Un dimanche à Bastia

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Le vieux port de Bastia

Courses à Bastia

L’emplacement du cottage est exceptionnel, en pleine nature. 750 m plus bas se trouve un centre commercial avec Géant Casino, où nous trouvons tout le ravitaillement de base pour la semaine. Un peu plus loin, nous arrivons au Port de Toga, port de plaisance faisant suite au port des ferries . Le port de plaisance est bordé des terrasses des bars et des restaurants qui me font bien envie mais déserts à cette heure matinale. Des plongeurs embarquent du matériel et enfilent leurs combinaisons de plongée.

Un peu plus loin, quelques femmes portant des serviettes et des matelas de plage se dirigent vers les deux petites plages de galets.

Nous reprenons la voiture en direction du Centre-ville, passons devant le Terminal des ferries, à quai il y en a jaune de Sardinia et Corsica Ferries.

Place Saint Nicolas

Bastia place Saint Nicolas

L’Office de Tourisme est ouvert ce dimanche matin. Nous garons la voiture dans un grand parking situé entre la voie rapide et la grande place Saint Nicolas où se tient une grande brocante.

Au coin de la place je remarque la reproduction du sous-marin Casabianca  qui a participé à la Résistance en Corse après avoir échappé au sabordage de la flotte à Toulon(27 novembre 1942) et à la libération de l’île (11 septembre 1943, Ajaccio et 4 octobre Bastia). La cloche du sous-marin est devenue le symbole de la Résistance, elle se trouve au musée de Corte. De nombreuses stèles et monuments nous rappelleront ces épisodes tout le long de notre séjour.

La brocante est bien achalandée. De très jolis objets sont mis en vente. €Je trouve deux petits verres gravés (les 4 pour 1€). Plus loin, sur une sorte marché aux fripes je trouve une robe de plage.

Des cafés et restaurants ont déployé leurs terrasses le long de la place sous les platanes. Trop tôt pour l’apéro !

L’après-midi, je reviendrai pour admirer l’élégant kiosque à musique fleuri de petites roses roses. Le Monument aux morts massif œuvre des sculpteurs bastiais Peckle et Patriarche qui honore les morts de la Première Guerre mondiale mais qui représente une scène des guerres d’Indépendance. Une veuve ayant eu deux fils tués offre son 3e enfant âgé de 16 ans au Général Paoli. Symétrique par rapport au kiosque, Napoléon est représenté en empereur romain en marbre de Carrare, d’abord destiné à orner une place de Livourne. Je n’échapperai pas à Napoléon, cette année ni en Corse, ni à Paris mais je me soigne, en antidote j’ai téléchargé trois livres sur la Commune de Paris.

Déjeuner sur la table de jardin : filets de rougets, pommes de terre et fraises pour le dessert.

Les nuages ont couvert le ciel, la pluie menace quand je pars à pied à la découverte de Bastia. La ville est resserrée, les distances ne sont pas grandes mais elle est très pentue. Je descends et monte un nombre incalculable de marches.

Je quitte le chemin de Furcone pour la rue H Tomasi qui passe devant un groupe scolaire au nom de Charpak. Cela me fait très plaisir qu’un juif polonais soit honoré ici après être passée devant des bombages à la peinture noire « Islam Fora ! » et même « Français Fora ! ». Un sentier, dans la verdure et les escaliers, mène dans un quartier de jolies villas fleuries, puis après un escalier j’arrive rue César Campinchi et par la rue Miot à l’extrémité de la Place Saint Nicolas. La rue Napoléon est piétonnière, elle est bordée de boutiques pour touristes, souvenir et gastronomie.

L’Oratoire Saint Roch est richement décoré, c’était l’Oratoire d’une confrérie d’adolescents. L’Oratoire de l’Immaculée Conception est fermé, je ne peux qu’admirer sa façade décorée d’angelots qui n’ont rien à envier aux putti siciliens.

Descendant la rue Saint Baptiste je débouche sur le Vieux Port. La rade est remplie de bateaux de plaisance, les quais de terrasses de restaurants. A l’entrée deux phares, l’un coiffé de rouge, l’autre de vert font face à la grande église Saint Jean Baptiste. Il est 15 heures quand j’arrive et les terrasses sont pleines. Il règne une ambiance musicale (spontanée ou organisée ?) tout le port bruisse de chansons en italien et en corse reprises par l’assistance.

