Via Egnatia , Messimvria, Alexandroupolis

CARNET MACÉDONIEN ET THRACE

site archéologique de Messimvria

 

Hier soir j’ai fait le siège du comptoir de la réception de Chris &Eve Mansion. Nous n’avons plus rien à faire à Komotiní. Je sais que notre réservation n’est pas remboursable. J’attends un geste commercial. D’autant plus que la télévision ne marche pas; Le technicien est venu. La climatisation non plus. La réceptionniste, désolée, se souvient qu’on a oublié de nous donner la télécommande. A 22h je rencontre un responsable qui comprend que Komotiní n’est pas très touristique, que nous avons été très déçues par la piscine…il fait donc le geste commercial que j’attends.

7h du matin : nos valises sont prêtes. Nous piaffons d’aller découvrir de nouveaux horizons.

8h30 sur la route d’Alexandroúpolis devant l’hôtel. On passe d’abord par des zones industrielles (maxi cheminée) puis des champs de coton. On traverse un village, à gauche l’église, à droite, la mosquée ; deux femmes passent, l’une est voilée, l’autre pas. Amusantes les transcriptions en lettres grecques de Mehmet (station service) et d’Ahmet (commerçant). Beaucoup de coton, des tournesols aussi. La route grimpe dans des collines boisées vers Marroneia dont je reconnais les crêtes où nous étions  hier. A plusieurs reprises nous croisons la Via Egnatia – pas l’autoroute – la route romaine qui allait de Dyrrachium (Durrës) en Illyrie (Albanie actuelle) traversant la Macédoine puis la Thrace pour aller à Byzance. Elle fut construite entre 146 et 120 av JC par le Proconsul Gaïus Egnatius en suivant le trajet des armées perses de Darius et de Xerxès ainsi que celles d’Alexandre le Grand. Pendant plus de 2000ans elle fut la seule route décente de la région. Tous les 10 ou 20 miles, il y avait des stations de ravitaillement et tous les 45/60 des auberges. Nous avons déjà marché sur la Via Egnatia à Philippi.

Suivant les conseils du Guide Bleu, nous quittons la route à Dikela pour trouver en bord de mer le site de Mesimvria. L’aire archéologique est très étendue. Les grillages des installations montent à l’Acropole en haut de la colline. Le site de Zone est aménagé pour la visite. Pour la modeste somme de 2€ on visite les vestiges sur des cheminements de planche canalisant les visiteurs qui ne piétineront donc pas le site. L’endroit est très tranquille, nous sommes seules. Zone faisait partie des fort samothrakiens cités par Hérodote, fondés par les Grecs de Samothrace le long du rivage au 7ème siècle av JC, contrôlant les routes maritimes et le commerce entre Grecs et Thraces. La ville était cernée de murailles gardée par des tours.

De nombreuses habitations ont été retrouvées ainsi que deux petits sanctuaires de Déméter et d’Apollon. Utilisant l’iconographie peinte sur les vases grecs, les panneaux mettent en évidence les objets de la vie courante : ici, une petite meule à bras, rectangulaire qui servait à moudre le blé dans un coin de la cuisine. Là, un pressoir de marbre qui était surélevé, là encore, l’amphore enterrée pour le grain, l’huile ou le vin.  Un four de potier en forme de tholos. Une villa entière avec la salle des hommes où ils banquetaient couchés lors des symposiums  tandis que les femmes filaient à l’étage. Salamlik et Haremlik avant l’heure. Les mœurs ont perduré !

vide sanitaire modèle antique!

La trouvaille la plus originale est celle de dizaines d’amphores plantées à l’envers sous les fondations d’une maison – vide sanitaire en quelque sorte – pour isoler la maison de l’humidité. Cette humidité, en plein juillet, me fait sourire, l’Egée nord peut être froide et humide à la mauvaise saison.

A la billetterie, les gens sont sympathiques;  Je demande s’ils connaissent des chambres à louer. Le Monsieur assure qu’il y en a. Le mieux serait d’aller à la taverne de poisson Philarakia à Makri. Le patron sera de bon conseil et la table excellente. Cette grande taverne occupe toute la place. Les menus sont rédigés en grec mais aussi en truc et en cyrillique (Bulgare). Le patron ne perd pas son temps avec nous :

          « allez à l’hôtel Klio à Aghia Paraskevi ! »

On est un peu déçues par cet accueil abrupt. Nous comptions nous attabler, boire l’apéro…L’hôtel Klio regroupe plusieurs bâtiments blancs aux balcons arrondis à la rambarde verte. Il est situé sur une place où s’arrête l’autobus. De l’autre côté, la taverne et la plage. On ne peut pas être plus près de la mer.

          « Avez-vous des chambres ?

          « un lit, deux lits ? rez de chaussée, à l’étage ? choisissez ! »

Le prix est raisonnable 50€. La chambre est un peu biscornue. Elle a tout le nécessaire : clim, télé, wifi, grands placards et surtout un joli balcon avec une petite table ronde et deux chaises bleues.

