WORDPRESS, Le Monde : Progrès???? J’aimerais retrouver la couleur!

Il me semble avoir échangé ma belle télé HD, couleur écran plat contre une version des année 60 en noir et blanc!

J’attendais avec impatience la nouvelle présentation du tableau de bord!
Plus synthétique, plus facile d’accès etc…. certes.

Mais dès que j’ai cliqué sur « Nouvel article » quelle fut et quelle est toujours ma déception!

Les boutons sont b,i link, béquote (non je n’embrasse pas!) del barré (non je ne rature pas) ins (????) img (plus compréhensible) ul???? ol????? li???? code (non j’écris en clair!) more (cela suffit n’en jetez plus la cour est pleine) dictionnaire et pour terminer le tout fermer les balises!quelles balises? Html non merci, depuis quelques années j’écris en clair directement sans m’embarrasser de ces balises préhistoriques.

Et je ne vous raconte pas la relecture de ce texte hérissé de < < strong, < em em qui m'em….

En revanche j'avais l'habitude de mettre des titres gais en rose, vert, orange selon le carnet ou mes humeurs, surtout de mettre en bleu les citations qui se détachaient de ma prose. Impossible j’ai perdu les couleurs!

Il y avait également un bouton avec une flèche retour qui permettait de récupérer mes erreurs : disparu!
Sans parler de l’insertion qui a changé!

Dang Thuy Tram – les Carnets Retrouvés (1968 -1970) ed Picquier

LIRE POUR LE VIETNAM

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1970, Whitehurst, chargé par l’armée américaine de trier les documents pris sur l’ennemi, s’apprêtait à brûler ces carnets. Son interprète vietnamien l’arrêta : « ne brûle pas celui-là, il y a déjà du feu là-dedans« . les carnets ne furent publiés à Hanoï qu’en 2006 et Thuy devint une véritable héroïne nationale.

Thuy n’a pas rédigé un ouvrage littéraire pour la postérité. Elle confiait ses pensées à son journal quand elle en avait le temps, pour méditer, dire ses joies et ses peines. Ce journal intime d’une jeune fille, d’une parfaite sincérité, d’une grande simplicité raconte la guerre, les deuils, les destructions que les Américains infligèrent aux combattants, certes, mais aussi à la population civile.

Le nom d’Anne Frank surgit naturellement. Thuy a presque le double de l’âge d’Anne, mais le ton adolescent des deux journaux intimes est semblable. L’exigence de sincérité, la recherche du bonheur en pleine tragédie aussi.

Cependant la ressemblance s’arrête là. Thuy est médecin, elle aspire à devenir un cadre du Parti communiste. Elle est partie volontairement dans le sud pour combattre l’envahisseur Américain. Son courage, son efficacité dans la direction d’un hôpital de campagne, l’enseignement qu’elle continue à dispenser au milieu de la guerre font d’elle une héroîne. Comment garde-t-elle un moment pour écrire?

« Oh Thuy, jeune fille pleine d’amour, tes yeux sont baignés de larmes que de trop nombreux chagrins y ont déposé. Oh, jeune fille souris d’un sourire éternellement présent sur tes lèvres et ne laisse pas deviner à personne que derrière ce sourire on peut percevoir un soupir. tu as vingt-cinq ans maintenant, sois ferme et réfléchie comme on le doit à cet âge! »

Seul son journal peut recevoir ses doutes. Elle se doit, pour ses patients, pour ses collègues, pour le Parti, d’être irréprochable, d’égale humeur. Celle qui console, soigne et apaise. Celle qui évacue les blessés, reconstruit l’hôpital bombardé, celle qui opère souvent sans anesthésiants, celle qui reconstruit et qui voit à nouveau l’hôpital détruit.

Elle écrit aussi ses amours. Son amour c’est M. qui s’est éloigné et qui répond si mal à ses attentes. L’aime-t-il encore? L’aime-t-elle encore? Elle vit une fraternité et une camaraderie amoureuse avec nombreux combattants qu’elle appelle « petits frères ». De la tendresse des petits frères, pudique, elle ne raconte que les « yeux qui pétillent » les cheveux de soie qu’elle caresse, des embrassades fraternelles. On n’en saura pas plus. Et pourtant:

« Chaque fois que nous nous disons au-revoir, je m’aperçois que je t’aime davantage. je te serre dans mes bras, je t’embrasse sur les yeux et je sens que rien ne pourra nous faire oublier les moments que nous partageons (….)Je suis ta grande sœur et je ne dis pas que je t’aime pls que Nghia, plus que Khiêm, mais je peux te dire que je t’aime d’un amour sans limite. »

je me suis un peu perdue dans ces camaraderies amoureuses, j’ai un peu confondu tous ces combattants exemplaires qui ont tous des yeux noirs et des cheveux de soie.

