Eglise peinte de Dobarsko et histoire du village

CARNET BULGARE


6h40, le soleil émerge des montagnes de Rila et illumine les sommets du Pirin. La vallée, Bansko et Banya sont noyés sous une brume bleutée. Maïs, haricots et roses sont ragaillardis de la pluie d’hier. Les lignes de crêtes sont nettes. J’ai enfilé pull et chaussettes pour la première fois depuis ce mois de canicule.

8h : hommes et femmes partent au champ une binette sur l’épaule. La campagne est animée. Partout on voit des gens travailler. Une dame cueille des haricots. Un attelage passe. Il doit y avoir un nid de cigogne dans les parages, j’entends les becs claquer.

banitsa

8h30 : Katia a fait une magnifique banitsa très légère avec du filo enroulé en escargot avec de la confiture de figues vertes.  Chacune de nos hôtesses a une recette personnelle pour la banitza, nous n’en avons pas mangé deux identiques.

9h : chacune balaie devant sa porte au village et ramasse le crottin et la bouse avec une pelle et un seau pour le jardin. Ballet des balais des employées municipales. La rue pavée est très en pente, un pauvre cheval glisse dangereusement

La minuscule église peinte de Dobarsko,  est enclose derrière de hauts murs de galets dans un beau jardin. Elle ouvre à 9h30 seulement. Nous entendons le grincement d’une carriole tirée par un âne, ses roues de bois sont cerclées de fer à l’ancienne. L’excellent livre vendu à l’église raconte l’histoire de Dobarsko.

l'églisse ressemble à une simple maison de village

histoire de Dobarsko d’après Boshidar Dimitrov

Lu sur la brochure de commentaire de l’église peinte

Dobarsko(800 à 1000 habitants) abrite l’église peinte Saint Théodore Tiron et Saint Théodore Stralibate, construite et décorée en 1614. Selon la légende locale, le village aurait été fondé en 1014 par les soldats bulgares aveuglés par les Byzantins lors de la bataille de Klyoutch (Petritch). C’ette légende n’a pas de base logique : difficile pour des aveugles de subvenir à leurs besoins dans les conditions  difficiles. Le fait que les saints patrons étaient des saints militaires suggère que le village fondé environ au 9ème siècle avait un statut militaire. En Bulgarie médiévale et en Byzance, les statiotes(paysans soldats) représentaient un tiers de la population/Affranchis d’impôt, ils étaient obligés d’être à la disposition de l’armée pendant els guerres avec leurs propres armes. L’empire ottoman a gardé cette pratique du 15ème au 17ème siècle. Les soldats bulgares stratiotes forment à Sofia deux corps militaires et 30 000 soldats chrétiens. Les soldats de Dobarsko ont probablement gardé leur statut pendant les trois premiers siècles du Joug ottoman. Cela explique pourquoi l’église élevée en 1614 soit dédiée à deux saints militaires.

Sur la façade de l’église, en plus des deux saits patrons se trouvent  les saints cavaliers saint Georges et Saint Dimitar. Selon plusieurs spécialistes, la galerie des Saints militaires est une démonstration de la force et de la puissance militaire des bulgares au sein de l’empire ottoman musulman. Une partie des soldats spahis cavaliers chrétiens étaient de Dobarsko.
Une petite svastika antique iranienne indiquerait les origines Protobulgare des premières familles militaires. Les khans de PLiska avaient l’habitude d’envoyer dans les territoires nouvellemnt conquis des Protobulgares . Dobarsko, à proximité de la nouvelle frontière de Byzance, sur un col important, avait reçu un effectif de soldats Protobulgares. La pierre de la svastika aurait dû se trouver dans un temple païen puis en remploi dans l première église puis dans celle de 1614.

La réalisation des peintures murales au début du 17ème siècle ont été permises parce que les villages militaires  étaient considérablement plus riches que les villages soumis à l’impôt.  Economisant les frais fiscaux en période de paix et partageant le butin pendant les périodes de guerre. En période de paix, ils vendaient les marchandises locales en Europe et en Asie Mineure, leurs convoi étant  moins vulnérables, possédant légalement des armes et sachant s’en servir.

Les habitants de Dobarsko auraient également participé à la bataille de Lépante au côté des Vénitiens.

Selon la règlementation administrative ottomane, l’église ressemble à une construction d’habitation au toit à deux versants. Son plan est cependant à trois nefs.

L’ayant lu et résumé, J’ai bien dans la tête les scènes et visages que je vais chercher : je suis d’abord étonnée par la petitesse des lieux puis me laisse prendre au charme des scènes et par l’inventivité des peintres. Entrée dans Jérusalem : un étrange personnage se cache dans un palmier. Sacrifice d’Abraham : Isaac porte les bûches comme un paysan bulgare ; je en suis pas assez savante pour identifier es saints dont parle la brochure. Avec un peu de patience ce serait possible, c’est écrit dessus, mais en cyrillique !

Une vieille dame descend la route, binette à l’épaule, son fichu grenat laisse deviner de longues tresses grises. Elle nous demande quelque chose avec insistance mais on ne comprend pas quoi. Voulait-elle qu’on l’emmène un peu plus loin sur la route ? Désolée, elle répète « vous ne comprenez pas ! » puis nous fait un sourire et repart.