Nous passons la suite de la journée à la mer sous un parasol de paille et sur des lits orange. La jeune plagiste ne viendra qu’une seule fois. Pour 3€, un café frappé et une bouteille d’eau nous pouvons rester tant que nous le désirons.

Juste au dessus une petite taverne sert des poissons frits ou grillés. Nos provisions attendent au frigo. Nous mangerons à tour de rôle pour garder notre lit de plage. L’eau est très claire (galets et algues) les poissons et les oursins nombreux. Je sors mon masque mais ne peux rester longtemps tant l’eau est froide. Après 10 minutes, je suis gelée.

Nos voisines sont grecques mais bavardent en anglais. L’une d’elles nous aborde en Français. Elle habite Paris 17ème et elle est  contente de bavarder avec nous. On échange numéros de téléphone et email. Pour Samothrace il est quasiment impossible de trouver un appartement à louer sauf si on connaît quelqu’un ??? Pourquoi pas Samothrace ou Lemnos, îles que je ne connais pas.

La visite d’Alexandroúpolis est très décevante. La  route principale se continue dans la ville par une artère commerçante bordée de beaux magasins et cafés, qui la traverse de part en part et on se retrouve à l’autre extrémité. Au retour on essaie de bifurquer. Fiasco total ! On passe 4 fois devant le même étalage de pastèques et de melons. On arrive chez les gitans qui ont mis en vente leurs carrioles peintes. Pour décorer un jardin ce serait joli. On implore le GPS de nous sortir de là. Pire ! il nous conduit dans les confins industriels. Nous rentrons sans avoir rien vu de la ville en dehors d’un Carrefour-market où j’ai acheté des yaourts, de la pastèque, du salami et des olives.

Soirée agréable sur notre balcon. Il fait très bon 26°. Dernière promenade les pieds dans l’eau. Les plagistes préparent le week-end rajoutent des rangées de lits et des parasols neufs. Dîner de souvlakis bien grillés de la taverne d’en face.

L’Homme qui rit – Victor Hugo

CHALLENGE ROMANTISME – LECTURE COMMUNE

Les lectures communes sont l’occasion de merveilleuses découvertes. Comment suis-je passée à côté d’un tel chef d’œuvre?Sans le défi de Claudialucia d’Aifelle et d’autres, je n’aurais peut être pas choisi un gros pavé. Pavé? J’exagère parce que c’est une lecture numérique sur ma nouvelle liseuse qui a l’avantage de garder en mémoire les passages que j’ai soulignés, et surtout de m’accompagner sans surcharger les bagages…

Que cache ce titre L’Homme qui rit? Pendant un bon tiers du livre, j’ai peu d’indices. pour répondre à ma curiosité

 

Je m’engage donc à l’aveugle à l’aventure dans l’Angleterre de 1680.

 

Roman historique? C’est une lecture possible. J’y apprendrai beaucoup sur la succession des rois :  Stuart,  la Révolution de Cromwell,  Jacques II qui rétablit la royauté, CharlesII, la Reine Ann.

Tout renaissait, tout reprenait sa place. Dryden en haut, Shakespeare en bas, Charles II sur le trône, Cromwell au gibet

Que le lion puisse redevenir baudet, cela étonne, mais cela est . Cela se voyait en Angleterre. On avait repris le bât de l’idolâtrie royaliste

Hugo explique le fonctionnement de la Chambre des Lords, contre-pouvoir de la royauté…. je ne ma plains pas des digressions, elles m’instruisent.

La mer qui, le moment d’avant, avait des écailles avait maintenant une peau. Tel est ce dragon. Ce n’était plus le crocodile, c’était le boa. Cette peau plombée et sale, semblait épaisse et se ridait lourdement

Ce qui caractérise la tempête de neige, c’est qu’elle est noire. l’aspect habituel de la nature dans l’orage, terre ou mer obscure, c’est blême, est renversé ; le ciel est noir, l’océan est blanc

Roman fantastique que cette plongée dans le froid de l’hiver à Portland, embarquement mystérieux sur cette ourque dans une tempête de neige noire, naufrage annoncé, lutte contre les éléments déchaînés, cette cloche qui résonne dans la Manche,….Fantastique, la course de l’enfant qui découvre le gibet, première rencontre avec la mort, deuxième rencontre avec la mendiante morte sous la neige. j’imagine Hugo à Guernesey décrivant la tempête  (je me laisse emporter par mon imagination, je crois que le livre a été composé à Bruxelles). Aucune trace de rire dans ce début de roman.

 

le spectre était là au pillage. Il endurait cette voie de fait horrible, la pourriture en plain vent. Il était hors la loi du cercueil. Il avait l’anéantissement sans la paix. Il tombait en cendre l’été et en boue l’hiver….[….]  il était simulacre. Ayant sur lui les souffles qui ne s’apaisent pas…

 

 

Sont-ils sortis de l’imagination de l’écrivain? Ursus, colporteur apothicaire, guérisseur, philosophe, sur sa charrette? plus fort encore les comprachicos? et plus loin le terrifiant Wapentake? Ont-ils existé? Peu importe, on y croit.