Thuy n’est pas centrée sur elle même. Elle raconte des histoires tristes de familles décimées, de mères qui cherchent leurs fils, de grands frères qui soutiennent de loin des orphelins. C’était cela le Vietnam des années de guerre. D’une guerre qui a duré plus d’une génération.

Suarès – Voyage du Condottière : une invitation au voyage

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J’ai voulu suivre le Condottière en Italie  et d’entrée, j’ai lu une des plus belles invitations au voyage que je recopie ici:

« Le voyageur est encore ce qui importe le plus dans un voyage. Quoi qu’on en pense, tant vaut l’homme, tant vaut l’objet. Car enfin qu’est-ce que l’objet sans l’homme? Voir n’est point commun. La vision est la conquête de la vie(…)Le monde est plein  d’aveugles aux yeux ouverts sur une taie; en tout spectacle, c’est leur cornée qu’ils contemplent, et leur taie grise qu’ils saisissent.

(…)

Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une oeuvre d’art : une création. De la plus humble à la plus haute, la création porte témoignage d’un créateur. Les pays ne sont que ce qu’il est. Il n’est de véritable connaissance que dans une oeuvre d’art. Toute l’histoire est sujette au doute(….)

Un homme voyage pour sentir et pour vivre. A mesure qu’il voit du pays c’est lui-même qui vaut la peine d’être vu. il se fait chaque jour plus riche de tout ce qu’il découvre. voilà pourquoi le voyage est si beau quand on l’a derrière soi : il n’est plus et l’on demeure! »

J’ai fait route avec Suarès et découvert une Italie étonnante, tellement littéraire (l’auteur lui suivait Stendhal) érudite, peuplée de personnages hors du commun Léonard à Milan, ou Dante, Monteverdi. Je ne suis pas encore arrivée en Toscane avec lui; La route va être longue, et merveilleuse….

Au hasard du surf…j’ai trouvé ceci

Bassani : Le Roman de Ferrare

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le Roman de Ferrare réunit 6 ouvrages:

  DANS LES MURS

LES LUNETTES D’OR

LE JARDIN DES FINZI-CONTINI

DERRIERE LA PORTE

  LE HERON

l’ODEUR DU FOIN

dans un gros QUARTO GALLIMARD qui réunit également une préface de PP Pasolini, des entretiens EN REPONSE, « CENT ANS D’HISTOIRE DE FERRARE, et une biographie de Bassani.

Prise come un tout, l’oeuvre de Bassani est mise en perspective.

Il ne m’est pas indifférent que le tableau illustrant la couverture représente un cycliste : la bicyclette est un personnage à part entière à Ferrare. Croyant à ue alternative écologique à la voiture en ville, j’ai aimé cette circulation silencieuse sans me doute que les Ferrarais n’ont pas abandonnée cette habitude  ancienne.

Le premier recueil  DANS LES MURS convie à une promenade lente, dans les rues de la ville à la rencontre de personnages modestes comme Lida Mantovani ou de notables, le médecin Elias Corcos, la militante Clelia Trotti….le rescapé des camps qui découvre son nom sur la plaque commémorative via Mazzini…Il nous introduit dans la vie provinciale, la communauté juive. Avec lui nous prêtons attention à des lieux secrets de Ferrare.

Aurais-je dû lire ces histoires avant le départ? Ou est-ce que je les goûte mieux en ayant parcouru la ville?

Si j’avais lu Bassani, j’aurais cherché sa tombe au cimetière israélite, je n’aurais pas été étonnée des jardins  entre les cimetières et les remparts. J’aurai sans doute cherché la belle propriété des Finzi-Contini. Et la découverte de Ferrare aurait tourné au pèlerinage…

Si Bassani est l’auteur de Ferrare, sa description n’est pas tant géographique : il fait vivre une époque entre fascisme et normalisation de la  vie après la seconde guerre mondiale. Sans complaisance : la communauté juive qui a subi les lois raciales de 1938 – période du Jardin des Finzi-Contini – s’était bien compromise avec le fascisme. a part la figure admirable de Clelia Trotti, les opposants à Mussolini n’étaient pas majoritaires à Ferrare dans l’avant-guerre. Les lois raciales ont mis le feu aux poudres.

