Kairouan : Grande Mosquée, mausolées

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

La grande Mosquée

Kairouan, selon les Kairouannais, est la 4ème ville sainte de l’Islam. Les villes saintes me font peur. La Grande Mosquée m’a intimidée. Puisque on vend aux touristes un tickets, c’est qu’on peut la visiter. Je vérifie que mon foulard de Samarcande est bien dans mon sac. Nous partons à 9h ce qui est tôt en Tunisie. Les rues ne s’animent pas avant 9h45. Nous trouvons les parvis vide. .  On a prêté un foulard rouge à Dominique.  Un homme nous accueille chaleureusement et nous fait l’honneur d’un guidage bénévole.

Il nous montre les chapiteaux et les colonnes antiques réemployées : « il n’y en a pas deux kif-kif ». Les bâtisseurs ont bien choisi : elles sont magnifiques, innombrables. Ni le guide Bleu ni le guide Gallimard n’en livrent le décompte exact. Les plus belles, colorées, encadrent la grande porte de la salle de prière.

Dans la vaste cour dallée on peut observer le puits, une ancienne colonne évidée, usée par les cordes qui ont remonté le seau pour les ablutions pendant des siècles. Des trous collectent les eaux de pluie. La cour de la mosquée est comme souvent une grande citerne. L’inclinaison du pavage a été calculé pour collecte l’eau au centre où une sorte de labyrinthe retient les impuretés.

Un cadran solaire est percé sur un piédestal. Le calcul de l’heure pour appeler à la prière a toujours été un souci chez les Musulmans ?

La porte du minaret est particulièrement soignée, encadrée de frises délicates (encore du réemploi) juste à côté des blocs présentent des inscriptions latines ?

Je m’apprêtais à entrer dans la salle de prière, bien couverte, voilée, et déchaussée, quand un homme lourd et peu amène vient m’en chasser. « Ici c’est pour les Musulmans ! ». Je ne me laisse pas démonter : »et comment savez vous si je suis musulmane ou non ? » « Ici, c’est pour prier, vous n’avez pas fait vos ablutions ! Pour les photos, faites-les de l’extérieur ! »

 

L’homme qui nous a guidée me conduit sur une terrasse d’où je peux avoir une vue sur toute la Grande Mosquée. Au rez de chaussée, il y a un magasin de tapis où l’on m’accueille avec du thé et des gâteaux. Je refuse les gâteaux, accepte le thé, ce serait impoli. Mais comme hier j’annonce que je n’ai pas l’intention d’acheter un tapis. « Cela ne coûte rien de regarder ». Les prix sont tout à fait intéressants, pour un tapis de 3mx2m il descend jusqu’à 170dinars, même pas 60€ « vous le revendrez 400€ à saint Maclou ! c’est l’occasion qui fait le larron ». Ici encore je m’enfuis comme une voleuse.

 

De la Grande Mosquée on longe les murailles de la ville jusqu’à Bab Ech-Chouahada. Sur mon plan, figure la Mosquée de la Rose que je ne trouve pas ; Peut être sommes nous passées devant sans la voir. Les mosquées sont nombreuses, à Kairouan, les modernes comme les anciennes, sans parler des discrètes en étage (cela me rappelle Berat en Albanie avec la Mosquée des Célibataires au-dessus d’une boutique de textiles).

Nous sommes coincées dans un embouteillage et entendons des chants et des grands cris. Une manifestation ? pas du tout. Un passant nous explique « Le Hadj en Arabie Saoudite » Un car emmène les pèlerins. Familles et amis assistent à leur départ et prodiguent leurs encouragements. Pour sortir de là, un homme à mobylette nous fait suivre de le suivre.  Ensuite, ce « guide » s’incruste et il est difficile de s’en débarrasser à moins de lui donner une somme qu’il juge suffisante. Nous plantons le motocycliste aux environs de la Grande Mosquée. Ensuite nous connaissons le chemin vers l’Hôtel Kasbah puis la Mosquée du Barbier.

Mosquée du Barbier : Zaouia Sidi Sahbi

C’est là que repose un compagnon du Prophète Abou Zam’a el Balaoui qui n’était pas barbier mais qui conservait toujours sur lui 3 poils de la barbe du Prophète. C’est un monument très ancien qui a été remanié au 17ème siècle. Le minaret de la medersa est coloré de céramique de teintes vives, très gaies. On peut aussi admirer les stucs délicats de la coupole. A l’extérieur, au contraire, de simples briques tandis que coupoles et autres murs sont chaulés.

Zaouia Sidi Amor Abbada

Une vaste place a été aménagée avec des bassins rectangulaire et des bancs où Dominique m’attend pendant que je vais à la Zaouia Sidi Amor  Abbada qu’on appelle aussi Mosquée des Sabres. J’emprunte une rue bordée d’arbres, commerçante et passante. Cette zaouia est l’œuvre d’un marabout, Amor-El Ayari Abada, maître-forgeron qui avait la faveur des beys (1835 – 1854).  Personnage hors du commun, mégalomane mais d’une remarquable présence d’esprit. Les savants s’en méfiait mais les gens du peuple le craignaient et recherchaient sa bénédiction croyant en ses pouvoirs surnaturels. La zaouïa – mausolée du Forgeron – reflète sa personnalité. Construite dans un faubourg modeste, elle se distingue par l’étendue de son aire.

La grande salle contient des objets ayant appartenu au forgeron ou fabriqués par lui. Ces pièces peu fonctionnelles traduisent sa mégalomanie : lourds sabres, pipe géante, ancre et coffres récupérés à la base navale de Ghar Melh ou offertes par le bey.  Les portes sont couvertes de calligraphies du Coran.

Dominique a eu la visite d’un troupeau de chèvres. Des chèvres en plein centre-ville ! C’est une surprise, mais pourquoi pas après le « mouton de combat » ?

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

6 réflexions sur « Kairouan : Grande Mosquée, mausolées »

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