Welcome to Minia

MOYENNE EGYPTE

welcom to El Minia : Nefertiti

 

Néfertiti, le symbole de la ville nous accueille : son buste et à ‘honneur au milieu du grand rond point à l’entrée de la ville. La ville de Minia s’étire le long de la corniche aménagée en jardins avec des grands immeubles modernes plutôt pimpants. La police loge dans un beau bâtiment blanc classique avec un fronton grec dans le style de l’Athènes du 19ème siècle.

Sur le voucher parisien nous sommes logées au Mercure. Nous sommes ravies de nous installer dans une grande chambre très claire et bien décorée : de belle lampes de cuivre martelé aux motifs une petite table basse au tour de cuivre aux mêmes motifs dans des cadres sous-verre des broderies : les oies de Meïdoum. Un vaste balcon avec des fauteuils de rotin a une belle vue sur la piscine et plus loin sur le Nil.

Je me précipite à la piscine. La fraîcheur de l’eau me surprend. Il fait près de 40°C et l’eau est presque froide.

Dîner sur le balcon : soupes de légumes, tehina et salades,  du poulet grillé et crème caramel pour dessert.

D’El Minia à Beni Hassan

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Les oiseaux se lèvent tôt à Minia : 4h30 au lieu de 5h15 au Caire. Ils sont très nombreux sur la corniche du Nil, peut être désorientés par l’éclairage urbain particulièrement lumineux. En face de l’hôtel,un feu de circulation   sophistiqué affiche le  décompte des secondes   40 en rouge et 40 en vert. Sur le trottoir une série d’ampoules clignotent tantôt en rouge tantôt en vert. Le comble de cette débauche de signaux c’est que personne n’en tient compte : les voitures passent au rouge et les piétons seraient bien mal avisés de faire confiance aux 30 secondes restantes pour traverser.
Il fait encore nuit et impossible de me rendormir dans ce vacarme aviaire. A 5h30 je m’installe sur le balcon pour  assister au lever du soleil sur la falaise de l’autre côté du Nil : vers 6heure un gros ballon jaune s’élève et il fait encore très frais.

Au petit déjeuner : fromage blanc et fromage jaune, tehina, concombre et tomates. Je savoure avec joie (et un peu de nostalgie) ce petit déjeuner moyen-oriental. Pas de jus d’orange, seulement du kerkadé. Le groupe de touriste italien demande des sacs en plastique pour des en-cas sur la route nous ne nous gênons donc pas pour emporter les œufs durs et du fromage.

Nabil nous accueille avec une rose et un petit brin de sauge chacune. L’attention est charmante même si les fleurs se flétriront pendant la journée en voiture. Il me fait signe de monter à l’arrière. La place à côté du chauffeur est réservée à la Sécurité. Puis il me demande discrètement « 10LE pour la police ». Ce n’est pas cher payé pour être débarrassé du policier de service ! Nabil est ravi et rigole comme à une bonne farce. Je vais retrouver ma place à l’avant et lui sa liberté de conduire à sa guise : doucement avec des arrêts pour les photos. Nous mesurons mal cette occasion  exceptionnelle. Au retour, un policier en civil avec un talkie walkie prendra ma place. Plus question de photos. La voiture traversera en vitesse les villages et les champs. Nabil sera en conversation avec l’accompagnateur. Impossible de lui demander des explications, encore moins des arrêts inopinés. C’est donc après coup que nous nous rendrons compte du privilège de ce matin.
Nous traversons le Nil, vers le sud par la berge orientale sur une toute petite route qui passe par les villages. Les paysans marchent, d’énormes ballots de luzerne sur la tête ou en chargent des charrettes à âne. Les femmes portent des costumes très colorés avec des voiles de mousseline violette ou verte. Je remarque de nombreux enfants d’âge scolaire au travail, – soit sur des ânes – soit dans un garage.
–    « Pourquoi ne sont ils pas à l’école ? » je demande à Nabil
–    « ce sont des fermiers, ils n’envoient pas leurs enfants à l’école »
Comme j’insiste il demande à un petit assis sur le bord de la route
–    « pas d’école ! » traduit il
Ce n’est pas vrai. L’école est un haut bâtiment de 4 étages, le plus haut du village. Nous verrons des écolières rentrer chez elles leurs cahiers à la main.