 

 

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 Les Lunettes d’Or raconte la fin d’un notable, un médecin à la mode, homosexuel. Instinctivement je fais un parallèle entre l’exclusion raciale des juifs et sexuelle. Tant que le notable ne s’affichait pas, on faisait faisait mine de ne rien savoir….L’autteur s’échappe des murs de la ville. Nous prenons le train des étudiants pour Bologne, passons la belle saison à la plage à Cesenatico.

Le héron, enfin se déroule dans le delta du Pô, près de Codigoro. Roman délicat, d’une grande amertume. La guerre finie, les propriétaires terriens dans les terres bonifiées du Delta rencontrent l’opposition des communistes. Le narrateur  trouvera de fait une complicité avec un aubergiste, ancien fasciste. Désenchantement?

Bassani est un grand auteur : il recrée un monde, une société avec ses caractères mais aussi ses compromissions, son décor…L’analyse est toute en finesse et en filigrane. Peu nou pas de jugements de valeur.

 

 

Histoire de l’Italie – Catherine Brice – Tempus

LIRE POUR VOYAGER/VOYAGER POUR LIRE

un gros livre de poche  à emporter dans sa valise

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Garibaldi, Parme

Plus de 2000 ans d’histoire, de l’Empire Romain à aujourd’hui. L’Italie a une histoire complexe qu’on n’imagine pas arrivant  de France, unifiée depuis Louis XI (ou presque)…

L’Unité Italienne fête cette année ces 150 ans et nous avons eu le plaisir de partager ces commémorations à Bologne ou à Ravenne.

Notre itinéraire: Bologne-Ravenne- Ferrare- Parme se limite à une seule province : L’Emilie-Romagne. Je ne pouvais imaginer une telle diversité historique entre Ravenne, la romaine ou la byzantine, Ferrare, médiévale et Renaissance, Parme des Lumières, Napoléon puis Restauration, Bologne….

Ce livre m’a donc aidée à m’y retrouver, aussi bien dans l’évolution sociale, économique que dans les alliances politiques, entre les villes mais aussi les puissances européennes. Papauté Espagne, Autriche, France…toute l’Europe a guerroyé en Italie. Marignan 1515 n »est elle pas la date que tous les écoliers ont retenue, comme un numéro de téléphone!

Plus anecdotique, j’ai pu mettre un personnage sur les noms récurrents de Garibaldi, Cavour, Mazzini, Farini ou d’Azeglio, qui personnifient les rues des villes, tous acteurs de l’Unité Italienne. Et pour un voyageur, la logique de la toponymie est parfois d’une grande aide pratique!

L’Etrangère film de Feo Aladag

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Dès les premières images, on devine la tragédie.

Umay quitte son mari violent et la Turquie pour retourner chez ses parents en Allemagne. Après les retrouvailles le drame se noue. Umay n’aurait pas dû emmener avec elle son fils Cem, maltraité par son père. Elle a enfreint les traditions et mérite d’être punie.

Elle doit fuir à nouveau, se trouver encore plus étrangère.

Etrangère à sa famille, à sa communauté qu’elle cherche toujours à retrouver. Etrangère en Allemagne ? Pas tant que cela, elle a un travail, étudie,  trouve un ami doux et gentil. Elle cherche son bonheur et son bon droit d’être mère, heureuse, autonome. Mais elle veut l’être au sein de sa famille.

Le film est loin d’être manichéiste. Bien sûr on  prend parti pour Umay, femme battue, fugitive. La réalisatrice a aussi de l’empathie pour les parents et les frères et la soeur de la jeune femme. La mère est partagée. On sent le père débordant d’amour et de fierté pour sa grande fille. Si elle avait pu être un garçon! » son plus grand échec« , lui dit-il. Le petit frère, sensible et aimant se laissera quand même entraîner dans ce crime d’honneur. La loi de la tradition est plus forte que l’affection.

