Jaguar Rescue Center à Puerto Viejo

CARNET DU COSTA RICA

A l’école des bébés paresseux
A l’école des paresseux

La visite du Centre Jaguar est une visite très prisée, il faut arriver en avance pour être sûres d’être prises. Même avec une heure d’avances nous ne sommes pas les premières. Entrée 20$.Comme il pleut à verse j’achète un poncho en plastique (8$). Les animateurs forment des groupes selon les langues parlées. Les francophones sont nombreux et accompagnés de jeunes enfants ; je préfère le groupe anglophone (11 adultes) conduit par Dan, un volontaire hollandais qui connait le centre depuis de longues années.

Nous traversons le centre jusqu’à l’enclos grillagé de Diavolo, le margay (leopardus wiederi) qui est le seul « léopard » du centre crée par Sandro et Encar, deux biologistes espagnols, vétérinaires à Barcelone. On leur a apporté un jaguar blessé qu’ils ne sont pas arrivés à sauver mais qui a donné son nom au Centre.

Dan est suivi par Sissi, petit pécari, né avec une malformation de la mâchoire qui ne saurait vivre dans la nature et qui recherche les câlins.

Diavolino ressemble plus à un chat tigré qu’à un léopard ou un ocelot. D’après Dan, il serait un véritable diable capable de tuer même un spécialiste des lions et des tigres.

le caïman de turtle beach

Dans un bassin, un caïman a une drôle d’histoire : un couple de vacanciers en voyage de noces, l’a découvert dans la baignoire, on l’a donc expédié au centre. Le crocodile a eu un destin plus terrible : un homme voulait consommer sa chair soi-disant aphrodisiaque. Il l’a capturé et attaché à un arbre et s’acharnait dessus quand des touristes ont battu le tortionnaire et apporté le pauvre crocodile souffrant de multiples fractures qui ont guéri. Les crocodiles peuvent vivre très vieux et contrairement aux autres animaux qui cessent de grandir quand il ont atteint leur taille adulte, la croissance du crocodile continue au cours de son existence. Les autorités refusent de donner l’autorisation de relâcher le crocodile dans la nature ; Il restera donc au centre.

Bébé singe-hurleur et sa nurse une volontaire

Les singes-hurleurs, singes-araignées et capucins sont souvent arrivés orphelins, privés de leur mère. Des volontaires nursent les petits qui s’accrochent à eux comme à leur mère. L’un d’eux porte une couche-culotte. Ils sont tous très petits pour leur âge. Pour être remis en liberté, il faut bien sûr qu’ils soient en bonne santé, capable de s’alimenter seuls, mais il faut aussi tenir compte de la structure sociale du groupe. Une femelle en période de reproduction sera plus facilement acceptée dans un groupe. Un mâle devra trouver sa place. Il vaut mieux garder au Centre une femelle stérile qui aura son utilité en éduquant les plus jeunes. Les succès comme les échecs sont utiles pour les biologistes.

Sous la pluie, je n’ai pas pris de note et j’ai oublié le détail de toutes les anecdotes prouvant l’intelligence des primates capables de mémoriser même les codes des cadenas qui ferment les cages. Autre détail : la force de la voix des singes-hurleurs leur a servi pour Jurassic Parc. Ce sont eux qui donnent la voix des brontosaures ou de Tyrannus Rex !

A l’école des bébés paresseux

Le centre héberge de nombreux paresseux à 2 ou trois doigts ; ce sont deux espèces distinctes ; Ils ne sont pas interféconds et de nombreux caractères anatomiques ou comportementaux les séparent. Les bébés apportés au centre sont regroupés en « classes » d’âge. De nombreuses données manquent dans l’élevage de ces bébés-animaux. Par exemple, on ignore la composition du lait maternel. Il est donc difficile de les nourrir efficacement. Il est aussi difficile d’imaginer leur vie, accrochés à l’envers par leurs griffes (qui ne sont pas des ongles, a précisé Dan). Dans la forêt les paresseux vivent en symbiose avec des algues qui verdissent leur pelage. Ils évitent les attaques des prédateurs en restant immobiles. Quel jaguar, quel chat sauvage, quel aigle s’attaquerait à un tas vert immobile ?

Devant les terrariums, explication sur les serpents, venimeux ou pas. Les humains n’ont pas trop à craindre au Costa Rica : les hôpitaux disposent tous des sérums antivenimeux. Avant de trépasser, l’homme adulte dispose de quelques heures pour se présenter aux urgences où se trouve l’antidote. Les spécialistes sont capables d’identifier le serpent aux traces de la morsure.

La visite a duré deux bonnes heures.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Jaguar Rescue Center à Puerto Viejo »

  1. Oui, une visite très intéressante ! Le fait qu’il y ait tous les antidotes dans les hôpitaux ne rassurent pas ! Cela veut dire qu’il y a beaucoup de serpents ! Et puis quelques heures pour arriver dans un hôpital, ce n’est pas beaucoup. Tu me diras, Léonie a failli se faire piquer par unevipère en Lozère ce dernier week end.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s