 

Roman politique : la richesse des Lords suppose la pauvreté du peuple. Victor Hugo étale les possessions, les privilèges, les abus des Lords. La longue énumération des propriétés a pour but de nous faire sentir jusqu’à la nausée l’énorme richesse de certains face au dénuement des autres.

Mon garçon, les carrosses existent. Le lord est dedans, le peuple est sous la roue, le sage se range

Roman d’amour:entre Dea, la belle, et Gwynplaine, monstrueux. Amours innocentes mais aussi éveil du désir, de la tentation du sexe….

Etre aveugle et amoureux, c’est être deux fois aveugle

Tu as une chose à faire, aimer Dea. tu es heureux de deux bonheurs : le premier c’est que la foule voit ton museau ; le second c’est que Dea ne le voit pas.

Roman social 

Quand Gwynplaine se trouvait saltimbanque :

Oh! Si j’étais puissant, comme je viendrais en aide aux malheureux! Mais que suis-je? un atome. Que puis-je? rien. Il se trompait. Il pouvait beaucoup pour les malheureux. Il les faisait rire

Quand Gwynplaine se retrouve élevé à la position de lord:

Deux spectres, l’adversité et la prospérité, prenant possession de la même âme, chacun la tirant à soi. partage pathétique d’une intelligence, d’une volonté, d’un cerveau,

Gwynplaine  saisir l’occasion, à la Chambre des lords de plaider pour les pauvres:

Milords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe.

Je suis un plongeur, et j’ai rapporté la perle, la vérité. Je parle parce que je sais.Vous m’entendrez, milords. J’ai éprouvé, j’ai vu. La souffrance, non, ce n’est pas un mot, messieurs les heureux. La pauvreté, j’y ai grandi ; l’hiver…

Est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes dans une balance et qu’il y a dans un plateau votre puissance, dans l’autre votre responsabilité. Dieu vous pèse. Oh! ne riez pas. Méditez.

Généreux, c’est le mot qui me vient pour qualifier Hugo dans cette œuvre. Dans cette plaidoirie et dans le plaisir jamais compté que l’auteur donne au lecteur qui est parfois submergé d’émotions, de renseignements, richesse de vocabulaire, d’images…

Marroneia : cité antique et plage de Kageles

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La salle de restaurant est à la hauteur du reste de l’établissement. Les télévisions à écran plat sont présentées comme des tableaux de maître dans des cadres dorés surchargés. De lourds rideaux rouge pompeux et pompiers cachent le jour. De grandes tables rondes, parfaites pour des réceptions ou des mariages ne sont même pas recouvertes de nappes mis de sets en papier grenat (4* !). le buffet est à l’unisson, ordinaire. J’y trouve des tomates des olives et de la feta mais pas de concombres, pas de fruits non plus.

Marroneia

Le site de Marroneia se trouve à 30km S.E.. Dans la campagne domine la culture du coton. Dès que le relief ondule la vigne pousse en hauts ceps. A l’approche de la mer, le parfum de la garrigue me saisit. Les oliveraies recouvrent les collines. La côte est escarpée. A l’horizon, la silhouette de Samothrace, triangulaire, massive apparaît.

à l’horizon la silhouette de Samothrace

Le site de Marroneia est très étendu. Les fouilles archéologiques sont dispersées dans les oliviers. Un charmant théâtre antique aux gradins de marbre a été restauré. Une plateforme donne le meilleur point de vue pour les photos. Des archéologues dégagent un talus. Qu’y a-t-il dans leur brouette ? De menus fragments, sans doute.

Un peu plus loin  c’est un ancien sanctuaire qui est l’objet de fouilles. Les archéologues ont disposé des piquets avec des marques et des numéros. Ils ont protégé sous plastique les fondations du temple et ont planté leur parasol un peu plus loin. On n’a pas osé les déranger.

Visiter Marroneia tient plus de l’exploration que du tourisme. Aucune explication n’est dispensée, ni date, ni interprétation. Site archaïque, hellénistique ou romain ? Il faut deviner par soi-même.

Un peu plus bas, une belle mosaïque ornait une villa romaine, motifs de la vigne, pampres, grappes de raisin. Autour du motif central des ondulations figuraient peut être des vagues. Les ruines d’un château byzantin au sommet d’une colline se voient de loin.

Plus bas encore, près de la mer, on a mis au jour une cité byzantine et une basilique chrétienne 5ème -6ème siècle. Un panneau montre la photo de très belles mosaïques colorées qui ne sont pas visibles sur place. On ne voit pas grand-chose mais le site est fleuri de roses parfumées et on a mis des bancs. Je préfèrerais des explications.

le petit port de Marroneia

Juste avant une taverne de poisson on découvre les thermes romains – de taille modeste. Quelques mètres plus bas, un port avec de beaux bateaux de pêche et de petits bateaux de plaisance. Des pêcheurs raccommodent les filets rouge sombre avec des flotteurs rouges du plus bel effet.

Kagelès

 De la digue, on devine à l’abri des falaises brunes une plage étroite formant une bande claire.