Nous avons parcouru la route plusieurs fois, nous guettons le berger qui a poussé son troupeau plus loin dans le pré fauché récemment déjà bleui par les chicorées. Nous aimerions une photo de meule pour l’album. La barrière est baissée au passage à niveau : une locomotive rouge tire trois wagons bleus. Le faible écartement des rails ne laissait pas présager des trains de voyageurs. L’éclairage deu matin souligne les cirques glaciaires. Cette érosion permettrait d’expliquer les énormes quantité dde sables et blocs mêlés comme  une moraine.  (A vérifier toutefois).

La route de Sofia est toujours pleine de camions et de bolides qui ne tiennent compte ni des lignes continues ni des limitations de vitesse ni même de la présence de la police pourtant bien signalée par des appels de phares. Une rocade 2×2 voies évite Blagoevgrad et trouvons peu après la route de Rila.

Bansko

CARNET BULGARE

les montagnes au dessus de Melnik

9h zakouska : pain perdu confiture de prune et fromage blanc frais. C’est une politesse bulgare que de ne jamais servir deux jours de suite le même petit déjeuner.

Après Melnik, Lazenitsa est pavoisé, les petits drapeaux bulgares sont partout, on ne saura pas pourquoi. Premier arrêt : les crêtes se superposent, la plus proche est celle, hérissée, des pyramides de Melnik. Nous revoyons dans le vignoble, le « château » prétentieux et ridicule, c’est un projet immobilier, il se vend par appartements.

La route de Sofia évite Sandanski. Nous renonçons au jardin botanique et aux sources thermales. Des grandes surfaces annoncent la ville ainsi que d’improbables propylées ; colonnades carrées sur un majestueux jardin public. Cette route qui vient de Grèce est surchargée de gros camions qui foncent;  Du côté droit, le Pirin domine le paysage, à gauche les montagnes macédoniennes de ce pays qui n’a pas de nom sur la carte seulementl’acronyme FYROM. Par ici, on découpe de gros blocs de marbre blanc en fines dalles empilées sur des palettes. Après Kresna, la vallée se rétrécit : il reste tout juste la place pour la route, le torrent et le train. Sur la rivière, on propose du rafting. Les parois rocheuses sont abruptes. De petits buissons et des arbustes s’accrochent sur els pentes. Le cours de la rivière est souligné par une rangé »e de grands platanes.

Smitli, nous quittons la route de Sofia, direction Bansko qui se la joue chic : les publicités de l’immobilier sont en anglais et toutes les affiches utilisent le thème du Golf.

Bansko

la croix et le croissant

On arrive à Bansko par les quartiers modernes de la station de ski, désertés l’été.  Le centre de la ville, piétonnier s’articule de la grande place Vaptsarov à la place Vazrajdanes et aux rues adjacentes. La place Vaptsarov est recouverte d’une grande dalle bordée des bâtiments officiels ennuyeux de style stalinien, avec plusieurs fontaines et des bancs, des sculptures. Un panneau lumineux donne la température et la mesure de radioactivité (pourquoi ?) normale, aujourd’hui. La place se poursuit par une large avenue arborée jusqu’à la Poste. Dans trois jours commence un Festival de Jazz, des baraques provisoires sont en train de s’installer. Cafés chics avec fauteuil en osier (les mêmes que nous avons détestés en Crète), glaciers, vendeurs de souvenirs. Arrivées à la Poste, on se demande où est le charme de la ville ?

Quelques rues plus loin, autour de l’église Sveta Troita (sainte Trinité) de hauts murs de galets cimentés de blanc pour faire ressortir les blocs arrondis, coiffés d’un petit toit de tuiles, cachent les belles maisons Renaissance Bulgare dans leurs jardins. Avec les grands portails de bois massifs, elles sont invisibles. Il faut entrer dans les jardins pour les découvrir. Beaucoup ont été transformées en auberges, Mexana, restaurant ce qui n’est pas très choquant en soi. Bansko était une ville-étape où les caravanes des marchands avec leurs chevaux en route vers la Mer Egée et Constantinople (appelée ici Tsarigrad) pouvaient s’arrêter.

Ces rues pavées tranquilles bordées de murs de galets fleuris de roses trémières ont un charme certain. La tour de l’horloge, campanile de l’église de la Trinité détenait au 19ème siècle le record de hauteur pour la Bulgarie. Actuellement, les cigognes l’ont encore rehaussée ; elles sont trois au nid.

La grande église est –elle aussi – enclose de hauts murs. Elle est également entourée d’une galerie couverte de bois foncé bordée  d’une frise bleue sur un fond blanc. Des bancs courent tout du long. Au dessus du porche sont gravés deux motifs : la croix et deux croissants de lune accompagnés d’une étoile symbolisant d’après le Petit Futé  la coexistence des deux religions, l’église ayant été auparavant une mosquée.

