les villas de Soulac

AUTOMNE AQUITAIN

 

 Avant  Montalivet,  nous passons à côté de campings de mobile-homes, monstrueux, L’un d’eux est naturiste. Combien de campeurs en saison ? Fin octobre tout est  vide et bien calme.

Soulac

 

Nous laissons la voiture devant les Halles couvertes, en activité tous les jours, beau bâtiment de pierre blanche. C’est un marché de luxe, les étals proposent des mezés, tapenades, dolmas, poivre de Kampot, vanille en gousse, rhum et tous les produits les plus raffinés. Nous ne découvrons que plus tard la halle au poisson dans un bâtiment attenant.

 

De l’autre côté se trouve l’Office de Tourisme où nous achetons pour 2€10 une brochure avec trois promenades dans la ville.

 

la basilique Notre Dame de la Fin des Terres de Soulac

Le premier parcours  nous conduit à la Basilique Notre Dame de la Fin-des-Terres. Celle –ci se trouve sur une grande esplanade pavée encadrée par des villas soulacaises remarquables,  les deux premières sont Neptune et Amphitrite ornées de coquilles un peu à la manière  des coquilles des pèlerins  de Saint Jacques de Compostelle qui justement passent par Soulac. Peut être, ces coquilles font seulement référence aux divinités antiques qui donnent leur nom aux maisons.

 

L’église est très grande, avec un clocher  carré, rappelant les guerres de Religion comme à Vertheuil. C’est l’église d’une ancienne abbaye bénédictine, l’extérieur est d’une grande sobriété. Construite au XI et XII ème siècle, son chœur est roman, ainsi que les chapiteaux mais elle a été remaniée en style gothique. Une autre transformation a été effectuée à la suite d’une « invasion de sable » qui a contraint de relever le sol de 3.6m (j’aurais bien aimé en savoir plus sur cet ensablement). Comme toujours j’admire particulièrement les chapiteaux romans où des scènes avec des personnages et des animaux  sont représentés. Certains sont assez abimés d’autres encore lisibles. Dans la brochure, on raconte l’histoire de Sainte Véronique qui aurait rapporté du lait de la Vierge, le nom de Soulac dériverait de l’expression « Solum lac ». Nous ratons le Monastère bénédictin  de la fin du XIX ème siècle où l’on confectionnait du dentifrice (vu dans la librairie) .

 

villa cossue, 3 pignons dont un pointu, un hollandais, un garni de boiseries!

Le parcours de la brochure indique les villas remarquables. Les noms des villas m’amusent, en face de Pif-Paf se trouve Bamako, il a aussi une Rigolette minuscule une Ramuntcho de style basque tandis que Los Canarios est plus espagnole. D’autres noms sont poétiques : Fleur d’Exil, Vent Debout .

Von-Von et J’en doute sont des villas prototypes de 1925. Brique rose et pierre, un pignon à deux pans souligné par la boiserie laquée, une galerie en bois découpé, un petit jardin derrière une barrière de bois. A qui sont destinées ces villas ? Construites avant les congés payés, elles ne sont probablement pas pour les ouvriers mais paraissent modestes par rapport aux grandes maisons à tourelles, étages, balcons qu’on découvre derrière de véritables parcs.

villa soulacoise typique avec galerie de bois

Certaines sont plus originales, Mar y sylva et la villa Colette sont de véritables bijoux Art Déco avec des céramique ou des courbes .

 

Cette architecture balnéaire m’intéresse. Nous l’avons découverte tout d’abord à Arcachon, mais aussi dans les Pays Baltes, à Jurmala  à Parnu en Estonie.

 

mythologique…

Nous pique-niquons sur le remblai devant la mer sous un  temps gris et assez frais : crevettes roses et pâté de canard et morilles.

 

Je me déchausse pour aller par la plage, à marée basse jusqu’à l’Amélie distante d’environ4km. Pendant la promenade le vent se lève et chasse les nuages.  A l’Amélie se trouvent quelques immeubles, une église, une belle maison ancienne abandonnée et toute une série de boutiques pour les estivants  des nombreux campings. Aujourd’hui, c’est le rendez vous des surfeurs qui profitent des belles vagues pour s’entraîner.

 

Retour au gite vers 15h30. Comme hier, j’enfourche la bicyclette pour une heure en direction d’Hourtin-plage. Cette fois-ci , j’ai le vent de face à l’aller. C’est plus sportif qu’hier d’autant plus que la piste ondule un  peu dans la dune.