 

Longeant les quais, j’arrive au bel escalier qui monte au Jardin Romieu qui est étagé sur plusieurs niveaux sur la pente de la citadelle. Cela embaume les immortelles corses largement épanouies. Par un tunnel, je découvre un escalier très raide accédant à la Citadelle. Je n’ai pas fini d’emprunter des escaliers et des tunnels ! J’arrive sur une placette. Selon un écriteau, sur la place de la Chiappa se tenait un marché. Les commerçants qui faisaient faillite étaient exhibés déculottés « le cul nu sur la pierre du scandale ».

En face, le Palais du Gouverneur est une grande bâtisse jaune à la façade sobre. Au fond de la cour bordée d’arcade se trouve le musée (5€). Un ascenseur monte au 5ème étage au jardin suspendu. Pelouse verte entourée de lantana (jaune et orange) et de romarin corse très touffu. Des graffiti des conscrits et des prisonniers rappellent le passé militaire de la Citadelle. Un parcours d’escaliers avec de très belles échappées sur la mer, le vieux port et la ville reconduit au musée qui raconte l’histoire de Bastia.

La première salle raconte le passé antique de la Corse (emporium d’Alalia – Aléria) et les échanges méditerranéens avec le Trésor de Bastia (une amphore contenant un trésor monétaire contenant des pièces de Rome, Constantinople, Antioche…) céramiques grecques, étrusques ou de Campanie d’Apulie…

La Corse médiévale passa de la souveraineté des Vandales, de Byzance, des Lombards…en 750 propriété pontificale, au 11ème de Pise, puis de Gènes, Aragon 1297. En 1357 les Génois s’installent à Bastia.

La Bastia, la forteresse qui donna son nom à la ville, fut édifiée de 1378 à 1380.

Divers tableaux racontent la vie à Bastia, la plupart ont pour sujet la Citadelle ou le Vieux Port.

Bastia, capitale de la Corse génoise est marquée par l’influence ligure : architectes génois, maçons génois. Les éléments architecturaux : impostes, entablement décors de portes sont exposés. J’ai bien aimé les coffres de marins peints.

Les dernières salles contiennent la collection Fesch avec des maîtres napolitains ; j’ai remarqué la Peste d’Ashdod de Nicolas Poussin et Le Joueur de billard de Carlo Amalfi.

Nicolas Poussin la peste d’Ashdod

Les rues étroites de la Citadelle sont différentes de celles de la ville basse. La Cathédrale est ouverte mais il y fait bien noir. Comme je suis saturée de visite je ne tente pas de l’allumer avec la boîte prévue à cet effet. J’en ressors en faisant bien attention aux « éléments de corniche qui risquent de tomber ». Je descends en passant devant le Couvent des clarisses très austère de l’extérieur.

Un petit fortin est aménagé, dominant la mer, mais désert. De là, je découvre la Spassimare, piste cyclable et piétonnière qui longe la route du front de mer, passe sous un tunnel carré sous les remparts pour rejoindre la Jetée du Dragon qui porte le phare rouge. Selon mon plan, un tunnel passerait sous l’entrée du Vieux Port mais je ne le trouve pas. Le retour le long du front de mer est moins agréable que je ne l’imaginais. La circulation sur la voie rapide est bruyante, les terminaux du port des ferries assez désagréables.

 

 

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

6 réflexions sur « Un dimanche à Bastia »

    1. @dominique : nous avons eu des rapports très agréables avec les Corses qui ont été privés de touristes pendant les confinements et qui nous ont très bien accueillies. DAns la région de Bonifacio et Porto Vecchio, le tourisme de masse gâche l’ambiance.

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  1. L’omniprésence de Napoléon est très pénible en Corse, en plus souvent sans humour. C’est au point où ça te ferait aimer Luis Mariano !
    Je connais très mal, mais pour le moment j’apprécie surtout les paysages et la bouffe. Très bien mangé.

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