la Valette – (1) Co-Cathédrale

CARNET MALTAIS

Jean Parisot de La Valette

Valletta ou La Valette ?

J’ai eu des incertitudes à Victoria parfois orthographiée à l’italienne Vittoria. Victoria est nommée d’après la Reine Victoria. La Valette est nommée d’après son fondateur  Jean Parisot de la Valette, Grand Maître de l’Ordre de Malte, qui décida de fortifier la presqu’ile de Sciberas après le Grand Siège  et qui confia l’édification de la ville à l’architecte Laparelli. La graphie française de La Valette est donc celle que j’adopterai.

En route

18 km séparent Qawra de la Valette, d’abord par une route à 4 voies le long des salines et de la mer, bien roulante et agréable jusqu’à Un MarineLand qui ne nous inspire pas mais qui est proche d’une plage possible. Ensuite au niveau de Pembroke au nom bien victorien et aux constructions coloniales, le trafic se densifie, la route plus étroite, et c’est l’embouteillage! Ronds points et feux rouges se succèdent. Vers San Giljan, les immeubles deviennent plus hauts, plus serrés. Il y a même une tour haute et mince comme un crayon qui dépasse les autres constructions. Après un tunnel,  nous retrouvons la mer le long d’une marina, le port de Marsamsett, aux yachts nombreux et luxueux.

Rapidement, les fortifications de La Valette sont sous nos yeux, et l’on se gare dans un parking situé dans les fossés à Furjana ou Floriana. Le parking et la Gare routière sont tout près, mais un vaste chantier sépare la ville close de Furjana. Je passe devant la fontaine des Tritons sans même la voir, comme je rate l’effet spectaculaire de l’entrée de la ville dessinée par Renzo Piano, circulant entre les palissades de chantier qui gâchent tout l’effet.

Renzo Piano : Parlement de Malte

Les deux bâtiments modernes du parlement Maltais de Renzo Piano, pierre claire, sorte de bossage en triangles élégants, ne sont pas à leur avantage.

Je passe rapidement devant les colonnes du Théâtre que je prends pour une ruine antique..

Je marche d’un très bon pas par la rue de la République, artère qui coupe dans sa longueur la ville, pour arriver avant l’ouverture à la Co-Cathédrale Saint Jean. Co-cathédrale puisque la Cathédrale de l’Ile de Malte et le Palais Episcopal se trouvaient à Mdina. La Cathédrale fut bâtie par Girolamo Cassar entre 1575 et 1577. Au siècle suivant les Grands Maîtres l’embellirent et en firent un chef d’œuvre du baroque : Alof de Wignacourt commanda les tableaux du Caravage et Colomer fit décorer la voûte par Mattia Preti  après 1661.

la nef de la Co-Cathédrale

Il faut arriver tôt pour éviter la grande queue à l’entrée et l’affluence dans la Cathédrale. Déjà, à 9h25 la file est formée. Le Multipass héritage  n’est pas valable, le ticket comprend l’audio-guide, tout à fait indispensable. On vous offre aussi un plan.

La première impression est un éblouissement : dorures, marbres, fresques, tableaux, sculptures. On ne sait où donner de la tête. Heureusement l’audio-guide va nous instruire !

L’Ordre de Malte

Avant l’attention portée à chaque œuvre, le plan général va nous introduire dans l’organisation de l’Ordre de Malte. Tout d’abord la Co-Cathédrale est dédiée à Saint Jean Baptiste qui est le saint patron de des chevaliers. Fondé pour soigner  les pèlerins en Terre sainte, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem s’installèrent à Malte sur l’invitation de Charles Quint en 1530.

L’ordre était composé de 8 langues correspondant à la provenance des Chevaliers : les chapelles latérales sont chacune distribuées à une langue. Chaque chapelle aura donc une décoration murale avec les insignes ou symboles de son origine, comme la fleur de lys pour la langue de France, chaque langue célèbre aussi un saint représenté sur de très beaux tableaux, tandis que les Grands Maîtres sont représentés sur des monuments funéraires d’une richesse inouïe. On constate l’importance de la France par le fait que trois langues correspondent au Royaume de France : la Langue de France, la Langue d’Auvergne et la Langue de Provence., l’Espagne en a deux : Aragon et Castille associée avec Léon et Portugal . Si on écoutait attentivement les commentaires racontant chaque Grand Maître on aurait une histoire presque complète de l’Histoire de Malte.

pavement : dalles funéraires des chevaliers

Au sol, les dalles funéraires des Grands Maîtres sont colorées et participent de  la splendeur du lieu.

Histoire de Malte et iconographie de la vie des saints. Les voûtes en berceau de la nef racontent les épisodes de la Vie du Baptiste. J’ai regretté de ne pas avoir apporté mes jumelles pour observer mieux les fresques de Mattia Preti. J’ai fait récemment la connaissance du peintre Calabrais à une exposition au Palais Barberini à Rome où il était confronté au Caravage.

L’Oratoire  est une salle à part consacrée à la gloire de deux tableaux du Caravage : La Décollation de saint Jean Baptiste et Saint Jérôme. Des panneaux explicatifs illustrés de détails permettent d’aborder les œuvres de façon approfondie. La Décollation est une œuvre très impressionnante, du fait de sa taille, d’abord : aussi par le sujet, le peintre a choisi la dernière étape du supplice quand le bourreau achève le condamné, le sang est répandu et c’est avec ce sang que Merisi signe son œuvre alors qu’il n’était pas coutumier de signer. Impressionnant aussi par le sort de l’artiste qui n’assista pas à l’inauguration de son tableau en 1608, il était alors emprisonné et condamné à mort par le Grand Maître. Prémonitoire ? deux prisonniers sont témoin de l’exécution derrière les barreaux et assistent à l’exécution dans la cour de la prison. J’ai cherché les protagonistes habituels, point d’Hérode, Salomé est-elle cette jeune fille penchée avec une bassine métallique. Loin de l’idée que je me faisais de la princesse qui a envoûté Hérode par sa danse des sept voiles. Elle ressemble à une femme du peuple avec ses vêtements foncés et modestes. Seule la vieille femme, la gouvernante ?, semble horrifiée de la scène. Le Saint Jérôme, vieillard majestueux, m’a moins impressionnée. j’ai déjà vu un autre Saint Jérôme du Caravage à Rome.

Je regrette de ne pas avoir pris de note dans chaque chapelle.

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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