 

Vertheuil et le Médoc

AUTOMNE AQUITAIN

au petit matin, traversant la forêt

 

La route de Lesparre traverse une forêt de pins magnifiques. Le soleil joue entre les troncs avec la brume du matin. Nous photographions les rais obliques. Surprise : la toile intacte d’une araignée ornée de perles de rosée. Après Lesparre,  nous arrivons dans le vignoble du Médoc et  traversons des villages aux maisons blanches.

Vertheuil

les tours de l’abbatiale de Vertheuil

Les deux tours de l’abbatiale, l’une carrée couverte d’un toit pyramidal, l’autre octogonale percée de nombreuses ouvertures, apparaissent encadrées dans la petite rue. Devant le porche de l’église? sur la petite place du village? des maraîchers ont installé leurs étals, petit marché sympathique !

porche de l’abbatiale de Vertheuil, des paysans et vignerons à la place des saints et des anges

Le porche à l’arc roman est orné de trois frises : la plus interne représente les vieillards de l’Apocalypse, autour point d’anges ou de prophètes, ni de saints. Ce sont des vignerons et des paysans, agenouillés qui taillent la vigne, attachent les sarments ou labourent. La pierre blanche et fine se prête à la sculpture fine. L’église est imposante, la nef très haute. Des feuillets explicatifs sont à la disposition des visiteurs accueillis en musique : construite dans le style des églises romanes du Poitou elle a été fortifiée lors des guerres de religions. Au 17ème siècle on a retouché l’entrée avec un angelot classique. C’est une étape du pèlerinage de Compostelle. Dans le chœur les stalles de bois sont amusantes, nous cherchons le moine avec son tonnelet, puis la femme qui symbolise la tentation. J’aime beaucoup les chapiteaux romans mais ceux là sont vraiment perchés très haut.

stalles du chœur : le moine tient un tonnelet

Dans les jardins de l’abbaye il y a une foire aux plantes, les pépiniéristes sont venus avec des rosiers, des arbres fruitiers, des cyclamens et fraisiers habituels mais d’autres présentent des variétés curieuses. Une poire-melon qui daterait de Louis XIV solanum muricatum, ressemble plutôt à une aubergine blanche veinée de violet, mure elle devrait être couleur brique. La plante a des fleurs qui ressemblent à celles de la pomme de terre, des feuilles et le port rappellent les pommes d’amour, on peut la cultiver en pot, mais elle est gourmande comme les tomates. On peut la garder dans une véranda hors gel et elle est alors vivace. Mangé cru ou cuit, on peut aussi la poêler avec du Grand Marnier.

une solanacée comestible : poire-melon

Un autre maraîcher offre pour 1€ un assortiment de cucurbitacées, mangeables ou pas, pâtissons, coloquintes, potimarrons, courges mais aussi des légumes très décoratifs rayés de vert, l’un d’eux allongé orange ressemblant un peu à une courge, delicata bush d’autres en forme de poivron ou de melons avec un creux, le patidou ou sweet duping. Le vendeur nous explique comment les cuire à la vapeur, on peut les manger au beurre à la cuiller ou les farcir comme des tomates.

étranges cucurbitacées : potimarron, patidou ….

Les nouvelles techniques de jardinage, compostage, cultures « en lasagne » avec des coches de paille alternant avec de la litière de feuille et du terreau, les cultures sans labour, sont expliquées. On peut acheter du lombric-compost ou se procurer un composteur.

Un loto a lieu dans une salle de l’abbaye, nous apprenons que « Marcel a gagné un  cyclamen »,  un peu plus loin des femmes proposent des confitures-maison à des prix défiant toute concurrence…c’est villageois, bon enfant. Il fait beau. Nous apprécions la bonne humeur.

la vigne après la vendange

Nous traversons le vignoble du Médoc avec ses vignes et ses châteaux. La terre du Médoc doit valoir prix d’or, on cultive les vignes jusqu’au bord de la route très étroite. Ici flotte le drapeau chinois, sans doute un château acheté par les chinois ! Les châteaux ressemblent à des châteaux, les allées qui y conduisent sont soignées, souvent bordées de plates-bandes fleuries de cosmos roses et violets. Après avoir tournicoté dans les vignes nous traversons Saint Estèphe pour aller pique-niquer sur les bords de la Gironde.

sur les bords de la Gironde

Les berges sont recouvertes d’une herbe verte très drue. Sur le bord de l’estuaire sont installés des carrelets, ressemblant aux trabucchi des Pouilles. Chacun a installé un petit coin à l’entrée de la passerelle, cultive des massifs, avec une table et des bancs, parois un barbecue. En face, c’est le vignoble et encore des châteaux précédés de fleurs et d’arbres décoratifs.