A l’intérieur, tout le faste des églises orthodoxes se déploie : fresques, icônes, plafond peint. Malheureusement l’iconostase est cachée par une bâche plastique (rénovation ?)Cela gâche un peu l’ensemble.

la maison du peintre Veljan Ognev

Juste derrière l’église de la Trinité se trouve la maison natale de Neofites Rilsky, nous avons déjà croisé ce personnage à Koprivishtitsa. Fils du pope de Bansko, né en 1793 il a d’abord étudié la peinture d’icônes. En 1811, il rejoint le monastère de Rila pour prendre part à sa décoration et en 1818 s’y fait moine. En 1821, il part étudier à Melnik. Difficile pour nous d’imaginer un centre culturel attractif dans ce qui est maintenant un petit village. En 1826, il ouvre la première école et en 1835 rédige la première grammaire bulgare. Ce moine est considéré en Bulgarie comme le fondateur de l’école laïque. Moine, pédagogue, c’était aussi un fervent patriote. Sa maison est sur deux niveaux comme toutes les maisons de cette époque, on visite les pièces d’apparat comme les cachettes plus sombres, le four à pain…

A quelques pas de là, la maison du peintre Veljan Ognev est très décorée comme on peut l’imaginer de la part d’un peintre de fresques. La visite est guidée en bulgare, on me donne une feuille en français  que je lis attentivement :

Veljan Ognev vint à Bansko pour peindre les fresques de la Sainte Trinité, la population de Baansko reconnaissante  lui offrit cette maison. Il se maria avec Sofia, sœur de Neofit Rilsky

Maison construite pendant le Renaissance bulgare, en pierre et bois avec une cave à vin profonde et des niches dans le mur< ; il y avait un abri et un tunnel conduisait à la cour de l’Eglise et à la maison voisine. Au rez de chaussée vivaient les animaux et se trouvaient les greniers. Sur la balustrade on remarque l’évier. Quand la femme lavait la vaisselle, les restes tombaient au sol et étaient mangés par els animaux. La salle bleue avec des paysages de Constantinople et de Venise avait été peinte par Vejan Ognev pour sa femme. Dans la pièce des invités fruits et fleurs symbolisaient la prospérité du sol bulgare

Malheureusement, je n’ai trouvé ni les représentations de Constantinople ni l’autoportrait du peintre habillé  en Napoléon !

Faute de temps, je zappe le musée des icônes après ceux de Sofia et de Plovdiv, et les autres….

Il est temps de trouver une taverne pour le déjeuner. Nous prenons place à la terrasse d’une très belle, très tranquille devant la Sainte Trinité. Le serveur apporte les menus. Les prix habituels sont multipliés par 3, nous fuyons pour une terrasse plus modeste place Vapsarov. (Salade shopska et köfte)

Musée Nikola Vapsarov

Poème d’adieu

A ma femme

Je viendrai parfois dans ton sommeil –
Tel un visiteur lointain et inattendu.
Ne me laisse pas dehors, sur ton seuil –
Ne bâcle pas les portes, veux-tu?

J’entrerai sans bruit. Je m’assiérai doucement,
Les yeux scrutant les ténèbres pour te voir.
Quand je t’aurai regardée à satiété –
Je te donnerai un baiser et m’en irai.

Comment visiter un musée d’un poète inconnu qui écrit en Bulgare ? D’abord on me prête, un gros livre de poèmes traduits en français (belle édition Seghers), ensuite on m’installe devant une vidéo où des hommes en tenue traditionnelle (toque sur la tête, moustaches, jambières) chantent dans une forêt automnale embrumée. Chant répétitif. Qui sont ces hommes ? Des paysans ? Des bergers ? des combattants ?

J’ouvre le livre : étranges poèmes. Le Printemps à l’Usine me plaît bien.(j’ai trouvé sa traduction en anglais sur Internet mais pas en français)

Spring In The Factory

Spring In The Factory

in Bulgarian

She tried to get in with the morning shift,
the motor grumbled,
		Looking stern and grim:
"You can't do that!
		I must account for it.
Go ask the porter,
		if he'll let you in!"

But somehow she was full of willfulness
and didn't ask the porter,
			just slipped through;
a dormer opened wide behind a press,
then stuck her tongue out
			at the motor crew.

And all at once an engine started humming,
the workers seemed
		so clumsy and so slow,
the motor, what the motor was,
				soon seeing,
cried out in anger:
		"She has got to go!"

"Oh, no!" a ladle of cast-iron cried
with an ironic smile on his kind face.
"You silly, blatterring fathead, just you try it!
We'll go on strike for her, if that's the case."

The motor hushed. The breeze brought
					on its wings
the teasing smell of earth
			from far away.
A distant hum about the engine rings,
and steps
	of plodding feet
			along the way.

And all, who once the soil with joy
				   had ploughed,
like horses snorted, with their nostrils spread;
the others flung the windows wide and laughed
and looked up
		at the blue sky
				overhead.

Behind an engine someone
				rudely swore,
a girl stuck up a merry tune and hushed.
A young man shot at her
				a dart of fire,
she looked away and blushed.

The porter opened quietly the door,
said: "Who's got in? Will have to go,
				   he will!"
But saw, smiled guiltily down at the floor,
the scratched his head
			and whistled
					and was still.




Sur les murs on a peint une fresque moderne avec des hommes, des femmes, des soldats, des popes….dans la pièce suivante sont exposés des portraits du poète. Sur l’un d’eux, des traces de balles figurant sans doute son exécution le 23 avril 1942. Dans une vitrine se trouve le Prix d’Honneur de la Paix signé par Frédéric  Joliot Curie et Pietro Nenni.

Cette visite a excité ma curiosité sans m’apprendre beaucoup sur le poète.

