La Romancière et l’Archéologue – Agatha Christie Mallowan

VOYAGE EN ORIENT

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incipit :

« Ce livre est une réponse? Une réponse à une question que l’on m’a posée très souvent :

-Ainsi vous faites des fouilles en Syrie, n’est-ce pas? Vous devez tout me raconter. Comment vivez vous là-bas? sous la tente? « 

Point de mystère, point d’enquête à la Agatha Christie, point de leçon d’archéologie, nous en apprendrons bien peu sur les civilisations assyriennes ou hittites, sur les anciens qui ont bâti les villages enfouis sous les tells . En revanche, nous partagerons le quotidien des archéologues et des ouvriers employés pour les fouilles, ainsi que les villageois qui les entourent. 

C’est un récit très réjouissant, le sourire ne m’a pas quitté de tout le week end. Humour britannique garanti, figures pittoresques, épisodes cocasses. Avant de prendre l’Orient Express, il faut faire les valises, et les courses. Agatha Christie se décrit en délicatesse avec les fermetures Eclair, aux prises avec un bataillon de souris, ou découvrant les joies du camping. C’est toujours très drôle.

Elle décrit avec vivacité toute la petite société qui gravite autour des fouilles : les domestiques, chauffeurs ou cuisiniers qui seront leurs compagnons pendant plusieurs saisons, jamais stylés mais toujours inventifs, les ouvriers, les fonctionnaires, postiers, banquiers ou douaniers, les autorités françaises (la Syrie est sous mandat français). Et bien sûr des chiens, des chevaux …

A Palmyre, peut être ont-ils raté de  peu  Ella Maillart et Anne Marie Schwarzenbach? (rencontrées à nouveau dans la Boussole d’Enard). Ils passent cinq saisons à la frontière avec la Turquie dans des contrées dont nous ne connaissons les paysages aujourd’hui que dévastés par la guerre. Population d’origines variées, villages arabes, kurdes, arméniens ou yezidis. Sa description des femmes kurdes très libres me fait comprendre mieux les combattantes kurdes actuelles. Ils sont passés par Raqqa, maintenant triste capitale de Daech, alors « cité entièrement préservée », ville ravissante avec ses briques de boue aux formes orientales« sans électricité ni hôtel capable d’accueillir des occidentaux. C’est donc un pittoresque voyage dans des endroits que je ne suis pas prête de voir de mes propres yeux.

Dans un épilogue écrit en 1944 elle conclut :

« j’aime ce pays fertile et paisible, le naturel de ses habitants qui savent rire et apprécier la vie, qui sont indolents et gais, dignes et bien élevés, dotés d’un grand sesn de l’humour, et pour qui la mort n’a rien de terrible »

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

8 réflexions sur « La Romancière et l’Archéologue – Agatha Christie Mallowan »

  1. Je me le note car adolescente j’ai eu une période égyptienne et m’intéressais notamment à tout ce qui était fouilles, navigation sur le Nil… je retrouve dans ta description certains aspects que je recherchais particulièrement à l’époque. Même si le lieu diffère, le sujet a tout pour me plaire.

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    1. @Lou : pour la période égyptienne je te recommande plutôt (et dans un autre siècle) Un hiver sur le Nil de Stattin qui raconte le voyage de Florence Nightingale et deFlaubert

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