C’est là que nous irons passer le reste de la journée.

Un petit lotissement  aux villas contemporaines grises (très laides), un parking, un bâtiment à étage rouge, noir et verre fumé ressemblant à un terminal de téléphérique. Des escaliers conduisent à une jolie plage aménagée : parasols de paille et lits de plage.

11h30. La plage est encore bien vide. On choisit les lits les plus éloignés du bar (et de la sono). On ne paie pas la location des lits et des parasols mais les consommations (chères) sont obligatoires. On s’y retrouve : 2 cafés frappés, 1 bouteille d’eau et 2 club-sandwiches très bien servis : on s’en sortira pour 20€. La journée se déroule au rythme des baignades. L’eau est très claire mais très fraîche. Il y a quelques oursins mais j’ai mes sandalettes en plastique.

Kageles

La plage se remplit vers 14h. Les jeunes arrivent en bande (regain de sono). Cette manie de sonoriser les plages est déplaisante. Puisque chacun a un engin personnel et un casque pourquoi incommoder tout le mode avec cette cacophonie ? L’intensité sonore n’est pas aussi désagréable que celle de la piscine de l’hôtel.

16h30, nous remontons au village avec l’intention d’acheter des yaourts au village. Nous avions oublié qu’en Grèce les épiceries n’ouvrent pas avant 18h. Plutôt que d’affronter les rues de Komotiní nous préférons attendre sur le bord d’une plage déserte sable et galets sur des bancs abrités par un auvent. C’est tranquille et bien aéré avec la brise qui vient de la mer

Komotini

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Mosquée de Komotini et tonnelles

 

Komotini – Chris & Eve Mansion

J’aurais dû me méfier d’un établissement qui choisit l’appellation prétentieuse de mansion. C’est un grand bastringue en bord de la route – soi-disant 4 étoiles – laid, sans aucun charme. Seul avantage : son prix de 40€. Notre balcon donne sur la grande route : le trafic est assourdissant. Le mobilier est fonctionnel, sans aucune séduction. Le frigo est chaud. La climatisation ne rafraîchit rien et s’arrêt dès qu’on ouvre la fenêtre. La télévision se déclenche inopinément. Les chaînes satellites promises ne sont pas au rendez-vous. J’attendais beaucoup de la grand piscine vue sur Internet. J’ai bien déchanté ! Elle n’est pas du tout dans l’hôtel comme je le croyais mais séparée de lui par un vaste parking (quelle classe !). Pas un brin d’herbe, pas un arbre, encore moins de fleurs. Du ciment, des bâches 4étoiles. Toute la jeunesse de Komotini s’y est donné rendez-vous. Impossible de nager tranquillement. Les gamins vous plongent dessus, vous éclaboussent quand vous ne recevez pas une main égarée. Pour couronner le tout, la sono fait un bruit infernal. Après 5 ou 6 allers-retours, j’ai fui.

Komotini est une agglomération sans guère d’attrait touristique. Immeubles modernes, larges artères. Seule originalité : un grand parc avec des fontaines en boules. Peu de possibilités pour garer la voiture. On passe et repasse dans les mêmes avenues ennuyeuses. Un minaret entrevu, des toits de tuile invitent à une promenade dans des quartiers anciens mais on ne trouve pas de parking. Il y a aussi un musée archéologique intéressant, mais comment s’y rendre ? En revanche, la ville est bien pourvue en supermarchés, il y a même Carrefour. Une rue part vers le nord. Un panneau promet une forêt. Nous dépassons des bases militaires et faisons un pique-nique champêtre (tyropita). Un troupeau de chèvres passe avec le berger et son chien. Vision intemporelle. En ville je trouve enfin les vieux quartiers autour de la mosquée. C’est un quartier d’échoppes de tailleurs et de couturiers. Des pergolas de vigne abritent les terrasses de tavernes installées au milieu des ruelles

Au revoir Elsa et Anestis!

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Les chiens ont sonné le réveil bruyamment au lever du soleil, juste après les oiseaux. Tintamarre assourdissant. L’église a sonné 6heures. L’orage n’a pas épuisé tous les nuages. Une brume rosée noie les contours des collines vers le nord-est. Un village surgit – tout rose-. La cour est sèche. Les chats sont revenus.

Nous allons quitter notre studio Anestis à regret, sa cour fleurie de belles agapanthes, de rosiers jaunes magnifiques après la pluie, notre fraîche pelouse. C’est surtout l’ambiance conviviale que nous regretterons. Elsa et Anestis ont construit la grande maison d’une dizaine de studios sur deux niveaux. Ils mènent tous les deux leur affaire sans autre personnel que la dame de ménage que nous avons vue dimanche. Du matin au soir, ils s’affairent en prenant le temps de faire un brin de conversation. Elsa, surtout, qui parle bien anglais. Anestis préfère répondre en Grec, l’échange est plus limité. On ne sait pas bien parmi les occupants de la cour qui est client, voisin ou parent. Souvent un homme aide Anestis à porter des sacs : client ou ami ? La dame grecque blonde est-elle une habituée ou une parente ? Elle a pris son petit déjeuner sur la table devant sa chambre mais va se servir derrière le comptoir du bar.  Le soir, deux groupes distincts se forment. Les femmes sont assises sous le tilleul tandis que les hommes investissent la longue table sous l’auvent. La jolie petite fille blonde toute bouclée va d’un groupe à l’autre. Son papa la gâte beaucoup, l’emmène sur son scooter et lui a fait une belle balançoire. Les clients arrivent à toute heure. Au début de la soirée, nous croyons être seules. Les cinq studios se sont remplis. Ce n’est pas un problème d’arriver après 22heure en Grèce. Les gens ont prolongé la baignade à la taverne, d’autres arrivent à 22h30 chargés de provisions pour faire à dîner.

