Oussouye : « les termites nous fatiguent » et autres fétiches, Mathias « l’homme aux oiseaux ».

CARNET DE CASAMANCE

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termitière

Les termites nous fatiguent

Bonfils nous dit que les animistes ne détruisent pas les termitières. Ils considèrent que leurs ancêtres y ont élu domicile. Mais « les termites nous fatiguent ». Les mangent les toitures de chaumes des cases, qu’il faut remplacer souvent.

« Il faut demander aux ancêtre de changer de résidence »

L’autre solution est de couvrir les cases de tôle. De plus en plus les tôles remplacent le chaume. Elle n’isle pas de la chaleur mais dure plus longtemps.

Rônier – colatier – fromager

Rôniers : j’ai déjà écrit sur  les hauts Palmiers à sucre d’après les explications d’Idrissa

Colatier : donne la noix de cola

Fromagers : Ils  sont plantés quand on est perdu dans la forêt ces hauts arbres signalent les villages. On utilise leurs racines aériennes spectaculaires pour faire des portes.

Fêtes et Fétiches

Fétiche familial
Fétiche familial

Bonfils nous conduit au pied des fromagers sur la place du village où se déroulent les fêtes. Cette place est électrifiée, on a retiré les globes. Les arbres sont entaillés : suand les jeunes dansent les vieux donnent des coups de coupe-coupe aux troncs pour montrer encore leur vigueur.

Il nous montre le fétiche familial où l’on sacrifie à la naissance d’un enfant 1litre de vin de palme et de la farine pilée pour faire part de la naissance. C’est aussi là qu’on disposera les affaires du défunt pendant une semaine diola qui ne dure que 6 jours « l’âme viendra récupérer son bien » ensuite les vivants se les partageront. La quantité de vin de palme varie avec l’âge du défunt. Si c’est une personne âgée on apportera beaucoup de vin et on fera une grande fête.

Un crabe décore le fétiche. Il y  a  à côté une calebasse et une louche pour boire avec un très long manche pour ne pas souiller  le vin.

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Sous un abri se trouve le Bombolong : le gros tambour fendu en tronc de caïlcédrats (bois très dur) – tamtam-téléphone qui annonce les décès et autrefois les batailles inter-villages. « des naissances, l y en a tant qu’on ne prend pas la peine de les annoncer ! ». Pour les mariages, on fait des cérémonies collectives, toute une génération se marie en même temps. Maintenant, on s’unit au cours des fêtes religieuse.  A la messe de minuit on apporte les bagues.

Le sculpteur

Mattias Latta est « l’homme aux oiseaux » il les sculpte avec une précision ornithologique. D’ailleurs posé sur une marche je vois le Delachaux Niestlé,  une référence scientifique. Mattias montre l’oiseau sur le livre et le compare à sa sculpture. Je lui achète un Souimanga nectaria cuivré, cet oiseau vit dans la forêt et mange le nectar des fleurs, il y a aussi d’autres espèces de Souimanga,, certains sont violets. « les tisserins sont très méchants » ils font des ravages dans les rizières. On doit utiliser un bâton ou une fronde pour les chasser.

souimanga de mathias
souimanga de mathias

Mathias ne sculpte pas que des oiseaux, il a aussi reproduit le ferry qui relie la Casamance et Dakar et s’amuse de le peupler de nombreux personnages. Le profil de ses figurines africaines reproduit la carte de l’Afrique, il y en a même des blancs pour les maghrébins et les blancs d’Afrique du sud.

Près de la maison de Mathias, Bonfils trouve une houe de forme spéciale pour labourer dans les rizières, il m’en fait la démonstration.

Pour construire une maison en banco on utilise la terre de la maison qu’on remplace. Ici, ils ont fait des fondations de ciment pour lutter contre les termites. Des hommes mouillent la terre, façonnent des boules de boue qu’ils entassent dans une brouette puis ils lancent les boules au maçon qui sont écrasées avec les mains mais aussi des tasseaux de bois. Ils sont munis d’un niveau à eau, 4 maçons professionnels seront remplacés par des charpentiers pour la charpente en rônier et le plafonnage.

Derrière la station-service Mor connaît un très bon restaurant. Les tables sont à l’ombre d’une tonnelle, très fraîche. Plat du jour : Tieboudiène délicieux. Non seulement le poisson est bon, mais la sauce est très abondante, les légumes variés, aubergines, manioc, oignon (on n’y coupe jamais) . J’aime surtout le tamarin qui donne un goût spécial acidulé.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Oussouye : « les termites nous fatiguent » et autres fétiches, Mathias « l’homme aux oiseaux ». »

    1. @claudialucia : le chaume en plus d’être esthétique est un excellent isolant, pas la tôle sous laquelle on a très chaud, il faut alors faire un double plafond ce qui n’est pas toujours fait.

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