Richard III – Looking for Richard – Al Pacino (DVD)

CHALLENGE SHAKESPEARE

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Al Pacino filme sa quête à grands pas pressés dans les rues de New York.

Que  cherche-t-il au juste? le Roi Richard III, héros de la pièce de Shakespeare qu’il est en train de monter?

Pas sûr!

Au début, il interroge les passants. Cherche-t-il un public?  Peut-on encore monter Shakespeare à New York? Les réponses des inconnus qu’il aborde font parfois douter… puis, un homme édenté, à l’allure de clochard s’emporte, les yeux brillants, pour lui Shakespeare est essentiel, un autre le compare à la Bible! tandis que la plupart des jeunes le trouvent ringard.

Peut-on jouer Shakespeare quand on est américain? Ce n’est pas l’accent qui importe: les acteurs sont des pros et soignent leur diction (démonstration des iambes pentamétriques ta-ta-ta-ta-ta ). C’est plutôt une question de culture, un complexe d’infériorité par rapport aux Anglais: Al Pacino s’envole donc pour Londres, un théâtre du Globe au milieu du chantier des bords de la Tamise (le film date de 1996). L’acteur déclame au centre précis de la scène, entre grues et buildings. Interviews des grands shakespeariens que sont John Guielgud ou Kenneth Brannagh. Visite de la maison du dramaturge, on sent les acteurs presque intimidés.

Ayant trouvé William, il faut décortiquer Richard III, peut être moins le personnage (joué par Al Pacino qui est aussi réalisateur) que la pièce. Répétitions dans un cloître pour la mort d’Edouard, répétitions en costumes ou débats autour d’une table. Le rythme du film est endiablé. Jamais il ne cède à la facilité d’une scène de théâtre filmé. La reine Margaret est une véritable sorcière. Al pacino apparait tantôt en costume de scène claudiquant (mais dans la rue) tantôt coiffé d’une casquette à l’envers (mais récitant des vers) .

Analyse de texte, oui mais infernale. Ce n’est pas un cours en amphi, c’est une poursuite haletante qui se termine en extérieur dans une bataille de Bosworth en armures dans des prairies qui pourraient être écossaises

Mon royaume pour un cheval!

Un film éblouissant à voir et à revoir en DVD pour saisir les facettes de la pièce

Richard III – Retour au texte

CHALLENGE SHAKESPEARE

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J’ai abordé Richard III par la mise en scène contemporaine de David Gauchard. Esthétiquement très réussi, mais fidèle à Shakespeare?

Une pièce historique

J’ai donc emprunté le texte, et l’ai lu d’une lecture laborieuse et lente – ce qui n’est pas si mal parce qu’une lente imprégnation me familiarise avec l’oeuvre.

Ignorante en histoire anglaise j’ai donc découvert la fin de la Guerre des Roses, (1483) York et Lancastre dont le souvenir devait être encore vif, cent dix ans plus tard, (1593) quand Shakespeare a écrit son Richard III. Le spectateur élizabethain se  repérait dans les Edouard, les Henry et les différents York, les allusions historiques, les anecdotes suggérées devaient être plus savoureuses, on devait sourire par avance aux mots à double sens (heureusement les notes du traducteur les signalent, ne pas les négliger).

Une foule de personnages

David Gauchard avait pris le parti de centrer la mise en scène sur le personnage de Richard et de laisser en filigrane les silhouettes des protagonistes. Le texte donne une vraie dimension à Clarence, frère de Richard, et frère du roi, la première victime  de ses machinations. Il fait discourir les assassins, le peuple de Londres, les hommes d’église…Loin de l’épure contemporaine, tout un monde apparaît.

Les personnages féminins sont aussi une découverte , non pas éffacées, au contraire des intrigantes, des femmes fortes, point de mièvreries, le verbe haut, promptes à la malédiction, politiques aussi. Lady Ann cède à Gloucester, certes, faiblesse ou calcul? Certaines répliques sont dignes d’un sort jeté par une sorcière avec crapauds et venin, la vieille reine apparaît comme une prophétesse. Sorcières comme dans Macbeth? En tout cas, les rêves prémonitoires, les fantômes complètent ces visions.

Les enfants d’Edouard, les enfants de la Tour

Aux touristes qui visitent la Tour de Londres, on  parle des enfants d’Edouard. Lors de ma dernière visite, impressionnée par toute la richesse du site je ne leur avais prêté qu’une attention distraite. Maintenant me revient le souvenir des lieu, des corbeaux bien sûr, mais des bourreaux!

Richesse et complexité de Shakespeare

A chaque lecture je mémerveille des trouvailles langagières, de l’humour, de la complexité du texte, du génie de Will…

Comment monter ces pièces géantes? Comment  les rendre accessibles cinq siècles plus tard à un public qui ne sait plus rien de York et de Lancastre? Autant de mises en scène possibles? Pourquoi chercher alors la fidélité à Shakespeare? Puiser dans la richesse proposer et monter sa propre vision, est-ce trahir?