L’orage a éclaté pendant que je regardais la vidéo. Il était temps de reprendre la route en laissant le GPS nous guider ; Nous traversons la station thermale de Banya et des villages.

 

Kovachevitsa – Melnik

CARNET BULGARE

Lauzes et cheminées


Zakuska à la taverne : plateau de fromages, yaourt et merveilleuses confitures aux fraises des bois et myrtille. J’interroge la serveuse sur la photo de la foule sur le pont : 3500 habitants turcs de Kovatchevitsa, en 1903 ont été exilés. La photo a été prise sur le pont métallique de Pazarjik sur la Maritsa. Il planait dans ce village un air d’absence, d’exil. C’est celui des turcs qui vivaient là. Pourtant dans le village voisin, il y a une belle mosquée, les femmes portent foulard et pantalon bouffant. Pourquoi ce village a-t-il été vidé et pas l’autre ? Peut être ne sont –ils pas turcs mais bulgares musulmans ?

Aux abords de Gotse Devhev nous passons devant le site de Nicopolis ad Nestum, il n’est pas étendu. Il reste une colonnade et les fondations de quelques bâtiments.

La vallée est cultivée soigneusement : maïs, cornichons, vigne. Des panneaux géants font la réclame du Uva Nestum (vin). Nous traversons Gotse Dechev sans vraiment nous en apercevoir. La route s’élève en lacets à l’assaut du Pirin. La chaussée vient d’être refaite, traversant une forêt de pins j’observe l’arénisation du granite. De grosses boules de granite sont au milieu du sable clair et menacent de tomber.

Le col est marqué par une statue géante d’un moustachu marital, un fusil à la main. Des gerbes de fleurs se fanent sur le socle. Est-ce Popov ? Des bungalows et des hôtels sont dispersés dans les pins. La descente sur l’autre versant est interminable. J’observe des affleurements d’une roche très blanche très lisse comme du marbre.

Balkania nous a fourni une carte avec l’itinéraire passant par la montagne et le village de Pirinà 2km de la route principale. C’est un beau village. Ici aussi les granges de plantes disjointes sont alignées à l’entrée du village ou perchées au dessus des maisons tandis que ces dernière crépies de blanc, toit rouge s’entassent dans la vallée. Sur la place 8 hommes sont alignés sur un banc. Je leur demande le chemin de Katchina. Ils nous font signe de retourner d’où nous venons. Pourtant la route figure sur la carte routière. L’épicière sort. Elle ne parle que le Bulgare mais elle est plus dégourdie que la collection de pépères qui fument sur la place.

–          « Katchina ! Ce n’est pas pour la voiture ! » Elle me montre la piste poussiéreuse. « C’est pour aller à pied ! Karta ? »

Je vais à la voiture la chercher.  Elle me dicte l’itinéraire :

–          « Katuntsi – Melnik »

pyramides de Melnik

On reprend la route neuve. Nous avons pris trop de mauvais chemins. Le GPS reprend du service et nous conduit dans des villages vinicoles. Des « châteaux » tout neufs s’élèvent dans les vignes.  L’un d’eux s’appelle Vinograd. On passe Melnik sans le voir. A l’arrivée à Rojen, nous découvrons les pyramides : figure d’érosion dans la falaise gréseuse – grès ou sable consolidé – jaune dans l’ensemble. L’observation plus fine montre des bancs plus blancs. Ces pyramides sont des sortes de cheminées de fées sauf que les cheminées de fées des moraines des Alpes sont un chapeau fait d’un bloc bien visible alors que dans le cas présent les pyramides sont surmontées de végétation, arbres et buissons. Les arbres avec leurs racines protègent une surface bien supérieure à celle du rocher des colonnes coiffées.

la forteresse des Assen et un pique-nique raté

CARNET BULGARE

Eglise byzantine face à la forteresse des Asen

Les fontaines, dans cette région sont malheureusement souvent à sec.Nou trouvons un emplacement pique-nique organisé  : parking, fontaine, table et bancs, poubelle. Une chatte maigrelette aux mamelles gonflées attend les pique-niqueurs. Nous avons toujours la salade de pommes de terre d’ hier. Malheureusement le « thon » est un poisson infect entre maquereau et sprat, cuisiné avec des tomates, des cornichons, et une sauce grasse aux haricots. Dès les premières bouchées, c’est immangeable. Nous donnons la salade tant attendue à la chatte.

Nous partons à l’assaut de la Forteresse des Assen sur son piton rocheux à l’entrée du défilé. Il ne reste pas grand-chose du château fort, plus ancien que l’époque du deuxième empire bulgare. Les Byzantins avaient fortifié la place au 9ème siècle, pour surveiller la route vers la Mer Egée. Les Asen ont complété les fortifications. Il faut vraiment grimper sur place pour deviner l’emplacement des murs et des pièces. Ce qu’on voit de loin, perché sur un rocher, c’est la belle basilique byzantine qui domine fièrement le paysage, très rénovée, malheureusement fermée.

J’ai toujours le goût de l’ignoble poisson dans la bouche pendant le chemin du retour. Au lieu de goûter les spécialités de la cuisine de Svetlana, je réduis le dîner à un yaourt et un coca-cola. Je m’en tire bien : la boite de conserve était périmée depuis 2008 !