Nous rentrons par Pauillac dont nous ne voyons que les installations industrielles, pétrolières.

Comme le soleil brille, et qu’il n’est pas encore 16h, je décide d’essayer les vélos qui sont mis à disposition gratuitement au gîte. La piste cyclable part à une centaine de mètre au Pin Sec. Vers le nord en direction de Montalivet. Je pédale sur une très jolie piste cyclable équipée de toute la signalisation routière en miniature, une ligne continue ou discontinue partage la piste, les panneaux stop et cédez le passage sont minuscules. La route traverse une forêt de pins magnifiques, très hauts qui embaument. Au bout d’une demi-heure j’arrive à un carrefour. J’ai parcouru 8.9km, le retour est plus difficile, contre le vent avec le soleil dans les yeux.

Nous restons sur le banc tant qu’il est au soleil et ne rentrons que vers 18h30

Hourtin par la plage et la forêt

AUTOMNE AQUITAIN

De Soulac à Lacanau… le sable

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Au réveil, le ciel est voilé, il tombe même quelques gouttes. Dès que j’arrive sur la plage, le soleil parait. La mer est basse mais a laissé des flaques. La profondeur des creux dans le sable témoigne de la force des courants, la baignade est sûrement dangereuse. Je ne rencontre personne en dehors de deux compagnies de goélands.

Une heure plus tard, je vois les surfeurs d’Hourtin-plage.

Hourtin est une charmante station avec des maisons du début du 20ème siècle, maisons modestes avec des toits de tuiles mécaniques, des pignons pointus, des motifs art déco, des villas plus récentes aussi , mais dans un aimable désordre. Les lotissements n’ont pas encore abâtardi le village. Sur la place, la Maison de la Presse  a une très bonne librairie et toutes les cartes IGN au 1/25.000ème dont nous avons besoin. Au coin de la rue, l’Office de Tourisme, dernier cri avec ses écrans électroniques grand format, nous fait le meilleur accueil. Il y a une charcuterie traditionnelle et une belle pâtisserie, plus loin, un cinéma….

Le village d’Hourtin , place de l’église

Hourtin-Port et son club nautique ne se trouve pas du tout à la mer comme nous l’avions cru mais au bord du Lac d’Hourtin. C’est sur le bord du lac à Piqueyrôt que nous nous installons pour piqueniquer sur des tables de bois près d’un café appartenant à un club nautique. Piqueyrôt est un hameau charmant avec des maisons basses, certaines en bois dans des jardins fleuris. Le lac est calme, la surface immobile. On entend le cliquetis des  voiliers. Ces véliplanchistes se préparent.

Le lac d’Hourtin à Piqueyrôt

De Contaud à Hourtin-plage, le GR8 , chemin de Compostelle, se confond avec une étroite piste cyclable serpentant dans la forêt au sud de la route. 4km un peu vallonnés, on passe même le col du Château d’eau à l’altitude vertigineuse de 34m. Des panneaux renseignent randonneurs et cyclistes. L’un d’eux, Natura 2000, explique qu’on a gardé des zones de sénescence, où les forestiers ne sont pas intervenus et où les arbres morts ou arbres creux ont été préservés pour servir d’abris à toute une faune d’oiseaux, insectes ou même des végétaux comme les mousses, les lichens et les champignons afin de préserver la biodiversité.