Marchand de Venise – film de Michael Radford , Al Pacino (DVD)

CHALLENGE SHAKESPEARE

Ce n’est pas du théâtre : c’est du cinéma!

Film très vénitien, jouant merveilleusement bien du décor naturel de Venise, recréant  aussi des peintures vénitiennes dans les intérieurs, plaisir des yeux.p2094990024119.1296114316.jpg

Al Pacino est Shylock, très convainquant, poignant même. Sa présence sauve l’oeuvre d’accusation d’antisémitisme. Mention spéciale à Portia, Lynn Collins, blonde vénitienne, belle et astucieuse à souhait.

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Toutefois,  si l’adaptation est fidèle dans l’ensemble, je n’ai pas retrouvé la verve de Shakespeare dans certaines scènes mineures comme le dialogue entre Bassanio et Antonio qui m’avait étonné. Le caractère de Lancelot est effacé. La richesse de Shakespeare est aussi sa capacité à changer de registre de langage, à faire côtoyer gens du peuple, serviteurs et nobles seigneurs.

Richard III – d’après Shakespeare mise en scène David Gauchard – l’Unijambiste

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Mise en scène en noir et blanc pour un Richard d’une noirceur absolue.

Mise en scène violente, de bruit et de fureur, pour représenter le Chaos que Richard provoque, le meutre.

Seul Richard occupe le devant de la scène, Richard le contrefait, le manipulateur, tantôt séducteur, tantôt menaçant.

Richard démultiplié, Vincent Mourlon, Arm et Olivier Mellano, 3 personnages incarnent le duc de Gloster : l’acteur qui enjôle et éructe, le guitariste et le rappeur qui scande des paroles maléfiques.

les autres personnages apparaissent en négatif, sur un écran noir, silhouettes blanches, personnages stylisés, détourés.

Le décor est minimaliste : cet écran où sont parfois projetés les textes, les silhouettes et qui s’illuminent de flashs difficilement supportables par le spectateur, un trône (ressemblant à une chaise d’arbitre de tennis), deux podiums occupés par les musiciens. la musique est lançinante. On ne sort pas indemne de cette plongée de cette évocation infernale.

la traduction de Markowitz est hallucinée,d’une puissance qui entre en résonnance avec le rap. D’ailleurs que rappe-t-il? Shakespeare ou des incantations personnelles, on ne sait plus bien.

Mon royaume pour un cheval!

Richard III meurt dans la fureur du combat

Liban : Beaufort – Ron Leshem -une lecture antimilitariste?


Sortie sonnée de la séance du film Incendies,attristée par la lecture des actualités au Liban,  je suis retournée à mes anciens  billets écrit pour voix-nomades le 01 Juin 2009

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Je n’ai pas vu le film, la violence et la guerre au cinéma m’agressent.

Beaufort évoquait un château des Croisés, comme ceux que nous avions vus à Rhodes, l’an passé.

Je savais quand même que Beaufort était au Sud-Liban.

Souvenirs anciens d’une autre guerre :  je montais au château de Yekhiam quand l’alerte était donnée. Plutôt que de m’enfermer dans l‘abri,  j’ai peint des aquarelles sous le vrombissement des avions de chasse.

La première partie du livre « Il ne pourra plus… » m’a étonnée, choquée, comme si j’avais reçu un coup par surprise. Ce n’était pas l’état d’esprit de Tsahal que j’ai pu connaître même aux heures noiresde la guerre de Kippour. Jamais je n’avais pu imaginer que les soldats seraient devenus des fauves de guerre. Naïve que je suis ! Je n’aime pas spécialement les récits de guerre et le livre a failli me tomber des mains après une cinquantaine de pages. Héros et héroïsme, fraternité machiste, humour bidasse, m’insupportent. Ce « cacou d’Afula » dressant sa section à devenir des combattants disciplinés et aguerris ne m’était nullement  sympathique.


La seconde partie : « Retour au Front » prend une autre tournure. En 2000 après 18 ans d’occupation, la question du retrait du Liban fait son chemin dans le public israélien. Les soldats de la section d’Ezer subissent des pertes que l’auteur ne minimise pas. Avançant dans le récit on se rend compte qu’ils sont morts pour rien. Est-ce ma lecture qui est antimilitariste ? Ou est-ce l’intention de l’auteur ? Au fil des pages, la lecture au second degré se précise. L’horreur de la guerre. Et surtout le gâchis. La fin de Beaufort est une déroute….

« my country? right or wrong,..” au Liban, n’a aucun sens.Cette lecture me conforte dans le sentiment de révolte devant mon poste de télévision quand l’expédition au Liban de 2006, nous avait surprises au Vietnam. Images prémonitoires des terribles images de Gaza.

