Randonnée à Sari-Solenzara

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

les Aiguilles de Bavella vues de la piste

L’hôtesse de l’Office de Tourisme de Solenzara a suggéré une excursion originale au Monastère de Bethleem Assunta Gloriosa perché dans les montagnes au-dessus de Solenzara. Selon elle, la vue sur les Aiguilles de Bavella serait sublime. La messe à 11 heures. On n’est pas forcé d’entendre la messe à l’intérieur de l’église. Il suffit d’écouter els chants des sœurs en regardant les Aiguilles. J’avais imaginé dessiner.

Malheureusement, la visibilité est mauvaise, le ciel chargé de nuages. Corse-matin annonce même une très mauvaise qualité de l’air à cause des poussières du Sahara aspirées par la masse d’air chaud.

Sari : le monastère de Betléem

Nous arrivons un quart d’heure avant le début de la messe. D’une demi-douzaine de voitures sortent des vieilles dames très élégantes ; des amies qui se retrouvent, quelques messieurs. Je prends des photos du groupe. Ils sont ravis de pouvoir être tous ensemble sur la photo et me remercient beaucoup. Sonnerie des cloches. Je filme les Aiguilles un peu grises sur ciel gris. Déception, je ne peux pas m’asseoir. Si je suis assise, une haie de thuyas cache le paysage. Les chants sont beaux mais ne suffisent pas à me captiver tout le long de l’office. En revanche, je brûle de me promener dans la montagne. Sur le plan de l’Office de Tourisme cela parait facile : la piste ferait une boucle. Au lieu de rentrer par le même chemin qu’à l’aller je pourrais boucler le circuit. Je me renseigne auprès des automobilistes : en voiture il faut faire demi-tour et reprendre le chemin de l’aller, ce n’est pas sûr que la piste soit carrossable. Les piétons, en revanche me confortent dans mon projet. La piste est facile, les grosses chaussures sont inutiles, mes sandales suffisent. Ce n’est pas très long, à peu près 2 kilomètres.

Et me voilà partie, sans carte, juste avec mon téléphone. Nous nous donnons rendez-vous au parking dans une grosse demi-heure. Le circuit est balisé avec des traits jaunes. Le début de la balade est magnifique. Les Aiguilles sont bien visibles. Je marche sur une piste sableuse bien large, bien tracée en toute confiance. Ici, les cistes fleurissent jaune. Les pins embaument sous la chaleur. A un réservoir, une flèche indique le Monte Santu. Deux vieux randonneurs regardent avec commisération mes sandales : « N’y allez pas, vous n’êtes pas bien chaussée ! » J’en conviens, je n’ai aucune envie de gravir un sommet. D’ailleurs, les marques jaunes continuent à baliser la bonne piste. A une fourchette, aucun panneau indicateur. Le feu a noirci les troncs, je ne vois plus de marques jaunes mais ne m’en préoccupe pas plus que cela. La piste de droite est mal tracée, je reste sur celle qui est carrossable. Au bout de quelques temps il n’y a plus de troncs noircis, mais pas de traits jaunes non plus. La piste est très bien entretenue, des parapets de ciment surmontent les ruisseaux, des caniveaux cimentés canalisent le ruissellement. Je me réjouis que la piste descend (c’est plus facile). Elle fait de grandes boucles, je ne m’inquiète toujours pas : il faut bien contourner la montagne. Là où je commence à me poser des questions c’est quand la végétation change : disparition des pins remplacés par les myrtes, les chênes verts et chênes-liège. Le téléphone fonctionne par intermittence, pareil pour Internet. De temps en temps j’arrive à contacter Dominique pour la rassurer « la piste est bonne, elle doit bien et j’en bois Googlemaps ne connait pas ma piste mais le point bleu se rapproche de la mer près de Cannella, ce qui est cohérent avec les observations de la végétation. Avant d’arriver à la mer, forcément je vais rencontrer la T10. Mais quand ?

Je marche depuis 2h40 quand je vois des maisons. Et quelle maison ! Un beau restaurant en contrebas de la T10. Ce sera très facile à Dominique de me retrouver à condition que j’arrive à la joindre. Pas de réseau, ni téléphone ni Internet. Heureusement le restaurant : La Canedda a un téléphone fixe ! je commande un litre d’eau gazeuse corse Orezza et j’en bois les ¾ en attendant Dominique. La mésaventure lui a coupé l’appétit.

Puisque nous sommes au sud de Solenzara nous retournons à la plage de l’anse de Tarco où la baignade d’hier était si agréable. A 15h la plage est vide, on peut se garer le long du trottoir. Je renouvelle la traverse de l’anse aller/retour.

Quand nous rentrons au Gite l’averse commence. Brève. Purgera-t-elle l’air de sa pollution ?

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Randonnée à Sari-Solenzara »

  1. Une grosse demi-heure transformée en 2 h 40, évidemment ça pose problème ! Heureusement que tu as fini par atterrir quelque part.

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