Policoro : deux villes antiques Siris et Herakléia –

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Demeter

Comment est-il possible que le Guide  Vert et Geo ignorent le site d’Herakeia et surtout le vaste musée de Policoro  et que le Guide Bleu le cite en passant?

D’habitude, nous consacrons le dernier jour de la semaine à des révisions ou au farniente à la plage. Policoro ne figurait pas à nos plans de visite.

Le Museo Archeologico Nazionale della Siritide – Policoro est vide de touristes, une délégation d’archéologues roumains fait une visite (une recherche sur Internet m’apprend que le fondateur de ce musée en 1969 était Dinu Adamesteanu roumano-italien). J’ai le musée pour moi toute seule !

la Gande Grèce sites de Siris et d’Héraclée

Une gravure ancienne illustre les premières découvertes de la ville d’Hérakleia en 1732. Voyage pittoresque et la Description des Royaumes de Naples et de Sicile, l’abbé Saint Non décrit le site. La réforme agraire de 1960 donne lieu à des photographies aériennes qui sont exploitées lors de la campagne ou fouilles archéologiques de 1965 à 1973.

Préhistoire

Comme d’habitude, je passe un temps infini à étudier les cartels traitant de la Préhistoire : la région fut peuplée dès la fin de la glaciation vers -10.000 ans . Au Néolithique de 6000 à 4000, agropastoralisme. Les céramiques portent des motifs géométriques.

Age de Bronze

Les échange avec les civilisations mycéniennes apportent de nouvelles technologies  et les cultures de l’olivier et du blé.

Grande Grèce

Deux villes se sont succédées sur le site de Policoro : Siris et Hérakleia

Siris fut fondée par, après  Grecs d’Asie Mineure au 7ème siècle après un siècle de prospérité elle fut soumise par la colonisation des Achéens et incluse dans le territoire de Sybaris. Hérodote et Strabon évoquent l’histoire de Siris et sa destruction par la coalisation des Colonies de Grande Grèce : Crotone, Sybaris et Métapunto.

amphore et bâtonnets de plomb

Dans une vitrine : une amphore contenant 102 bâtonnets de plomb et des outils de bronze.

Coutumes funéraires : les ossements et les cendres étaient mis dans de grosses amphores de fabrication locales ou importées, les importations étaient parfois aussi lointaines que Milet, Chios, Rhodes ou Chypre.

La déesse de Siris était une divinité féminine dédiée aux sources. A la fondation d’Hérakleia, elle sera assimilée à Demeter.

Herakléia fondée en 433 av. JC  après la destruction de Sybaris. Selon Strabon, Hérakleia devint le port de Siris. L’acropole (que l’on peut visiter) était très peuplée. A sa base coulait le fleuve Varatizzo et les sources où se trouvaient les lieux de culte de la déesse de Siris. On construisit le temple de Démeter et celui de Dionysos.

En 374 av. JC Herakleia prit la tête de la Ligue Italiote pour combattre les populations indigènes, les Lucaniens, et plus tard Rome dans la Seconde  Guerre Punique (212 av JC)

Herakléia était une cité riche, un centre artisanal important avec des potiers (Divers objets en terre cuite : tanagras, bas-reliefs et moules pour les reproduire) et des joaillers, bijoux très finement ouvragés (boucles d’oreilles, colliers, camées sont été retrouvés dans des « trésors » des pièces de monnaie).

Dans la salle Espace public & lieux de culte, on présente les temples de Déméter et de Dyonisos .

Le temple de Déméter était près du fleuve. Une série de terrasses créait une impression visuelle d’architecture et un chemin cérémoniel. Sur els terrasses on faisait des libations.

Des Tables de bronze d’Héraklée ont été découvertes en 1732.

Ces tables ne sont pas visibles au Musée de Policoro . Comme c’est une découverte majeure, on en présente une photographie et le texte est traduit en italien et en anglais. Le texte présenté ici représente un contrat très détaillé, où il est question de chemins au-dessus de Pandosia séparant les Terres de Dyonisos (celle du temple) et celle de Koneas fils de Dion. On y détaille les vergers, broussailles et terres arables. C’est une source d’informations considérable en ce qui concerne la vie économique de la cité.

Dionysos

La tomba del Pittore di Policoro est un important complexe funéraire qui a livré une vaste collection de vases antiques aux figures rouges sur fond noir. Cette production locale a été attribuée au Peintre de Policoro. J’ai adoré cette visite parce que ce peintre a illustré les œuvres littéraires : Médée et Le Heraclides d’Euripide, Europe d’Eschyle…..