Sur la route

Juste avant Kavala, nous empruntons l’autoroute, la Via Egnatia, qui franchit de nombreux ouvrage d’art, découpant la montagne, surplombant la vallée sur de fins ponts de béton ou s’engouffrant dans  des tunnels. A la sortie de Kavala découvrons les installations industrielles de Nea Kavala, Philippi 2, installations portuaires. Dans une carrière de marbre on a graphé un drapeau grec et un casque antique, vandalisme, politique ou œuvre d’art ? Thassos semble toute proche. On irrigue le maïs déjà très haut, le blé a été moissonné. Quelques belles oliveraies alternent avec les champs. Des panneaux solaires occupent de vastes espaces.

Arrivée en Thrace : le fleuve Nestos et Xanthi

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défilé du Nestos

Le fleuve Nestos

Nous quittons la via Egnatia juste après avoir passé le fleuve

Nestos pour aller au village de Toxotes.

Toxotes regroupe plusieurs hameaux : le premier est annoncé par un blanc minaret en forme de pointe de crayon, agricole avec de nombreuses ruines. Un peu plus loin, un village plus moderne, grec ; bien vivant, avec des maisons de ciment, l’école, la gare. Des panneaux touristiques marron promettent nombreuses curiosités : ruines byzantines, pétroglyphes, promenades… Nous choisissons le Défilé du Nestos. Dans l’étroite vallée s’insinuent la route, la voie ferrée et le fleuve aux eaux rougeâtres gonflées des orages d’hier. Au bout de la route, un café « sous le platane » près d’une plage de sable à un coude du Nestos. Un sentier en balcon s’élève dans le défilé : promenade spectaculaire au dessus de l’eau. Le train a disparu dans un tunnel sous mes pieds. La voie fait surface  un peu plus loin pour s’enfoncer à nouveau. J’écourte la promenade regrettant de ne pouvoir la terminer. Un groupe de jeunes est assis en rond près de la plage. Sont-ils venus pour la randonnée ou pour le canoë ?

Xanthi

Xanthi, maisons balkaniques rue Orféos

Les abords de Xanthi n’ont rien d’accueillant : une vaste zone industrielle et commerciale, puis des quartiers modernes sans intérêt. Où se cache donc la Vieille ville ? On suit les panneaux touristiques « Old City » sans la trouver, tourne en rond pour se retrouver en périphérie. Heureusement, nous avons le GPS ! Programmant « Musée Ethnographique » il nous mène dans des rues tortueuses surplombées par des maisons balkaniques à encorbellement. Nous suivons la rue Orfeos. Il me plait de penser que nous sommes revenues en Thrace, en terre orphique, non loin des lieux orphiques bulgares découverts l’an dernier – à vol d’oiseau peut être une vingtaine de km ? – Un sculpteur travaillant le fer et les pièces mécaniques a installé à un carrefour un danseur de zembeitiko, dans un recoin, un musicien, là, un couple : Orphée et Euridyce. De nombreux cafés bordent la rue Orphéos. Sans doute la musique y est à l’honneur !

la vitrine de l’antiquaire

Une dame brune en longue robe claire nous invite à visite sa galerie dans la maison d’un riche marchand de tabac. Plafonds lambrissés magnifiques comme en Bulgarie. Splendides boutiques d’antiquités, les vitrines contiennent aiguières et cafetières ottomanes au long col et aux gracieuses poignées, travail damasquiné.

Parmi les maisons à encorbellement, il y a d’autres maisons remarquables : une villa Art Déco avec bordures jaunes et bleues et motifs végétaux. Une riche maison est peinte à fresque dans un style florentin. Briques et pierre pour les deux maisons jumelles maintenant occupées par le Musée Ethnographique où je suis très bien accueillie. On me raconte l’histoire de la Maison Kougioumtzoglou, bâtie en 1860 et dont la décoration intérieure et les fresques datent de 1866. On y a reconstitué l’ameublement d’un intérieur bourgeois en 1930, période de prospérité pour le négoce du tabac. Les habitants y vivaient à l’occidentale. La table d’un déjeuner de fête est dressée à l’Européenne. Européennes aussi, les toilettes des femmes. A la cave, l’intérieur paysan consiste en banquettes orientales, table basse ronde, kilims et vêtements folkloriques. A l’étage diverses collections de timbres, jouets sont de moindre intérêt.