 

Nous faisons une collection de photo d’ânes malheureusement commencée trop tard. Nabil stoppe le petit car devant une jarre. Un quart émaillé est posé sur le couvercle en bois. Je cadre la photo. L’oiseau qui se désaltérait s’envole. Nabil a été plus rapide avec son téléphone. Il est très fier de ses collections de vidéos qu’il me montre en route : il a filmé l’intérieur des tombeaux de Beni Hassan et l’église d’hier. Je préfèrerais regarder le paysage mais je tiens à lui faire plaisir. Il est vraiment très gentil. Nous l’invitons pour la forme à dîner à l’hôtel. Il refuse, expliquant qu’il est chrétien et qu’il fait Carême pendant la Semaine Sainte. Il est orthodoxe et ne mange ni viande, ni poisson ni même du chocolat. En fait, il ne mange pas du tout quand il travaille. Hier soir, il a réparé la voiture et la rayure sur la carrosserie ne semble pas le chagriner.

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Moyenne Egypte :les tombeaux de Beni Hassan

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Une longue allée dallée entrecoupée de volées de 5 marches – en tout 350 – sous un soleil de plomb,nous mène dans le désert vers la falaise où sont creusées les tombes . Nabil avait tenté de convaincre D de mettre un chapeau  dans un sabir bizarre

– « Where is the capello ? »

J’ai mis le voile turc par-dessus le chapeau vietnamien. Nous sommes escortées par ds militaires en armes. Un vieil homme en galabieh bleue gris et turban bleu nous vend les billets 25LE « no photos ».

La tombe N°17 de Khity nous ébloui par la richesse du décor. Les murs  couverts de dessins colorés  racontent la vie quotidienne aux temps des pharaons. Nous prenons bien notre temps pour étudier les détails. Comme on nous surveille, nous renonçons aux photos et je sors le carnet moleskine et D son carnet de comptes.  Nos anges gardiens sont aux petits soins : ils nous prêtent leurs bancs de bois  pour qu’on dessine à notre aise et s’accroupissent au pied des colonnes très élégantes au chapiteau en forme de lotus fermé.

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Les décors des tombes répondent à des canons immuables basés sur l’orientation. La particularité de Beni Hassan est que cette nécropole se trouve sur la rive orientale et non pas occidentale comme aux Pyramides ou dans la Vallée des Rois.  Le panneau NW est occupé par des scènes de travaux des champs sur plusieurs registres. Le mur N, par des scènes de chasse dans le désert tandis que l’E représente des lutteurs des guerriers et la prise d’une citadelle, au sud on voit le défunt en grand format et les processions d’offrandes. D s’applique à compter les bœufs de deux troupeaux qui viennent à la rencontre les uns des autres. Les bouviers sont disposés de part et d’autre d’une canne, accolade symbolique. Les animaux sont très bien dessinés. Sur le registre situé en dessous, les offrants portent des poulets du pain et un bouquet de lotus ils sont suivis par un autre troupeau de bovins. Dans un coin, une sorte de hangar est représenté avec des réservoirs à coupole (greniers ?) on peut aussi penser à des ruches ? Le dernier grenier est accompagné d’un escalier, au dessous on bat le blé.
Je m’attache à dessiner une scène de champ de la paroi nord ouest : une frise à chevrons représente l’eau – bizarrement marron – (il eut d’agir de l’eau de l’inondation boueuse et fertilisatrice) : un canal d’irrigation, une frise de lotus orne le haut du registre. Entre les deux frises, dans un massif de végétaux verts, des paysans, torse nu, vêtus seulement d’un pagne court blanc, récoltent le blé comme aujourd’hui, accroupis ou agenouillés.

Tombe N°15 : Baquit II
Les mêmes motifs sont peints – peut être en plus sophistiqués. La chasse sur le mur nord est amusante : parmi les gazelles, les oryx, les fauves se glissent 4 animaux fantastiques. Nous trouvons avec bien du mal le quadrupède à tête de serpent mais pas le griffon ni la licorne. Sur le mur nord, la « vie turbulente des Princes » (Guide bleu) est aussi plus lisible que dans la première tombe.


Tombes n°3 et N°2

De Knoumhotep et d’Amenhat sont d’une autre facture. Les personnages sont beaucoup plus grands mais moins souples et moins élégants. Dans la tombe de Knoumhotep la scène la plus originale représente la caravane des asiatiques. Les personnages sont jaunes, les cheveux coupés courts, les barbes fines et noires. Ils apportent leur marchandise sur des ânes bâtés et sont précédés d’un introducteur portant une lettre datant la délégation à l’an 6 du règne de Sésostris. Dans la tombe d’Amenhat, le Prince de la Gazelle, trois statues se trouvent encore dans la niche au fond. Nous nous attachons à observer les « navigations mystiques » : celle qui va à Abydos, plus au sud en remontant le courant se fait à la voile, vers Busiris en suivant le courant du Nil, les navigateurs ont replié les mats et s’aident du courant. J’adore ce genre d’observation de détails, il faut chercher exercer le regard et la récompense est une très jolie scène.
En sortant, pas de dilemme : le vieux gardien impose le tarif du bakchich. Le billet de 5LE que j’avais préparé sera « pour la Bolis », il me montre un billet vert de 20LE qu’il s’attribue.
D  exaspérée par l’escorte rapprochée, décide de lambiner sous la cagna pour les agacer. Je presse le pas, deux me suivent. Après le premier banc deux turbans et deux armés la rejoignent.

