Les robes flamencas de toute tailles, couleurs mais toujours avec des volants et souvent des pois. La fleur est gratuite si on achète la robe. La graisse, avec les bottes. On peut même acheter une calèche tirée par un cheval en plastique, harnaché.
Décor de western
Nous sommes sur le lieu de pèlerinage le plus fameux en Espagne.
A la Pentecôte un million de pèlerins sont attendus. Les gitans arrivent avec des chars à bœufs fleuris. Les étranges façades plates sont les chapelles des fraternités de toutes les villes d’Andalousie. A l’arrière du décor blanc soigné, se trouvent de grands hangars. Je pousse une porte entrouverte : des dizaines de grandes tables rondes et des chaises habillées comme dans un restaurant chic. J’avais plutôt imaginé des écuries.
L’Université : ce magnifique bâtiment fut une manufacture de tabac
ANDALOUSIE Pâques 2009
en souvenir de Carmen –
L’université de Séville est logée dans la fabrique royale des tabacs, magnifique bâtiment de pierre de taille surmontée de statue, un véritable palais. Difficile d’imaginer une usine de cigare et de cigarettes comme nous en avons visité à Cuba. En souvenir de Carmen, nous incluons la traversée de l’Université dans notre parcours. Des étudiants, des ordinateurs partout ! Envolée Carmen !
Plaza de España
Plaza de Espana
De larges artères à circulation rapide cernent en une « ronda » la vieille ville. Nous traversons sans un regard pour la statue équestre du Cid. Les pavillons ou gloriettes de l’Exposition Ibéro-Américaine de 1929 ne sont pas toujours faciles à trouver.
A l’entrée du Pavillon d’Espagne, déception : un chantier a placé des palissades qui masquent la place en demi-lune.
la grande place ronde
Une vasque blanche avec des jets d’eau se trouve au milieu d’une place pavée de galets blancs et noirs dessinant des spirales,vagues damier. Le pavillon central est précédé d’une loggia à colonnades, soulignée d’azulejos. Des clochetons terminent 2 bâtiments symétriques. Deux ponts à balustres vernissés enjambent un canal. C’est le royaume de la symétrie.
Les deux ailes en demi-cercle bordées d’arcades sont interrompues en leur milieu par un autre pavillon puis terminées par des tours compliquées. Briques et azulejos, balustres et clochetons, colonnes de terre cuite, tuiles vernissées, pignons brillent au soleil. Les céramiques multicolores se détachent sur la brique rose.
les villes d’Espagne
la longue galerie à arcades soutenues par de fines colonnes blanches est précédée par une collection de plaques d’azulejos représentant chacune une ville d’Espagne. Elles sont classées par ordre alphabétique. Les plaques sont séparées par des bancs recouverts de majolique avec de petites consoles du meilleur effet.
La symétrie et le gigantisme rebutent le visiteur au premier abord. La promenade le long des « villes » d’Espagne distrait et charme. Sous le tableau représentant une scène historique on a fait une carte carrelée pour situer la ville. Pédagogie de l’Exposition Universelle !
Mais ces azulejos sont en mauvais état. Comment se fait il que certains ont 900 ans et sont encore frais tandis que ceux là en ont à peine 80 et tombent en ruine ?
Parc Maria Luisa – Gloriettes de l’Expo 1929
Nous sommes des fanatiques des jardins botaniques. A Vienne, Hanoï ou Athènes nous avons passé d’agréables moments entre deux visites aux musées ou aux sites.
Le jardin Maria Luisa est un parc très varié avec des gloriettes exotiques, des pergolas, des bassins, des jets d’eau comme au Généralife, des grenouilles émaillées et des lions qui crachent de l’eau. Il y a également une île aux oiseaux. Les arbres étiquetés comme dans un arboretum viennent du monde entier.
A l’extérieur le Pavillon du Guatemala est recouvert de céramique blanche et bleue est modeste tandis que celui de Buenos Aires est spectaculaire.
Pour une histoire féministe d’une jeune femme bravant ses frères et les hommes du village pour être l’institutrice d’un village reculé….
