Elsa mon amour – Simonetta Greggio

LE MOIS ITALIEN/IL VIAGGIO

« Toutes mes clés sont dans mes romans. Que celui ou celle, qui tentera de raconter mon histoire le sache, hors de mes pages, mon existence n’est que commérage. Quelques détails, quelques goûts, quelques inflexions. Aborder l’histoire d’autrui n’est acceptable que dans la désinvolture oublieuse et amicale d’une partie de carte avec un inconnu » 

Les lectures communes permettent de s’échapper de la routine et d’aller vers des livres auxquels je n’aurais pas pensé.

Si je connais de nom Elsa Morante, je n’ai rien lu d’elle. Cette biographie me sert donc d’introduction et je me promets de lire au moins la Storia très prochainement. Cette biographie est-elle désinvolte, amicale ou commérage?

Elsa Morante et Moravia à Capri

De nombreux personnages, écrivains ou cinéastes,  apparaissent dans ce roman. Parfois furtivement, parfois ils ont droit à tout un chapitre et même plusieurs. Moravia, son mari est plutôt décrit comme compagnon d’écriture et de travail que comme amant ou mari. A la fin :  longue citation du Mépris, tel que Godard l’a filmé. Portrait vachard comme celui de Malaparte sous un jour peu flatteur.  Personnages mondains comme les  Agnelli, Virginia et Eduardo du temps du fascisme – personnages influents dans l’Italie d’alors. Avec beaucoup plus de tendresse : Anna Magnani,  Pasolini qui traverse le roman à nombreuses reprises. Très belle évocation de Leonor Fini. Plus équivoque, le personnage de Visconti avec qui Elsa a entretenu une relation plutôt univoque. Fellini, Pavese…combien d’autres? Toute une période de la vie intellectuelle italienne. Un peu « people » quand même. L’auteure a-t-elle évité l’écueil du commérage?

Histoire d’amour avec sa ville de Rome  où j’ai eu plaisir à y retourner :

« Je me suis souvenue à quel point ma ville est un Caravage, chiaroscuro, un miracle secret. Une intimité effarouchée, un baiser volé. Une ville habitée par des bêtes monstrueuses, mi-chevaux, mi-dauphins, animaux mythiques chers à mon âme. Je suis moi-même l’un des monstres sacrés de Piazza Navona….. »

Rome, bien plus que l’Italie, est ma patrie »

On peut aussi faire une lecture historique, s’intéresser au rapport entre les intellectuels et les puissants au fascisme, s’intéresser à la façon dont deux écrivains juifs (à moitié mais les Allemands ne faisaient pas dans la nuance) ont traversé la période de la guerre.

Bizarre! je me suis plus attachée aux comparses qu’à Elsa elle-même. Peut être parce que ces amis faisaient partie de sa personnalité?

elle écrit aussi

« Pourquoi croit-on que les écrivains écrivent, si ce n’est pour prêter leur voix à ceux qui n’en ont pas – qui n’en n’ont plus? »

Comme si l’évocation de ses amis étaient l’essentiel de sa vie? Il faut vraiment que je lise dans le texte!

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Elsa mon amour – Simonetta Greggio »

  1. Je n’ai pas eu l’occasion de lire cette auteure jusqu’à présent. Ici, le côté people me freine un peu, mais d’un autre côté c’est la peinture d’un milieu et d’une époque.

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  2. J e n’ai pas lu cette bibliographie mais je viens d’acheter La Storia car j’ai envie de lire ce livre bientôt. Je te propose une LC mais après Malte. peut-être janvier ?
    Qu’en penses-tu ?
    La citation est de qui ? de Morante ou de Greggio ?
    « Je me suis souvenue à quel point ma ville est un Caravage, chiaroscuro, un miracle secret. Une intimité effarouchée, un baiser volé. etc…

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