Siwa: Notre hôtel : Shali Resort

EGYPTE 2010 OASIS ET DESERT BLANC

Shali Resort

 

Le Resort est composé de bungalows ressemblant aux  maisons oasiennes de terre, répartis le long d’une sorte de canal. Très classe, volontairement sobre, jamais banal.

Dans la chambre, la peinture beige imite l’adobe, une frise de triangles blancs court à mi-hauteur. Pas de mobilier en dehors des lits: des niches aux formes fantaisistes. Au choix : ventilo ou clim. L’appareil disgracieux de la climatisation est  camouflé par une cagette en côtes de palmier. De beaux kilims sont jetés sur le dallage.

La salle de bain est éclairée par des  grappes de raisin de verre coloré. Sur la pierre, une vasque très haute tient lieu de lavabo, une coupelle en albâtre pour le savon, le verre à dent est aussi en albâtre.

La porte est sculptée d’une tête d oiseau stylisée, patinée de vert. Dans une grosse jarre, trois yuccas, de l’autre côté, une table  et des fauteuils en palmier. Les bungalows sont séparés par des jardinets avec des jeunes palmiers et des arbustes aux fleurs jaunes et aux feuilles ressemblant à celles des acacias ou des sensitives.

Le dîner est servi dans un  pavillon rond au bout de la rivière. Sur le buffet, entrées d’aubergines, salades de haricots, carottes tomates, poulet grillé accompagné de riz, pâtes, pommes de terre, et un gâteau délicieux.

Après le dîner nous tardons à rentrer dans la féérie de l’eau et des lumières. La montagne est illuminée, les loupiotes en vannerie ressemblent à des champignons se reflètent dans l’eau. La lune est entourée d’un large halo.

Siwa, le matin

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Calme de l’oasis et silence : les volets de bois ne laissent rien filtrer. Quelle heure peut-il être ? Les oiseaux ne se décident pas à chanter. 6h30, le jour pointe à peine. Avec 600km à l’Ouest du Caire, le soleil retarde d’une bonne demi-heure.

Une haie nous sépare du désert de sable beige, désert tel qu’on le rêve.

Lever du soleil de la terrasse.

Sous les palmiers, les petits jardins carrés sont peu entretenus. La montagne montre ses couches multicolores, bancs durs rosés, marnes blanches parfois veinées de vert ou soulignées de marron. Les éboulis sont beiges, je compte 5 marches quand je dessine le panorama, deux collines pointues, la dernière ressemble à un chicot avec un chaos de boules roses autour de sa base. Le tout est posé sur un plateau clair, niveau dur qui se retrouve dans tout l’ensemble. Dessous, une pente douce et sableuse, beige. Puis la palmeraie vert foncé. De grands arbres dépassent, peut être des eucalyptus. Non loin le grand bâtiment de ciment de l’usine d’embouteillage de Siwa – eau minérale vendue dans toute Égypte. Je dessine comme autrefois sur mes carnets de terrain de géologue.

Nous sortons manger le petit déjeuner : fromages, tomates concombre délicieuse tehina.

Le village de Shali a moins de charme le jour que de nuit. Des voitures remplacent les caretas, les boutiques n’ont pas encore ouvert, la citadelle déploie ses pauvres ruines gris de boue séchées (karshif), abandonnée depuis 1926. Les hommes partent aux champs avec les ânes, les enfants sont à l’école. Les rues presque vides.
La route est bordée de palissades de feuilles de palmier tressées  qui abritent les jardins. Jardins beaucoup moins soignés que dans les oasis marocaine. Samer explique que la terre est difficile à cultiver, l’eau ferrugineuse et salée. Cette explication ne me satisfait qu’à moitié. Les motos commencent à remplacer les ânes. Elles n’ont pas besoin de luzerne. Les camions peuvent aussi approvisionner les magasins.

Siwa : Gabal el Mawta

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Gabal el mawta

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La montagne des Morts est une colline pointue trouée comme un gruyère.

Les tombes sont creusées dans un beau calcaire coquiller. Je reconnais cette roche ressemblant à celle de la nécropole de Paphos à Chypre ou à celle des catacombes de Syracuse. L’entrée des salles est souvent sculptée avec des moulures.
Le gardien en galabieh bleu passé nous ouvre des tombes peintes. Dans la première, Isis porte une robe très colorée aux jolis motifs. Elle fait face à Osiris. Dans la seconde tombe tout le panthéon égyptien est représenté, ici aussi Isis a une belle robe et Osiris est emballé d’une résille. Amon a sa tête de bélier, un dieu ou un homme ressemble à un grec barbu et frisé mais de profil comme un égyptien en tunique. Au plafond, Nout allongée dans la nuit que traversent deux barques.
Dans une troisième tombe le Pharaon est face à trois bestiaux, vaches ou taureau ? Un fil rouge fait penser à un harpon. Est-il en train de chasser ? Ou est-ce un sacrifice ?

Je grimpe au sommet de la colline conique. C’est un peu glissant, rien de spécial à voir. Juste pour le fun !

La vue est magnifique : en face la ville de Shali avec sa ville haute en ruines dominée par son minaret en forme de cheminée. Dans la ville basse d’autres minarets se détachent sur un fouillis d’immeubles bas, roses, beiges ou gris. Plus loin, le miroir lisse d’un lac bleu opalescent, immobile, brillant sous le soleil.

Siwa : Temple d’Amon

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Siwa temple d’Amon

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Pour consulter l’oracle Alexandre le Grand vint dans ce temple qui était aussi consacré à Zeus. L’oracle lui confirma son origine divine

Amoun disent les Egyptiens, le temple est perché sur une colline non loin de là après le village d’Agourmi en ruine. Le temple hybride gréco-égyptien est consacré à Amon et à Zeus, un portique, des murs du sanctuaire. Peu de traces. Un conférencier raconte en allemand l’histoire d’Alexandre.  Je prête peu d’attention. Blottières a si bien raconté cet épisode ! Sans le connaître, la visite n’aurait que peu d’intérêt.