Notre hôtel : maison des rhodopes

Pendant la fin de l’après midi, sans qu’on y prête attention, les nuages se sont accumulés. Pendant le dîner, l’averse tombe dru. Svetlana et son  mari se lèvent. Enfin ! Il n’avait pas plu ici depuis deux mois. Les fontaines étaient à sec ; pourtant la végétation n’avait pas l’air de souffrir.

Jeravna et Kotel

 

CARNET BULGARE

dans la campagne


Eglise Saint Nikolai

Elle n’est ouverte que le matin, à 9h30 sa visite est gratuite mais pas la collection d’icônes (2levas).

Elle est vaste pour une église de village. Un  tilleul séculaire dans la cour.  Son iconostase est surtout remarquable avec quelques dorures mais pas trop bleue avec un décor baroque floral avec des fleurs en camaïeu rose au dessus des icones des saints, sur fond bleu. La chaire est bleue ainsi qu’un baldaquin décoré de pampres qui a l’air de reposer sur des renards (lions ?), le plafond est bleu à caissons.

Le musée des icônes mérite la visite, les plus belles datent du 18ème siècle.

La route goudronnée se perd dans les pavés de Jeravna. Au lieu de prendre la direction de Kotel nous descendons à travers une belle forêt de chênes et découvrons une rivière paresseuse entre des rochers de grès et un village Katuniste. Nous sommes perdues. Un berger, bâton à la main, suit la rivière, son troupeau de vache se trouvant sur l’autre rive. Je le poursuis avec la carte. Il fait mine de ne pas me voir. Je cours. Avec des gestes, il me donne le chemin de Kotel. Nous avons fait un beau détour.

Kotel

L’entrée de Kotel est déprimante. Le long de la route, des usines, bâtiments en longueur, en ruine. Devant la porte de l’une d’elle flotte le drapeau bulgare. La ville moderne est d’une grande pauvreté, maisons crépies en gris, très peu de véhicules, pauvres pettis commerces. La seule entreprise paraissant florissante semble Western Union. Les gens doivent recevoir des mandats de l’émigration. Autres vitrines pimpantes : Globule et VIVACOM, la téléphonie mobile marche bien !Le petit marché sous un hangar couvert n’a que deux vendeurs : une grosse dame et un homme encore jeune mais édenté<; tomates, pommes de terre, cornichons, melons, poivrons, aubergines et courgettes, produits locaux. Seule exception : les bananes. Nous achetons un gros melon jaune, il n’y en a pas de petits. Ces melons sont exsangues, sans jus ni gout mais très odorants. L’odeur ne peut pas nous guider pour le choix. Celui-là sera aussi insipide que le précédent.

Des gitans d’une maigreur effrayante trainent autour de nous. Des mendiants ? Ils n’insistent pas.

 

Un peu excentré : un  quartier de maisons de bois, plus touristique avec le Musée des Kilims et les Musée ethnographique…

Musée des Tapis

Les murs d’une grande salle sont couverts de kilims de grande taille aux motifs végétaux traditionnels : roses rouge et roses et « écorce de pastèque ».A l’étage, des tapisseries contemporaines : copies d’icônes avec une dextérité remarquable dans les nuances ; D’autres tapisseries sont des copies de tableaux historiques, je photographie Asparouh ; il y a même une imitation des glaneuses de Millet.

Panthéon Rakovski

Panthéon Rakovski

La vaste place de l’Hôtel de Ville semble dater d’un temps ou Kotel était plus florissante. Un monument de granite, vitraux et bronze est pompeusement appelé Panthéon Rakovski . Il fut édifié en 1981 en l’honneur du 1300ème anniversaire de l’Etat bulgare. On descend par un escalier de granite pour découvrir trois salles très bien aménagées : sculptures sur bois, rampes de bronze soignées.

Dans la première salle on a  reconstitué une classe d’école primaire avec bancs et pupitres, estrade et bureau de l’instituteur, matériel pédagogique, dé avec des lettres cyrilliques, mandolines, cartes anciennes. A côte, des livres de prière, évangiles et photo de l’église Saint Stéphane d’Istanbul.

2ème salle, dédié elle aussi aux pédagogues:

un panneau traduit en anglais raconte :

Au 19ème siècle  le besoin d’éducation s’est fait sentir ; le Gouvernement Ottoman n’a pas mis en place de système éducatif en Bulgarie. En même temps une opposition se déclarait avec l’Eglise grecque  qui forçait les chrétiens à utiliser la langue Grecque. Les Bulgares se sont donc organisés eux –mêmes. Deus natifs de Kotel Néophyte Hilendarsky et Peter Baron se sont engagés dans cette entreprise d’éducation dès 1835. Néophyte Hilendarsky était passé par le Mont Athos tandis que Baron ayant fit des études de médecine à Munich a écrit le premier livre de sciences en bulgare. Comme il parlait 9 langues, il a entretenu une correspondance avec les scientifiques européens notamment Humboldt.

Le cœur de Baron est exposé (dans de la résine). Nous sommes bien dans un  Panthéon !

La 3ème salle est dédiée aux Rebelles :

Au temps de la grande Catherine, la Russie avait fait le plan d’aider l’Orthodoxie dans l’Empire  Ottoman. Pendant les Guerres russo-turques en 1806, 1812, 1828 et 1829, la Guerre de Crimée, l’armée russe comptait un corps de volontaires bulgares contre la T5urquie. En 1821, en outre il y eut un soulèvement. 

