Arrivée à Monteverde

CARNET DU COSTA RICA

Dans la forêt des nuages de Monteverde

A vol d’oiseau, 30 km peut être moins, séparent El Castillo de Monteverde. Par la route, 109 km.  4  bonnes heures d’une route qui fait le tour du Lac Arenal, monte  dans les collines jusqu’à Tilaran et, enfin, une mauvaise piste qui  tortille jusqu’à Santa Elena et Monteverde.

Nous quittons le volcan Arenal
petit village coloré

Après la digue sur le lac Arenal, la route est refaite à neuf. On la parcourt à petite vitesse à cause des boucles et des virages. Le Lac Arenal disparaît derrière un bosquet et réapparaît , belles échappées. On se croirait en Ecosse ou en Suisse, avec ce ciel gris, ces pentes couverte de prairies vertes. Des propriétés se cachent sous les arbres ou derrière des massifs fleuris. Certaines maisons sont magnifiques mais loin des tapages de La Fortuna. La campagne est  vallonnée, avec des vaches, des étables, et même une imitation de village suisse : balcons de bois ajouré des chalets, pignons lambrissés ; petite église au toit pointu. Côté lac, ici ou là, des restaurants et des activités nautiques.

Halte dans un petit village coloré : église minuscule, école toute recouverte de fresques multicolores avec cette inscription « sans ordures et avec de la peinture le peuple montre la culture » . A l’extrémité du lac, des éoliennes tournent à vive allure, encore un bon point pour le Costa Rica qui fait tout pour sortir rapidement de la dépendance aux énergies fossiles.  Le relief s’accentue, le vert des prairies est moins vif.

Une école bien décorée

Tilaran

les cow boys de Tilaran

La route s’élève jusqu’à Tilaran. Débarquons dans un décor exotique. Ville où les rues se coupent à angle droit mais où elles forment difficilement un tissu urbain tant les maisons sont dispersées. Petites maisons basses, supermarchés modernes, fils électriques, endroits vacants…Nous cherchons la Poste et un photographe. Nous demandons notre chemin à un cowboy, puis on en voit un autre puis un autre, puis l’arène des toros. A côté de la grande église en ciment, près du marché, on a construit avec des tubulures métalliques des gradins et des couloirs à vaches. On imagine un marché aux bestiaux, des rodéos (il y a une affiche), folklore de Far West ou de Pampa !

Derrière l’église, arène pour les corridas et rodéos ou marché aux bestiaux?

Après Tilaran, la route devient piste tournant le dos au lac.  Piste drôlement mauvaise : 40 km de tape-cul ; A Monteverde le piste devient chemin, bifurque dans les maisons et nous débouchons sur « la route principale » goudronnée dans la ville de Santa Elena.

Monteverde

L’Hôtel Familly Trapp se trouve en dehors de la ville, sur le chemin de la Réserve Biologique de Monteverde. Nous sommes surprises par l’aspect luxueux de ce 3*qu’on imaginerait plutôt quelque part dans les Alpes que sous les tropiques. Encore une fois, l’agence Trio a bien fait les choses : on nous attribue une très grande chambre avec deux lits kingsize, moquette et lambris, une très grande commode d’un beau bois de teinte chaude,  marron, veiné, deux petits coffres pour poser les valises. L’ameublement de bois suggère une ambiance montagnarde (fondue et raclette), et aussi que nous sommes dans une forêt de bois précieux. Un grand rideau vert sépare la chambre à coucher d’une sorte de bow-window avec deux fauteuils et une table basse, véranda fermée par des moustiquaires et des vitres ; nous avions espéré au moins un balcon. Être enfermées, quelle prison !

Déjeuner à Santa Elena

Nous cherchons un restaurant avec terrasse à Sainte Elena, nous trouvons prises dans un embouteillage avec des grands cars de touristes, des minibus. Monteverde est un centre touristique important. Partout on voit des affiches agressives pour les Ziplines, les Tours du Café ou du chocolat, tourisme de masse. Cher, qui plus est !

Au premier tour nous ne trouvons pas de soda pour un repas typique bon marché. Après nous être perdues dans les sens interdits qui ne sont pas indiqués avec le cercle rouge barré comme chez nous, nous trouvons enfin un parking dans une cour et le restaurant que nous cherchions : Open Kitchen, avec un jardin, de petites tables dehors et dedans et une carte internationale tendance Moyen Orient : Humus, Shawarma, sandwich tunisien, couscous, aubergines grillées ou hamburger….je reste en Amérique latine avec un chili con carne et Dominique, classique, prend un fish &chips, énorme filet servi dans un panier de friture tandis que les frites sont dans un petit seau métallique.

Promenade de nuit

colibri endormi

Nous ne passons que deux nuits à Monteverde. Les activités proposées sont nombreuses mais les Parcs et Réserves ferment à 16 heures. Je choisis une promenade de nuit, rendez-vous 17h20.

Un petit car fait le tour des hôtels pour réunir 20 participants. Occasion de « visiter » les autres hôtels dispersés dans la forêt. La plupart  sont invisibles de la route. Le centre-ville : Santa  Elena est très réduit, composé d’un centre commercial avec la gare routière et un quartier d’auberges destinées aux backpackers. Les agences prennent en charge les navettes et parfois les repas et chargent l’activité pour une somme non négligeable. 1h30/25$ pour la promenade de nuit. Au moins 6  cars de vingt personnes sot garés au parking. Une bonne centaine de visiteurs sont répartis en groupes de huit. Les animaux nocturnes n’ont qu’à bien se tenir devant cette invasion (et il y a une autre session vers 20h).

paresseux

Première étape : un paresseux est suspendu à bonne hauteur qui ne semble pas incommodé par toute l’agitation au sol ; De toutes les façons, les paresseux ne sont guère agités.

Deuxième étape : le colibri endormi.  Comment fait-il pour dormir dans les lampes torches brandies par tous les touristes ?

Le guide nous demande d’éclairer un tronc par terre : on ne voit rien. Sous les rayons violets apparaît un scorpion. Magique ! Photo ! Moralité : la forêt est dangereuse, il vaut mieux ne pas s’y promener seul, on risque de rencontrer un scorpion sans le voir ; Moralité bis : je viderai mes chaussures de marche tous les matins avant de les enfiler !

Le guide nous demande d’éclaire un arbre et nous fait la surprise de découvrir une vipère verte – très venimeuse – Endormie ? Complètement immobile, elle ne fuit pas, ne menace pas, se laisse éclairer sans réagir. Est-elle vivante au moins ?

 

Dans le creux d’un arbre, on voit une souris-opossum qui dort ; On dit bien « dormir comme un loir » mais quand même, une centaine de touristes bruyants munis de torches ne la réveillent pas ; Je suis incrédule.

Les fourmis coupeuse de feuilles traversent le chemin. Au moins elles paraissent vivantes

Dernière attraction : la tarentule dans un gros terrier. Immobile, elle aussi. Qui aurait envie d’aller embêter une tarentule ?

Je remonte dans le car sceptique. Si le but de la promenade est de démontrer que la forêt est pleine de dangers cachés. C’est réussi. Si c’était de nous faire vivre une aventure excitante, c’est complètement raté ! J’ai l’impression d’avoir fait un tour en train-fantôme. Une supercherie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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