Surprise! on se trouve embarqué dans un western où ne manquent ni le shérif brave, beau, incorruptible, ni les chevaux indispensables depuis que le pont a sauté, ni les chapeaux, ni le saloon assez improbable qui donne le titre au film, ni même la musique américaine.
Et pourtant on est bien au Kurdistan où l’argent du pétrole corrompt et où règnent encore les traditions féodales et l’honneur des hommes. Honneur qui se traduit plus par la violence des armes et les crimes d’honneur sur les femmes que par l’honnêteté ou le patriotisme. Honneur de Govend qui brave ses frères, honneur des hommes qui trafiquent de faux médicaments.
Film féministe? Certainement dans la détermination de Govend, l’institutrice. Que penser de cette unité féminine de kurdes turques? Existent-elles sur le terrain dans la réalité.
Ne pas oublier la beauté et la sauvagerie de ces montagnes.
Nous partons très tôt pour profiter de la belle lumière du matin. La Cathédrale n’ouvrira ses portes aux touristes qu’à 11 heures.
Nous tournons autour de la cathédrale dans ce curieux espace délimité par des chaînes suspendues entre des colonnes de pierres. A côté de la Giralda, un porche gothique porte un tympan Renaissance. Nous entrons par une porte latérale. C’est la Messe. L’assistance est rare. Les prêtres sont vêtus de rose, ils chantent en latin dans le chœur.
Seul le chœur et la Capilla Mayor sont allumés. C’est la partie a plus brillante de la cathédrale avec les grilles plateresques et le retable de bois sculpté doré. Les stalles du chœur sont en bois travaillé. Evidemment nous devons rester discrètes. Le reste de la cathédrale est dans la pénombre.
Nous reviendrons munies de billets à 11 heures avec la foule suivant les guides munis d’un éventail, d’un parapluie ou même d’un lapin en peluche.
la Giralda
Giralda
Je file à la Giralda qui ressemble comme une sœur à la Koutoubia de Marrakech que je ne connais que de l’extérieur. Je monte allègrement les 35 paliers d’une rampe peu inclinée que le muezzin autrefois gravissait à dos de mulet. L’ascension est coupée de pause devant des vitrines contenant divers objets. Du haut des 95 m la vue sur Séville est saisissante. Je m’amuse à situer le pont bizarre de l’Exposition de 92, à regarder dans les patios, les jardins de l’Alcazar ….
vue du haut de la Giralda
Les jardins de Los Naranjos:
Un verger fut planté dans la cour des ablutions de l’ancienne mosquée. Pavé de brique avec des rigoles pour l’irrigation ou le drainage, c’est un endroit paisible après la cohue touristique de la Cathédrale.
La Cathédrale, se visite comme un musée. Nous suivons le mouvement général dans les sacristies et les chapelles baroques, admirant le décor ou les tableaux de Murillo.
Nous déjeunons sur le balcon dans notre patio planté d’orangers. Deux galeries modernes et simples font les ¾ du tour du patio, le garde-corps est peint en vert et le carrelage est beige rosé. Certains occupants ont accroché des pots de géraniums du jasmin ou du bougainvillier. Notre balcon a une petite table en teck et des chaises pliantes assorties. . A notre arrivée, il y a dix jours l’odeur entêtante de fleur d’oranger nous avait saisies, malheureusement la floraison est terminée. Au menu saumon et asperge pour un pique-nique
piquenique sur le balcon
Séville Barrio de Santa Cruz
Barrio de Santa Cruz
Nous ressortons à 15H45 pour une promenade dans le Barrio de Santa Cruz. Nous contournons San Isodoro et découvrons son porche gothique en pierre grise orné simplement d’une étoile à 6 branches. Nous passons ensuite devant le Musée du Flamenco, tout neuf pour rejoindre le circuit proposé par le guide Gallimard qui commence calle Abades, très ancienne rue de Séville : le cardo maximum de la ville antique d’Hispalis. Au coin de la calle Abades et de la calle Guzman el Bueno se trouve la Casa Pinelo fermée le dimanche. En suivant Guzman el Bueno nous entrons dans la Juderia. Les synagogues ont été transformées en églises. De la présence juive, il ne reste que quelques noms de rues et une légende : celle de Sosanna qui, en 1480 a dénoncé son père et les siens comme conspirateurs
vieux quartiers
Hospital de los Venerables .