Je m’étais toujours étonnée de l’absence de la guerre dans les romans israéliens que j’avais lus.

Ron LESHEM : BEAUFORT roman Seuil 342p

lire pour l’Egypte- Paula Jacques : Rachel-Rose et l’officier arabe – Gilda Stambouli souffre et se plaint

 Romans d’une Egypte disparue qui a bercé les récits de mon enfance, dont on retrouve les traces dans l’architecture du Caire, histoire vieille de moins de 50 ans qui reste encore dans les mémoires

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Rachel-Rose et l’officier arabe

Le Caire, 1956, fin d’une époque pour la communauté juive égyptienne. La famille Cohen, de nationalité égyptienne, exploitant un prospère magasin de meuble, ne peut se résoudre à l’exil, inévitable, mais sans cesse différé.

L’officier arabe, venu notifier l’ordre du commissariat au père de Rachel-Rose qui n’est pas venu à la précédente convocation, connaît très bien la maison. C’est le fils de la bonne qui logeait sur la terrasse décédée il y a longtemps. Mais personne ne le reconnaît.

Ce roman est-il le roman d’amour entre une jeune fille impatiente de devenir femme qui tombera amoureuse de celui qui persécute et protège sa famille ? N’est il pas plutôt le roman implacable d’une vengeance de celui qui a été humilié et qui détient maintenant le pouvoir de tenir à sa merci les responsables de son humiliation.

C’est un livre amer. Seule la vieille Nonna manifeste son sens de l’humour. J’avais pourtant beaucoup ri dans les autres ouvrages de Paula Jacques malgré le tragique du thème de l’exil toujours présent dans ses romans

Paula JACQUES : Rachel-Rose et l’officier arabe Mercure de France 414p

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Gilda Stambouli souffre et se plaint

Après Suez, les réfugies juifs d’Egypte vivent dans les hôtels du Faubourg Montmartre aux crochets d’organisations de bienveillance juives. Gilda Stambouli a laissé sa fille en Israël dans un kibboutz. Je me sens très proche des héros de l’histoire. Contrairement aux romans qui se passent en Egypte, pas d’humour, peu d’occasion de rire. L’atmosphère est pesante, Gilda est assez antipathique, hystérique, égoïste, mais pourtant très touchante. Le personnage de sa fille se sentant complètement abandonnée et refusant de s’acclimater en Israël est tragique.

Comme souvent dans les romans de Paula Jacques, cela finit très mal.

 

lire pour l’Egypte : Paula Jacques – Les femmes avec leur amour – Déborah et les anges dissipés

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Les femmes  avec leur amour

Octobre et Novembre 1956 au Caire dans une famille juive.Roman à deux voix, une très jeune fille  découvre sa féminité, et sa bonne arabe qui raconte sa dure vie,  son excision, la misère d’un village, puis sa vie au Caire. La guerre éclate. Les Juifs vont quitter l’Egypte.

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Déborah et les anges dissipés

Je n’ai pas retrouvé la touche intimiste du livre précédent.  C’est plutôt la verve des Valeureux de Cohen, avec moins de  noblesse et de style peut être, mais le même parler oriental, la naïveté, les débordements, les combines des Bénéfactors de la Cara, une œuvre de bienfaisance dont les fonds sont allègrement dilapidés. L’action se situe en avril, mai 1948, avec la visite de la mécène américaine d’une institution pour orphelines qui n’a jamais existé. Les aigrefins, pour leurrer la visiteuse décident de maquiller un bordel pour donner le change. On est en pleine loufoquerie ! En toile de fond, le vieux quartier juif du Caire où sévissent la misère et le choléra, les Bénéfactors s’enrichissent grâce aux subsides américains et laissent les juifs pauvres croupir dans la pauvreté prétextant des hôpitaux misérables, des cantines et des loteries truquées. La tragi-comédie bascule avec l’approche de la déclaration d’Indépendance d’Israël. L’Américaine démasque les escrocs mais le scandale est bien vite effacé devant la rafle des juifs quand éclate la guerre d’Indépendance. La fin du livre change complètement de registre, c’est très touchant et bien triste.

lire pour l’Egypte : Le Quatuor d’Alexandrie Lawrence DURRELL

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 Adolescente, j’ai lu ces livres avec beaucoup de plaisir.   Ma mémoire,  encore une fois, m’a trahi. Peut-être, est-ce  ma façon de dévorer les romans en une lecture superficielle?  Il ne m’en restait qu’un vague souvenir d’intrigues amoureuses dans une ville cosmopolite.  J’ai donc relu Justine comme si c’était la première lecture.

