Kairouan : la Médina

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Une Porte de la Médina de Kairouan

Le mur d’enceinte de la Médina se trouve au coin de l’Hôtel Kasbah.  Quelques gouttes qui ne mouillent pas, tombent quand j’arrive à la porte. Ce n’est pas aujourd’hui que les bassins vont se remplir!

Une accumulation d’objets hétéroclite encombre la très belle porte : congélateurs industriels, vitrines réfrigérées, machines à laver, toute une exposition d’électroménager d’occasion, matériel trop encombrant pour entrer dans les rues étroites. La porte est en arc en plein cintre surhaussé, reposant sur deux colonnes antiques. Le linteau de bois est surmonté d’une inscription.

Ferblanterie, quincaillerie

J’entre par une sorte de chicane où est installé un ferblantier et parviens à une autre porte Bab el Tounes d’où part la rue principale de la Médina la Rue Bethaouane qui est presque droite et qui relie la port Bab Ech-Chouada, place des Martyrs. Cet axe est bien commode pour ne pas se perdre. C’est aussi là que sont concentrés des commerces variés. Cette variété rend la médina vivante et contemporaine : artisanat traditionnel, quelques rares boutiques pour touristes avec des poteries colorés et des tapis mais aussi de l’utilitaire.

Poteries

Qui veut un burnous marron, une bassine en plastique, un ensemble Hello Kitty, des lunettes Lacoste chez l’opticien ? Des pyramides de pâtisseries sont présentées dans de petites roulottes vitrées. J’entre dans la librairie à la belle vitrine bleue : tout un mur est occupé par des livres de poche en français et en anglais, 10/18, Penguins. Tout Flaubert, Victor Hugo, Camus, James Joyce…je demande au vendeur : « avez-vous des romans policiers ? » – « oui mais en arabe ». Je photographie tout, les fenêtres bleues, les petits minarets de brique, les amoncellements de poteries orange, les étalages…Je me perds dans un premier souk, couloir sombre où œuvrent les cordonniers, trouve le souk des bijoutiers, celui des tapis…Certains de ces couloirs sont déserts. J’ai appris à Tunis que les souks fermaient la nuit. Il ne faudrait pas se laisser enfermer. Il fait nuit à 17h, à quelle heure est la fermeture ?

souks

Au détour d’une ruelle, je découvre le Bir Baruta : c’est un puits, mais où est-il donc ? Je balaie des yeux le carrefour, et ne découvre qu’un escalier. Il faut monter. A l’étage un dromadaire paré de foulards colorés fait tourner une noria. J’ai été instruite de l’usage de ces dromadaires prisonniers à vie à Djerba. Celui-ci ne fait plus monter l’eau avec le système traditionnel.

Bir Baruta : le dromadaire

Le puits antique a été creusé en 180 de l’hégire ( 796) la légende raconte qu’il communiquerait ave celui de la Mecque. IL est dans un monument de 13 m de haut.

En face, se trouve un salon de thé où l’on sert aussi des jus de fruits frais.

magasin de tapis

Une boutique de tapis a suspendu des tapis et kilim sous une magnifique moucharabieh bleu. En face un marchand se tient devant son magasin. Je le préviens tout de suite : « je n’achèterai pas de tapis » – « Pour le plaisir des yeux ! » expression consacrée de l’Atlantique à l’Asie Centrale, de Marrakech à Boukhara…. ». J’adore les tapis, les tapis de Kairouan sont célèbres. J’insiste : « je n’ai pas mon sac, pas ma carte Bleue ». Le marchand se défend : « je n’ai jamais étranglé mes clients… ». Il me fait une démonstration du point noué sur un métier, déroule un premier tapis dans les teintes brunes. Puis il explique une autre technique « pour le point noué, la tisserande se trouve devant le métier, pour ce point-ci elle est derrière. ». Il me fait comparer l’envers des deux tapis ; le second est plus épais, plus solide comme rebrodé par-dessus. Il explique les motifs : »ici la main de Fatma, là les gâteaux makroud, celui-ci s’est inspiré de la Grande Mosquée : ici, le mirhab, ici des escaliers. On peut aussi voir dans le motif du lustre un calendrier avec les 12 mois… ». J’adore ces histoires. Je pourrais les écouter à l’infini. J’ai honte d’abuser du temps du marchand de tapis. « Je n’achèterai rien » je répète. Pourtant les prix sont très bas, 80€ pour mon préféré, un brun rebrodé, de toute beauté, 150 pour le grand noué, dans les teintes vertes, teinture végétale, affirme-t-il à base de menthe. Même s’il vient à l’hôtel pour que je fasse une Carte Bleue, même si l’expédition à domicile est prévue… « C’est petit chez moi, j’ai déjà des tapis ! ». Je suis catégorique mais je m’enfuis comme une voleuse.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Kairouan : la Médina »

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