Stefan Zweig : le monde d’hier

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Stefan ZWEIG – LE MONDE D’HIER – Souvenirs d’un Européen – belfond (531p)

Emigré au Brésil, en 1941, Zweig raconte ses souvenirs et retrace 50 ans d’Histoire, de la fin du 19ème siècle à la Seconde Guerre mondiale.

Il analyse l’évolution du « monde de la sécurité » dans la monarchie autrichienne ,. C’était le monde de son père, industriel juif d’origine morave,  où chacun connaissait sa place, s’enrichissait dans la confiance dans le Progrès, où la maturité et l’expérience étaient des valeurs sûres, où on ne faisait pas étalage de sa richesse.

A Vienne, au début du 20ème siècle, la culture était une valeur reconnue de tous, tout au moins dans la bonne bourgeoisie juive. La musique était à son apogée, l’art dramatique aussi, la poésie, la littérature n’était pas réservés à l’élite. Tout Vienne communiait aux grandes premières, aux concerts. Les lycéens se piquaient d’écrire des vers, et même les publiaient. C’est dans cette culture viennoise que se firent les années de formation de Zweig.

Cependant, il se garde bien d’idéaliser cette Belle Epoque : le système éducatif était peu adapté, l’école comparée à un bagne ou à une caserne, lieu d’apprentissage morne et glacé.  La pruderie de l’époque, la morale sociale et surtout le mépris dans lequel on tenait les contingences du corps, aussi bien en ce qui concernait le sexe que le sport, la séparation dans laquelle on maintenait les jeunes filles, l’extension de la prostitution, tout cela n’était guère épanouissant pour un jeune homme ou un adolescent.

Rainer Maria Rilke

Il est en Belgique en juillet 1914. La Première Guerre mondiale, séisme dans l’Europe a d’abord été accueillie dans un enthousiasme communicatif. Quand Zweig rappelle cet enthousiasme et le compare à l’ambiance qui régnait à la veille de la Seconde Guerre mondiale il écrit

« C’est que notre monde de 1939 ne disposait plus d’autant de foi naïve et enfantine que celui de 1914. Alors le peuple se fiait sans réserve à ses autorités ; personne, en Autriche n’aurait risqué cette pensée que l’empereur vénéré François-Joseph, le père de la patrie universellement vénéré[….]aurait appelé son peuple au combat sans y être absolument contraint… »

Zweig ne succombe pas au patriotisme, cette naïveté lui ait sans doute défaut. Il est trop européen pour mettre ses écrits au service de la propagande guerrière. Il voyage dans  un train-hôpital venant du front, rencontre des prisonniers russes et mesure l’horreur de la guerre.  Il se sent bien seul dans l’Autriche en guerre mais il met sa plume au service de la paix écrit sa tragédie Jérémie mais surtout correspond avec Romain Rolland  qui a écrit Au dessus de la mêlée et se trouve en Suisse. Cette rencontre avec Romain Rolland est un des épisodes qui m’a le plus intéressée.

Romain Rolland

Avec la fin de la guerre Zweig retourne en Autriche, s’installe à Salzbourg pour y assister à une grande misère, à l’inflation galopante, effondrement des fortunes traditionnelles, inflation qui se répétera en Allemagne, et qui sera un des ferments de la montée d’Hitler. Il est impatient de revoir le monde et conte plaisir de se sentir bien accueilli en Italie, pays ennemi pendant la guerre. C’est aussi le temps des succès littéraires de Zweig dont les œuvres sont traduites dans le monde entier et qui est reçu partout. La décennie1924 à 1933 est décrite comme une époque de tranquillité avant que ce seul homme bouleversât le monde ». Il visite la nouvelle Russie,  rencontre Gorki. Le Festival de Salzbourg entraîne avec lui un bon nombre de célébrités.

Gorki à Capri

Comment n’a-t-il pas vu le danger qu’Hitler représentait avant 1933 ? En tout cas, très tôt il a ressenti personnellement les effets du nazisme, les autodafés de ses livres. Une collaboration avec Richard Strauss pour un livret d’opéra tourna court : à la deuxième représentation tout fut annulé. Zweig prit assez tôt la mesure de la catastrophe et c’est déjà en 1933 qu’il quitta Salzbourg pour Londres et l’exil.

Zweig, biographe hors pair, de Marie Stuart, Fouché ou Erasme et tant d’autre excelle dans le Monde d’hier quand il relate ses rencontres avec Herzl, Rilke, Joyce, Rodin, Romain Rolland, Verhaeren, Freud. Ses portraits sont vivants, remarquables.

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Stefan Zweig : le monde d’hier »

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