La salle 4 est celle des Révolutionnaires, dédiée à Rakovski,

Rakovski, héros local, écrivain, journaliste, poète, historien et ethnographe. Il a fait ses études à Istanbul . Condamné à mort, il s’évade et gagne la France avec un passeport grec. Revient à Kotel en 1843. A nouveau emprisonné à Istanbul jusqu’en 1847, il meurt de la tuberculose à Bucarest en 1867

Ainsi renseigné, on pénètre dans la crypte om se trouve la tombe de Rakovski. Une statue, des vitraux, une chapelle laïque construite par le pouvoir communiste, très solennelle, très minérale.

Ce monument s’intègre bien devant la grande mairie sur la grande place, témoignant d’une certaine opulence. Au temps où les industries de la vallée tournaient ?

Place avec hôtel de ville

Nous terminons la visite de Kotel par une pause à la terrasse d’un café sous de magnifiques tilleuls. Il fait merveilleusement bon. Le café frappé est mousseux à souhait. La Mastika a remplacé l’Ouzo, bulgare, elle est moins chère que l’Ouzo importé de Grèce.

Après midi farniente, dessin, cahier. Les vacances sont aussi faites pour cela !

Nessbar : cartes anciennes &églises

CARNET BULGARE

briques roses et vernissées du Pantocrator

Avant que la foule n’envahisse les petites rues et que le soleil ne chauffe les pierres, la promenade dans Nessebar est agréable. Nous découvrons des ruelles préservées des marchands et des placettes calmes.

Première visite à l’Eglise du Pantocrator située sur la place principale en face de la Poste. De l’extérieur, l’église est décorée de tessons vernissés vert clair et de croix en céramique vert foncé (creuses) en lus des mosaïques de pierre et briques des autres églises. Plusieurs rangées de pièces vernissées brillent sous le soleil. L’église a été transformée en Galerie d’expositions.

L’exposition actuelle : Cartes anciennes  est passionnante. La plus ancienne est un fac-similé d’une copie du 13ème siècle d’une carte des routes romaines du 4ème siècle. Méditerranée et Mer Noire sont très étroites tandis que les côtes sont dilatées latéralement. Aux nord, des pointes alignées : limes ou Carpates ?

Un portulan du 14èmedécrit le Pont Euxin et toutes les colonies grecques dispersées sur son pourtour. Une carte italienne de 1393 montre Bulgarie et « Romania ». Curieusement, Romania n’est pas la Roumanie actuelle au nord de la Bulgarie mais toute la thrace jusqu’à l’Egée et le Mont Athos.

1684, la Carte de Giacomo Cantellido Vignola représente la Bessarabie peuplée de Tatari di Budzlak au nord du Danube et Tatari di Dobruss- sujjetti al turco ainsi qu’un royaume de Bulgarie( ?)

1737  le Royaume de Bulgarie s’étendant de Bourgas jusqu’au nord du delta du Danube me laisse perplexe, ces territoires étant restés ottomans jusqu’à la fin du siècle suivant.

1744 Nessebar est encore mentionnée sous son ancien nom de Messembria.

Saint Jean Alithurghetos

L’église Saint Jean Alithurghetos (14ème ) regarde la côte sud au dessus de l’amphithéâtre. Elle est bien ruinée. Sa décoration, jeu de pierres et briques, en croisillons, est très élaborée.

Saint Stephane

Saint Stéphane  est la plus belle église. Dans le narthex, le Jugement Dernier avec son fleuve rouge en diagonale séparant ceux qui vont au paradis de ceux qui vont en Enfer est classique. D’habitude l’enfer est plus amusant. Avant la conquête turque les fresques étaient à l’air libre. Ce sont les Ottomans qui reconnaissant la force de la fresque la firent enfermer  et gommer  les visages  et effacé l’enfer au 17ème siècle. L’intérieur est couvert de peinture. La Dormition de la Vierge est magnifique, les anges soulèvent des petits nuages avec des têtes. . Lazare est entouré de bandelettes comme une momie. Pour la Pêche miraculeuse, on remarque le barbecue dans un coin..Ces fresques sont très expressives avec beaucoup de mouvement. En revanche la rangée des saints debout au registre inférieur, sont hiératiques.

Shoumen, mosquée, forteresse, monument des Fondateurs de la Bulgarie

CARNET BULGARE

Malheureusement la mosquée Tombul est en ravalement


Cherchant Pliska, on se retrouve à Shoumen, grande ville aux barres et aux tours modernes, quartiers peu engageants. Où se trouve donc la Mosquée Tomboul ? Il faut chercher les quartiers anciens. Il est 13h par plus de 35°, personne à qui demander son chemin. Au hasard, à la sortie de la ville, près des collines, surgit le minaret fin minaret turc comme un crayon taillé. Malheureusement la coupole célèbre, renflée, est en travaux sous des échafaudages. L’accueil est bon enfant, ni voile, ni burnou, ni casier à chaussures. Je n’ai rien sur la tête et les bras découverts. « no  problem ! » dit le jeune homme qui vend les tickets (4levas) et qui me donne un commentaire en français polycopié sous plastique. Construite en 1744, c’est une mosquée baroque décorée par les meilleurs artistes. Décoration florale, camaïeus, paysages, elle serait très belle sans tous ces tubes métalliques. Des tapis et kilim tapissent la cour autour de la fontaine des ablutions qui doit être fonctionnelle puisque des serviettes- éponges y sont étendues ce qui n’arrange pas les photos. De petites coupoles argentées à la mode turque coiffent les bâtiments bas.

