Don Juan ou la vie de Byron- André Maurois

CHALLENGE ROMANTISME

Intriguée par le personnage de Byron, j’ai cherché une biographie. Celle de Maurois est fort agréable à lire, très bien documentée. L’atmosphère du début du 19ème siècle est particulièrement bien rendue. Maurois a également écrit Ariel ou la vie de Shelley, son contemporain et ami.

En prologue, l’auteur présente toute une dynastie de Lords Byron, tous un peu bizarres et excentriques. Les Gordon écossais, la famille de la mère du poète, sont différents, rigoristes, calvinistes. C’est en Écosse que George Gordon Byron  passera son enfance avant d’hériter du titre et du domaine de Newstead de ses ancêtres paternels. Si Byron était un enfant gracieux, il était aussi affligé d’une infirmité : ses jambes ne le portaient pas, il boitait. Il conçu de cette disgrâce un immense orgueil et une grande volonté : grand sportif, il compensait cette marche difficile par des exploits à la nage,  à la course et à cheval.

Brumes écossaises

Ses études, à l’école de grammaire d’Aberdeen, se poursuivirent à Harrow où il batailla pour s’imposer, puis au  Trinity College de Cambridge où son talent  de poète fut précocement reconnu.  George Gordon ne fut pas toujours un écolier assidu. Très jeune il tombait régulièrement amoureux, de Mary Duff,sa cousine à Aberdeen, puis de sa voisine d’Annesley, Mary-Ann, avec qui il passait ses vacances, amours impossibles, amours déçues.

Dépit amoureux ou air du temps, cynisme ambiant, entrainé par des compagnons de débauche, Lord Byron devint un Don Juan. Rien jusqu’alors n’annonçait le voyage en Orient, ni la participation à l’indépendance de la Grèce. Byron admirait Bonaparte en pleine guerre entre l’Empire et la Grande Bretagne, pour les idées libérales ou par provocation?

 

 

 

le 26 juin 1809, il s’embarque pour Lisbonne avec son ami Hobhouse plutôt pour fuir son ennui, ses dettes et l’Angleterre que dans un  but précis. Il prend contact avec l’Europe en guerre, à Malte il prend des leçons d’arabe puis passe par l’Albanie dont les montagnes sauvages lui rappelèrent l’Écosse, il rencontre le Pacha de Janina et sympathise avec ce personnage singulier, bandit, corsaire.C’est aussi en Albanie qu’il entre en contact avec l’Islam sans aucun préjugé. Il visite Constantinople,s’installe à Athènes, tombe amoureux de jolies athéniennes et surtout apprend l’Italien avec six jeunes ragazzi au couvent des Capucins, organise des matches de boxe, nage au Pirée, en Morée (Péloponèse) il attrape la malaria..Dilettante, sans aucun engagement politique. « Le fatalisme musulman avait renforcé le sien » note Maurois. « La multiplicité des religions lui avait enseigné leur faiblesse ».

Athèhes tour des vents

Il rentre en Angleterre renforcé dans le cynisme et l’indifférence à la chose publique, avec son poème Childe Harold qui lui gagne l’admiration des salons londoniens. Libre après le décès de sa mère, célèbre, il poursuit ses conquêtes féminines. C’est la partie de la biographie qui m’a un peu ennuyée. Je me perds  dans l’énumération des maîtresses de tout âge et condition, qui le poursuivent de leurs assiduités. Après la conquête, il se lasse vite…Augusta, sa demi-sœur sera la confidente. Et pas seulement, puisqu’elle mettra au monde une fille de Byron. Elle l’encourage à se marier : l’entreprise lui plait tout d’abord. Un riche parti serait le bienvenue, Byron est toujours ruiné. Il propose donc le mariage à Annabella Milbank « princesse des parallélogrammes » jeune fille cultivée, mathématicienne, croyante et naïve, pleine de bonne volonté.

 

Le mariage est un désastre. Lune de mélasse, Byron s’ennuie. Il tyrannise sa femme. Sa santé donne des inquiétudes. Annabella, Lady Byron, fait venir sa sœur Augusta. Curieux ménage à trois. A la naissance de leur fille légitime, Lady Byron et Lord Byron  se sont séparés. Des bruits courent sur ses amours incestueuses. Au scandale, Byron préfère l’exil. En 1816, en compagnie de Polidori, son  secrétaire et médecin, il passe par Anvers, le Rhin puis s’arrête en Suisse, près de Genève à la villa Diodati où il retrouve Shelley. Sa maitresse, Claire, amie de Shelley est enceinte et lui donne une troisième fille. Non loin de là se trouve le domaine de Coppet de Madame de Staël, la compagnie est agréable mais il passe en Italie. A Milan il fait la rencontre de Beyle qui lui parle de Napoléon.