Société cosmopolite où le Français, le Grec étaient les moyens d’expression dominante. Quand un personnage parle arabe, Durrell le  précise comme si cela n’allait pas de soi.L’ombre de Cavafy plane sur tout le roman, ses poèmes en filigrane – Durrell écrit son roman dans une île des Cyclades – Le lecteur est plongé dans une ambiance plus grecque qu’arabe. Tout élément musulman est réduit à sa plus simple expression. Le roman se déroule dans un milieu où Anglais, Coptes, Français se côtoient sans rencontrer de musulmans autres que domestiques, commerçants ou passants anonymes dans les rues

 

Le premier livre, Justine, n’est finalement qu’une introduction au reste du Quatuor. L’intrigue amoureuse présente les personnages sous leur jour le moins intéressant,. Tout tourne autour de la nymphomanie, ou de l’hystérie de Justine, approche psychanalytique, roman érotique dans la lignée des Sexus, Nexus de Miller, je n’accroche plus tellement.

 En revanche la suite est passionnante. Balthazar montre les personnages dans leur complexité. Ce second ouvrage remet en cause toute l’intrigue du premier, déconstruction de la « vérité » établie dans Justine. Certains personnages secondaires prennent de l’ampleur, la description de la société alexandrine devient  plus attachante.

Dans Mountolive, le diplomate,  la perspective historique ou politique se découvre. encore différent, vue des services diplomatiques de l’Empire. On sort beaucoup d’Alexandrie,  on découvre la campagne du Delta et la vie rurale, on se balade au Caire. L’intrigue autour d’un complot pro-sioniste de la part des coptes n’est pas très convaincante  mais elle étoffe les relations entre Justine et son mari Nessim qui n’étaient pas trop crédibles.

Tout le long de cet énorme ouvrage, la réflexion sur le rapport de l’écrivain à l’écriture ,à la vérité, est de plus en plus intéressante. Les références à l’Antiquité grecque, aux débuts du Christianisme, à toutes les spéculations ésotériques, donnent encore de l’épaisseur à l’ouvrage.

Alexandrie que j’ai visitée n’est plus celle de Durrell. J’avais imaginé m’asseoir sur la corniche, non loin du Cecil, devant un ouzo ou siroter un café turc (ou grec!). L’ouzo est bien banni, un pastis clandestin au Sofitel, peut être?Plus rien de grec dans les cafés, j’ai pourtant bien cherché. Une vieille inscription peinte sur un mur en grec m’a révélé l’emplacement d’un cinéma… le « kalimera » des étudiants nous saluant au passage. Une vendeuse dans un petit bazar vers Qaitbay m’a vendu une bouteille d’eau en italien, contente d’utiliser cette langue qu’elle maniait avec fluidité. Alexandrie la cosmopolite n’est plus! Les touristes viennent plutôt du Liban ou des émirats. Reste la nostalgie de ce monde disparu.

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

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Joli objet que j’ai convoité plusieurs semaines,la collection ACTES SUD est toujours séduisante!

Et quel titre! Une citation de Kipling mais aussi sorte de refrain qui revient au cours de la narration:

 

« je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l’amour ; au vide, ils répondent en construisant des chateaux et des temples. Ils s’accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards ; chacunfait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois d’éléphants et d’êtres merveilleux…. »

Certes, l’argument est mince et court le récit.

Du 17 avril à la saint Jean 1506, quelques semaines, Michel-Ange, à la demande du sultan Bajazet se rend à Constantinople pour jeter un  pont sur la Corne d’Or. L’épisode est véridique, comme l’est aussi son  projet et celui de Leonard de Vinci qui a été refusé par le Sultan. Mathias Enard nous livre donc un roman  poétique très bien documenté.

C’est un roman d’amour aussi, des amours troubles et inachevées, passion du poète pour Michel-Ange sans retour. Trouble de Michel-Ange pour l’androgyne chanteur ou chanteuse andalous(e), amour inabouti. Sensualité, ivresse, désirs non-dits.

L’artiste visite Constantinople, Sainte Sophie l’impressionne, il  relève les plans de la coupole dont il s’inspirera pour Saint Pierre de Rome. Aux parfums byzantins de la Ville, se mêlent ceux de Grenade, tombée il y a peu.

Intrigues, menaces sourdes. Est-ce le pape Jules II qui a armé le bras qui menace le sculpteur? ou est-ce la jalousie? Le Sultan honorera-t-il ses promesses : il a attiré l’artiste en faisant miroiter une fortune et voilà qu’il cède un village perdu en Bosnie comme tout salaire des plans et des maquettes que Michel-ange lui a présentés:

« Turcs ou romains, les puissants nous avilissent »

Plus que de batailles, et d’éléphants, le roman chante l’ivresse, la poésie, l’amour mais aussi les manipulations des princes.

« Frôlement historique », annonce le 4ème de couverture, j’aurais aimé toutefois que Mathias Enard approfondisse plus son sujet, donne plus à voir d’Istanbul, sentir les épices.