Je m’étonne de ne pas marcher dans une pinède comme je m’y attendais. Les chênes forment l’essentiel des arbres. Ces derniers existent sous diverses espèces, chênes verts, chênes lièges, chênes pédonculés, certains dépassant à peine la taille des buissons, certains majestueux. Il y a aussi quelques châtaigniers. Au sol les mousses et les lichens forment par endroit d’épais tapis, ailleurs roussissent déjà les fougères-aigles. Les bruyères et callunes sont très hautes, alternant avec les genêts et les ajoncs. Certains sont même en fleurs. Ici et là, les immortelles  jaunes embaument. Les arbousiers portent des fruits orange et rouges et des clochettes blanches, les fleurs en même temps que les fruits. Je goûte une de ces arbouses. C’est un peu décevant, la chair est fade.

arbousier, fleurs et fruit

A Hourtin-plage, le GR8 se dissocie de la piste cyclable qui s’élargit pour se confondre avec la route forestière. L’été, cette route, équipée de barrières vertes et blanches,  est fermée à la circulation automobile. On vient de la rouvrir aux voitures. Je préfère donc rester sur le GR. Qui suit une piste sablonneuse. En regardant la carte, je pensais marcher dans la dune et espérais avoir des échappées sur la plage. La mer est trop loin. La flore serait plutôt celle de la lande avec prédominance aux ajoncs, genêts et fougères de l’autre côté de la piste c’est la forêt de pins. Aujourd’hui se déroule une batture « aux grandes pattes » – selon l’expression du gardien de notre gîte. Les chasseurs sont très nombreux à bord d’énormes 4×4 qui ont creusé de profondes ornières dans le chemin. Ils sont postés de proche en proche, habillés de gilets oranges et de casquettes assorties.

« faites attention Madame, me dit l’un d’eux, on tire à balle » .

Ce serait plutôt à eux de faire attention ! Moi, je ne quitte pas le chemin et je en crois pas avoir la silhouette ni d’un sanglier ni d’un cerf.

Dans cette forêt les pistes s’appellent des « garde-feux » c’est ainsi que les chasseurs m’indiquent les distances, « encore deux garde-feux », « après le prochain garde-feu ». Je suis contente d’arriver au Pin Sec après avoir été encore avertie de « faire attention ». Je n’ai pas rencontré les chiens perdus. Deux 4×4 se sont arrêtés à ma hauteur pour me demander de leur téléphoner si je les voyais.

Notre gîte : Jean-Petit au Pin Sec

AUTOMNE AQUITAIN

 

Jean-Petit, la petite maison dans la forêt

 

Généralement les locations s ‘entendent samedi à samedi, nous n’avons pas bien regardé le contrat. Voyageant le vendredi pour éviter l’affluence sur les routes, nous pensions faire étape à Saintes. Entre Poitiers et Niort, la dame du gîte m’appelle  pour savoir où nous sommes. Changement de programme ! Il faut foncer si nous voulons attraper le bac de 15h  à Royan, le GPS prévoit l’arrivée à 14h42.

Embarquement à Royan pour le Verdon

14h45, nous faisons la queue à l’embarquement. Soleil radieux, ciel bleu, une véritable croisière d’une demi-heure ! 27°C c’est encore l’été !

16h15, nous découvrons notre gîte : Jean Petit.

 Au beau milieu de la forêt, un grand enclos fermé par un portail rouge de ferronnerie. Dans cette grand clairière des pins magnifiques, plus que centenaires, un bosquet de chênes- liège aux troncs biscornus, et deux maisons forestières : deux longères brique roses et ciment beige aux toits de tuiles romaines moussues et couvertes de lichens. Deux pans dépassent largement de deux petits auvents sur le côté. Volets de bois rouges et boiseries rouges. Ces maisons sont originales et très bien situées. Elles sont transformées en gites mitoyens.

L’agencement intérieur est simple, moderne et sobre. Dominante bleu et blanc, , meubles en pin, canapé bleu dans le coin télé, , une cuisine américaine avec un large plan de travail, un four à micro-ondes , deux plaques électriques, un lave-vaisselle et un lave-linge mais pas de cuisinière. Le luxe est la belle cheminée à insert, on peut se servir à volonté dans la réserve de bois sous un appentis. Couvre-lit mille-raies dans la chambre.

A l’extérieur, un banc de bois gris bleu à côté de la porte d’entrée. A l’arrière une table  de bois et des bancs, à côté un barbecue de ciment.

Des yuccas sont en fleur, grosses clochettes blanches.