C’est à Venise qu’il  s’établit, il continue sa carrière de Don Juan. Ses aventures vénitiennes sont plus agréables à suivre que celles de Londres. Ses maîtresses sont plus exotiques, l’un d’elle aurait même joué du couteau, une femme de boulanger, une autre, femme du  monde Madame Guiccioli réduit Don Juan au rôle de Sigisbée.Byron suit le couple à Bologne et à Ravenne. A Venise il a fait venir sa troisième fille Allegra et loge au Palais Monicego. L’adultère finit par l’ennuyer – comme le mariage en Angleterre – Il se mêle alors de politique et devient le chef des Carbonari de Ravenne? En 1820, les enfants de Ravenne proclamaient « Vive la Liberté » « Vive la République et mort au Pape »Il se mêle alors de politique et soutient les Carbonari de Ravenne, au désespoir du comte Guiccioli. Le scandale de l’adultère éclate et un procès éloigne Teresa Guiccioli.

(merci à Tilia de m’en avoir donné l’idée, j’ai copié)

« Byron avait jadis maudit et offensé ces brumeuses déesses, les conventions britannique ; il devenait par l’arrêt de la Cour Pontificale, la victime des conventions italiennes » note Maurois.

Exilés à Pise, les amants retrouvent les Shelley à Pise où décède le poète. C’est là que Mavrocaordato, le professeur de Grec de Mary Shelley apprend l’insurrection de la Grèce en 1821. Quand Mavrocordato avait rejoint les insurgés Byron avait déclaré « je veux retourner en Grèce et il est probable que j’y mourrai…. »

Pitt voyait les intérêts anglais dans l’intégrité de l’empire Ottoman mais  après 1823, un certain  nombre de whigs fondèrent un comité philhellène et envoyèrent  en Grèce Blaquière qui s’arrêta à Gènes voir Byron.  Ce dernier vit dans la libération de la Grèce une rédemption et embarqua le 13 juillet 1823 sur l’Hercule. Le 1er Aout, il mouille à Céphalonie – les Iles Ioniennes étaient sous protectorat britannique – Byron avait vendu son domaine de Rochdale, il était décidé de dépenser cette fortune pour la cause grecque.

les Grecs étaient divisés entre Colocotronis, Odysseus, Mavrocordato, les factions ne cherchaient pas à unir leurs forces. Byron était en faveur de Mavrocordato. Les Souliotes de Missolonghi demandèrent- à Byron d’être leur chef. La lutte s’enlisant à Missolonghi, il décida de prendre la ville de Lépante aux mains des turcs. L’expédition de Lépante fut une catastrophe, les Souliotes l’accusèrent même d’être un espion turc. première attaque de Byron, convulsions, épilepsie? Missolonghi tourne au cauchemard, les Souliotes assassinent un Britannique, menaces de peste, discordes en tous genres. Pour toute aide la Grande Bretagne expédie des bibles en grec moderne. Quelques jours après Pâques, très affaibli, Byron meurt.

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

15 réflexions sur « Don Juan ou la vie de Byron- André Maurois »

  1. Quel beau billet et par le contenu et par l’illustration! Je connaissais les scandales de la vie de Byron mais beaucoup moins son rôle politique en particulier en Italie! Etonnant qu’un anglais ait pu incarner ainsi la résistance des peuples italien ou grec!

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    1. @claudialucia : pour moi c’est juste le contraire. Je connaissais Byron comme héros de l’indépendance grecque (peut être pas si héroïque que cela) mais pas du tout ses amours scandaleuses et incestueuses.

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  2. Je me demande quel est l’autre nom de Mavrocordato, car un Mavrocordato(Constantin) a ete (plusieurs fois) Prince des Principautes Roumaines…

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  3. La riche famille Mavrocordat est originaire de l’ile de Chios. Ils ont quitte cette ile pour arriver a Constantinople ou ils ont habite dans le quartier Fanar et plus tard dans les Principautes roumains d’autre fois. Les plus importants pour notre histoire sont:
    – Alexandru Mavrocordat ;
    – Constantin Mavrocordat(27 Fevrier 1711 Constantinople- 23 Novembre 1769 Iasi, Moldavie) Prince de la Principaute roumain( six fois) et de la Moldavie(quatre fois)
    – Ioan Mavrocordat(23 Juillet 1684 Constantinople- 23 Novembre 1719 Bucarest) « Caimacan » de Moldavie et aussi prince de Muntenia(la partie sud de Roumanie)
    – Nicolae Mavrocordat (3 mai 1680 Constantinople-3 Sptembre 1730 Bucarest) Prince de la Principaute roumains( deux fois) et de la Moldavie(deux fois)
    Mais je vais faire des recherches pour savoir plus…

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  4. En tout cas, le resultat de la reigne de cette famille est que ces Princes « Fanariotes » ont cree une influence negatif(c’est la periode « noire » de l’histoire des Principautes roumaines) sur le territoire roumain et pendant leur reigne ils ont exploite tout(resources, population), au maximum. Ils ont devenu princes chaque fois par acheter/payer leur reigne directement au sultan de Constantinople. A la fin de chaque reigne, on aplique le dicton fameux: « Apres moi, le deluge ». Tous ceux qui ont venu ici au cours de siecles (et meme au present), ont aplique la meme chose…

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