Promenades naturalistes à Turtle Beach avec Marvin

CARNET DU COSTA RICA

Le petit canal tranquille de Turtle Beach

6h, départ en bateau sur le petit chenal qui relie l’hôtel au Cano Cana plus fréquenté.  Tous les canaux sont naturels sauf justement celui-là qui a été creusé au service de Turtle Beach Hotel. La forêt a été également replantée, on ne peut donc pas parler de « Forêt Primaire » bien que des essences endémiques ont été utilisées en respect avec l’écologie du Parc. La forêt se renouvelle naturellement : les grands arbres n’ont jamais plus de 300 ans alors que sous d’autres climats ils peuvent vivre des millénaires. La chute d’un arbre pluri-centenaire n’a rien d’une tragédie : il faut plutôt la considérer comme une chance pour que els arbrisseaux condamnés à végéter dans la pénombre trouve de la lumière pour se développer et que les semences nombreuses germent dans la clairière.

Hérons

Le matin, de six à huit, il fait jour mais encore frais, certains animaux nocturnes ne sont pas encore endormis alors que les diurnes sont actifs. A l’entrée du chenal, sur un grand arbre, un gros oiseau se tient sur son nid. L’ornithologiste qui accompagne un groupe de Canadiens l’avait désigné sous le nom Onore du Mexique, Marvin l’appelle Heron-tigre. Wikipédia les met d’accord avec le nom scientifique Tigrisoma mexicanum de la famille des Hérons (Ardéidés). Le gros oiseau brun est un juvénile, plus gros que ses parents, il n’a pas encore quitté le nid. Non loin de nous se tient un de ces derniers, gris. Un seul petit occupe le nid. La femelle pond deux œufs. Le plus fort, habituellement jette l’autre poussin à l’eau.  Il servira de proie aux caïmans ou autres prédateurs.

Au cours de la promenade, nous observerons un petit héron bleu sur son nid avec ses petits qui donnent des coups de bec sur le bec du parent. Aussi un Boat Bill Heron Cochkearius cochlearius ou Savacou en français.

Endormi : le héron nocturne Golden Crest Heron ou Yellow crowned night heron Nyctanassa violacea ou Bihoreau à calotte jaune.

Reptiles

Caïman

La promenade offre de nombreuses surprises : caïmans, grands et petits. Maurizio, le batelier, a les yeux très exercés pour les débusquer. Souvent seul le museau et les yeux proéminents émergent de l’eau presque noire. Pendant que Maurizio cherche, Marvin raconte. Les caïmans et les crocodiles, à la différence des tortues et lézards, prennent soin de leur progéniture ; Il faut imaginer la gueule effrayante d’un crocodile tenant le bébé.

basilisc

Marvin nous montre les iguanes et basiliscs avec son laser vert. Si le vert du Basilisco esmeralda (vert) se voit sur les troncs gris, les iguanes sont moins voyants même s’ils sont parfois très gros. Ils grimpent sur les hautes branches. Les basilisc vert est surnommé « lézard Jésus Christ » parce qu’il court sur l’eau. Marvin nous imite le bruit des pattes frappant la surface de l’eau.

chauve-souris

(Les chauves-souris dorment alignées sur un ton : petits tas bruns qu’on aurait bien du mal à remarquer sans l’aide du guide. 5 sur un arbre ne sont pas encore endormies, le museau pointu, les yeux ouverts (elles voient mal).

La sortie est sur le thème du camouflage : stratégie de survie pour nombreux animaux. Le Great Potoo (Nyctibius grandis) ou Grand Obijau est un oiseau nocturne qui ressemble à s’y méprendre à une vieille branche d’arbre cassée. La visite est obligatoirement guidée : les oiseaux vivent si bien cachés qu’hier – du bateau – je n’ai rien vu en dehors d’un cormoran, d’aigrettes blanches ou de vautours planant. Comment débusquer le nid minuscule d’un colibri à l’extrémité d’une feuille enroulée, derrière le voile d’une toile d’araignée. On devine le bec très pointu de l’oiseau qui couve.

Une colonie de nids allongés suspendus dans un grand arbre un peu à la manière de ceux des tisserins au Bénin, est celle des Orioles à queue jaune (Icterus mesomela) qui les ont construits groupés et en hauteur pour plus de sécurité. Nous aurons l’occasion de voir les oiseaux.

Un toucan traverse le canal haut au-dessus de nos têtes. C’est un des oiseaux emblématiques du Costa Rica et j’ai hâte de le voir de plus près.