la forteresse de Shoumen, au loin on aperçoit le Monument des Fondateurs

Une route monte  à l’assaut des collines boisées. La forteresse de Shoumen se dresse à 473m. La tour carrée de pierre blanche guette. On peut en faire le tour. La vue est très étendue malgré la brume de chaleur ? En face se dresse le Monument des Fondateurs de la Bulgarie . le mur d’enceinte de la forteresse a été restauré récemment. Il est en pierre blanche sans aucune patine. A l’intérieur de l’enceinte tout l’espace est occupé des fondations des bâtiments, églises et maisons. Cette colline fut occupée depuis le 5ème   siècle av JC : Thraces, Gètes, romains, Byzantins (5ème -7ème ) s’y sont succédés. Le musée minuscule est décevant à moins de lire le bulgare.

Asparouh, le fondateur

La route qui rejoint le Monument des fondateurs de la Bulgarie, au sommet de la colline passe par un frais sous-bois d’épais feuillus. De l’eau glacée sourd des fontaines. On oublie la canicule (avec la climatisation de la voiture). A la caisse, la dame parle très bien Français. Elle st contente de me raconter son voyage dans le Midi, Marseille, Aix, Avignon. Les billets spéciaux destinés aux étrangers ressemblent à des diplômes :

« UN BILLET POUR UN VOYAGE DANS LE TEMPS »

Le monument date de 1981. Des cubes monstrueux coiffent la colline. On les prendrait pour des hangars superposés plus que pour une œuvre d’art. Du plateau, on descend un escalier monumental pour pénétrer à l’intérieur de la construction. Une sorte de faille verticale isole un bloc quasi vertical recouvert de mosaïques noir, blanc rouge et dorée, d’un groupe de solides de béton aux formes géométriques, cristaux monstrueux portant des sculptures géantes de granite.

Le premier groupe représente Asparouh, le fondateur sur son cheval triomphant suivi d’un chien destiné au sacrifice. Sous le sabot du cheval, Orphée est en compagnie de 4 fées. Rappel du Célèbre Cavalier de Madara ? Le cheval est à peu près réussi. L’homme et ceux des autres groupes s’ispirent de l’esthétique Goldorak (ou Playmobil). Goldorak-Asparouh plante son glaive dans la terre « Ici, s’établira la Bulgarie ! »

Monument des Fondateurs de la Bulgarie

Le groupe suivant est la « galerie des Khans » Thervel (705) aida l’empereur Justinien, Khroum (803-807) atteignit Cosntantinople, Omurtag (815) fut le bâtisseur.

Les trois personnages verticaux allongés, sont encastrés dans le mur. Un peu plus loin, Boris 1er convertit la Bulgarie au christianisme. La mosaïque géante célèbre la diffusion de l’écriture slave « Âge d’Or » de Cyrille et Méthode, ce qui explique le fond doré.

L'Age d'Or : invention de l'écriture cyrillique

Si l’esthétique est contestable, le monument est pédagogique. J’ai maintenant de bons éléments de chronologie. C’est aussi un symbole du régime qui l’a fait édifier (1981) à rapprocher peut être du Palais monstrueux de Ceausescu à Bucarest.

Madara et la forteresse du kan Omurtag

CARNET BULGARE

le cavalier de Madara

A 9h15, nous voilà en route pour Madara par les chemins de traverse  dans  les cultures de framboises à grande échelle, les lavandes et le maïs alternant avec les tournesols. Sur les bas-côtés et dans les jachères les fleurs de chicorée bleues sont bien fournies.

Un écriteau marron signale la forteresse du Khan Omurtag(814-831) . Le chemin est très dégradé. Même les carrioles à cheval le parcourent avec prudence pour ne pas verser dans les nids de poule. Avec notre voiture neuve, nous roulons sur des œufs. Le kilomètre annoncé paraît interminable. Le site est bien là : les fondations de pierre d’environ 1.20m de hauteur, il y a de nombreuses pièces. Evidemment, pas d’explications, on n’y comprend rien. C’est passionnant de remonter dans le temps : de Véliko Tarnovo (12ème– 10ème) à Preslav (9ème – 12ème) nous arrivons au début du 9ème siècle.

On contourne Shoumen pour trouver la route de Varna et de là Madara. Il reste à montre 220 marches pour atteindre la base de la falaise où est gravé le Cavalier de Madara, cavalier bulgare du début du 7ème siècle suivi de son chien qui neutralise un lion. Le lion représenterait l’empereur Justinien, le cavalier le Khan Tervel(705).

Madara : grotte des Nymphes

De la plateforme sous le cavalier, un sentier conduit à la Forteresse. Quelle forteresse ? Je renonce pour descendre à la Grotte des Nymphes, la falaise moussue dégouline d’eau que les visiteurs recueillent dans de petites bouteilles. Du tuf se forme, les eaux ralenties par la végétation et chargées en calcaire cristallisent et forment une roche caverneuse. Un vendeur de souvenirs attire les promeneurs en sonnant de la cornemuse. . On aurait pu visiter un petit musée, voir les Bains bulgares mais nous ne les avons pas trouvés.

