En voiture pour Puerto Viejo!

CARNET DU COSTA RICA

Minuit : grand fracas, une pluie diluvienne tombe sur les tôles du bungalow, les feuilles dégoulinent. Dans mon premier sommeil, vision d’enfer liquide. Et dire qu’on est en saison sèche ! Qu’est-ce que cela doit être en saison des pluies ! Toute la nuit, les averses se succèdent, et les réveils intempestifs.

6 heures, dernière promenade sur la plage. Pour éviter de mouiller les vêtements que l’on doit mettre dans la valise, je suis en maillot de bain. La pluie menace, l’eau est grise.

9h Maurizio charge avec beaucoup de soin le grand canot à moteur : valises devant, bien calées. Il va faire de la vitesse. Dernier parcours tranquille sur le petit chenal de l’hôtel puis trajet direct jusqu’au débarcadère où nous attendons le minibus déjà très en retard.

Le train des bananes

Devons prendre  la voiture à 11h  au restaurant Selva tropical à Guapiles où nous avons déjeuné il y a 3 jours. Nous n’y serons pas. Nous traversons la zone d’élevage, les petits villages aux maisons peintes, les bananeraies, Chiquita et Del Monte. Nous avons de la chance : le train des bananes est en mouvement. Les régimes sont emballés dans leur plastique bleu avec du carton ondulé pour réduire les frottements. Un homme est harnaché à la taille avec un câble. Il semble tirer le train des bananes. Les installations attenantes sont impressionnantes.

Après Siquirres, les champs d’ananas bleutés occupent la vallée. La route 32 San Jose-Limon est en chantier et complètement embouteillée. Une heure pour une vingtaine de kilomètres qu’il faudra parcourir à nouveau quand nous aurons la voiture. Nous avons plus d’une heure de retard.

Marvin est pressé de repartir. Le dernier repas pris « en groupe » est expédié : fricassée de bœuf tendre et poêlée de cœurs de palmier découpés en petits dés. Un beignet très fin nappé de caramel et des tranches d’ananas à volonté.

La voiture n’est pas là. Le loueur de Toyota était à l’heure. Il nous a attendu et s’est lassé. Il est rentré déjeuner chez lui. Les formalités se terminent à 14h30. Sur le Road Book, 3 heures de routes nous séparent de Puerto Viejo où nous aimerions arriver avant la nuit.

Le chantier  a mis la circulation à l’arrêt. Quelle perte de temps ! Il aurait fallu prendre la voiture à Siquirres. La route enjambe plusieurs torrents et rios, maintenant à l’étiage, dans un lit de gros galets surplombés par les Erythrines et leur belle floraison orange.

Le port de Limon

Le port de Limon s’annonce à l’avance avec des aires de stockage des containers en pleine campagne. Lego géant, empilements monstrueux. Loin du rivage, ils semblent insolites et déplacés. On imagine containers, grues et docks le long des quais et non pas loin de la mer. Nous passons la ville de Limon sans vraiment s’en rendre compte. Il est 17h45 quand nous faisons une halte à la sortie de la ville. Les installations portuaires sont noyées dans la brume et les embruns. Les nuages se déchirent au coucher du soleil, la lumière est rose, les grues du port cuivrées.

Il reste une soixantaine de kilomètres à parcourir dans la nuit ; La route longe la côte. On devine les vagues. Les phares des véhicules qui arrivent en face nous éblouissent ; Sur le bas-côté, marchent des enfants, roulent des cyclistes sans le moindre éclairage. Les ponts qui franchissent les ruisseaux sont très étroits ; il faut observer la signalisation peinte sur la chaussée pour savoir quelle file a la priorité, les autres attendent derrière la ligne blanche.

Nous traversons des bourgades très animées où les restaurants sont illuminés. Puerto Viejo est une agglomération touristique. La pluie tombe lorsque nous arrivons à Shawandha Lodge. Je remplis les formulaires à al réception comme un automate. Le réceptionniste me prête un parapluie ; Nous traînons les valises sur les allées cimentées, trempées et arrivons devant le perron du bungalow qui nous est destiné ; Les quatre marches nous dissuadent. Il existe un bungalow pour handicapés avec une rampe et tout près de la Salle à manger. Mais il est moins chic.

Le restaurant est sous un très haut toit pointu recouvert de chaume de feuilles de palmier, il est ventilé par deux hautes ouvertures triangulaires. Il y fait délicieusement frais. Après la pluie, les plantes ornementales ruissellent et les gouttes tombant du toit forme une fine cascade difractant la lumière. Cette humidité amplifie l’atmosphère tropicale. Le décor est raffiné : une bougie est posée au milieu d’un bouquet de fleurs rouges. Tagliatelle au saumon et tagliatelle aux crevettes roses servie avec des quartiers de citron vert, une herbe un peu acide comme de l’oseille.

Pour nous dédommager de la différence entre la casita et le beau bungalow qui n’est pas accessible, notre hôtesse nous offre le vin et le dessert. Le ginger cloud est une merveille : mousse au chocolat, une boule de glace chocolat et une boule de glace au gingembre maison avec du gingembre frais pilé. Notre hôtesse vient nous tenir compagnie. C’est une grande dame très distinguée et charmante. Elle est française et ravie de converser dans sa langue. La soirée se prolonge, la fatigue est oubliée. Nous sommes conquises par la magie des lieux.

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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