Trois vélos sont à notre disposition, la forêt est sillonnée de pistes cyclables, les distances sont trop grandes pour rejoindre à pied les villages.

la Dune, au Pin sec

Le plus urgent : aller à la plage distante d’un kilomètre. Au bout de la route, il y a un très grand camping, une sorte de marché dans des baraques de bois. Une rampe monte à l’assaut de la dune et on découvre l’océan. Les belles vagues écumantes, la brume qui s’élève, m’étonnent toujours.  Je suis saisie, comme l’an passé au Sénégal, ou au Bénin, par la puissance de l’Atlantique. Malgré le long voyage, l’installation et les courses, je me lance dans ma promenade favorite, sur le sable mouillé, pieds nus. Elle ne sera pas très longue : la mer monte, avec la pleine lune, c’est un très fort coefficient de marée, au bout de dix minutes,  la vague recouvre le sable sec presque jusqu’au pied de la dune. La marche est malaisée avec la pente, je rebrousse chemin non sans avoir trempé le bas de mon jeans que j’avais remonté à mi-mollet.

Les courses sont à 18km. Lesparre, une sous-préfecture a tous les commerces et deux grandes surfaces. Hourtin est un peu moins loin, mais il n’y a que de petites supérettes. Nous choisirons Lesparre.

A l’entrée de la ville, se dresse un fort joli donjon carré en belle pierre blanche, la ville est aussi construite avec cette pierre blanche. Il est trop tard pour flâner dans les rues piétonnes, et  nous sommes fatiguées. Courses à Carrefour qui ressemble à tous les Carrefours !

 

Le dernier moghol – William Dalrymple

LA SAISON INDIENNE : LIRE POUR DELHI


L’histoire, comme un roman, mieux qu’un roman!
Dalrymple raconte la fin de l’empire moghol, se basant sur d’innombrables témoignages, lettres,  poèmes provenant de la cour de Zafar, le dernier empereur moghol à Delhi, pétitions des habitants de la ville, correspondances de britanniques, d’articles de presses. Un corpus de notes, une bibliographie, impressionnants.

C’est donc le récit de la révolte des cipayes (1857) , aussi bien du côté indien que du côté britannique. Analyse politique récente, à la lumière des luttes islamistes, qui revisite les études des années 60 marxisantes pour donner plus d’importance aux facteurs religieux.

 

Galerie de personnages toujours campés de manière pittoresque. Le livre s’ouvre sur une procession avec des éléphants haute en couleur, joutes poétiques à la cour – et importance du soufisme – en miroir, la vie coloniale avec la famille Metcalfe, Thomas, le résident; son fils Theo et ses filles, vie quotidienne et même nourriture..La population de Delhi n’est pas oubliée, ni bien sûr les cipayes, soldats hindous pour la plupart, les artisans, les bandits….
Revers de la médaille, si les détails donnent un récit authentique et vivant, le décompte des batailles, des erreurs de stratégie, de part et d’autres, est parfois lassant. Il me faut de la patience pour tout lire. Mais l’effort est toujours récompensé!

De mai à septembre, une guerre impitoyable a lieu, a l’issue incertaine. Avec la prise de Delhi par les britanniques, la barbarie et les massacres sont effroyables. Cette lecture n’est pas toujours plaisante, cependant l’accumulation des témoignages n’est pas gratuite mais nécessaire.

Il ne reste plus grand chose de la splendeur des jardins du Fort Rouge, havelis et palis coloniaux ont souvent été détruits mais on peut toujours rêver à Delhi moghol.

ARNALDUR INDRIDASON – La rivière noire

POLAR ISLANDAIS

 

Est-ce ainsi que les vrais policiers travaillent ? Sont ils aussi consciencieux ?

L’inspectrice Elinborg ne dispose que de maigres indices : un châle qui sent le curry et la présence de la drogue du viol. Personne n’a rien vu, ni rien entendu, sauf une vieille folle obsédée par les ondes élecro-magnétiques. Et pourtant, patiemment  Elinborg dénouera l’intrigue après mains tâtonnements et interrogatoires dans un village de taiseux – les Islandais ne semblent pas très bavards. Traques aléatoires et minutieuses.

L’auteur ne nous épargne aucune piste même très éloignée, même les culs de sacs. Je perds patience et m’accroche pour la suivre. Dans un polar, il faut de l’action, sinon quoi ? Cela traîne deux cent pages… et puis, cent pages avant la fin, sans crier gare, enfin ! Quelque chose se dénoue, et je me laisse entraîner.