La cafétéria est rafraichie par deux ventilos, on m’offre un café turc délicieux. D arrive sur ces entrefaites, furieuse, les policiers l’ont obligée à marcher trop vite et son genou la fait souffrir. Nous n’en avons pas fini d’être accompagnées !

El Minia : Spéos Artemidos

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Pour aller au site suivant, Speos Artemidos (les Ecuries d’Antar) deux hommes se tassent dans le microbus à l’avant le premier : le gardien, djellaba et turban, un autre en civil, sec polo bordeaux et talkie walkie.   Impossible de faire des photos. Nous longeons un cimetière musulman couvert de très jolies coupoles de terre grise qui font penser aux alvéoles de cartons d’un nid de guêpes que j’aurais voulu photographier. Le microbus s’engage dans un  cirque sur une piste. L’endroit est magnifique : un petit wadi, l’Oued des anachorètes débouche par une fissure dans la falaise. Le tombeau, lui-même est décevant : à l’entrée un bas relief peint représente Hatshepsout à droite et Sethi 1er avec Pakhit, la déesse lionne et Amon Rê, le dieu du soleil. L’intérieur est martelé.

Nabil dépose le gardien qui réclame un stylo pour son fils. L’homme en polo bordeaux reste. Plus de photos, plus de questions. Nous sommes reléguées à l’arrière au rang de marchandises.

moissons en Moyenne Egypte

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Dans les champs se déroule la moisson. Les Fellahin sont nombreux, agenouillés ou accroupis, ils coupent à la faucille des gerbes qu’ils déposent en petits paquets formant des rangées parallèles. Ensuite les gerbes sont réunies en petites meules. Dans un autre champ, on a apporté les gerbes à la batteuse, seul engin n’existant pas au temps des Pharaons. Sur une aire, un gros tas de blé, plus loin, un tas de son. Nous repassons devant le cimetière aux coupoles grises, pas question pour le microbus de ralentir !

El Minia :Tinah el Gabal momies de crocodiles

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Le   village est  misérable, surtout très sale. Creusé en son centre, une tranchée – un canal à sec ? – sert de dépôt d’ordures en l’absence d’eau. Deux véhicules se croisent à peine. Nabil manœuvre pour laisser passer un pick-up, les carrosseries se touchent presque. Au bout du village, nous descendons dans un site bizarre ruiniforme accolé à la falaise.

Midi et demie, il fait maintenant très chaud.   Nabil nous demande si nous voulons vraiment marcher jusqu’aux tombeaux. Evidemment ! Nous sommes venues pour cela !

Un vieil homme, galabieh et turban nous accompagne. Il fait trop chaud pour les policiers qui restent au microbus. Le vieil homme ne parle qu’arabe. Il avance sans un regard pour nous à grands pas dans les décombres.

De quelle époque datent ces ruines ? Elles pourraient être aussi bien modernes qu’antiques. Briques de terre séchées, morceaux de poterie brune vernissée. Village abandonné ? Séisme ? Tombes antiques ? Nous n’aurons pas de réponse.

Au pied de la falaise, une belle allée dallée passe entre des colonnes rappelant des Propylées. Un site Ptolémaïque ? Des Egyptiens, gravés nous attendent : Hathor sur un chapiteau. Nous entrons dans les tombes creusées dans la falaise sans aucune explication. Il faut faire attention à ne pas tomber dans des puits très profonds. Finalement le gardien attire notre attention sur une grotte fermée par une grille, il nous montre une momie de crocodile. De l’autre côté un amas méconnaissable, d’autres momies ?

 

En route d’El Minia à Tel Amarna dans la campagne

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la campagne près d’El Minia

 

Telle Amarna, la ville de Néfertiti et d’Akhnaton,  est distante d’une soixantaine de kilomètres d’El Minia. Au programme de la journée également Hermopolis Achmonéin et Tounah el Gebel.
Comme la journée s’annonce très chaude, Nabil préfère commencer par Tell Amarna.