Et le dénouement pire encore que ce qu’on imaginait…

 

Vincere film de Bellochio

Toiles Nomades

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A lire le résumé de Vincere je n’aurais pas  choisi ce film. La maitresse de Mussolini, Ida Dalser, film people? L’Histoire par le petit bout de la lorgnette???
D’entrée de jeu, je suis fascinée par l’esthétique des images. Bellocchio est un maître, il intercale des images d’archives, construit ses plans comme des tableaux d’époque. Allusion au futurisme qui a inspiré Mussolini,jeux d’ombres et de lumière. Cinéma dans le cinéma. De nombreuses séquences se déroulent au cinéma. C’est en regardant les actualités que l’on voit l’histoire se dérouler. Citations: The Kid émeut la mère qui ne voit plus son enfant. On croit aussi reconnaitre Potemkine. Impressionnante projection d’une Passion  sur le plafond d’un hôpital de campagne installé dans une église où la femme légitime de Mussolini soutient son mari blessé, Piéta?
L’aspect politique du film est aussi intéressant: on assiste au tournant de l’histoire, quand Mussolini, socialiste ardent, anticlérical, pacifiste, quitte l’Avanti pour fonder le journal nationaliste et s’engage dans la guerre de 14. Omniprésence des religieuses dans le film pendant la période fasciste quand le Duce renie son anticléricalisme pour s’appuyer sur le Vatican et l’Eglise.
Beaucoup de lyrisme, trop théâtral? Peut-être pas en regard des mimiques du Duce dans ses discours filmés

Bologne : Piazza Maggiore

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palazzo d’Accursio

Premier objectif : la Piazza Maggiore

Facile, la Strada Maggiore y conduit.

Débarrassées de nos valises nous pouvons admirer les chapiteaux des arcades, tous différents, nous glisser sous des porches, découvrir des courettes ou de vastes passages protégés par les cancelli de fer forgé. La colonnade devient plus aérée, les colonnes plus fines divisées en deux avec une impression de légèreté,  le long de l’immense église de Santa Maria dei Servi .Sur les murs extérieurs, des lunettes peintes mais très noircies m’intriguent. Le parvis est une jolie place carrée toute simple entourée de cette colonnade.

Deux tours Garisenda (47m) et Asinelli (97m)  datent de l’époque des guerres entre Guelfes et Gibelins. Tours de prestiges comme nous en avons vues à San Gimigiano en Toscane. Mais elles semblent différentes dans une grande ville !

 Le palais gothique de la Mercanzia est à angle aigu sur une placette. C’était la maison des marchands. Mélange de brique rouge et de marbre blanc. Les fenêtres gothiques soulignées de blanc et le balcon à balcaquin sont très élégants.

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Mercanzia vue de la tour

Par la Via Caprarie puis Grafici, on débouche sur la Piazza Maggiore. Pas de chance, la Basilica San Petronio est en restauration sous des bâches. En face le Palazzo del Podesta surmonté dune tour carrée semble au milieu de la place. C’est derrière qu’est caché lOffice de Tourisme. Le Palazzo dAccursio siège de lHôtel de Ville est monumental, en face les Palis des Notaires et des Changeurs ont de belles façades régulières.

Nous trouvons une table libre à la terrasse d’ café au coin de S. Petronio et je fais tranquillement le tour de la place. Mon attention est attirée par des détails annexes 2011 célèbre les 150 ans de l’Unité italienne: une petite exposition sur le thème du Risorgimento dans les livres d’enfants. Je trouve une plaque, monument aux morts à Corfou et Céphalonie.

La Fontaine de Neptune de Giambologna curieusement représente le Pape, en Neptune, dominant les eaux, 4 angelots figurent les 4 grands fleuves alors connus : le Gange, le Nil, l’Amazone et le Danube. Des tétons de la poitrine des femmes jaillissent 4 jets d’eau.

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Neptune

Les boutiques sous les arcades sont très attirantes. L’extérieur un peu vieillot de « Veronesi e Fratelli » me plait. Les articles en vitrine sont à la pointe de la modernité : chaussures de luxe, très belles et faciles à porter, blouses et robes merveilleuses mais inabordables. On vend des gants de peau de toute taille et couleurs. Continuant les arcades j’arrive au Palazzo dell’Archigimnasio, siège de l’Université jusqu’en 1863. La cour est décorée à l’excès de sculptures blasons, fresques, entassés qui se chevauchent. Cette surabondance éclectique m’étourdit.

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Palazzo dell’Archigimnasio

Nous faisons un détour pour voir la façade de la maison de Farinelli, façade jaune très simple dans une rue voisine.

L’immense basilique S. Petronio est une église gigantesque, rouge et blanche à l’intérieur, brique et marbre. Au sol, le cadran solaire de Cassini , protégé par une plaque de verre mesure 67 m. Comment fonctionne un cadran solaire à l’intérieur d’un bâtiment ? Ce n’est pas la seule attraction astronomique : dans une chapelle se trouve un pendule de Foucault  qui me rappelle le roman d’Umberto Eco lu autrefois qui m’a laissé un  souvenir embrouillé.

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Charles Quint fut sacré dans cette église par le Pape.

