La Côte sud (3) de Skogar à Vik et Kirkjubaejaklaustur

CARNET ISLANDAIS

Skogar

Pique-nique à Skogar dans un pré vert un peu à l’écart. Il y a un musée ethnographique intéressant mais nous n’avons pas le temps de le visiter dans notre marathon de la côte sud. Dommage !

Premiers glaciers

premier glacier

Détour par la route 221 pour découvrir le premier lac glaciaire au pied du glacier. Comme de petits esquifs noirâtres flottent, ce sont des icebergs détachés du glaciers. Pas de la glace bleutée, des morceaux de glace bien noirs sans doute à cause des cendres volcaniques. Le glacier aussi est gris bien sale. Si j’imaginais une coulée blanche comme une piste de ski, je serais déçue. On est frappé par les crevasses qui hachent le front du glacier. Même grisâtre, le glacier me remue. Fragilité de cette glace en période de réchauffement climatique ! Combien de temps ce spectacle sera encore visible ? Quelle incidence sur le climat leur fonte provoquera-t-elle ?

Dyrolaey

Dyrolaey

Dyrolaey est un îlot rattaché à l’Islande par une digue. Des sentiers en étoile font accéder à différents points de vue sur la côte. A l’Ouest, la falaise percée d’une arche que j’avais repérée à Skogarfoss et les îlots ont une forme massive de cubes émergés. A l‘Est ? s’étend une très belle plage noire battue par les vagues et bornée par deux aiguilles volcaniques, fines colonnes ressemblant à celles du Vulcano. Plus près sur l’îlot il y a aussi une jolie arche basaltique.  L’îlot de Dyrolaey est une réserve biologique pour la faune et la flore

La plage de Reynisfjara

la plage de Reynisfjara vue de Dyrolaey

C’est la belle plage à l’Est de Dyrolaey. Des panneaux mettent en garde : elle est dangereuse, les vagues ont emporté des imprudents. S’agissait-il de baigneurs ou de promeneurs ? Pour la baignade, aucun risque, je n’ai même pas envie de me déchausser pour sentir le sable sous mes pieds. Les regards (et les objectifs) se dirigent plutôt vers les orgues basaltiques, prismes réguliers mus en valeur par les jeux d’ombres et de lumière. Malheureusement les touristes grimpent pour figurer sur la photo. Plus la tenue est voyant (rose orange jaune fluo) plus ils prennent des poses ridicules et s’attardent. Après tout, nos collègues touristes font partie du paysage ! Drôle de tribu qui court le même marathon, s’arrête aux mêmes parkings (ailleurs c’est impossible) et prennent les mêmes photos. Depuis ce matin, je croise les mêmes visages ; on se saluerait presque.

Reynisfjara : orgues basaltiques et touristes voyants

Il reste 70 km à parcourir, pas d’arrêt à Vik

A la sortie du village, je guette le rocher tabulaire haut de 220m HJörieshöfbi (les noms islandais sont imprononçables, j’hésite toujours à les retranscrire) ; autrefois, une île maintenant entouré d’un parterre d’une herbe luxuriante luzerne ou lupin agitée par le vent, comme une masse liquide, comme les vagues qui l’ont battue autrefois. J’imagine la quantité de sédiments arrachée à la montagne par les puissants torrents, le matériel pyroclastique, cendres, scories, bombes, projetés par les volcans tout proches cachés sous les glaces. Ce matin, au Centre Lava, une animation mettait en évidence l’accroissement de la surface de l’Islande ; depuis ma naissance, elle s’est agrandie d’1.3 m du fait de la tectonique des plaques, il faut sans doute tenir compte de la sédimentation dans les deltas au pied des glaciers.

Reynisfjara : non ce n’est pas Etretat!

La route circulaire 1 s’est éloignée du rivage ? Après la prairie sauvage verte, elle traverse un désert noir : un champ de lave très plat. Seuls quelques blocs ressortent en relief. Pas une plante n’a encore colonisé la roche (peut être la coulée est-elle récente ?

Dernière curiosité : après un pont sur le torrent Kudalfjot, l’Eldraun.

Les mousses de l’Eldraun

Un immense champ de lave est recouvert d’une mousse qui l’encroûte avec des formes arrondies, sortes de coussins ou boudins accumulés recouverts d’un tapis moelleux. Parfois, de petits pitons rocheux piquants émergent avec des formes torturées. Parfois, des colonnes de basalte portent des touffes d’herbes. Des nuages menaçants font changer l’éclairage. Le soleil est violent. Nous avons envie de capter le bel arc en ciel. Difficile de s’arrêter. Du parking, c’est à contre-jour, je traverse la route et enjambe un fil métallique. Je ne devrais pas faire cela, le milieu est fragile. La mousse pousse si lentement qu’elle mettait 200 ans à repousser si je la piétinais. J’avance à peine choisissant un petit arbre « rabougri » (l’expression me vient du Québec) pour le premier plan avec les taches roses des fleurs de bruyère.

les coulées du Laki

Sur un parking, un panneau du GEOPARK KATLA raconte l’éruption du Laki (1783). En détraquant le climat et en ruinant les récoltes dans l’Europe du Nord et causant famines et épidémies  en Islande et en Ecosse, elle fut une des causes de la Révolution française. Ce champ de lave recouvert de mousses est celui du Laki.

Nous continuons notre route dans une verte campagne. Les parois rocheuses sont verdies par de l’herbe où paissent des moutons isolés. Enfin, nous arrivons à Kirkjubaejaklaustur où se trouve l’Hôtel Geirland. A l’entrée de la route se trouve une ravissante cascade, ni très haute, ni très puissante ni touristique.

L’Hôtel Geirland possède un beau restaurant. Les chambres sont alignées sur un couloir de plain-pied moquetté, chauffé. La chambre est très grande avec une belle salle de bain. Pour dîner je choisis une soupe d’agneau au bouillon clair mais aux morceaux très tendres pas gras du tout, servi avec du pin et un beurre travaillé aux herbes. Le dessert est raffiné : trois boules de compote de rhubarbe avec des flocons d’avoine sucrés, une boule de glace à la vanille, des framboises et des décors en coulis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « La Côte sud (3) de Skogar à Vik et Kirkjubaejaklaustur »

  1. C’est agaçant ces touristes qui prennent des poses ridicules et qui se comportent comme s’ils étaient tout seuls ! mais c’est devenu inévitable partout. J’aime beaucoup ta première photo.

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