De Gjirokastër à Saranda en passant par la source Blue Eye et Mesopotam

CARNET DES BALKANS/ALBANIE

Brume du petit matin

 

Le long de la route qui va en Grèce, les villages se blottissent à mi pente. Les noms sont grecs, les pancartes en grec, les petites églises, orthodoxes. Pour demander notre chemin, c’est plus pratique « kalimera », » Yassas », je me sens moins empruntée qu’avec un » Hi « en globish !

La route grimpe pour franchir le massif montagneux; On n’a pas seulement changé de région, mais aussi de saison. Les herbes de la montagne sont desséchées, les sauges, fanées mais la colline exhale de senteurs qui me grisent. La petite route s’insinue dans une étroite vallée. Un cantonnier arrête la circulation, brandissant, à l’envers, un panneau écrit en anglais , prévenant de travaux sur la route. Vitesse maximale autorisée 10km/h. Des rectangles de goudrons ont été enlevés pour réparer les nids de poule. En attendant la réfection, de grandes portions  sont inutilisables.

Syri i Kalter

Blue eye

 

Syri i kalter, “l’œil bleu” se trouve à l’extrémité d’un joli petit lac triangulaire encaissé dans la montagne. Il est surmonté, ce matin d’un halo de brume qui se dissipe. Je remarque une curieuse installation hydraulique au niveau du barrage. Après le péage il reste un bon kilomètre de piste que j’ai cru bon de faire à pied espérant ainsi suivre le lac. Déception, la piste est séparée du bord de l’eau par des arbres touffus, la route est poussiéreuse. L’ »œil bleu » est une résurgence dans le massif karstique,  l’eau surgit à gros bouillon d’une profondeur de 45-50m, le mouvement de l’eau est fascinant comme la couleur turquoise.  Autour de la rivière, la végéation est verdoyante, presque une jungle. Un panneau signale qu’elle est fréquentée par des loups et des chacals. Nous observons plutôt de belles libellules bleues. Un restaurant a installé ses terrasses dans l’eau. Comme à Drilon, à Tushemisht,  « du temps du communisme » l’endroit était réservé aux cadres du parti. Partout, des cascades naturelles ou artificielles procurent une sensation de fraîcheur ? Il y a même des bungalows pour ceux qui souhaiteraient y passer le week- end.

Mesopotam : monastère saint Nicolas

C’est ici que la rivière Bistrica prend sa source, elle ne fait que 25 km et se jette dans la mer ionienne près de Saranda. Elle est canalisée près d’une centrale électrique. Nous la suivons et arrivons à Mesopotam dont le nom évoque la  rivière, surtout célèbre pour le Monastère de Saint Nicolas qui se trouve à l’entrée du village. Une piste de quelques centaines de mètres qui passe près du cimetière du village mène au monastère dont il ne reste debout qu’un pan d’une large tour, campanile ou tour de guet, des ruines qui correspondent peut être aux bâtiments conventuels et le katholikon. Un panneau explique que l’architecture est remarquable avec ses deux nefs accolées, ou l’on aurait célébré les deux cultes, hypothèse selon le Petit Futé de l’union des deux courants de l’Eglise, qui aurait donné le nom au village ? Les fresques célèbres sont invisibles. L’église est fermée « pour restauration » ce qui n’empêche pas le gardien de prélever 100 lekë pour qu’on ait juste le droit d’en faire le tour. Sur l’abside on voit de jolis bas-reliefs représentant des dragons sculptés dans un calcaire blanc très fin.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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