Nous n’échapperons pas à l’escorte. Nous avons rencontré notre accompagnateur hier à Béni Hasan. Il nous avait paru sympathique. Il se présente : » Anouar », parle un peu anglais et il essaie de se faire comprendre en arabe (c’est ma première leçon). Nabil et lui s’entendent comme larrons en foire et ont décidé de nous faire oublier notre mauvaise opinion de la police d’hier.

–    « Good bolis today ! »

Quittant la Corniche du Nil, le microbus s’engage dans des quartiers moins chics de Minia, immeubles de briques pas terminés, marchés, foules populaire. Tandis que Nabil est parti nous acheter de l’eau une charrette passe chargée de bananes tirée par un âne. Dans ce quartier, les animaux ont encore droit de cité ! A la sortie de Minia la route suit un canal assez large. Les parcelles sont plus grandes, les palmiers moins nombreux. Il y a moins de luzerne vert fluo, plus de champs de blé dorés. Nous appliquons une nouvelle technique : au lieu de photographier en route, nous allons filmer. On veut des images de buffles et d’ânes sous les abris, tandis que les hommes s’activent aux champs. Pour ma part, je filme  : le canal et des scènes de rue – au hasard – quand nous traversons les villages. Il y aura bien des images intéressantes ! cette nouvelle chasse aux images nous occupe bien !

Par ailleurs, Anouar prend à cœur son rôle de guide. Il nous montre un curieux édifice ressemblant à une mosquée mais surmonté d’une croix :
–    «  church- mosk together, good friends »
Dans le village suivant même réflexion. Les églises sont nombreuses dans la région. Il nous montre des vergers d’orangers, les manguiers, les abricotiers, et aussi de nombreuses vignes poussant très hautes sur des ceps élevés mais souvent sans fils métalliques. Les coptes font ils du vin ? En boivent-ils ? Je n’ose pas demander précisément, ni Nabil ni Anouar ne semblent comprendre ce que je demande. Il semble que le vin fait partie des tabous.

En route d’El Minia à Tel Amarna : Canne à sucre

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canne à sucre

Une culture s’impose vers le sud : la canne à sucre qu’on récolte en ce moment.  On désherbe à la binette des plants encore verts. Sur le bord de la route, des grands tas de cannes aux feuilles jaunes attendent. Des hommes chargent les camions qui les livreront dans des sucreries industrielles. Nous en voyons une près de Malawi. Anouar nous fait aussi remarquer les rails à faible écartement du « train de la canne ». Nous croisons même une caravane de dromadaires chargée de cannes. Là, nous réclamons un arrêt pour la photo !

Anouar descend avec nous – pour notre sécurité ? – en tout cas, sans ce chaperon, nous n’aurions pas osé photographier sans vergogne les hommes au travail. Anouar se fait offrir plusieurs cannes qu’il range dans le coffre. Les dromadaires s’ébranlent. Nous remontons dans le microbus jaune. Un homme âgé en galabieh marche droit sur nous avec assurance venant réclamer – quoi ? De l’argent sans doute – Anouar brandit son talkie walkie militaire. Impressionné, l’homme recule toute réclamation cessante, et les autres, à sa suite, se dispersent. La police fait peur ici.

En plus de la grosse sucrerie moderne nous verrons entre Malawi et Tell Amarna plusieurs sucreries traditionnelles avec leurs cheminées qui dépassent un bâtiment de pierre qui fume. Juste avant l’arrêt de Tounah el Gebel, Anouar nous en fait visiter une. Dans la pénombre, le sucre liquide refroidit dans des bacs en ciment. Il a une drôle de couleur noirâtre. Dans une cour sont installées deux rangées de cuves hémisphériques dans lesquelles bouillonne le jus de canne jaune vert. Dans certaines le jus mousse. Des hommes font passe le liquide bouillant d’une cuve à l’autre avec des sortes de louches à grand manche de bois. Il règne une grande animation. Une douzaine d’homme se pressent autour des cuves. Le long du mur extérieur, le jus frais de la canne arrive par une gouttière. Le moulin à canne est plus loin, on presse les tiges à l’extérieur. Pour voir la grosse presse il faut piétiner de gros tas de tiges pressées. Nous avions déjà vu des moulins à canne au Cap vert et à Cuba. Mais il était destiné à la distillation de la grogue ou du rhum.

Cette visite est sûrement le clou de la journée. Les Egyptiens antiques du temps des Pharaons me passionnent mais  les vivants m’intéressent toujours plus!