J’ai adoré (et filmé) l’extraordinaire hydrie représentant Médée sur un char avec des dragons, cadeau de son père Hélios, tandis que le pédagogue pleure les enfants morts à ses pieds, et qu’on voit Jason horrifié.

Non seulement la facture est exceptionnelle mais c’est une véritable « bibliothèque de Bandes Dessinées » qu’on pourrait lire dans cette salle. Les cartels sont très bien faits ; j’aurais pu rester de heures à « lire » ces BD…

Mais ce n’est pas tout, en plus de Siris et Herakléia, villes grecques, le Musée a consacré une salle entière aux populations locales Chones et Enotri avec des objets étonnants comme ce casque retrouvé dans la tombe d’une femme ; On racontait que les Chones descendaaient des réfugiés de la Guerre de Troie.

Vers la fin du 5ème siècle av ; JC les Lucaniens firent leur entrée en scène. Les lucaniens se sont hellénisés au contact des Grecs puis plus tard romanisés. Une dernière salle leur est consacrée.

Acropole

Acropole d’Heraclée

Par un escalier de briques qui soulignent ainsi la position de la ville haute, je suis montée sur l’Acropole d’Hérakeia, où j’ai été surprise par la densité du bâti (ou ce qu’il en reste). Les fondations sont bien visibles. Les mosaïques sont protégées ainsi que l’intérieur des maisons. Cependant l’absence de cartels m’a laissé sur mes pauvres hypothèses personnelles. J’observe les canalisations en terre cuite, des structures arrondies avec une margelle (puits ou citerne ? peut-être des pressoirs ? A quoi correspond ce cylindre de pierre au milieu de la structure arrondie ? Et ce sol carrelé en terre-cuite était-il à l’intérieur de la maison, ou un patio ? Cet évier en terre cuite ? J’élabore des hypothèses sur la récupération des eaux de pluie avec une citerne par maison et des rigoles. C’est un peu frustrant de rester avec tant de questions sans réponses.

A la base de l’Acropole, le petit cours d’eau se devine dans une abondante et verte végétation. Une grosse vache grise s’en délecte. C’est ici que doive se trouver les temples de Demeter et de Dionysos. Une promenade a été aménagée avec un sentier cimenté et de lourds bancs enfouis dans les herbes.

Il fait vraiment très très chaud. Pour aller se rafraîchir à la mer, nous faisons une tentative à la Réserve naturelle Bosco di Pantano au sud de Policoro. Nous devrions trouver une forêt verdoyante, un refuge WWF pour les tortues marines et une plage sauvage. Quand nous arrivons le Refuge est ouvert mais la présentation aux touristes n’est prévue qu’à 18h30. Pas de restaurant ni d’ombre. Il fait 39° dans la voiture.

A la Marina di Pisticci, nous trouvons le restaurant de nos rêves au Lido San Basilio : une plage de sable fin avec des parasols, sagement repliés dans des étuis blancs. Il n’y a pas beaucoup de clients. Cet établissement fait une promotion : 5€ le parasol et les deux lits en semaine en Juin et en Juillet. Sous une tente blanche, le joli restaurant n’a rien en commun avec l’horreur de Metapunto. Nappes en tissu, service sympathique et attentif. Il y a aussi des cabines bleu et blanc pour se changer. Pour une dernière fois je prends les spaghetti di Scoglio (moules, vongole, poulpe et langoustine) et Dominique, des filets de dorade servis sous une chapelure parfumée au jus d’orange, décorés avec trois tranches d’oranges multicolores et une petite rose en feuille de chou rouge. Contorno : les aubergines et courgettes grillées sont accompagnées de champignons marinés bien vinaigrés.

3

L’eau est claire mais agitée ; Le vent qui souffle provoque un courant qui me fait dériver vers sud et le rivage. il faut en tenir compte.

39°, on étouffe sous le toit de la tente.

La maison bien calfeutrée est relativement fraîche. Tout fermer, volets stores et vitres exige une certaine discipline mais cela marche. La propriétaire a lavé à grande eau son carrelage et l’escalier pour faire descendre la température de quelques degrés.  Je me lance dans des activités aquatiques : lessives et douche.

Vers 18h, assises sur la petite terrasse à l’ombre nous observons les rotations du petit avion jaune et rouge qui tente d’éteindre un feu de broussailles le long de la route. Déjà, hier on avait brûlé les mauvaises herbes du bas-côté de la route et les pompiers avaient dû intervenir. Quelle folie de faire du feu par un temps si sec et si chaud !

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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