Finalement,  je comprends pourquoi les bloggeuses de ma connaissance ont recommandé cet auteur. Regard sur une Islande que je ne connais pas, mais surtout un roman autour du thème du viol, le fait que le policier soit une femme n’est pas indifférent.

 

LIRE POUR CEPHALONIE : la Mandoline du capitaine Corelli – Louis des Bernières

LIRE POUR LA GRECE : CEPHALONIE

du sommet du mont Ainos

C’est le roman de Céphalonie, 1940 – 1993, racontant trois épisodes tragiques  de l’occupation italienne et allemande et le massacre des Italiens par les Nazis en 1944, la guerre civile grecque qui suivit la seconde guerre mondiale et le séisme de 1953 qui ravagea toute l’île, puis la reconstruction, le début du tourisme. Roman historique, donc, qui embrasse toute l’histoire de Céphalonie puisque le Docteur Yannis essayait de la raconter et que sa fille Pélagia continua l’œuvre inachevée.

Roman historique, roman de guerre racontée par un soldat italien, Carlo, l’omosessuale, enrôlé pour l’amour des hommes. Guerre en Albanie dans les neiges et le froid des montagnes de l’Epire, puis occupation de Céphalonie. Carlo comprend rapidement  la vanité des campagnes fascistes, dégoûté de la guerre il se conduit en héros pour sauver ses camarades. Il faut être gonflé pour mettre des mots (grossiers) dans la bouche de Mussolini et de Metaxas ! L’analyse des stratégies hésitantes et des erreurs du commandement italien est-elle rigoureuse ? Les positions très sévères envers les partisans communistes de l’ELAS et les atrocités qu’ils auraient commises m’ont interpellée.  Je suis souvent perplexe devant les romans historiques.  Je regrette que JEA ne soit plus là pour  combler mes lacunes.

Ne pas se laisser abuser par la couverture montrant un couple s’embrassant sur un ponton, ce n’est pas un roman à l’eau de rose. C’est aussi un roman d’amour. Pélagia se fiance à Mandras, un jeune et beau pêcheur qui partira à la guerre et rentrera méconnaissable.

L’occupation italienne impose le logement d’un  capitaine italien. Il y a du silence de la Mer dans le récit. Rejet de l’occupant mais cohabitation obligée. Le capitaine Corelli est un musicien, c’est aussi un amoureux chevaleresque.

La peinture de la vie Grecque et des villageois est un peu folklorique. Peut être égaient ils vraiment ainsi dans les années 40 ? Empathie pour cette société archaïque avec ses fêtes, la vie paysanne, les animaux, mais aussi critique de la situation des femmes. Les femmes du roman sont fortes et actives mais elles subissent encore les préjugés traditionnels.

Louis de Bernières est un britannique dans la tradition des Durrell ou Fermor et Chatwyn, amoureux de la Grèce, mais l’écriture n’a pas le souffle de ces écrivains. C’est un excellent livre pour Céphalonie

Raphaël Jerusalmy : la Confrérie des Chasseurs de livres

ROMANS HISTORIQUES & co

Je n’aurais pour rien au monde laissé passer un livre avec un titre pareil! D’autant plus qu’il était chaudement recommandé par Dominique lire ICI

1463, la condamnation de François Villon est cassée par Louis XI, le poète disparait sans laisser de traces. Cette disparition est source d’inspiration pour le romancier qui peut imaginer une suite sans le trahir.

1463, dix ans après la prise de Constantinople.  Louis XI veut unifier la France, il entre en rivalité avec l’autorité papale, surtout en Avignon. Le pape Pie II est mort, avec lui, s’évanouit la dernière Croisade. A Florence, au vieux Cosme va succéder Laurent le Magnifique. C’est également le début de  l’imprimerie. Et le début de la Renaissance.

François Villon se trouve au centre d’une trame de machinations, au service du roi de France mais aussi des Médicis qui utilisent ses talents pour persuader l’imprimeur Fust de s’installer à Paris

« La copie de la République que Villon vient de tenir entre ses mains, Platon expose comment la cité doit être gouvernée. Ce texte confirme Louis XI dans son dessin politique […..]Le roi de France cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican afin de consolider le sien propre. Or, une industrie naissante mine soudain la suprématie papale. A la différence des moines copistes[… ]les colporteurs de Fust assurent à leur tour en toute candeur, la distribution d’œuvres clandestines astucieusement maquillées en psautiers ou rituels très catholiques »


L’établissement de l’imprimerie de Fust n’est que la première étape de l’intrigue, il faut imprimer des œuvres  de premier plan. Et c’est là qu’intervient la Confrérie des Chasseurs de Livres. Personnellement, je n’aime ni les confréries ni les sectes, encore moins l’ésotérisme.  Pour les chasseurs  de livres, je ferais une exception.