Chaleur

La promenade dans la campagne me ravit. Des petits bourricots chargés de luzerne trottinent et parfois galopent avec un gamin sur le dos. Il fait très chaud – plus de 40° peut être 45° à l’ombre. On rafraîchit les buffles en les emmenant se baigner dans le canal. Un gamin balance des seaux d’eau sur son buffle. Vers midi, les ânes sont si accablés qu’ils se couchent sur le flanc. Et pourtant sous ce soleil de plomb, hommes et femmes travaillent dans les champs ou s’arrêtent bavarder dans les rues des villages. Les policiers se tiennent debout aux carrefours, notant les passages, une simple casquette sur la tête.

le bac pour Tel Amarna

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Tell Amarna se trouve sur la rive orientale du Nil. Le ferryest une plateforme bleue qui accoste à un  débarcadère rudimentaire. Un petit garçon veut  nous vendre une gazelle en herbe tressée (nous avons acheté la même à Zagora au Maroc), il jette un pendentif avec sur la banquette de la voiture. Nous n’aimons pas ce procédé. On doit faire appel à Nabil ; nous voulons bien donner une guinée au garçon mais nous ne voulons pas y être obligées. D’ailleurs pourquoi n’est il pas à l’école ? Nabil lui demande. L’enfant nie. Si, il va à l’école !
Au retour, nous le retrouverons en compagnie de deux camarades et il recommencera à lancer ses pliages dans la voiture.

Nabil nous montre une « île flottante » de l’herbe emportée par le courant. La touffe mesure au moins 3 mètres sur 2. Des pêcheurs passent dans une barque : un adulte rame, un  petit assis derrière lui, un adolescent lance ses filets. Puis il prend une longue perche et tape violemment sur l’eau pour effrayer les poissons, puis il remonte le filet en tirant. Ses prises brillent mais elles sont minuscules.

Tel Amarna

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tel Armana

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On nous avait prévenues: le site de Tell Amarna n’a rien de spectaculaire.

Il faut plutôt considérer la visite à Amarna sur le plan sentimental : visite à Néfertiti et Akhnaton, personnages marquants de l’histoire égyptienne et de l’histoire des idées, les inventeurs du monothéisme. L’originalité de ces deux souverains ne se borne pas à l’aspect religieux ;  un style artistique correspond à leur règne. Leur cité, Amarna, étendue sur une vaste plaine dans un cirque, a été complètement rasée par leurs successeurs qui voulaient faire disparaître, les fondations du Palais de Néfertiti et des stèles bornant la ville.
Pour visiter  les tombes il faut grimper un sentier avec des marches – la moitié de celles de Beni Hasan –  mais il fait beaucoup plus chaud. Nabil fait la leçon aux accompagnateurs :
–    « chouaya, chaouya ! slowly, slowly ! »

La tombe d’Ahmès, le flabellifère (porteur d’éventail).

Un spécialiste aurait été nécessaire pour nous lire l’hymne au soleil. On nous montre le palais dessiné. Nous cherchons les musiciennes sans les trouver . Anouar nous montre les troupes de fantassins :
Au crayon rouge, on voit une belle ébauche d’attelage. La ville a-t-elle été rasée avant qu’on ne finisse la gravure ou le flabellifère est il mort prématurément ?

Tombe n°4 de Meryré
Méryré est un prêtre du culte du disque solaire. Le culte solaire est décrit avec ses détails. Néfertiti, Akhenaton et leurs filles Méritaton et Maketaton jouent du sistre Au dessous du soleil, un arc en ciel, sous les sacrifices des musiciens aveugles. L’un d’eux joue de la lyre les autres l’accompagnent en battant des mains. Cependant, on remarque que les sujets sont courbés devant les souverains aussi bien dans les processions que les marins sur les navires. Cette attitude soumise n’est pas commune dans les peintures et les bas reliefs égyptiens que nous avons vus. Une idée me traverse l’esprit : cette belle utopie serait peut être un totalitarisme antique ? Cela me fait aussi penser aux sectes actuelles.
Nous visitons une troisième tombe moins intéressante que les précédentes ?
Nous remontons en voiture pour admirer une stèle très haut dans la montagne. A côté deux statues en ronde bosse de Néfertiti et d’Akhnaton. La stèle est couverte de hiéroglyphes, il faudrait encore un spécialiste !
Je ne sais pas ce Nabil a encore inventé avec la Sécurité. Il embrasse le flic en uniforme et armé. Nos reprenons la voiture pour le Palais de Néfertiti. Anouar nous montre la piscine et les pièces de réception.. et une haie d’abricotiers et des grenadiers en fleur.