Excursion en Trégor

RETOUR A ROSCOFF(2014)

 

Saint Jean du doigt: enclos paroissial
Saint Jean du doigt: enclos paroissial

 

Saint  Jean du Doigt

Nous arrivons à 10h, à l’heure de la messe, dans ce petit village ramassé autour de son église et son enclos paroissial. Les parkings sont complets, les familles entières se pressent. J’attends stoïque que l’arche de triomphe se dégage pour pendre ma photo. Une charmante fontaine se tient près de l’entrée, deux personnages figurent debout et trois étages d’angelots crachent leur jet par leur bouches rondes, joues rondes et visages arrondis, se pressant en guirlandes.

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L’enclos contient le cimetière actuel avec des tombes très fleuries à une semaine de la Toussaint. Un ossuaire se trouve sur un côté. De l’autre un curieux abri avec un toit très pentu en lauzes, un élégant œil de bœuf et à l’intérieur des boiseries sculptées de motifs naïfs et grotesques. L’église a été ravagée par trois incendies (le dernier en 1955), son clocher carré est sans grâce et l’intérieur assez classique. De beaux vitraux contemporains aux motifs de plomb très légers éclairent l’intérieur. Une dame est très choquée que nous nous dépêchions de sortir avant que ne commence l’office. Au fond une bâtisse imposante avec une tourelle était peut être l’ancien presbytère.

Pour un si petit village, l’enclos est vraiment très grand. » La richesse de Saint Jean du Doigt tient plus à son pèlerinage qu’au lin « peut-on lire sur le cartel émaillé sous le porche. La relique d’une phalange de l’index de Saint Jean Baptiste a donné son nom au village et attirait de nombreux pèlerins.

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Le bar fait aussi épicerie. Il est ouvert le dimanche.

« Le chemin des moulins » fait un petit circuit dans les maisons fleuries. Un ruisseau, mais pas de moulin !

Le sentier côtier de Plougasnou vers Guimaec

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Quelques kilomètres plus loin, une plage rectiligne est bordée par la route. Pour trouver le GR il faut monter vers un parking. Dès que je découvre l’escalier glissant, je retourne chausser les chaussures hautes et prendre le bâton télescopique. L’été est bien fini, il est temps de penser au Goretex et à la cape de pluie !

Le  parcours est très sportif. Le sentier court à mi-pente mais pratiquement jamais à plat. Dès qu’on a descendu la pente pour franchir un petit pont de bois, il faut remonter presque au niveau de la route pour contourner une falaise puis redescendre illico. Le bâton est indispensable : en montée pour me hisser en descente pour m’assurer. Sans lui j’aurais trébuché et glissé. Non seulement c’est du sport mais aussi des montées d’adrénaline. Le paysage est rude : je marche dans les fougères déjà roussies et les ronces. Seules fleurs, les ajoncs bien piquants. En dessous, les vagues s’écrasent sur les rochers bruns.

moulin
moulin de Trobodec

Le paysage est différent de celui du Léon avec ses champs de choux et d’artichauts à perte de vue. Ici c’est plutôt le bocage. Haies vives, châtaigniers, chênes moussus, prés où paissent des vaches noires et blanches. Les légumes se cultivent dans de grandes serres de verre. Il y a bien sûr toujours des artichauts mais dans de plus petites parcelles. Les fermes sont dispersées dans la campagne dans un dédale de petits chemins et d’impasses à l’arrière  des pointes rocheuses.

A Prajou on peut visiter un Musée rural – que nous zappons. Non loin se trouve la petite route du Moulin de Trobodec où nous avons décidé de déjeuner. Un petit parking, une pelouse avec 5 tables à pique-nique en ciment, une stèle commémorative. C’est en effet un lieu de mémoire. En 1944 en relation avec la Résistance on prépara ici le Débarquement allié. Sur la stèle de granite, le drapeau tricolore et le drapeau anglais, croix rouge sur fond blanc. On serait bien assises mais on ne voit pas la mer. Il faudrait descendre sur la plage en contre-bas. Les écoliers de Guimaëc ont rédigé un panneau : un galet retourné, une maison cassée exhortant les touristes à remettre en place les cailloux soulevés pour sauvegarder l’habitat de la petite faune des rochers, ceci dans le cadre des « 1000 gestes pour sauver la planète ».

Le Moulin de Trobodec

moulin de Trobodec
moulin de Trobodec

Encore un lieu de la Résistance.

Le moulin a été restauré en 1989 et semble presque en état de moudre le grain. Sa grande roue est encore là, la rigole par où on peut dériver le ruisseau pour l’actionner est en bon état. Il ne manque que le meunier.

L’endroit est charmant. Les hortensias bleus fleurissent le mur. Un petit pont de boi franchit le ruisseau.

Nous déjeunerons un peu plus loin sur la plage de Poul rodou.  Près du parking, sur la Place Léo Ferré, un sympathique café propose aussi des livres. Café-libraire, voilà qui est bien sympathique surtout sous le patronage de Léo Ferré !

Il reste du pâté aux pommes caramélisées, délicieux avec le pain aux céréales, une salade de courgettes grillées plus méditerranéenne que bretonne et nous terminons classiquement avec des petits babybel et de la crème Montblanc.

De nombreux promeneurs avec du matériel de pêche à pied et de gros chiens noirs vont jusqu’à l’eau, très loin à marée basse. Après le déjeuner je me promène dans les rochers faisant l’inventaire de la faune observable. Sur des rochers noirs, schisteux, se sont installées des moules. Un peu plus loin, les moules sont galeuses le rocher est encroûté de balanes. Les patelles sont aussi très nombreuses les plus petites ont une jolie coquille, les grosses sont recouvertes de balanes. Il y a aussi des bigorneaux et d’autres gastéropodes. Les algues sont très variées. Cette année, pas de marée verte ; les ulves sont rares. Il y a en revanche du goémon, des laminaires et ces jolies algues rouges qui font penser à du corail. Dans les petites flaques la vie semble figée à marée basse, tandis que dans les grandes alimentées par des cours d’eau je vois nager petits poissons de sable et crevettes. Les anémones de mer sont nombreuses mais toutes refermées.

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Il est temps de reprendre le sentier côtier pour rejoindre le Moulin. Moins escarpé par ici avec des passages très humides où les arbres sont moussus et où d’innombrables champignons blanchâtres à la forme de girolles décolorées tapissent le sol.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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