Chaque chapelle possède un décor différent, explications en italien, boîte à sous 0.20€ pour l’éclairage. Négligeant une Pieta et Saint Jérôme signalés par le G. du Routard, je m’attarde à la Chapelle des Bolognini décrite par un audiovisuel en français (1€) à  ne pas négliger. Cette chapelle est une merveille : la fresque du Jugement dernier est très belle œuvre de Giovanni da Modena 15ème siècle. Comme d’habitude le Paradis est moins drôle que l’Enfer. Les saints sont alignés sagement. Sous le Christ ans une mandorle, Lucifer, énorme et poilu ressemblant à un ours noir avale les pêcheurs de ses deux bouches (la 2ème pelvienne, le Diable ne peut pas se reproduire et n’a pas de sexe). En face le mur est dédié aux Rois Mages qui à la fin repartent curieusement en bateau. Toute admirative des fresques j’avais oublié le polyptique et les beaux vitraux.

Quittant la Piazza Maggiore par une arche sous le Palais des Changeurs nous empruntons la Via Clavature très animée avec ses tables de restaurants et retrouvons la place de la Mercanzia à l’angle des via Castiglione et Santo Stefano

Bologne :San Giacomo Maggiore et Oratoire sainte Cécile

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Le campanile de S.Giaccomo Maggiore vu du patio du Conservatoire de musique

Il suffit de changer de trottoir sur la Strada Maggiore pour faire des découvertes : le Supermarché est logé dans un palais tout orné. Les chapiteaux des arcades sont tous différents. La place devant S.Maria dei Servi est entourée de portiques. On ne voit pas tout du premier coup d’œil !

Une rue courbe bordée de baraques de bois peint en vert nous avait intriguées :un joli marché, s’y tient un peu luxueux, fruits et légumes, fromages et spécialités locales. De là nous remontons la St. San Vitale en direction des deux tours quand la musique nous fait lever la tête. Quelque part, quelqu’un fait des gammes au piano. Piazza Rossini, se trouve le Conservatoire de Musique. Un jeune homme roule une contrebasse, de toutes les fenêtres s’échappe de la musique. Au dessus des toits le clocher de San Giacomo maggiore dont la façade est cachée par des bâches. L’entrée se trouve via Zamboni.

San Giacomo Maggiore est encore une église géante avec une trentaine de chapelles toutes très ornées et souvent très baroques. Une chapelle peinte à fresques retiendra notre attention ; la chapelle Bentevoglio aux fresques de Lorenzo Costa (1490). le mur est partagé en deux le Triomphe de la Mort fait face au Triomphe de la Fama. Ces deux triomphes se déroulent dans un paysage de collines escarpées, la foule descendant d’un chemin qui serpente. Dans les deux tableaux le peintre a mis une sorte de bulle ronde (un globe ?) portant des personnages étranges flottant dans le ciel. Dans les deux il a peint au premier plan des bêtes fantastiques : un éléphant et des buffles. La Mort est juchée sur un rocher tandis que la Renommée est assise sur une charrette tirée par l’éléphant. La Mort brandit sa faux, la Renommée souffle dans une trompette. Un personnage barbu habillé de bleu avec un manteau orange fait face au spectateur dans le coin gauche. Je retrouve symétriquement de dos dans le coin droit. Etrange symétrie des deux triomphes !

Nous avons cherché (et trouvé) le San Rocco de Carrache, un peu sombre, (mais c’est notre faute nous avons radiné sur l’éclairage).

Oratoire sainte Cecile

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Rue Zamboni, juste au bout de S Giaccomo, nous entrons dans un cloître très calme baigné de la musique du Conservatoire. Les musiciens s’exercent, un contre-basson pétarade. Les cloches sonnent à toute volée dix heures. Le moine Giovanni Bono avec son doigt sur la bouche semble appeler au calme. L’oratoire est une chapelle rectangulaire. Les fresques ont été réalisées par trois peintres fameux Francesco Francia, Lorenzo Costa et Amico Aspertini en 1506. Elles racontent la vie de Cécile mariée contre son gré à un jeune homme païen, Valeriano à qui elle révèle qu’elle a fait vœu de chasteté pour se vouer au Christ. Valeriano se convertit au christianisme ainsi que son frère Tiburzio. Ces deux derniers furent condamnés et décapités. Sur le mur d’en face, on voit Cécile donner une sépulture aux martyrs. La suite du martyr de Cécile est plus embrouillée. On n’apprend pas non plus pourquoi Cécile est la patronne des musiciens.