Pliska – première capitale de la Bulgarie, fondée par le Khan Asparouh en 681 – palais, Grand Palais, basilique… étaient à notre programme. Nous ne trouvons pas la route et il fait vraiment très chaud.

Veliko Tarnovo et Arbanassi

CARNET BULGARE

Veliko Tarnovo : Tsarevets la forteresse des Asen


Une soixantaine de kilomètres et une heure de route séparent Bojentsi de Veliko Tarnovo. Dans la ville, tout se complique ! Il y a des chantiers partout. La vieille ville est construite sur un éperon rocheux dans une boucle de la rivière. Les rues sont étroites, certaines très pentues. Il semble qu’on rende toute la vieille ville piétonnière. La circulation automobile est quasi-impossible. Nous ne nous y attardons pas et suivons les instructions du GPS programmé pour Arbanassi où se trouve notre hôtel, villa Tvorchevska. La patronne ne parle que Bulgare mais elle nous montre le luxe de ces lieux : un buffet avec  une fontaine réfrigérante et chauffante, on peut s’y servir d’eau glacée ou se faire soi-même un thé.

Notre chambre est luxueuse avec un petit ventilateur bien utile aujourd’hui. En bas, le thermomètre marque 36°C à l’ombre. La salle de bain toute carrelée de bleu marine donne une impression de fraîcheur. Le mobilier est en fer forgé, même le lavabo.

A peine sommes nous installées? que le ventilo s’arrête. Panne d’électricité générale ! Un feu de forêt est à l’origine de la coupure. Avions et canadairs tourneront jusqu’au coucher du soleil et même bien après. Heureusement le courant est revenu vers 18heures.

Pas d’électricité ! Pas de visites. L’église des Archanges Michel et Gabriel  aux fresques renommées est fermée ainsi que tous les musées d’Arbanassi. Nous retournons à Veliko Tarnovo et retrouvons les mêmes embouteillages et les mêmes travaux ! se garer n’est pas non plus les moindre problème. Ls différents musées historiques de la lutte des Bulgares pour l’indépendance ne m’inspirent pas ce soir. La Maison du Singe signalée par les guides est une maison rouge ornée d’une statuette, rien d’exceptionnel !

l'accès à la forteresse

lLa forteresse Tsarevets est située sur un pic rocheux. La rivière Yantra a creusé un véritable canyon. Les falaises forment des barres rocheuses. La vieille ville sur une sorte de presqu’île est reliée par un étranglement au nid d’aigle fortifié. Pas étonnant que les rois du Second Empire Bulgare Pierre et Assen en aient fait la capitale ! Entourée de murailles puissantes elle semble imprenable. Elle est pourtant tombée en 1393. Les restaurations des années 1980 ont reconstruit les murailles qui cernent complètement la colline ainsi que l’église Sveti Spas (Saint Sauveur) avec son haut campanile carré qui domine toute la ville et se voit de très loin. Tout cela est trop restauré à mon goût. La promenade des remparts, de 17h30 à 18h30 est très ventée.

col de Shipka

CARNET BULGARE

église de la Nativité

 

Au col de Shipka se déroula en 1878, une terrible bataille entre les Russes alliés aux Bulgares, et les Turcs . En souvenir des soldats russes tombés, on construisit une église russe, Eglise de la Nativité, au flanc de la montagne boisée. Ses bulbes dorés se voient de loin. Ils surmontent une église de briques peintes en rose avec des corniches blanches, très ouvragée avec balustres, pilastres, frises peintes ou vernissées. L’ensemble multicolore est très plaisant. De près, l’ornementation est simpliste, les matériaux peu raffinés et à l’intérieur, les fresques sont trop grandes, trop majestueuses pour être émouvantes.

concert de cloches

A 17h, chaque jour, on sonne les cloches.   Attente très agréable dans un parc, à l’ombre d’arbres immenses. Après cette journée bien remplie et très chaude, c’est parfait pour préparer les excursions du lendemain.

16h50, un pope, tous voiles noirs déployés, fait le tour de l’église en tapant sur la simandre : longue planche de bois d’une main, un maillet dans l’autre. La liturgie va commencer. Le gros pope s’agite derrière l’iconostase, entre et sort par les portes dorées. Deux autres popes chantent(très bien). A 17h , la grosse cloche s’ébranle, puis quatre petites et une moyenne. Les sonnailles sont un peu répétitives mais spectaculaires.

La montée dans la forêt vers le col de Shipka (1150m) est laborieuse. Les épingles à cheveux se succèdent, imposant une vitesse de 30km/h. On n’en finit plus de tourner dans les pins d’abord puis dans la hêtraie magnifique avec les fûts les plus grands, les plus droits que j’aie jamais vus.

Au col est érigé un monument (1934) pour commémorer la bataille de 1878 : une tour carré qui se voit de très loin, un canon abandonné près de la route. Exactement le genre de site que nous fuyons. Il ne manque que les statues géantes comme nous en avons vues plusieurs.

La vue doit être très belle.