Siwa : Bains de Cléopâtre

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Bains de Cléopâtre

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Un beau bassin circulaire, très profond, bordé d’une maçonnerie de pierre. L’eau est étonnamment limpide. Des bulles de gaz remontent en bouffées imprévisibles. Un cortège de grosses bulles remonte, puis tarit…
Je trempe un pied. C’est tiède, bien tentant. On m’avait raconté qu’il n’était pas raisonnable de s’y baigner. Voire. Une dame, la soixantaine, et son mari sont en maillot. Un jeune italien plonge du bord. Sa fille est garnie de bouées. Autour, des cafés pour touristes (menus en italien)- vides. J’aurais dû apporter mon maillot.

Après midi à la piscine de l’hôtel – eau froide. La source de Cléopâtre est à 26°C, fraîche à midi, chaude la nuit – je suis contente de ma brasse dans la piscine ronde  du Resort.

Siwa : Shali

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Un parcours touristique a été aménagé dans le village écroulé. Des avertissements invitent à respecter le calme de la mosquée – seul édifice encore debout; son minaret ressemble à une cheminée. Il serait dangereux de sortir de l’itinéraire balisé. Tout est fendillé, fissuré, creux.  A tout moment le karshif pourrait céder. Le tableau accroché au restaurant de l’hôtel,  figure la forteresse en 1820. Elle avait belle allure.

Notre chauffeur Mustafa et saz chicha

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Samer nous invite pour le thé :

–    «  c’est un honneur pour moi ! » dit-il cérémonieusement.

Cherif et Mustapha fument la chicha,ils ne sont pas pressés de partir et semblent ravis de notre arrivée. Séance photo : Cherif et Mustapha posent comme autrefois chez le photographe. Le cafetier apporte à D un thé Lipton et un kerkadé brûlant pour moi. Il aura le temps de refroidir !
Nous observons le va-et-vient des ânes tirant dans les petites charrettes, touristes ou Siwis. Dans un brûlot, de l’autre côté de la chaussée, brûle un grand feu pour les charbons de la chicha. De temps en temps, le cafetier traverse la voie et l’attise. Une charrette s’est garée non loin. L’âne tend le museau vers le bois. L’enfant tire son animal un peu plus loin vers un trognon de chou. Sa mère (ou sa cliente) accroupie dans la charrette, enveloppée dans son châle gris bleu, un linge noir sur le visage, prend toute la fumée.

Siwa : coucher de soleil aux sources de Fatnas

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Les touristes convergent vers la source de Fatnas, en 4×4, en bus, ou en carreta. Un café a installé ses chaises sous les palmiers devant le lac. Tout le monde attend. Communion des touristes ! Peu importe la foule, le spectacle est magnifique, le miroir opalin, les montagnes colorées sous la lumière du couchant, les graminées qui se reflètent, les palmiers….
Au retour une curieuse course de char à âne s’engage : les ânes de Siwa galopent vite. Une touriste blonde a pris les rênes et double deux gamins qui transportent de la luzerne.

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Shali : emplettes

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Samer rapporte des souvenirs pour sa famille au Caire : huile d’olive et dattes mélangées à des amandes. Nous achetons  des olives et de l’hibiscus pour le kerkadé.
Nos chauffeurs partent cette nuit pour le Caire un 4×4 les remplacera sur la piste..
Le dîner est « très délicieux » : épinards et fromage, aubergines, poulet et gâteau de citrouille meringué.

Quittant Siwa pour Bahariya

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Pendant le petit déjeuner, Samer reçoit un appel qui le contrarie (il ignore que je comprends très bien les jurons) Le départ est avancé à 7h45. Lorsque nous nous présentons au poste de police, nous devons nous tasser à l’arrière et un militaire occupe la place du passager à l’avant. Le convoi est déjà parti. Nous le retrouvons non loin de la ville sur le bord d’un lac. Ces lacs ne doivent pas être très salés. On ne voit aucun dépôt sur les bords. En revanche le sol semble labouré  avec les fentes de dessiccation.
Une source dans un bassin, face à une usine d’embouteillage Hayat – l’eau que nous buvons -, est peuplée de poissons aux gros yeux globuleux et proéminents qui se pressent quand Sayed, notre chauffeur de 4×4, leur lance des miettes.

De Siwa à Bahariya en 4×4

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EN 4X4!

 

Les 4×4 roulent en convoi sur une belle route goudronnée. Montagne multicolores, bancs parallèles horizontaux, marnes claires ou vertes, grès rose ou orange, sable d’or… J’apprécie le spectacle mais je suis frustrée : j’aimerai, une fois avant d’être trop vieille, faire un  trek, une méharée dans le désert. Apprécier le silence, m’imprégner de la grandeur du désert plutôt que de le traverser à 100 km/ h.
Des pierres posées au travers de la chaussée indiquent que l’asphalte se dégrade. La large route cède la place à un ruban cahoteux.  Des paquets de sable et des nids de poule nous font sauter
–    « Welcome to Disneyland ! »
On s’accroche et on rigole. J’essaie de photographier une dune de sable clair aux arêtes précises et aux formes arrondies.  Le résultat est décevant. En vidéo c’est mieux. Non loin de la route, un  petit lac. Je m’étonne de l’absence de vie autour du point d’eau, ni palmiers, ni maisons. Cette eau est elle salée ? Sayed quitte la route en direction du lac