Avant de trouver la rue de la Juderia, nous entrons dans l’Hospital [/b[b]]de los Venerables : très grand bâtiment baroque rose et blanc. Son nom ne nous inspire guère. Aujourd’hui, dimanche l’entrée est gratuite et l’exposition Séville et Velázquez me tente. L’audio -guide est bien fait : il situe la construction de l’Hospital dans son contexte historique au milieu du 17ème siècle. Une épidémie de peste décime la ville. Après la prospérité apportée par l’or des Amériques voici le déclin qui s’amorce. Il s’agissait de recueillir les Vénérables, de vieux prêtres indigents, certains réduits à la mendicité. L’hospice réalisé en style baroque est construit autour d’un cloître bordé d’arcades d’une grande simplicité. En revanche l’église est peinte à fresques de Juan de Valdès Leal et de son fils Lucas. Des statues de bois peint complètent le décor.
Le clou de l’exposition est une très belle vue de Séville au 16ème par Juan Miguel Serrera : les galions apportent les trésors des Amériques, on voit le pont à ponton de Triana , la tour de l’Or, la Cathédrale et bien sur la Giralda. Je suis toujours très sensible à ces représentations historiques que je contemple toujours avec autant de plaisir aussi bien à Carnavalet à Paris qu’à Naples ou à Budapest. Les autres tableaux sont d’inspiration religieuse. La Sainte Rufina de Velazquez mais aussi les Immaculées Conceptions en équilibre sur une bulle transparente de Velazquez et Cano oou mieux avec des angelots diaphanes dans la bulle. Deux tableaux de Pacheco, le maître de Velazquez et de Cano et un Murillo sont exposés.
Nous reprenons nos déambulations dans les ruelles de la Juderia, découvrons des placettes occupées souvent par des restaurants, façades blanches soulignées de jaune d’or ou de rouge. Ferronneries, grilles aux fenêtres ; Par moment, on voit les coupoles vernissées d’une église, la haute silhouette de la Giralda, les murs de l’Alcazar. La ruelle de la Juderia tortille, s’enfonce par un passage couvert. On se croirait dans une médina, à la différence près qu’au Maroc les maisons arabes sont aveugles. Ce sont les maisons juives du Mellah qui ont des fenêtres comme ici.
La petite place de Santa Cruz est ravissante avec cette croix des serruriers en fer forgé que j’ai cru contemporaine. La place de dona Elvira est tranquille avec ses orangers et ses bancs d’azulejos. On s’y arrête. Le patio des Banderas, ancienne place d’Armes est beaucoup plus vaste, dominée par la Giralda. La calle Aguas longe les murs de l’Alcazar, un canal en hauteur conduit l’eau destinée aux jardins. Nous trouvons une pizzeria installée dans un ancien hammam maure, dans la Meson del Moro ; Non loin de là, la Casa de Murillo est fermée pour restauration.
Nous terminons la promenade dans les Jardins Murillo qui s’étendent entre les murs de l’Alcazar et le Barrio de Santa Cruz. Une large artère moderne ouverte à la circulation les borde de l’autre côté. Nous restons assises juste en dessous du monument à Colon : un bateau traversé par deux colonnes.
Un thriller écolo, ils sont trois idéalistes, jeunes, purs, activistes, militants déjà expérimentés qui se lancent dans une grande opération…Tout a l’air bien organisé. On suit les trois héros dans le décor magnifique de l’Oregon. La forêt rousse d’une fin d’automne, la rivière sont plus qu’un décor magnifique. Les traversées de nuit à bord du pick-up sont un classique d’un certain cinéma américain, le canoé aussi…
L’action violente comporte des risques. Quelque chose va déraper. Et on voit l’angoisse s’installer dans le cadre idyllique de la communauté écolo qui cultive ses légumes bio, fabrique son fromage de chèvre.
Je ne connaissais pas cette réalisatrice que j’ai envie de suivre .