costume thrace

Pour rejoindre Komotini nous évitons la Via Egnatia pour passer par Lagos et les lacs Visnides. Pique-nique dans une pinède non loin de l’eau. Nous passons devant des églises charmantes sur des îlets. Il fait chaud et j’ai hâte d’arriver à l’étape pour me baigner à la piscine

Lidia : mudbath

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Mudbath à Lidia

 

L’établissement est perdu dans la campagne. Derrière le Baptistère de Lidia, une petite route longe la route Kavala/Drama. Derrière un champ de tournesols, dans un complexe en briques, pelouses et jardins, se cachent deux piscines rondes. Hommes et Femmes séparés. Entrée 6€. La copine d’Elsa me reconnait, elle sait que je suis française : et professeur et que je comprends un peu le grec. Elle me pilote :

          « d’abord visitez les toilettes (pas de porte). Ensuite douchez- vous »

Vestiaire commun ; le jet de la douche est très puissant.

Ensuite elle me guide jusqu’à une échelle métallique qui descend dans la boue.

          « il faut s’allonger ! »

Au début je ne comprends pas. Deux femmes jeunes rieuses me font des signes. J’essaie de les rejoindre en marchant. Impossible avec la résistance  de la boue ! je m’épuise. Ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder. On rampe allongée. La boue nous porte. L’eau en surface est chauffée par le soleil, l’argile est plus fraiche. Il faut s’enduire complètement la tête et le visage  pour éviter le coup de soleil. C’est un plaisir enfantin que de tripoter l’argile grise, de l’étaler, d’écraser les mottes. Plaisir de se sentir enrobée dans sa nudité, de se sculpter soi-même une silhouette primitive de déesse-fécondité aux fesses exagérées et aux seins pendants. Ridicule amusant de la figure enduite ! On « fait la planche » mieux que dans le meilleur des lits pour se retourner sur le ventre. Toutes mes vieilles douleurs aux épaules et aux reins sont effacées. On vient au x bains de boue en société. A chaque échelle des groupes se sont formés. Les femmes bavardent et rigolent. Seule c’est un peu barbant. Dès que les deux jeunes femmes sortent je copie leur trajectoire et m’extirpe à grand mal du magma. Près de l’escalier des filins permettent de se hisser. Des cordes servent à se racler et à enlever un maximum de boue. La douche énergique doit être complétée en se frottant. Autant le bain était relaxant, autant le jet est violent. Les femmes passent d’un jet à l’autre dans un cérémonial incompréhensible. Enfin, explique Elsa, il ne faut surtout pas se savonner ou se shampooiner. Un hammam complète la séance. Par 35), le hammam est permanent ! Je saute donc cette étape. De retour aux Studios Anesthis,  tout le monde me questionne sur la douceur de ma peau. Pour un bienfait thérapeutique il faudrait faire la cure sérieusement. On peut aussi voir l’aspect récréatif ou celui du soin de beauté !

Orage

La matinée était lumineuse. Vers midi les premiers cumulus ont bourgeonné. En rentrant, l’horizon est gris très foncé, les crêtes de Bulgarie sont cachées. On devine l’averse sur la montagne la plus proche. Les premières gouttes s’écrasent sur le dallage de la cour des Studios Anesthis. Grosses gouttes qui mouillent à peine. Chacun se met à couvert sous les avancées des toits. Les éclairs zèbrent les nuages. Enfin, une averse drue se déclenche. Les gouttières débordent. La cour est noyée. Il faut entrer dans le studio qui a accumulé la chaleur de la journée alors qu’on préfèrerait prendre plaisir sous la pluie bienfaisante.

Une heure plus tard, on peut dîner sur le balcon.

Anestis a peint et travaillé toute la journée à l’étage sans même faire la trêve de la sieste. Avec ses copains, entre hommes, ils improvisent un dîner de brochettes sur le barbecue abrité sous l’auvent. Elsa et les femmes ont disparu. Deux hommes sont à l’ordinateur tandis que les autres surveillent les braises. Ils ont mis de la musique et font la fête entre eux. Les chats se sont cachés de la pluie.

 

musée archéologique de Filippi

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Terracotta

Les collections sont très bien présentées : sol en marbre, murs gris neutre vitrines modernes et un luxe d’explications que je survole à regrets. Le musée ferme à 15 heures. La première salle est consacrée à la Préhistoire : il y a de nombreux pétroglyphes dans la région et au dessus du site de Philippi : scènes de chasse. On voit un très joli cerf gravé. Le site de Dikili Tash a livré de nombreux témoignages de l’occupation néolithique : petites figurines en terre cuite, figurines féminines (déesses-mères ?) ou représentant des animaux.

Artémis

Krinidès fut fondée en 359 av JC par des colons venus de l’île voisine de Thassos –stèles funéraires visibles au Musée – Après la prise d’Amphipolis par Philippe II (356) ce dernier donne son nom à la cité (359-336). Philippe fut assassiné au cours de noces de sa fille à Aiges.

