Le lac d’Ichkeul

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Le Lac d’Ichkeul

Le petit déjeuner est aussi raffiné que le dîner. Une faisselle est présentée avec des lamelles de tomate et une demie orange. Des verres à liqueur sont remplis d’une pâte à tartiner maison – blé concassé, mandes, noisettes – bien meilleur que du Nutella, que je déguste à la cuiller avec plaisir et…satiété. Deux pains sont servis chauds : l’un d’eux à texture de crêpe, l’autre à croute brune parfumé à l’anis. Nous déclinons l’offre d’œufs frais.

La journée s’annonce ensoleillée.

Au programme du Road Book, la visite de Bizerte et un grand tour englobant le lac de Bizerte et celui d’Ichkeul 135 km. Nous préférons aller directement à Ichkeul pour profiter de la Réserve Naturelle, nous promener dans le Par cet ne pas passer trop de temps dans la voiture. La route est directe jusqu’à Menzel Bourguiba.

Ciel bleu, blé en herbe vert fluo, sur les crêtes les éoliennes tournent. A mi- pente, un village : le minaret blanc se détache des maisons cubiques. Sur l’épaulement d’une colline deux coupoles d’un mausolée.  Le lac de Bizerte est d’un bleu profond, ultramarin, plus loin, scintillent les maisons de Menzel Bourguiba précédée par une usine crachant une fumée marron. Alors que Bizerte était une base navale française d’importance, on édifia au fond du lac de Bizerte un arsenal et une ville Ferryville en l’honneur de Jules Ferry, à l’urbanisation coloniale que Leila nous a recommandé de visiter. Nous remarquons le complexe sidérurgique sur l’emplacement des anciens arsenaux. La route est bordée de grands arbres « taillés au carré » au feuillage vernissé vert foncé. A l’entrée de la ville, des platanes leur succèdent. Nous arrivons à un carrefour en étoile. En fait de « petit Paris » (Guide Gallimard) le marché qui a envahi la rue donne plutôt une ambiance africaine. La foule est venue faire ses emplettes ce dimanche matin. Les piétons marchent sur la chaussée et le trafic automobile est bloqué.

Sources thermales sur le bord du lac

Les bords du lac d’Ichkeul ressemblent à des prés-salés. De nombreux troupeaux sont sur les bords de la route pi sur les étendues vertes et rases, surtout des moutons à la laine sombre marron même noire. L’entrée du parc se trouve juste après le passage à niveau. La route court sur une sorte de digue. L’eau est loin, ses bordures boueuses sont desséchées. Effet de la sécheresse ? Selon nos livres, le niveau monterait en hiver, le lac serait alimenté par les oueds et l’eau serait presque douce (5g/l de sel) tandis que l’été les eaux du lac de Bizerte communiquant par un chenal s’engouffreraient dans le lac d’Ichkeul et la salinité monterait à 20 g/l .  Petits points blancs alignés au milieu de l’eau : flamands ou aigrettes. J’ai oublié les jumelles. Plus tard, vers midi, 5 aigrettes survoleront la voiture. L’entrée au parc National est gratuite mais il faut s’enregistrer. La route parcourt encore 3 km à la base du Jebel, nous passons devant des groupes de maisons dont certains toits sont en roseaux. Les clôtures sont en branches sèches d’épineux entrecroisées : redoutables barrières pour les animaux. Près des maisons pas de buffles d’Asie peuplant la région depuis le temps des Phéniciens mais qui ont failli disparaître ; on a dû en importer d’Italie. Plusieurs coupoles blanches et toits hémicylindriques marquent les hammams des sources thermales captées. Le complexe thermal est fermé ainsi que le petit Musée de Géologie. Des sculptures en ciment d’un rhinocéros, et d’un éléphant rappellent qu’un climat tropical humide existait au tertiaire, en témoignent des ossements fossiles retrouvés sur place.

lac d’Ichkeul

Un escalier monte à l’Ecomusée :  une véritable ascension. L’écomusée est installé dans un bâtiment à coupoles. Un inventaire des différentes espèces de la faune et de la flore est présenté par milieu sur des panneaux explicatifs très bien faits. Milieux humides autour du lac , Jebel Ichkeul, oiseaux migrateurs, grotte et chauve-souris. Je note consciencieusement les noms latins, genre et espèce. La plupart me sont familiers : lentisque, oléastre, euphorbe, câprier. En revanche je ne connais ni l’Azerolier (épine d’Espagne) ni Ziziphus lotus(jujubier)  ou Phillyrea angustifolia (filaire à feuille étroite). La plupart des canards, sarcelles, foulques hivernant à Ichkeul viennent d’Europe Centrale : Autriche Hongrie Tchéquie, Roumanie. Sans doute les oiseaux d’Europe de l’Ouest empruntent un couloir migratoire passant par l’Espagne et le Maroc. J’aurais aimé plus d’explication sur l’Hydrographie des deux lacs, sur la localisation du chenal qui les fait communiquer ainsi que sur la géologie du Jebel. Sur le Versant regardant Bizerte les oléastres s’accrochent à un substrat rocailleux, le rocher caverneux (dolomie) tandis que près du Centre d’Interprétation, sur le versant qui regarde le Lac d’Ichkeul, le calcaire est marneux lité avec des bancs presque turquoise, il existe aussi des affleurement de marbre ; la végétation est un maquis beaucoup plus touffu , buissons inextricables de lentisques, euphorbes, formant un écrin sauvage au lac d’un vert amande très différent du bleu foncé du lac de Bizerte.

Des coins pique-nique ont été aménagés à l’écart de la piste ainsi que des sentiers et des affûts pour observer les oiseaux. Plusieurs itinéraires sont fléchés. Une grotte est à 3 km. Je me promène avec grand plaisir dans cette montagne. Comme c’est dimanche, les visiteurs ont apporté le pique-nique. Un groupe d’écoliers est venu en car. Je croise ces gens qui ne sont pas assez nombreux pour faire foule et qui me saluent gentiment. Le parc possède deux espèces de pistachiers, que je ne sais pas différencier. Je suis un peu déçue de ne pas observer les oiseaux migrateurs, les affûts sont placés très loin de l’eau. J’aurais bien aimé voir la poule sultane bleue au gros bec rouge qui restera une inconnue pour moi.

Après cette belle matinée, nous retournons à Menzel Bourguiba, le marché est presque terminé. J’achète deux oranges une banane et deux branches garnies de dattes. Le vendeur pèse consciencieusement les fruits séparément puis fait un prix global de 3 dinars. Dominique part à l’exploration du Carrefour market (eh oui, comme chez nous) Elle y trouve des yaourts, des sablés et des nuggets !

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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