De la place Alfalfa il suffit d’emprunter la rue Aguilas San Estéban.
9H30, le dimanche, la ville dort encore.
Nous nous attachons à photographier les façades intéressantes: l’une d’elle est décorée d’un azulejo original,sur une autre un balcon avec sa natte de paille roulée, ou ce bar sombre recelant des jambons suspendus, des bouteilles dans des casiers, les azulejos vantant le manzanilla…
La Casa de Pilatosest la riche demeure des Enriquez et Ribera, grands gouverneurs d’Andalousie à partir de 1481. Un véritable arc de triomphe avec une porte aux clous énormes d’au moins 10 cm de diamètre fait office de portail.
style mudejar
Le patio
Nous entrons dans un grand patio dallé de marbre orné d’une fontaine de marbre italienne en son centre et de sculptures antiques romaines.
le jardin magique de la casa de pilatos
Zelliges mauresques ou azulejos espagnols? Les céramiques aux murs sont d’une grande richesse et d’une grande variété.
Stucs arabes ou mudéjares mêlant motifs arabes et gothiques se marient : au dessus de la chapelle des entrelacs dignes des palais maures ont adopté la coquille Saint Jacques.
Dans des niches les bustes des empereurs romains en compagnie d’Annibal, de Scipion l’Africain ou de Cicéron et de Charles Quint sont alignés tout autour du patio au dessus des azulejos. De riches pièces d’apparat sont décorées d’une magnifique collection de céramiques.
les jardins
Bacchus enfant
Les jardins nous ont séduites: le « petit » jardin possède un bassin rectangulaire est bordé de deux rangées de pots de fleurs tandis qu’un petit Bacchus enfant joue avec la fontaine. Cette sculpture est vraiment drôle : le gamin farceur brise le jet sortant d’un masque de tragédie antique. Deux antiques figuiers se font face à face. Je n’en ai jamais vus de pareils, leur tronc est incisé de fentes horizontales rappelant le fût d’un palmier. Leur ramure s’élève haut et les fruits sont déjà formés. Sur une estrade carrelée des poteries vernissées jaunes avec des guirlandes vertes sont remplies de rosiers en pleine floraison. Des buissons de roses roses en pompons montent à l’assaut des troncs des palmiers. En contrebas, sous des orangers en fleurs, un parterre plus classique bordé de buis taillés est fleuri d’arums blancs.
Le grand jardin décline orangers et palmiers. Il est encadré de belles loggias de style renaissance italienne. Créé pour accompagner une collection de sculptures antique rapportée par le duc d’Alcala, alors vice-roi de Naples.
visite guidée du premier étage.
Copie Renaissance? ou véritable antiquité?
Visite bilingue en Espagnol et en Anglais (par la même guide).
Les fresques de la pièce de réception commandées par Fadrique Enriquez (1539) sont très abimées. Nous traversons ensuite une série de pièces meublées. L’une d’elles, dans le style du 16ème siècle, est revêtue de tapisseries. Partout on remarque des braseros de cuivre. Je comprends maintenant la logique du Palais : l’étage est la résidence d’hiver, fermée, chauffée, isolée avec les tapisseries tandis que le rez de chaussée est le palais d’été. Les azulejos du bas imitent les tapis, les fontaines répondent aux braseros de l’étage et aux cheminées. Nous admirons les peintures espagnoles mais aussi italiennes. La maîtres de maison furent à cinq reprises vice-rois de Naples ce qui leur permit de rapporter des antiquités mais aussi les modes italiennes e matière d’architecture, de sculpture ou de tableaux.
Jardin et grandes loggias
le nom
Le nom étrange de Pilatos – maison de Ponce Pilate – a été transmis par la tradition populaire : Fadrique Enriquez de Ribera, de retour de Jérusalem organisa un chemin de croix qui partait de son palais. Comme tout Chemin de Croix part de la maison de Pilate le nom est resté. Les pièces du rez de chaussée font allusion au Chemin de Croix : Chapelle de la Flagellation, Salon du Prétoire,
…
Nous passons une matinée entière à faire des photos, à lire nos guides à dessiner et même téléphoner dans les jardins fleuris qui embaument.