La grande salle suivante se partage entre la période hellénistique (330 – 1er siècle av JC) et la période romaine.  J’ai aimé la borne triangulaire d’Hécate, protectrice des carrefours – représentée sur 3 faces. Au fond de la salle les trois statues de Nike ornaient le fronton triangulaire du Bouleutérion. De taille humaine, vêtues de draperies compliquées. Je ne peux m’empêcher de penser à la célébrissime Victoire de Samothrace et au livre de Takis Théodoropoulos. Dans la partie romaine, je m’arrête aux portraits de romains, je remarque un Trajan jeune.

romaine

La Bataille de Philippi est expliquée en détail (42av JC)

A l’étage c’est Philippi chrétienne qui est reconstituée avec des tableaux des plans et des silhouettes des basiliques. La basilique A, très romaine avec son toit à deux pans, la C avec ses coupoles. Les panneaux de marbre sont remontés avec les symboles chrétiens du Poisson, du Bon Pasteur, et du Dauphin (salvateur). La période de prospérité de Philippi se déroula au 2ème et 3ème siècle après JC. En 620, un séisme dévastateur signe sa ruine. Au 7ème siècle, les habitants quittèrent la ville.

J’ai fait une belle salade grecque avec la tomate charnue énorme,  les cubes de féta et des olives violettes. Nous déjeunons dans le petit jardin sous le cerisier.

Heures grecques ! Nous nous « jetons » (comme dans la cassette Assimil) sur nos lits pour la sieste, courte mais de sommeil profond. Il fait 35°.

 

 

Kavala : Mohamed Ali, l’homme de Kavala

CARNET MACÉDONIEN

Mohamed Ali, statue équestre

 

La vieille ville de Kavala est construite sur la colline de la Panaghia. La maison de Mohamed Ali – le sultan d’Egypte, le Dernier Pharaon, selon Sinoué – se trouve sur une place carrée ornée de la statue équestre du Pacha. L’entrée de la maison est très discrète, les pièces de service se trouve en rez de chaussée (étable et magasin) . Une exposition propose des éléments de la biographie de Mohamed Ali (1769-1849) fils d’un négociant de tabac de Kavala. Cette ville avait alors, jusqu’en Égypte une réputation de grande prospérité

maison musée de Mohamed Ali

A l’étage, on retrouve le schéma ottoman des demeures – vues en Bulgarie – Haremlik, isolé de l’extérieur. Salamlik ouvert sur la place et aéré. Les éléments du mobiliers sont aussi les mêmes que ce que nous avons vu en Bulgarie quoique plus sophistiqués. Les sofas courent autour des pièces,  recouverts de tissus précieux brillants et damassés, accompagnés d’accessoires luxueux. La menuiserie des placards coulissants et niches découpées en forme de flacon est aussi identique.

Peu de renseignements sur les guerres ou la politique égyptienne du Pacha, il faudra relire Sinoué. La librairie du Musée vend des livres en Anglais et organise des évènements culturels. Le monsieur de l’accueil est très aimable. Je lui promets de mettre un lien sur mon blog.

La maison de Mohamed Ali se trouve dans un jardin en terrasse où on pourrait prendre des rafraîchissements, mais nous avons un autre plan.

Thé à l’Imaret

Imaret

L’Imaret a été fondé par Mohamed Ali en 1821. C’est une institution charitable comportant des salles de prières et d’enseignement et un hospice où 300 indigents pouvaient être hébergés. Le grand mur au dessus du port de pêche est hérissé de cheminées, coupoles de plomb et tourelles. Un hôtel de luxe est installé dans les murs de l’Imaret. On entre de la rue Polidouri par une porte discrète. C’est un peu tôt on ne sert au bar qu’à partir de midi. La serveuse est charmante. Elle débarrasse une table chargée de salières et porcelaine fine du petit déjeuner et apporte un menu sophistiqué. Le moindre café coûte 6€ mais il est servi à l’orientale, les consommations sont présentées par un véritable poème. Nous choisissons des jus de fruits frais (carottes et cerises acides). Je sors mon carnet moleskine, fascinée par les toits et les coupoles. Le service est d’une lenteur étudiée pour que les hôtes profitent des splendeurs des lieux et pour se rapprocher de midi, ouverture du bar. Point de jus frais, la centrifugeuse est en panne. On choisit Thé froid et ouzo. La serveuse fait des chichis : je choisi le thé vert à la menthe, infusé à mon intention. Elle fait humer à Dominique un liquide parfumé au mastic – ce n’est pas de l’Ouzo mais cela y ressemble (mastiha comme en Bulgarie). Le thé arrive dans un  cortège d’ustensiles : un seau en cuivre pour les glaçons, une carafe de thé rafraîchi, un minuscule flacon de cristal contient du sirop de sucre, un bol élégant en verre, de la menthe fraîche. Il s’encastre dans une coupe en argent remplie de glace pilée destinée à refroidir. Des gaufres croustillantes accompagnent mon thé et des petits canapés au concombre-œuf mollet, la boisson anisée.