« le lien invisible d’une passion partagée, une passion vive et intense[…] la passion pour tout ce qui touche les livres»  m’est sympathique »sous les auspices de Lorenzo le Magnifique, avec l’argent des facultés dont l’Académie platonicienne… », ils vont chercher «  les collections de la confrérie de Jérusalem, qui datent d’avant Rome même […] des historiens latins et des chroniqueurs juifs dont Flavius Josèphe… », les restes de la Bibliothèque d’Alexandrie après l’incendie.

Les aventures de Villon prennent une autre tournure, il s’embarque pour la Terre Sainte, non pas sur les chemins balisés des pèlerins mais para les sentiers détournés de la Galilée, du Lac de Tibériade. Guidé par un gitan et Aïcha la belle Berbère, il rencontre des moines, des rabbins, même un Essénien et se trouve encore au centre d’un autre marchandage, Gamliel le rabbin veut sauver les juiveries dispersées. Contre un  manuscrit portant les paroles de Jésus il veut acheter la paix et la promesse qu’il n’y aura plus de Croisades apportant la désolation dans les communautés juives européennes.

La dernière partie racontant les avatars du manuscrit précieux m’a moins captivée que le début du livre. Les textes bien réels des Anciens qui ont marqué l’Humanisme et la Renaissance, m’auraient suffi.

 

Omar – film palestinien de Hany Abu-Assad

TOILES NOMADES

 

Omar est boulanger. Il escalade le mur à l’aide d’une corde pour rendre visite à Nadia dont il est amoureux. Il court aussi très vite. Avec ses deux copains d’enfance, Tarek et Ajmad, il s’entraîne à la résistance armée. Trois copains inséparables.

Une opération tourne mal, un soldat israélien est tué, Omar, après une course-poursuite à vous couper le souffle est fait prisonnier.

Sous la torture, n’importe qui peut parler. Rami, l’israélien, tente de manipuler Omar, lui propose la liberté en échange de Tarek. Omar, pense s’en sortir en jouant double-jeu.

S’insinue le doute. Dans la petite bande, y a-t-il un traitre? Omar a-t-il donné ses camarades? En plus de la suspicion, s’insinue la jalousie, la rivalité amoureuse.

Thriller très bien mené où les poursuites donnent un rythme très rapide dans les ruelles, la tension ne se relâche pas même dans les rencontres entre Omar et Nadia.

 

 

 

Yishaï Sarid – Le Poète de Gaza

LIRE POUR ISRAËL


Tout d’abord, il n’est question  ni de poésie, ni de Gaza. L’action se déroule pour part à Tel Aviv, et pour part dans les sous-sols de la Sécurité à Jérusalem, avec deux excursions, l’une sur les bords de la Mer Morte, l’autre à Limassol, Chypre.

Thriller très noir. Un officier des renseignements israélien, chargé d’interroger des Palestiniens pour éviter des attentats-suicides peut-il agir selon les procédures légales ? Peut-il rester humain et non pas une brute ? La réponse est claire :  les procédures légales ne donnent rien. Le narrateur, officier, recruté pour sa culture, son ouverture d’esprit, pour avoir des résultats, va déraper jusqu’à la bavure – il étrangle un témoin, pas même suspect. Son supérieur, figure paternelle, bienveillant, d’un calme étrange, trouve dans la religion la sérénité. Comment être serein ? Il protège le héros, tente de lui faire garder l’équilibre, alors que, même après le drame, ce dernier revient aux interrogatoires, comme un drogué à sa came.

Une autre mission se déroule en marge. Le policier doit se faire passer pour un écrivain débutant pour approcher une romancière, Dafna amie d’un poète gazaoui dont le fils est un chef de réseau terroriste. Le poète atteint d’un cancer en phase terminale doit être soigné en Israël et s’installe chez Dafna. Une curieuse intimité s’établit entre le poète et l’officier, presque de l’amitié. Jusqu’où le conduira cette mission ? …Bien sûr, pas question de dévoiler la fin.