Après 1h45 de promenade magique dans des canaux silencieux, il est temps d’aller déjeuner. Chaque bateau pousse son moteur au maximum. Une grande vague vient à notre rencontre et submerge la proue plate où j’ai posé mon sac que j’attrape au vol (il contient passeports, téléphone et mon cahier). La vague ne se contente pas de mouiller mes affaires, elle m’éclabousse et je suis trempée.

promenade pédestre

vanille

Une promenade pédestre est l’occasion de découvrir les arbres ornant l’hôtel.

Le grand ficus n’a pas de racines profondes, il est stabilisé par ses racines superficielles dont l’étendue correspond presque exactement à la circonférence de la ramure. Des racines aériennes aplaties dans lesquelles on peut fabriquer des meubles ou des roues de charrettes maintiennent l’équilibre. Nous avons vu cela en Afrique avec des fromagers.

Le cacaoyer était largement cultivé au Costa Rica. Les plantations ont été ravagées par une maladie. Marvin est pessimiste. Peut-être le chocolat est destiné à disparaître.

La vanille est une liane. On voit les bourgeons floraux et une grosse gousse renflée. La vanille est une orchidée qui a besoin d’un champignon pour former des mycorhizes.

Le beau manguier n’est pas un inconnu pour nous.

Le jambosier (Syzygium malaccense) donne des « pommes d’eau » (manzanas de agua)

Un caïman de belle taille a élu domicile dans un coin reculé de l’embarcadère de l’hôtel. C’est un animal territorial.

L’hôtel a balisé un sentier d’observation. Après que ceux qui étaient mal chaussés aient trouvé botte à leur pied et que Marvin délivre ses « recommandations » concernant les dangers des serpents venimeux bien camouflés et autres bêtes dangereuses : Suivre le guide, ne pas sortir du chemin !

La vedette de la promenade est une minuscule grenouille rouge toxique au poison qui serait mortel s’il était injecté (mais les grenouillent ne mordent ni ne piquent) . Elles ont vraiment très petites (1cm – 2cm) et ont tendance à se cacher sous les feuilles où on n’a pas vraiment envie de les dénicher. En bougeant une feuille on en découvre une mais justement elle se met à sauter (une grenouille qui saute : normal !) Wikipédia m’apprend qu’elle est un dendrobate. Sa reproduction est originale : elle ne pond pas dans les mares comme les grenouilles ordinaires mais élève ses têtards dans l’eau contenue dans les broméliacées haut dans les arbres.

Il y a aussi des araignées de belle taille et de différentes espèces.

Sur un tronc poussent de curieuses feuilles rondes que Marvin appelle « philodendron » qui aiment l’arbre. Ce végétal se colle à l’écorce. Je n’ai pas trouvé le nom de ce végétal. A l’entrée « philodendron » sur Wikipédia j’ai trouvé les plantes aux larges feuilles découpées qu’on appelle parfois caoutchouc.

toucan : j’aurais aimé que cette photo fut mienne, c’est un cadeau de nos amis belges

Enfin, à la fin de la promenade, le voici, le toucan avec son bec jaune à la forme caractéristique, puis un Oriole aux plumes jaunes sur la queue. Et finalement deux nids avec des petits hérons.

Quelques allers-retours dans la piscine-tortue pour se rafraîchir.

Déjeuner-buffet : riz-haricots noirs, brocolis-carottes, bœuf coupé en lanières, mijoté avec des oignons, fondant, très tendre. Salades et fruits frais au buffet froid.

L’après midi se déroule tranquillement entre la piscine et la table aérée au bar.  Le temps se gâte. Des vagues puissantes roulent dans une mer grise sous des nuages menaçants. Première tentative de promenade à la plage en robe bleue. L’averse commence. De petits vautours noirs picorent un gros poisson crevé. Certains s’envolent à mon passage, pas tous. La marée monte encore. Un gros rouleau explose tout près de moi. La vague écumeuse me trempe jusqu’à la taille.

Dépitée je rentre au bungalow. Vers 17h après la pluie je retourne sur la plage pour une marche les pieds dans l’eau étonnée de voir les déchets que la mer a laissés sur cette plage déserte à l’arrière d’un parc naturel très surveillé.

La nuit tombe tôt. 17h30, le ciel se teinte d’un pourpre étrange. A 18h il fait nuit noire, ni lune ni étoile. La délicieuse brise d’hier est tombée ; on étouffe un peu.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Promenades naturalistes à Turtle Beach avec Marvin »

  1. Je ne le voyais pas comme ça le basilisc ! je ne sais pas si je me sentirais très à l’aise à cotoyer des bestioles plus ou moins dangereuses … mais cette nature luxuriante, quelle splendeur.

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