Cristaux et coupoles

Je m’inquiète un peu pour la carte de parking : à gratter comme un jeu comme à Chios. J’aimerais photographier le patio (je sais qu’il y a une piscine). On me ferme la porte au nez – Réservé aux clients de l’Hôtel ! Les consommateurs du bar son priés de s’y tenir. En plus de la terrasse, entre oliviers et basilic dans des poteries il y a un autre bar arrangé comme une bibliothèque où se trouvent de très beaux livres sur Mohamed Ali, la Turquie, l’Empire Ottoman…Nous avons raté de peu la retransmission d’Aïda au Met (3 juillet) dans ce cadre de parfaite harmonie.

Il fait vraiment très chaud. Nous avons prévu d’aller à la plage. De la vieille ville nous voyons une plage de sable blanc avec des parasols. L’idée de traverser la croisette sous le soleil brûlant ne m’enthousiasme pas.

Dernière curiosité de la Vieille Ville : l’aqueduc de Soliman (1520) haut de 24m sur les fondations d’un aqueduc romain. La ville est déjà ottomane depuis deux siècles et a besoin d’eau pour ses ablutions, ses mosquées, ses bains et pour la population.

Nous retournons chez « notre » épicier d’Amygdaleona pour une nouvelle tranche de feta,une seule tomate, du riz et du jambon. Ne pas perdre du temps à chercher d’hypothétiques supermarchés ! Le petit commerce est bien vivant, les épiciers très serviables. Toujours préférer le rayon « à la coupe » aux produits pré-emballés.

 

Kavala : visite en soirée

CARNET MACÉDONIEN

Kavala,

21h, la nuit tombe sur la vieille ville. Nous attendons assises sur le port depuis 19h que la citadelle s’allume. La colline est surmontée du Kastro avec son donjon rond et ses murailles à créneaux et à l’extrémité un fort au toit à double-pente, Citadelle de Soliman. L’autre monument remarquable est l’Imaret hospice pour indigents fondé par Mohamed Ali. Le long mur est surmonté de nombreuses coupoles de plomb, de minces cheminées, de tourelles rondes  ou effilées, pointues comme des crayons. On devine autour de la cour, des arcades, un gros cyprès masque le bâtiment principal surmonté d’une grande coupole. Accrochées au flanc de la colline dans le plus grand désordre, des maisons carrées à toit de tuiles à 4 pentes, ou maisons classiques à fronton et moulures, construire une mosaïque colorée. Les façades sont peintes de teintes vives, rouge, orange, jaune d’or et même vert. Quelques cyprès dépassent. Les masses vertes des autres arbres se mêlent à l’ensemble bigarré. La coupole grise posée sur le cube rouge de la mosquée se devine à peine. Vers la pointe qui s’avance dans la mer, une église grecque est bien visible dans la verdure. Au pied de la colline, des restaurants de poisson sont installés dans le vieux port. Quatre bateaux d’assez gros tonnage attendent dans le port de pêche. Le ferry pour Thassos est parti à 19h. Derrière nous,  le quai du port de plaisance est interdit à la circulation automobile. De beaux cafés ont installé tables et fauteuils au bord de l’eau sous d’immenses parasols carrés, mobilier cossu de vannerie grise ou brune, décoration fluo contemporaine. Nous n’avons pas envie de nous attabler. Trop clinquant. D’autant plus que nous n’aurions pas la vue sur la vieille ville. Les bateaux de plaisance sont de taille modeste, un seul yacht amarré. Ce n’est pas Ithaque ! Les plaisanciers ont peut être préféré Thassos ont on voit les côtes. Une foule arpente l’espace séparant les maisons des terrasses des cafés. Familles avec poussettes, bandes de jeunes filles ou de garçons, séparément. Des Roms sont accroupis sur une plate-bande. De temps en temps on entend leur accordéon qui entonne Kalinka et termine par les Amants de Saint Jean. Sous une tente, une foire aux livres propose des ouvrages pour la jeunesse. Plus loin, des auto-tamponneuses et des manèges d’une petite fête foraine.

Sur le front de mer, les immeubles blancs à balcons forment une croisette classique en pays méditerranéen, ils grimpent sur le flanc de la pente qui fait face à l’ancienne Kavala, formant une cité blanche compacte. La route de Thessalonique court très haut sur d’audacieuses piles de béton.

21h30 – les remparts s’illuminent, plus discrètement, l’Imaret. Les maisons tardent d’allumer les lumières des terrasses. La température est encore de 30° après la chaude journée on prfèrer la pénombre rafraîchissante.

Nous remontons par la route de Drama essayant de rejoindre le mirador de l’autre côté de la chaussée pour prendre une photo de nuit. La ville scintille. L’aqueduc Soliman Kamares est plus visible que de jour. La route de Drama file vers la Bulgarie. Le ciel est chargé de nuées déchirées par les éclairs de chaleur.

22h – village d’Amigdalona les magasins sont encore ouverts. J’achète des yaourts grecs pour un dîner léger : feta, olives, yaourt pêche, sur la terrasse. On tarde à rentrer. Le vent rafraîchit l’air. Il fait si bon dehors